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Humour/Détente
Taquari : La tringle à rideaux
 Publié le 05/10/18  -  7 commentaires  -  16849 caractères  -  33 lectures    Autres textes du même auteur

Un vestibule. Une porte qui ne claque pas. Un vaudeville en somme.


La tringle à rideaux


Quand on est con, on est con, disait le poète. Je suis con, je le sais et cela ne me rend pas plus intelligent. Quatre-vingt-dix-neuf pour cent du temps, je ne suis pas malheureux : je n’ai pas d’idées. Je somnole bienheureux. Après Reagan et Bush Junior, l’arrivée de Trump chez les Américains ? Peu m’en chaut. La famille d’Hitler au pouvoir en Europe ? Le grand-oncle en Autriche, la petite-fille en France ? Pourvu qu’on me laisse tranquille, ils peuvent bien prendre la place.


Et le un pour cent qui reste ? Celui-là j’y tiens plus que tout. C’est la prunelle de mes yeux, mon libre arbitre. Le un pour cent manquant ? Je m’occupe de ma petite personne. Je bichonne mon bien-être, c’est la seule chose qui, au final, me préoccupe. Je veux vivre l’instant présent. Je sais me faire du bien. Peut-être trop de bien d’ailleurs ? Par exemple, moi, quand je couche, j’épouse. Hier, j’avais trois épouses sur trois continents. Je suis peut-être con, mais loin d’être incontinent. Tout cela me pose quelques problèmes d’organisation. L’organisation, c’est mon seul souci à l’intérieur de ce paradisiaque pourcentage.


Bon, alors, je suis con, mais avec des qualités. Par exemple, j’ai appris sur le tard que j’avais de l’humour. Il devait être approximativement vingt-trois heures quarante-cinq minutes quand le commissaire m’a dit :


– Vous êtes drôle, vous.


Avant cela, je ne m’en étais jamais rendu compte. Au contraire, il me semblait que j’étais absolument quelconque, une personne anodine et voilà que d’un coup, grâce à cet homme perspicace, je devenais drôle. Moi qui m’étais toujours fondu dans la masse, je venais de croître de trois mètres et je dépassais maintenant fièrement cette fiente grouillante. D’autant que mon ascension sociale ne s’arrêta pas là, le commissaire reprit :


– Et puis, vous m’êtes sympathique alors je vais vous donner un conseil.


Drôle, sympathique : je devenais populaire. Je le sentais, cet homme avait une âme profonde, il s’intéressait à moi. Il se rapprocha et pencha la tête au-dessus de son bureau pour me parler les yeux dans les yeux. Moi, je ne bougeais pas, de toute façon menotté comme je l’étais, je n’aurais pas pu lever mes mains pansées et bandées pour me gratter le nez. Il dit :


– Fermez-la ! Ne dites plus un mot sur cette affaire et exigez de moi la présence de votre avocat.

– Mais pourquoi, monsieur le commissaire ?

– Inspecteur !

– Pourquoi monsieur l’inspecteur ? Je n’ai rien à cacher, je n’ai pas besoin d’avocat.

– Bon, très bien. Je vous aurai prévenu. Tout ce que vous dites peut être retenu contre vous. Alors, allez-y, racontez-moi de nouveau, et depuis le début s’il vous plaît, tout ce qui s’est passé aujourd’hui.


Cet être plein de compassion me rappelait mon père, je l’aurais bien embrassé si je n’étais pas embarrassé par cette table qui maintenait une frontière invisible entre nous. Faute de mieux, j’avais envie qu’il soit content. Afin qu’il puisse ressentir les choses comme elles s’étaient exactement passées, j’ai fermé les yeux et je me suis concentré en me projetant quelques heures en arrière :


– Voilà, monsieur l’inspecteur, j’étais seul à l’appartement. Birgit était allée chercher des tringles à rideaux pour notre vue sur cour quand on sonna à la porte. Je mis un instant avant d’enregistrer correctement l’information et ensuite, comme l’aurait fait n’importe qui ayant un vestibule d’entrée contigu au salon, je me suis levé du canapé pour me diriger vers le hall, vers la porte d’entrée.


