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socque : Les alpages rouillés
 Publié le 06/03/21  -  8 commentaires  -  66172 caractères  -  121 lectures    Autres textes du même auteur

Le monde, monotone et petit, aujourd'hui,
Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image :
Une oasis d'horreur dans un désert d'ennui !
Le voyage, Charles Baudelaire

Attention, la mise en page à la fin occupe de longues lignes dont le confort de lecture nécessite un écran d'ordinateur, plus large que celui d'un téléphone.
Veuillez noter que la pièce "Angoisse se soigna (non)" se lit verticalement.


Les alpages rouillés


Dans mes paysages intérieurs, le soleil est systématiquement noir. La psychiatre attachée à mon cas refuse d'y attacher de l'importance, ou alors elle veut que j'en découvre par moi-même la signification. Maïeutique ou je-m'en-foutisme ?

Quoi qu'il en soit, à chaque session je me retrouve à arpenter ces mêmes alpages à l'herbe rase rouille ou vieux rose, dominée par ce soleil noir qui illumine le ciel ocre passé, violet terne, parfois carrément brun diarrhéique. Ces couleurs ne sont pas du tout reposantes et j'ai toujours détesté la marche sur des terrains en pente. J'ai protesté contre le mauvais fonctionnement de l'hypno-senso mais on m'assure qu'il a été dûment vérifié et que tout va bien : c'est moi qui m'impose ce pensum de balades par monts et par monts, sans un chant d'oiseau, dans une lumière stressante. Un jour je parviendrai à mon but et éclaircirai ce qui me tourmente. Un jour… quand je me l'autoriserai, me dit la psy. Bien sûr.

Paraît-il que le prochain modèle de machine comportera une combinaison intégrale avec ajustement de température dicté par l'inconscient. Ça promet.

Bien sûr que je me procurerai ce gadget !



— Peut-être que tu ne veux pas découvrir ce qui te noue, peut-être que tu préfères rester malade.


Faut-il que j'aie agacé Roger pour qu'il dise cela ! Aucune des personnes stipendiées par moi, en principe, ne se permet ce genre de rebuffade. Mais sa triple casquette d'avocat, ami, amant occasionnel quand me prend la digue du cul, doit lui peser à force, doublée de plomb sans pour autant que cette couche le protège de mon rayonnement délétère. Aucun intérêt de supporter mon contact, sauf le fric.

Sinon il a raison, bien sûr, peut-être, et je n'ai pas la force d'objecter. Même le débat ne me stimule pas aujourd'hui.


— Bien sûr, peut-être, réponds-je donc. Et à quoi ça m'avance de me dire ça ?

— À renoncer à te perdre dans cette exploration stérile de ton moi intérieur ! Si tu t'occupais plutôt des menaces tout à fait réelles qui pèsent sur toi ? Avec tes tendances paranoïaques, tu n'as pas remarqué que ta chère sœur manœuvre pour te placer sous tutelle et gérer l'ensemble de votre fabuleux héritage ?

— Je ne me sens pas très parano en ce moment ; trop fatigant. L'autre face, la mégalomanie, me convient mieux. Le monde est à mes pieds, s'il ne le sait pas c'est parce que des gens complotent contre moi. Et hop, synthèse !


Roger, accablé, secoue sa belle tête.


— Il n'y a pas de folie chez toi, simplement de l'oisiveté, décide-t-il.

— Ce n'est pas gentil de vouloir priver une honnête psychiatre de son gagne-pain. Elle a le boulot idéal et tu veux que je renonce à ses services ! Pas étonnant qu'elle te déteste, l'autre jour elle a essayé de me convaincre que tu jouais de ton emprise sexuelle sur moi, que tu alimentais sciemment ma frénésie érotique qui masque une horreur du sexe.

— Ce n'est pas plus délirant qu'autre chose. Tout est envisageable quand il s'agit de psyché, et toi tu en joues ; tu craches à la face de tous ceux qui souffrent vraiment en te divertissant de tes déséquilibres ! Tu as de la sensibilité, de la culture, des capacités, pourquoi ne pas les consacrer à quelque chose de constructif ?

— Fais des enfants, plante des arbres,

Polis des vers, sculpte des marbres,

La Dent dit : « Vivras-tu ce soir ? »

— Bah oui, cite Baudelaire, ça fait toujours bien dans le tableau. Tiens, je m'en vais, tu m'énerves. Rappelle-moi quand tu auras décidé d'agir avant de te retrouver en camisole.



Montagne rase – rasée – rasoir ? – et silencieuse ; un air piquant mais cela n'a rien de pénible, voilà ce qu'a décidé ma combinaison senso ; peut-être comporte-t-elle des limites d'inconfort, si ça se trouve mon être intérieur affleurant dans cet état de semi-hypnose exige un froid intersidéral… Ce serait cohérent avec le sinistre de plus en plus assumé de mon environnement.