J’ouvris les yeux pour regarder mon nouvel ami et repris :


– Vous me suivez, inspecteur ? Suis-je assez clair ?

– Jusque-là ça va, mais, dites-moi, entre le salon et le vestibule, il n’y aurait pas un corridor que vous auriez oublié de mentionner ?

– Ah non, pas chez moi en France. Par contre au Bré…

– Non, mais laissez tomber, c’était de l’humour. Je vous en prie, poursuivez. Donc, vous ouvrez la porte ?

– Avant cela, je tourne la clef pour déverrouiller la porte qui n’a pas d’œil de visualisation, sinon vous pensez bien que…


À ce moment-là, cet être, jusque-là si prévenant, émit un soupir que je ne pus m’empêcher de prendre pour de l’agacement. Cela me perturba quelque peu, me serais-je trompé sur l’état de notre relation ? Mais, en ce jour où tout semblait m’échapper, mon plus vif souhait était de renouer des contacts, je m’empressai donc de rajouter vivement :


– Et j’ouvris la porte…

– Ah, nous y voilà…


Nous étions de nouveau en phase. Je soupirai d’aise et il reprit beaucoup plus détendu :


– Et là…

– Et là ?

– Et là ?

– Ah oui, et là, Poliana !


Ne voulant pas perdre de nouveau mon interlocuteur, je passai en mode simulation, le policier le comprit tout de suite et, au-delà de notre communion d’esprit – ce fameux un pour cent, en ce qui me concerne –, je pus voir, au gré de mes altérations de voix et diverses imitations, son visage si expressif passer de l’étonnement à l'assertion compréhensive :


– Poliana ? Poliana, c’est toi ?

– Eh oui, c’est moi. Surpris, hein, Porco !

– Poliana, mon amour, mais… qu’est-ce que tu fais là, bordel ?

– Je suis venue voir ce que c’est que tes fichues obligations professionnelles en France. Vagabondo ! Vicioso !

– Et là-dessus, inspecteur, elle me bouscule et entre dans l’appartement, comme ça, sans mon autorisation. Je vous jure…

– Oui, mais d’un autre côté, c’est votre femme si je me réfère aux informations que vous m’avez fournies.

– OK, mais c’est ma femme du Brésil, il n’était pas prévu qu’elle vienne mettre le souk dans ma relation avec Birgit…

– Birgit ? L’autre femme, l’Allemande ?

– Oui, c’est cela même, vous avez bien suivi.

– Et pendant qu’on y est, rappelez-moi le nom de votre autre épouse que je le note correctement.

– Mon autre épouse ?

– Oui, votre dernière femme en Chine, celle qui est encore en vie.

– Bao Cai Chan.

– C'est ça. Bao Cai Chan, avec un i ? Oui, bon poursuivez.

– Donc, Poliana a pénétré dans le vestibule et je suis resté sur le pas de la porte. Je me retourne pour entamer une discussion qui s’annonce difficile avec ma belle métisse. Et pour tout vous dire, inspecteur, de discussions il n’y en pas eu, elle a tout de suite entamé un esclandre comme quoi elle m’épiait depuis deux jours et que je suis un fieffé menteur…

– On la comprend.

– … Je lui aurais volé sa vie et patati, et patata. Vous savez, monsieur l’inspecteur, les femmes latines ont le sang chaud…

– Je l’apprends, je l’apprends.

– … C’est un charme particulier. Le visage de Poliana est merveilleux quand elle est en colère. J’adore voir ses yeux, envahis par la fureur, se projeter sur moi, cela me provoque systématiquement un désir charnel. En plus, vous pensez bien, cela faisait un mois que je ne l’avais pas vue alors la retrouver dans le vestibule de Birgit, si belle et en colère, eh bien oui, monsieur l’inspecteur, je n’ai pas peur de l’avouer, j’ai perdu la tête. C’est ma femme, vous comprenez…

– J’essaye.

– La voyant ainsi, j’ai eu une érection, comme qui dirait, maritale. Pris d’une pulsion subite, je l’ai plaquée contre le mur…

– Du vestibule ?

– Hein quoi ?

– Plaqué contre le mur du vestibule ?

– Bon, ben, à ce moment-là, je ne me rendais plus bien compte de ce que je faisais, mais oui, oui, le mur du vestibule. Le drame, c’est que dans mon enthousiasme et ma joie de la retrouver, j’ai oublié de refermer la porte. Ce qui pourrait n’être qu’un détail aura son importance par la suite.

– Vous me l’ôtez de la bouche.

– Moi, ma bouche, j’essayai de la coller contre celle de ma femme, mais elle virait la tête à chaque fois. Elle se débattait et cela me rendait encore plus fou d’amour, elle m’injuriait : « Porco, safado ! », et moi, je prenais cela pour de la poésie tout en n’oubliant pas de vérifier avec mes mains avides si toutes les syllabes formaient bien un alexandrin. Alors qu’elle me martelait le dos avec ses petits poings, mon pantalon tomba sur mes chaussures. Très vite, mon slip suivit le même chemin sans que je sache vraiment vous expliquer comment j’ai réalisé ce tour de force si promptement.

– Oh, ce n’est pas la peine, je peux me faire une idée. Et alors c’est à ce moment que…

– …

– Continuez !

– Cela faisait quelques secondes que Poliana me labourait le dos d’une manière plus douce, plus sensuelle lorsque je perçus une voix venant du palier de notre étage : « Vagabond ! ». Vous allez rire, inspecteur…

– Ça m’étonnerait…

– Attendez, laissez-moi vous expliquer. Je me souviens que, juste avant la scène d’horreur, j’ai eu cette réflexion : tiens, mais ça ce n’est pas du portugais. Comme je vous le disais, c’est assez drôle car figurez-vous que la voix provenait de ma femme, enfin de Birgit, qui arrivait avec ses tringles à rideaux. En me retournant, je m’aperçus qu’elle avait déjà un de ces engins dans la main droite et qu’elle le brandissait comme une lance. J’aurais pu prendre cela pour une de ses lubies, elle est un peu excentrique, vous savez…

– Elle était.

– Oui, elle était. Quelle tristesse ! Paix à leur âme ! À ce propos, avez-vous déjà entendu parler de cercueil double ?

– Non jamais, mais il vous reste la fosse commune.

– Ah non, grand Dieu, ce serait pécher.

– Comme je vous comprends. Bon, allez-y, on y retourne…

– Donc, pour Birgit, j’eus l’image fugitive d’une Walkyrie avançant vers moi avec un hurlement guttural très inquiétant et décidée à perpétrer l’irrémédiable. Moi, j’étais entre la mangue et le chou…

– Entre la samba et la danse des chaises, dit-il.

– La Caïpirinha et la bière, dis-je.

– Entre Coelho et Goethe, dit-il.

– Entre Pelé et Beckenbauer, dis-je.

– Bon ça suffit, dit-il mauvais joueur, parce que là, vous êtes plutôt entre la prison à perpétuité et la guillotine.

– J’étais donc, repris-je sans vouloir paraître trop fier de moi, entre…


Il me fit de gros yeux ronds.


– Entre elles. Birgit agitait ses bras dans tous les sens et Poliana, dans mon dos, hurlait à tue-tête : « E essa, sua vaca da França ? » Moi, grand seigneur, je me concentrais sur l’essentiel. L’homme est monotâche, vous savez…

– Mais visiblement pas monogame.