J'ai noté que tout tend à grisailler alentour, ciel et herbe bientôt se confondront. Il est vrai que le soleil noir décline.

Ah non, un éclat soudain me heurte l'œil ! Blanc, blanc cru, sans concession. On se croirait dans une pub pour lessive. J'imagine un squelette éblouissant, celui de mes espoirs non souillés.

Un caillou. De la craie pure. Je le tourne et le retourne dans ma main, il se montre résolument opaque et le froid commence à me gêner. Je l'abandonne, l'herbe le cache à moitié.

Plus bas, près d'un ruisseau vieil argent, une mansarde plomb. Je ne sais pourquoi j'y entre ; l'intérieur est d'un vide anthracite. Je tourne vaguement sur moi-même à la recherche d'aîtres absents puisqu'il n'y a qu'une pièce ici.



— Je trouve ce développement encourageant, affirme la psy. Vous avez enfin accédé à votre être le plus intime. Certes il apparaît exagérément dépouillé, mais il ne tient qu'à vous de l'habiller, de le peupler !

— Un logis sans aîtres, lui rappelé-je. Pour moi c'est mauvais signe.

— Dernière résistance de votre subconscient qui joue les lacaniens. Je crois que le moment est venu de passer outre, d'insister.


Roger m'a laissé des documents qui, m'assure-t-il, prouvent les liens de cette toubib avec ma sœur, il craint vraiment que ces deux-là soient en cheville pour exploiter ma fragilité afin de me spolier. Il peut ou non avoir raison, je me rends compte que je m'en fiche, que ma lucidité m'apparaît de plus en plus comme un fardeau banal. Une chose cependant est sûre :


— Non. Je ne prendrai aucun produit psychotrope en association avec nos sessions d'hypno-senso.

— Réfléchissez-y, cela pourrait accélérer le processus d'abandon et de révélation.

— J'ai tout le temps, moi.


*


Je rêve, je sursaute, incongrûment je bâille. Ce réveil pâteux ne me ressemble pas ; je ne me rappelle rien après le dîner… Et le dessert ? Qu'est-ce que j'ai pris au dessert, aurait-on mis quelque chose dans mon vin ?

Il fait très noir ici, ce qui m'angoisse. Je tends la main vers ma table de chevet, la cogne contre un mur rugueux. Impossible. Où est l'interrupteur ?

Ah si, j'y vois un peu, du blafard dans le noir, un halo crayeux. Je gis par terre, j'aperçois le vide clos autour de moi. Pas d'aîtres. Qu'est-ce que je fiche dans la cahute de mon moi intérieur ?

Je me tâte : aucun appareillage hypno-senso ne me revêt. Absurde. Je dois sortir.


Un horizon marin où affleure une lueur cachée, la Lune envisage de se lever et cela me terrifie. Où sont passés mes alpages ennuyeux ? Tout se mêle en moi, l'angoisse protéiforme accouche de tout et son contraire.

Elle est là, blanc squelette, elle m'écrase. Je me morcelle, me dissous, tombe à genoux, hurle et ne m'entends pas.


MégalomanieaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaParanoïa

La Lune bâille au sortir de son rêve,aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaLa Lune bâille au sortir de son rêve,

émerge complaisamment.aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaémerge sournoisement.

Sourit l'horizon charmant,aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaGrince l'horizon qui ment,

son alme ligne en rosace s'achève.aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaason alme ligne en perfidie s'achève.


Tu le savais, quand la nuit sur la grèveaaaaaaaaaaaaaaaaiaaaaaaaaaTu le savais, quand la nuit sur la grève

exaltait le firmament,aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaamassacrait le firmament,

que ton ego de cimentaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaque l'air, un juge dément,

suait l'orgueil : ton triomphe s'élève.aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaacriait sur toi : rien de bon ne se lève.


La Lune brille au zénithaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaLa Lune crache un poison

d'un ciel mica sur granit.aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaqui fait bouillir l'horizon

Son halo clair dégoutte un or limpide.aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaatelle une soupe où crèvent les ophiures.