– C’est ma fragilité, mon talent d’Achille. Donc, je devais faire protection de mon corps à ma jolie métisse et tenter de calmer l’ardeur teutonne de ma blonde préférée. « Bibiche, Bibiche, calme-toi, ce n’est pas ce que tu crois, calme-toi. Parlons-en à tête reposée. » Le vagissement tout baveux que ma Birgit d’amour éructa, en levant encore plus haut sa tringle à rideaux, me convainquit malheureusement que mon discours n’avait pas atteint son objectif. Ma femme s’élança, la rage aux dents, alors que ma femme tentait de me pousser de son passage, l’injure à la bouche et le poing serré :

« Sua Desgraçada ! Puta chique francesa ! »

« Beurrrrrrghhhh ! (traduction de la rédaction : Je suis pas française, connasse !) »

– Vous savez, inspecteur, on ne se révèle vraiment que dans les grandes occasions. En vivant des événements extrêmes, on découvre sa vraie nature. Moi, j’étais bien décidé à protéger mes deux trésors, mais comme la pointe de la tringle approchait dangereusement de mon abdomen, je sus que je n’étais définitivement pas courageux et je fis un pas de côté, laissant la barre en fer continuer sa course et mes deux femelles en furie, face à face.

– Bien, petit à petit, je commence à comprendre, mais cela ne m’explique pas la position de vos mains au moment où l’on vous a retirés les uns des autres.

– J’y viens, monsieur l’inspecteur. Vous allez voir, c’est simple.

– Permettez-moi de supputer le contraire.

– Bon enfin, vous déciderez. Voilà ce qui s’est passé : lorsque j’ai vu la tringle à rideaux, totalement aveuglée par la fureur, se projeter sur l’estomac de Poliana, j’ai su qu’un drame se produisait et, dans un ultime sursaut de savoir-vivre, j’ai jeté ma main gauche pour empêcher l’impact fatal. À partir de là, tout a été foudroyant.

– J’imagine, oui : deux morts et un crucifié !

– Toujours est-il que la tringle a transpercé ma main pour se loger dans les premiers mètres d’intestin grêle de Poliana. Sous le choc, la tringle ripa de la main de Birgit et menaça directement le regard lumineux de ma Bavaroise. Je voyais sa tête avancer inexorablement vers l’autre bout de l’arme blanche. Malgré ma douleur – dans laquelle, vous le pensez bien inspecteur, je n’arrivais pas à discerner les parts charnelles et affectives –, je n’écoutais que ma stupidité en décidant de sauver les meubles. Et de nouveau, je lançai ma main, droite cette fois-ci, pour éviter une nouvelle atrocité. La tête de Birgit, quant à elle, propulsée par toute sa rage, plaqua ma main sur la tringle. La politique de la droite fut aussi lâche que celle de la gauche, elle préféra céder immédiatement plutôt que de résister. Cette nouvelle couardise, même si l’intention louable était d’éviter toute jalousie entre mes épouses, eut surtout l’effet immédiat de permettre à la tringle à rideaux de perforer l’œil gauche de Birgit. Ainsi, le destin et la loi des séries s’acharnèrent pour me clouer irrémédiablement alors que mon bec redoublait d’efforts pour signaler mon désappointement : j’étais en train de perdre en une minute ce que j’avais minutieusement construit sur cinq années.

– C’est la loi de tous.

– Il y eut une seconde de temps mort puis la pesanteur reprit son jeu interminable. Ainsi unis tous les trois, nous nous laissâmes glisser le long du mur.

– Du vestibule ?

– Oui, inspecteur, du vestibule. Bon, toujours est-il qu’à ce moment-là, mes deux épouses étaient mal en point, mais encore en vie. L’une et l’autre émirent quelques gargouillis alors que, personnellement, je serrais très fort les dents. Je vous fais les gargouillis inspecteur ? ou non ?

– Plutôt non. Continuez.