Yeux clos, tu vois. Savoure la saisonaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaTon bon ami ravi de tes échecs

où, l'univers devenu ta maison,aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaamaudis-le donc ! Bouche béante, yeux secs,

désormais rien ne te bride.aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaatu crois hurler, tu murmures.



aaaaaa A a aLa aéa aGa asa a a aTa aéa aqa apa a a aLa apa aSa a a aL'aaaaaaaama aT

aaaaaa n a aaa ama ara aoa a a aua ata aua aoa a a aaa aâa aoa a a aea aaa au

aaaaaa g aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaea aia anaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaoa aea aiaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaala ana a a asa ai

aaaaaa o a aLa ara anaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaala auaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaga a a aLa aeaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaapa asa ac

aaaaaa i a aua aga aca aaa a a aea afa al'aaaaaaaana a a auaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaha a a araaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaar

aaaaaa s a ana aea aea alaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaafa aaa aaa a a ana asa aaa a a aia aea ao

aaaaaa s a aeaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaama a a asa aaa aia aia a a aea aua ala a a ata ala ai

aaaaaa e aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaapa al'aaaaaaaaea a a aaa aia ara ataaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaara aoaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaala as

aaaaaaa aa aba aéa ahaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaava ataaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaavaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaba ae

aaaaaa s a aâa ana aoa ala a a aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaca ata a a aoa ala aga a a araaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah

aaaaaa e a aia aia ara aia a a aia ata aoa aoa a a ama aea ara a a aoa aaa au

aaaaaaa aa ala aba aia aga a a as,aaaaaaaaoa ama ana a a aia asa aaa a a ayaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaar

aaaaaa s a ala ala aza anaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaua amaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaataaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaasa a a aé,aaaaaaaafa al

aaaaaa o a aea aea aoa aea a a aqa ata aea acaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaafaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaua ae

aaaaaa i aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaama anaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaauaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaœa a a ada ala aga a a ata ai,aaaaaaaar,

aaaaaa g a aaa aeaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaea a a aaa afa ada aua a a aua aoa aoa a a au

aaaaaa n a aua ana ada ana a a ana aia aua araaa:aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaata auaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaata at

aaaaaa a aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaat.aaaaaaaaéaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaada araaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaapa asa ata a a aca aoa au

aaaaaaa aa asaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaama aiaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaama aca ara a a auaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaata a a aha an

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aaaaaaa aa aiaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaasa a a ana ana anaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaua ad'aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaha ara am

aaaaaaa aa araaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaasa a a aua at,aaaaaaaata adaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaas.aaaaaaaaha a a aea apa au

aaaaaaa aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaea a a aiaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaeaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaya a a asa asa ar

aaaaaaa aa adaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaataaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaadaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaae

aaaaaaa aa aeaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaas'aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaabaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaara a a ata asa as.

aaaaaaa aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa a a asaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaoaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaoa a a aaa ae

aaaaaaa aa asaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaca a a auaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaanaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaac

aaaaaaa aa aoaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaha a a araaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa a a ara af

aaaaaaa aa anaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaèaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaanaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaara a a aaa aa

aaaaaaa aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaava a a alaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaeaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaba a a aia ai

aaaaaaa aa araaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaae.aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaua a a asa at

aaaaaaa aa aêaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaasaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaara a a ao

aaaaaaa aa avaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaagaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaeaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaea a a ana ap

aaaaaaa aa ae,aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaraaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaas.aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaar

aaaaaaa aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaèaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaalaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaai

aaaaaaa aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaavaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaèaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaas

aaaaaaa aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaeaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaavaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaao

aaaaaaa aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaae.aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan.


Addiction au sexeaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaiaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaPhobie du sexe

La Lune bâille au sortir de son rêve,aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaLa Lune bâille au sortir de son rêve,

grince jouissivement.aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaiaaaaaaaarepousse énergiquement

L'horizon sent le ferment,aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaiaaaaaaaaaaaal'horizon, pervers amant

son alme ligne en trou du cul s'achève.aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaiaaaadont l'alme ligne en perfidie s'achève.


Tu le savais, quand la nuit sur la grèveaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaTu le savais, quand la nuit sur la grève

stimulait son tégument,aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaase faisait un aliment

que le sirocco charmantaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaade ton malaise en ciment !

frôlait ta peau : un grand méat se lève.aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaBlême, morbide, une terreur se lève.


En jaillit du sperme à flots,aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaLa Lune vomit du pus

par scintillements pâlots.aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaapâle sur les flots repus,

L'orgie s'ensuit, sirènes et satyres.aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaason sperme gras sans trêve te dégoûte.


Des pénis flous gambadent dans le ciel,aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaDes pénis fous envahissent le ciel,

nuée ardente aux fragrances de mielaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaanuée ardente… En combat éternel,

que tu, bouche bée, aspires.aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaarc-boute-toi. Qu'il t'en coûte !


 
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   placebo   
18/2/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Tout d’abord, j’ai été très surpris par la brièveté du texte. Je suppose qu’une bonne partie des 66k caractères vient de la mise en page.

Ensuite, même si je salue le travail, je n’ai pas été touché.

Il y a un vrai vocabulaire que j’ai découvert, stipendier, alme, aître. Ça colle bien à ce personnage qui stipendie et peut donner aux autres l’impression de s’ennuyer.

Un grand travail de mise en page. Par exemple pour Angoisse se soigne (non) : visuellement c’est très réussi, ça m’évoque un tableau dégoulinant ou une lettre à partir de collages dans un policier sordide. Par contre ce n’est pas très lisible, et à partir du moment où j’ai vu que c’était la même chose qu’avant, j’ai simplement regardé.

Il y a plein de choses intéressantes sur cette hypno-senso. Ça m’a fait penser à des classiques de la SF Philip K. Dick par exemple Ubik, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques. Le cauchemar techno n’est jamais loin de la promesse psy.

Mais au final je suis resté spectateur. Je n’ai pas ressenti la fin. Je pense d’ailleurs que la catégorie pourrait être différente - récit poétique, laboniris ?

bonne continuation,
placebo

   MissNode   
6/3/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Socque, ce texte-nouvelle-poème chamboule dans les tréfonds de moi la psychopathe dormante, trace de lignée schyzophrène (voir mon propre laboniris "Hors Siècle", auquel ton texte fait sombrement écho).
Comment as-tu réussi cette performance d'endosser toi aussi les haillons explosés du malade dont la seule parole possible est puissante poésie ?
J'en veux pour preuve mon expérience d'écriture avec une personne autiste (témoignée dans ma nouvelle "Duo d'étrangers"), pour qui la forme de l'écrit importait autant que le fond :
il écrivait en majuscules, sans aucune marge ni espace entre les mots : le lecteur avait droit à un bloc de lettres-bâtons...

Bon, par cet apparent nombrilisme, je veux illustrer mon commentaire :
ton texte tape juste, dans la forme comme dans le fond, qui me renvoie à des parts de nous explosées aux confins de l'esprit et du corps, mais bien dissimulées car - Dieu garde ! - elles sont loin d'être socialement correctes !!!
Or, toi, tu nous les exposes en pleine lumière, travaillées avec soin dans la typo, les alignements ou désalignement... je te renvoie ton "chapeau bas" ! Je suis restée sans voix mais une foule de mots épars se sont précipités pour te faire mes observations.

J'ai noté cette sensibilité de la "malade" avec la Lune... qui m'est aussi un thème très cher. Enfin bref, je vois que je ne parviens pas à te servir mes "mots épars" sur ton texte, sauf à te démontrer qu'il m'a tellement embarquée que je me suis totalement identifiée à la narratrice-psychopathe.
Désolée : je prendrai plus de recul une autre fois.

   Donaldo75   
6/3/2021
 a aimé ce texte 
Pas
Je salue l’ambition de ce texte car il permet au lecteur de sortir de sa zone de confort. Certes, c’est risqué pour l’auteure mais c’est louable pour le site. Je crois que c'est la raison qui a poussé les concepteurs d'Oniris à créer cette catégorie Laboniris.

Une fois ce préambule posé, je livre dans ce commentaire mon impression de lecture. Ce texte ne m’a pas emballé, c'est un euphémisme. La mise en page, avec ses couleurs et tout ça tout ça a vite lassé mes petits yeux de lecteur. Le découpage où les poèmes se trouvent à la fin sans revenir au fil narratif m’a laissé une impression d’inachevé, de laissé dans le vide spatial, presque d’assemblage chimérique. Enfin, le sujet me semble traité de manière bavarde, verbeuse, dans un style où les artifices et les mots savants ont juste rendu ma lecture pénible, un peu comme le bruit du marteau piqueur au jardin d’Eden.

Ai-je compris l'ensemble ? Non, c'est trop chaotique à mon goût et pourtant je ne suis pas du genre à vouloir qu'on m'explique tout avec un catalogue des termes utilisés et un guide pour trouver la bonne façon de lire un texte. C'est juste que ça part dans tous les sens. A mon avis, la maladie mentale ne suffit pas pour légitimer ce mode narratif et cette écriture.

Ai-je aimé ? Pas vraiment, alors que je décèle le potentiel de ce texte, l'ambition qui l’a initié, le début d'une tentative d'originalité. Mais l'ensemble ressemble à un collage mal fagoté dont les raccords de glu dégoulinent sur la toile.

Je suppose que je suis sorti trop loin de ma zone de confort.

   hersen   
6/3/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Voici un poème éclaté que, pour ma part, j'aurais aimé découvrir en tableau, pour en avoir une vue d'ensemble qui, je crois, m'aurait mieux parlé de l'éclatement, que j'aurais instinctivement vu au premier coup d'oeil. Et du coup, j'aurais eu plaisir à rester devant, à le démystifier.

Voir ce poème à l'ordi, et devoir le dérouler, lui est préjudiciable à mon avis.
J'en retiens des excellents passages (les poèmes surtout), les fonds de couleurs sont un peu lourds (des lettres de couleur en gras, pour éviter ces "placards ?
Je suis mitigée sur la partie en lettres isolées. je pense que je perçois complètement le sens de ce choix, mais il m'a un peu ruiné les yeux, pour tout dire ! :)

Je salue cet énorme travail qui allie différents talents, même si je reste un peu en dehors, d'une certaine façon, tout en y étant sensible dans une certaine mesure.*
*Finalement, moi aussi je me complais dans le compliqué :))))

Edit : par contre, un passionnément pour le titre !!!