– Bien. Donc, en tant que maîtresse de maison, c’est Birgit qui, la première, relança la conversation : « Ôte ta sale patte de mon visage, crétin ! » À peine ai-je eu le temps de marmonner que je ne pouvais pas, que Poliana, encore très vive, malgré ses problèmes gastriques, répliqua :

« O que ela esta falando, sua grossa ? »

« Grosse ? Elle me traite de grosse ? Attends, tu vas voir pétasse ! »

Et elle leva ses bras en direction de Poliana pour essayer de la griffer au visage. Ma Latine fut plus prompte et enroula ses jambes autour de la tête de Birgit pour la pousser plus profondément sur la lame. Moi, en tant que juge-arbitre, j’aurais bien fait le signe pour un autre temps mort, mais j’avais les mains prises. La force imprimée eut un impact néfaste à chaque bout de la tringle. Pour Birgit, elle s’enfonça dans des régions aussi sensibles à mes doux souvenirs qu’essentiels au fonctionnement cérébral et finit par buter contre le fond de son crâne. Pour Poliana, elle sectionna simplement la colonne vertébrale. Quand les jambes de ma Brésilienne retombèrent le long du corps de mon Allemande, je ne pus que déclarer match nul. Et c’est ainsi que vous nous avez retrouvés, monsieur l’inspecteur, juste après que notre voisine de palier, madame Delesmantoit, nous ait découverts en s’écriant :

« Dieu, du ciel, vous n’auriez pas pu vous couvrir ! » Elle faisait bien sûr référence à l’ensemble slip-pantalon qui traînait encore sur mes chaussettes.

– Donc, selon votre version, vous êtes innocent ?

– Ah mais, totalement ! Mieux même, je suis la victime : je suis veufs.

– Mes doubles condoléances, alors. Mais, il reste une dernière petite question qui me trotte dans la tête depuis un moment et que j’aimerais vous poser avant de terminer cet entretien.

– Allez-y, inspecteur, je ne veux rien vous refuser.

– Je ne peux rien vous refuser serait plus approprié mais, nous ne sommes plus à ce détail près. Donc voilà ma question : comment faites-vous, sans travailler, pour entretenir trois ménages dans des régions aussi différentes ?

– Ah mais, détrompez-vous, je travaille. Vous pensez avec ces jolies femmes un peu partout dans le monde, j’ai des frais. Et puis, il y a les voyages, c’est pas rien. Je travaille, et comme un dingue encore. Jugez-en par vous-même : du Brésil, je ramène de la drogue en France. De France, je pars pour la Chine avec toutes sortes de plans et de secrets de fabrication. Et puis en quittant Bao Cai Chan pour Poliana, j’embarque une montagne de gadgets électroniques. C’est du boulot, vous n’imaginez même pas.

– Bon, disons que j’ai ma petite idée et je me permets d’insister encore une fois : vous devriez prendre un avocat.


Décidément j’aimais bien ce type, il allait s’occuper de moi. Et j’en aurais besoin, en ayant perdu mes deux amours, je me sentais bien seul dans ce monde de brutes. Grâce à lui, et tout en étant con, je sentais que j’allais retomber sur mes pattes. Et c’était, encore une fois, ce fameux un pour cent qui me le susurrait à l'oreille.



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Ce texte a été publié avec un mot protégé par PTS.


 
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   Mokhtar   
14/9/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Ce texte est bâti essentiellement sur l'humour, humour auquel je ne suis que moyennement sensible. Qu'on m'en pardonne.
On ne peut être exigeant à propos du scénario d'une histoire qui se présente comme un vaudeville. Mais la scène des crimes à la tringle de rideau est quelque peu insipide.
Par contre la philosophie du personnage tri-gamme et ses modes de subsistance sont amusants.
Mais l'ensemble ne m'a convaincu que très moyennement.

Mokhtar, en EL

   GillesP   
17/9/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup aimé l'humour de cette nouvelle, qui repose sur la naïveté du narrateur. La fin m'a bien plu, lorsque le narrateur énonce d'une manière tout à fait ingénue ses divers trafics.

Un détail: dans les dialogues, le narrateur expose les faits à l'inspecteur parfois au passé simple, parfois au passé composé. Je pense qu'utiliser tout le temps le passé composé aurait été plus efficient. Il est rare qu'on s'exprime à l'oral au passé simple. Et en plus, cette alternance passé composé / passé simple crée un effet un peu bizarre.