   Malitorne   
7/3/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Un texte un peu foutraque où se mêlent des éléments de psychiatrie, de psychanalyse et d’hypnothérapie, le tout enrobé d’un habillage poétique audacieux. Si le but est d’exprimer les rouages d’un cerveau malade je suis dubitatif car la cohésion de l’ensemble, sous les artifices, reste encore bien présente. Je deviens rasoir avec ça mais je répète qu’un texte rédigé par une personne psychotique ne répond plus à la syntaxe habituelle, ce sont des associations étranges et désordonnées de phrases et de mots. J’ai animé plusieurs années des ateliers d’écriture en hôpital psychiatrique d’où une certaine expérience.
Tout dépend évidemment de la nature du trouble, paranoïa et mégalomanie peuvent être de simples traits de la personnalité mais aussi révélateurs de symptômes plus graves.
Ceci pour justifier qu’il me semble casse-gueule de vouloir rendre compte d’un paysage mental qui dysfonctionne quand on dispose pleinement de sa raison.
Néanmoins cette tentative de retranscription de la folie n’est pas dénuée d’intérêt et vise quand même assez juste, particulièrement à travers l’ambivalence du final où deux poésies se complètent et s’opposent après un effondrement total de la forme. Ce sont mes parties préférées comparées aux dialogues que je n'ai trouvé pas très convaincants.
Maintenant est-ce que j’ai aimé ? Disons que je l’ai davantage considéré comme une curiosité, un OLNI (objet littéraire non identifié), ce que tu sais si bien faire, qu’une œuvre qui me fait réellement vibrer. Et dire qu’il y a quelque temps tu te plaignais de perdre l’inspiration...

   David   
8/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour socque,

J'ai pensé à Liliane Bettencourt (et je retrouvais son nom dans un article qui disait : "Liliane Bettencourt promet de "beugler" si elle est placée sous tutelle") mais elle n'avait pas de soeur, ça ne doit pas être ça, ou pas du tout directement. Je pensais à une sorte de Pastiche au début, avant les variations du poème. Je ne trouve pas de lecture des couleurs illustrées, enfin plutôt, je pense à quelque chose que j'ai lu hier soir sur wikipedia, en chassant l'insomnie, à propos des "couleurs ennemies" : deux couleurs dont l'assemblage donne un gris, qu'on retrouve dans des cercles chromatiques si je me souviens bien, ça sert en design et graphisme pour juger de leurs associations. Je résume gravement le truc mais du coup j'y ai pensé un peu là, à chercher des couples, en imaginant que la couleur noir du soleil en formait un espèce d'horizon. Je passais par une page sur Goethe et son "traité des couleurs", avec des liens vers la psychanalyse, des histoire de gestalt, qui se reliaient à la lecture de ton texte, ou le tentaient plutôt ce lien, mais sans aboutir à autre chose que ce que je viens d'écrire.

Mais en bref, ce que j'ai lu, c'est l'histoire d'une riche femme qui se voit prévenir d'un péril, à la fois par elle-même et par un proche aimant, mais qui s'y jette néanmoins, et cette fin - de la partie non versifiée - m'a fait penser à 2001, "l'odyssée de l'espace" mais en fait c'est dans "Alien le retour" qu'il y a : "Dans l'espace personne ne vous entend crier." pour "Je (... ) hurle et ne m'entends pas".

Le récit est noir, mais ce que j'aime aussi, c'est le côté pimbêche de l’héroïne, qui veut n'en faire qu'à sa tête, même en sachant qu'elle est trop agressive envers celui qui lui veut du bien et bien trop cruche envers celles qui la menacent véritablement, enfin "cruche assumée" plutôt puisqu'elle n'est ni idiote ni dupe.

Un super anti-héros féminin, avec un beau rôle d'homme pour l'avocat, lucide, serein, sachant s'effacer, fort quoi :) et deux pétasses - je me permet, dans le contexte, pour faire court - la psychiatre et la sœur, dominantes, sans doute stupides malgré leur instruction, mais méchantes quand même, hein.

Je commente le jour du droit des femmes ce superbe texte sur une liberté ingrate, cupide, et j'en oublie, mais d'un orgueil magnifique je trouve !

Jusqu'au poème, je dirais qu'il n'y en a qu'un, avec ces cinq variations (dont l'une ne fait pas rêver d'apprendre le mandarin pour lire à la verticale), je voulais aussi ajouter quelques mots. Déjà il bat en brèche ce point de vue sur le vers où chaque mot ne pourrait absolument pas être remplacé par un autre, puisque des vers vont soit être repris, soit être remplacés, imités ou transformés. Ensuite il y a la dimension sexuelle et aliénée, et là encore comme un drôle de féminisme, comme si la narration revendiquait les pires atteintes à la condition de femme, l'hystérique pour le sexe, la sorcière pour l'aliénée. L’héroïne n'a pas d'enfant, vu ce qui est dit de sa mise sous tutelle, ils pourraient être décédés mais le rasoir d'Ockam indiquerait plutôt qu'elle est seule, bon, comme tout le monde, mais ni mère ni épouse, sans titre, même pas dans les ordres et "riche", pour ne pas pousser l'injure jusqu'à écrire "indépendante financièrement" :)

Il y a aussi les thèmes de la mégalomanie et de la paranoïa, que j'imagine en moteurs de la libido, des faux contraires puérils qui m'évoquent des thèmes plus virils de toute puissance et d'esprit de revanche, que je compte toujours comme puérils, mais de cette puérilité qui épargne les enfants justement. Enfin, je le vois comme ça.

Je trouve que le poème est un drôle de mélange de virilité et de féminité, ou plutôt un autre mot plus sexuel et décroché de la mère et de la femme enceinte, comme le premier peut être décroché du père et du reproducteur, mais que je ne connais pas, et qui n'existe peut-être pas d'ailleurs.

J'ai eu l'impression que le texte s'avançait sur des territoires sans mots, qu'il en avait le côté fascinant, dans sa disharmonie aussi, son chaos non résolu d'une sorte de quête existentielle.

La vache, quoi !

   papipoete   
9/3/2021
bonjour socque
Non, je ne vais pas m'aventurer sur ce terrain, où ma locomotive déraillerait même en ligne droite ! Mais, à la manière d'un inspecteur de chantier, dont ce chantier ne relève aucunement de lui, je passe les travaux en revue, et je tombe sur mon c... !
Pour quoi faire simple, quand on est comme l'auteure capable de compliquer à l'infini, une tâche qui germa dans sa drôle de tête ?
Tout d'un coup, je choppe au vol une phrase " ... me dit la psy... " rien que là, je bloque ! D'avoir fréquenté de très près ce praticien, je me dis que si je n'avais pas parlé, nous serions peut-être encore face-à-face en 2005 !
Mais je m'égare ; je disais que je ne faisais que passer !
Votre " devoir " me fait songer au " chef-d'oeuvre " que le compagnon du tour de France, doit réaliser pour la fin de son apprentissage ! un escalier du genre " celui de Chambord ", où l'on ne cherche même pas à comprendre...
Chapeau pour ce travail ! kolossal !!!

   Louis   
11/3/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ce texte transgresse les catégories littéraires. "Transgenre" d’allure, à la fois nouvelle et poésie ; hybride, métis, composite, il a de quoi déconcerter et frustrer les maniaco-taxonomistes.
Cette hybridation a pour effet de créer une sorte d’unité composite non uniforme ; différents niveaux se superposent, s’opposent, se juxtaposent, sans se confondre. Le lecteur se trouve donc face à une identité fragmentaire et fluctuante qui se représente à l’intérieur d’un monde contradictoire et changeant, celui d’un personnage et celui de sa parole.

Si le spleen de Baudelaire est mis en exergue, le texte semble tout autant, sinon plus, d’inspiration nervalienne.
En témoigne d’abord l’image du « soleil noir » dans la partie prosée du texte : « Dans mes paysages intérieurs, le soleil est systématiquement noir », qui rappelle bien sûr « le soleil noir de la mélancolie » de Nerval.
Mais aussi, le personnage ‘’malade’’ du texte est sous la menace d’une captation d’héritage, or l’auteur du « soleil noir de la mélancolie » se pensait aussi comme un déshérité, ce qui est le sens espagnol du titre donné au célèbre poème El Desdichado, celui où brille l’oxymore du soleil noir.
Même si, dans les deux cas, la dépossession véritable consiste, semble-t-il, dans une dépossession de soi, et dans une perte d’identité.
De plus, le texte se situe dans le fil, initié sans doute par Nerval, des œuvres littéraires qui montrent la folie vue de l’intérieur.

Le personnage malade, dans le récit de départ, est présenté justement dans une errance en son territoire intérieur, mais projeté dans une extériorité grâce à un appareil de science-fiction, un dispositif futuriste, désigné : « hypno-senso ».