GillesP

   izabouille   
20/9/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai bien aimé, c'est écrit avec style et il y a même une certaine élégance dans la plume. C'est drôle et bien amené. Le côté blasé des deux personnages est succulent et leur dialogue tient la route.
J'ai un peu moins capté l'accident de la tringle à rideau, c'est compliqué de comprendre exactement ce qui s'est passé mais je crois que c'est difficile de raconter ce qui arrive à trois personnes différentes au même moment sans s'emmêler un peu les pinceaux.
Les personnages utilisent le passé simple dans leur discussion et je ne trouve pas que c'est crédible car plus personne n'utilise le passé simple pour s'adresser à quelqu'un. Mais ce n'est là qu'un détail, votre nouvelle m'a bien plu, merci pour ce bon moment de lecture

   Thimul   
5/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai adoré, mais je suis de parti pris : j'adore les cons.
Grace aux cons je me sens vraiment intelligent. Sans eux, je serais banal, moyen, presqu'une bouse.
Ce personnage surréaliste est jouissif à découvrir et je devine qui l'a été également à écrire.
Bien sûr c'est délirant, mais c'est ce qui fait le charme de cette histoire : elle est totalement barrée, elle assume, et elle va jusqu'au bout.
Les réactions de l'inspecteurs sont excellentes et rythment le texte.
J'ai passé un très bon moment.

   Willis   
5/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Splendide jusqu'aux aveux de notre polygame.
J'aurai préféré que la troisième épouse se suicide après avoir eu connaissance des faits ou qu'il reconnaisse le double-meurtre pour profiter pleinement de la non-suicidée.
Bref, tenu par le comique de l'histoire, francs sourires à l'appui, je suis arrivé au dénouement, enchanté... et le charme s'est atténué lors des aveux.
Cette plume est douée, dans le style, c'est sûr.
Les dialogues : Rien de plus descriptif dans ce type de récit, surtout quand l'auteur possède un tel humour.
J'en redemande....

   hersen   
7/10/2018
Se glorifier d'être con, bon, pourquoi pas, même si je doute que ça rende moins con !

je sais déjà que je ne mettrai pas d'éval à ce texte, que je n'ai vraiment pas aimé. Je n'en comprends même pas le but; Sans doute est-il de faire rire, puisqu'il est en humour-détente, mais il ne m'a ni détendue, ni fait rire.

Bon, que dire de plus ? "rien", doit penser l'auteur, ça va aller comme ça !

Il y a un peu de ça. Je ne veux pas m'inscrire en juge pour la seule raison que j'ai horreur de ce type de texte.

Pour moi, l'humour, c'est autre chose que de se retrouver le derrière nu devant la voisine.

Bon. parler du style, je n'en vois pas l'intérêt, puisqu'il est propre à ce genre d'histoire : des quiproquo, des réparties décalées, toutes plus ou moins intelligentes. Je remarque malgré tout avec un sourire amusé (merde, je me laisse happer !) que le flic, pas trop dégourdi, va finir par paraître intelligent face à ce con qui s'annonce comme tel.

une petite remarque linguistique (pour faire un peu intellectuel :)
"grossa" m'étonne, je pense que l'auteur voulait plutôt dire "gorda" ?

Ou alors ce serait un brésilianisme, mot que j'invente pour l'occasion ?

   plumette   
10/10/2018
j'ai failli me détourner à la première phrase car il me semble que le con ne se désigne jamais lui-même.

Et puis j'ai lu tout de même ( un nouvel auteur cela m'intéresse toujours!) mais je n'ai pas aimé, car peu sensible à ce genre d'humour.
Mais si j'ai lu, c'est que je trouve qu'il y a un talent de plume, une aisance dans l'écriture que j'aimerais voir au service d'un autre genre.

je n'ai rien compris à la scène de meurtres croisés.

je n'ai pas été convaincue par ces dialogues distanciés dans un commissariat.

Bonne continuation!

je ne mets pas d'évaluation car trop influencée par mon manque de goût ( subjectif) pour cet humour vaudevillesque.

Plumette


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