Ce territoire intime se caractérise par des couleurs froides sur le sol, comme dans le ciel.
Le texte aurait d’ailleurs pu s’intituler : « Les couleurs froides du monde », comme le précédent poème publié de l’auteure, tant les proximités sont grandes entre les deux écrits.
Ces teintes sont le résultat d’une décoloration, d’un affadissement, d’un ternissement ; elles apparaissent défraîchies, vieillies, décaties, par un étiolement, par un dépérissement. Jusque dans leurs noms, transparaissent des connotations de ce vieillissement : « rouille » ; «vieux rose » ; « ocre passé ». Elles semblent altérées par un temps qui entraîne toutes choses vers un lent déclin, une inéluctable décrépitude, un incurable délabrement.
Aucune chaleur, aucune vivacité dans ces paysages où règne « un affreux soleil noir d’où rayonne la nuit » ( Victor Hugo. Les Contemplations ).
Ainsi l’herbe a perdu sa teinte vive et fraîche, sa tendre couleur verte, pour prendre l’aspect d’un métal sans vie par l’apparence rouillée des vieilles ferrailles oxydées.
Ton « rouille » de ces alpages, où tout s’est émoussé, où tout indique une perte de vigueur et de vitalité.
Des alpages, où plus rien, vieilli, n’est "à la page".
On croirait glisser, à la description de ces paysages, dans un tableau de De Chirico, alors que le peintre aurait décidé de sortir des villes, pour représenter des alpages.
« Je suis le Ténébreux » : pourrait dire le personnage, en chœur avec Nerval.
Un état ‘’dépressif’’ se manifeste ; une angoisse de mort s’exprime.
Cette mort qui ôte tout sens à la vie ; cet anéantissement, dont la pensée empoisonne la vie, tout avenir et tout projet ; pensée sans cesse rappelée par la vipère, La Dent, que fait parler Baudelaire pour demander avec ironie : « Vivras-tu ce soir ? ». Alors à quoi bon, faire des enfants, planter des arbres, polir des vers, sculpter des marbres !

La scène intérieure se situe donc en montagne, en hauteur, où tout évoque pourtant un déclin, une déchéance, par une baisse d’éclat des couleurs.
L’astre est haut dans le ciel, et pourtant la scène ressemble à un crépuscule, à un coucher de soleil.
« Montagne rase – rasée – rasoir ? » s’exclame le personnage malade. Ainsi voit-il son alpage. Montagne qui a perdu ses hauteurs, ses cimes, ses crêtes ; montagne arasée.
On n’est pas pourtant en bas, tout en bas, dans les plaines ou les vallées, comme l’atteste la plainte du personnage : « j’ai toujours détesté la marche sur des terrains en pente » ou encore cette vision d’une « balade par monts et par monts ».
Les alpages ne sont donc ni le haut, ni le bas, mais une synthèse entre les deux, un équilibre fragile entre eux.
L’usage du terme « rasoir », quant à lui, évoque à la fois le processus d’arasement et l’ennui éprouvé par le personnage. L’exergue, avec Baudelaire, déjà l’indiquait : «… notre image : / Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui »

Un désert, en effet, et nul être vivant dans ce paysage intérieur, nulle altérité d’autrui. Désert affectif. Aucun homme, aucune femme n’occupe ses pensées.
Un silence aussi : rien ne lui parle. Le monde devenu gris ne lui dit rien, ayant perdu à ses yeux tout attrait. Rien ni personne ne lui parle, nulle voix intérieure. Un isolement. Une oasis. Une île.
Une île, et pas même un Moi. Eclaté, le Moi : « je me morcelle ».
Un personnage en perte d’identité : il n’a pas de nom, pas de prénom, contrairement à son ‘’ami’’, amant et avocat, nommé Roger ; pas de fonction sociale, contrairement à cette femme près de lui, qui occupe la fonction de « psy » ; pas même un genre. Subsiste juste un mince lien familial : une sœur existante. Existante, mais inquiétante. Une sœur soupçonnée de vouloir le déposséder.
De sa famille viendrait le vide qu’il découvre en lui.

Quand il entre dans l’intérieur anthracite d’une « mansarde », image de son « être le plus intime », interprète la psy, il se trouve, en effet, face à un vide, désorienté devant un dénuement, en présence d’une absence : « je tourne vaguement sur moi-même à la recherche d’aîtres absents ». Une misérable mansarde d’une seule pièce : tel lui apparaît le fond de son intimité, lui, pareil au Prince noir, « le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie ». Une pauvre mansarde : tout ce qui reste de son "fort" intérieur.
Il y cherche, dans cette masure, non pas des êtres, mais des « aîtres», terme qui, par métonymie, désigne les morts.
Il se sent rattaché au domaine de la mort, là, « dans la nuit du Tombeau » ; là, où même les morts sont absents ; là où la mort est une absence d’être.
Qui est mort en lui ? Lui-même ne le sait pas. Effacement de soi.

Si rien ni personne ne parle en lui, « montagne rase… et silencieuse», lui parle, écrit ce texte que lit le lecteur, hurle ce texte: « je me morcelle… hurle et ne m’entends pas », parle, hurle, et se tait : «Écrire c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit » : écrivait Marguerite Duras.
Il habite désormais les mots, ces mots qui le désignent : «paranoïaque » ; « mégalomane »…, et il en joue, prenant la parole de ceux qui le logent dans une case, pauvre masure elle aussi, jouant à la fois l’aliéniste et l’aliéné, ou encore adoptant la posture du psy de l’aliéné qu’on prétend ne pas être, comme procédaient les nombreux « Je » narrateurs de l’ « Aurélia » de Nerval : « je ne me sens pas très parano en ce moment ; trop fatigant. L’autre face, la mégalomanie, me convient mieux. Le monde est à mes pieds, s’il ne le sait pas, c’est parce que des gens complotent contre moi. Et hop synthèse ! »

Le blanc le fascine, mais il est l’autre face du noir. L’autre face d’où s’effacent les couleurs. Le blanc est froid, sans chaleur. Le monde mêle le blanc et le noir dans le gris avant de n’être plus qu’un monde en noir et blanc.
« Blanc squelette ». Mort blanche dans le tombeau noir.

L’opposé du noir n’est pas le blanc, blanc et noir sont les deux faces d’un même effacement des couleurs du monde ; son opposé c’est la clarté, c’est la lumière.
Et quand elle se lève, avec la lune, naît l’angoisse : « La lune envisage de se lever et cela me terrifie ».
La lune, substitut de l’astre du jour, quand règne la nuit. La lune, ce « rêve du soleil. » comme disait Paul Klee.
La lune possède un double aspect, à l’image de ses deux faces : la
lumière et l’inquiétante obscurité du côté qu’elle dissimule aux hommes.
Cette ambiguïté fondamentale lui permet de révéler ce qui devrait être caché. Ainsi est-elle aussi une lumière de l’interdit. D’autant plus qu’elle ne permet pas de voir, qu’elle n’autorise qu’à deviner, à soupçonner. Ferment de l’inquiétude, inversion du monde réel, elle est l’alliée naturelle des chimères, et maintient nos yeux entrouverts, elle libère, leur donnant forme, nos angoisses

Mais c’est ce mouvement de la lune : se lever, se relever, qui est surtout angoissant.
C’est se lever qui inquiète hautement le personnage.
Se relever, sortir des ténèbres, sortir du monde en gris et noir, c’est risquer de se retrouver dans l’un des deux pôles de son monde global. C’est retrouver les triomphaux sommets de la mégalomanie :

« tu le savais, quand la nuit sur la grève
exaltait le firmament,
que ton ego de ciment
suait l’orgueil : ton triomphe s’élève »

pour rebondir sur l’autre pôle, celui de la paranoïa :

« que l’air, un juge dément /
criait sur toi : rien de bon ne se lève. »

ou se retrouver en bas, dessous, « dissous ». Ce « bas » dissolvant qui accompagne le morcellement : « je me morcelle, me dissous », me dit sous… sous terre, dans la nuit du Tombeau.

Ainsi « la lune crache un poison ». Comme la vipère.
Mais surtout, balloté entre ces extrêmes, se perd l’entre-deux des alpages, le fragile équilibre où se tient encore la vie du personnage, entre les pics et les profondeurs d’une chute sans fin.

Une poésie verticale s’ensuit, où les lettres tombent, toutes noires. Une poésie s’écrit en blanc sur noir, en blessure noire.
Par la verticalité de sa lecture, le poème vise à inverser le mouvement de ce qui cherche à se relever. Coucher de lune.
Mais toutes les directions sont des voies sans issue : « son alme ligne en impasse s’achève »

Le lever de la lune mène à une autre dichotomie : « addiction » et «phobie » du « sexe ».
Le lever de lune est associé à une débauche :

« en jaillit du sperme à flots
par scintillements pâlots »

On est renvoyé, de nouveau, aux « Couleurs froides du monde » ; aux « volutes blanches », nées de la ponte synchrone des polypes coralliens.
Hypertexte, intertexte, accentués encore par cette image, et cet acte de dégustation :

« nuée ardente aux fragrances de miel,
que tu, bouchée bée, aspires. »

Le sexe se mange, et démange.
Plus de goût à rien, sinon au blanc sexué.
Phantasme : manger, avaler et être soi-même mangé, avalé.

« Tu le savais, quand la nuit sur la grève
se faisait un aliment
de ton malaise en ciment »


Un même poème donc est éclaté en miroitements kaléidoscopiques, à l’image de l’éclatement du personnage. Une polyphonie, plutôt, et des variations sur un même thème présent-absent. Un original absent, en effet, dont le texte dans son ensemble se fait une mosaïque kaléidoscopique en noir et blanc, qui multiplie les points de vue, les diffractions, les interprétations…

Un texte pris et repris, par l’effet de hasards, ou par la nécessité plutôt, d’un style ‘’work in progress’’ ?


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