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Science-fiction
Thimul : La panacée
 Publié le 03/01/19  -  10 commentaires  -  13941 caractères  -  76 lectures    Autres textes du même auteur

Soigner ou guérir ?


La panacée


Le professeur Auguste Lemaire, chef du service de gériatrie, assis derrière son bureau, ôta ses lunettes et se pinça la base du nez comme il aimait à le faire chaque fois qu’il se sentait fatigué. Il était vingt et une heures, sa famille l’attendait pour le réveillon du trente et un décembre, mais il devait avant tout entendre ce que son chef de service avait à lui dire.

Bien sûr il était déjà au courant du plus gros, mais il tenait à entendre toute l’affaire de la bouche même de l’intéressé. Son cœur s’accéléra un peu quand il entendit quelques coups brefs cogner la porte. Il lui cria d’entrer sans se lever de son fauteuil.

Benoît Grenier pénétra dans les lieux les bras chargés d’un épais dossier. On ne pouvait pas faire plus différent du professeur que cet homme d’à peine quarante ans. Il était aussi effacé que Lemaire était imposant, aussi négligé dans sa tenue que son patron était impeccable. Malgré tout, ce dernier savait que sous ses dehors « d’adulescent » Grenier était un médecin d’exception et c’est pour cela que depuis huit ans, il lui faisait confiance pour diriger l’unité de soins palliatifs.


— Asseyez-vous Grenier, fit-il sèchement aussitôt obéi par son subordonné. Il y a une affaire dont j’aimerais vous entretenir. Avez-vous amené tous les comptes-rendus des trente dernières hospitalisations ?

— Ils sont là, professeur, dit-il en déposant la chemise sur son bureau. J’ai également demandé à la secrétaire de sortir tous les dossiers comme vous me l’avez demandé. Vous les aurez après-demain, à midi au plus tard.

— Bien, très bien. Dites-moi Grenier, vous dirigez bien une unité de soins palliatifs, je ne me trompe pas ?

— Oui, professeur. Pourquoi cette question ? Êtes-vous mécontent de mon travail ?

— Pas du tout, pas du tout. Toutefois, quelque chose m’échappe et j’aimerais une bonne fois pour toutes avoir une réponse.


Il ouvrit rapidement la chemise et prit le premier compte-rendu.


— Monsieur Gentil, 75 ans, entré pour un cancer du pancréas en phase terminale. Deux jours après son hospitalisation, ses douleurs atroces cessent, une semaine après il reprend du poids, trois semaines après il sort de chez nous en pleine forme. C’était il y a trois mois et depuis il va bien.


Il jeta la feuille à côté de la chemise et en prit une autre.


— Madame Laplace, 82 ans, insuffisance cardiaque au dernier degré, sous assistance respiratoire, ne pouvait plus mettre un pied devant l’autre. Deux semaines plus tard, elle rentre chez elle sans oxygène. J’ai voulu la joindre ce matin, sa famille m’a déclaré qu’elle ne pouvait me répondre parce qu’à cette heure-là elle faisait son footing !


Il prit un nouveau compte-rendu.


— Madame Gilles, 94 ans, atteinte d’une maladie d’Alzheimer, grabataire, ressortie vingt-huit jours plus tard complètement autonome. Elle, je l’ai eue au téléphone cet après-midi. Elle a abrégé notre conversation parce qu’elle ne voulait pas rater « Questions pour un champion » ! Voilà : pouvez-vous m’expliquer comment il se fait que nos trente derniers patients soient ressortis de notre unité sur leurs deux jambes et en pleine santé, alors que d'ordinaire, ils entrent ici pour y mourir ?


Un silence gêné s’installa. Puis, Grenier tenta de s’éclaircir la voix et murmura quelque chose d’incompréhensible.


— Pardon ? fit Lemaire.

— Je disais que j’ai essayé un traitement. Le même pour tous les patients. C’est quelque chose de nouveau, encore à l’étude.

— Vous vous foutez de moi ? Vous êtes en train de me dire que vous avez administré un traitement expérimental à des patients en fin de vie sans m’en informer. Quel est le laboratoire qui est derrière cet essai ?

— Il n’y a pas de laboratoire, professeur. C’est un traitement que j’expérimente… de ma propre initiative.


Lemaire sentait la colère monter.


— Si je vous comprends bien, dit-il calmement, maîtrisant sa fureur, vous êtes en train de jouer à l’apprenti sorcier avec nos malades. Les patients ont-ils donné leur consentement ?

— Ils n’étaient pas au courant, monsieur. Les familles non plus.


Le chef de la gériatrie pianotait sur son bureau. Sa carotide pulsait à la base de son cou. Sa tension artérielle grimpait en flèche. Un début de mal de tête vint le rappeler à l'ordre. S'il ne se maîtrisait pas plus, un beau jour, il allait finir hémiplégique.


— De mieux en mieux ! Je vous préviens que vous avez deux minutes pour m’expliquer les tenants et les aboutissants de toute cette affaire avant que je vous foute dehors à coups de pied dans le cul, mon petit bonhomme ! Et si je ne l’ai pas encore fait, c’est uniquement par curiosité, au vu des résultats !


Grenier gardait son calme. Il prit le temps de se caler dans le fond de sa chaise et tira machinalement sur les manches de sa veste élimée.


— Professeur, mon père et mon grand-père sont morts de la chorée de Huntington. Il y a un an, j’ai commencé à en ressentir à mon tour les premiers effets. Des problèmes de coordination dans certains mouvements. Cette saloperie commençait à détruire mon système nerveux. Je savais que j’allais finir sénile et grabataire. J’ai pris un congé exceptionnel de deux mois, vous vous en souvenez peut-être.


Effectivement, Lemaire se rappelait du jour où son chef de service était venu lui demander un congé sans solde. Il l’avait trouvé bouleversé, mais Grenier avait refusé de s’étendre sur les raisons de son absence, prétextant un problème familial très grave.


— Je suis fou d’anthropologie. Je m’intéresse depuis pas mal de temps aux cultures des peuples premiers, particulièrement ceux d’Amazonie. Des légendes circulent parmi ces peuplades. Il y aurait une tribu qui ne connaît pas la maladie. Je suis parti pendant ces deux mois. Par recoupements, et avec un peu de chance je dois dire, j’ai trouvé ce peuple. Et j’ai pu constater effectivement que tous les membres de cette communauté sont en parfaite santé. Ils sont un petit nombre. Ils ont plus de sagesse que nous. Ils limitent eux-mêmes les naissances pour éviter la surpopulation. Ils vivent très vieux pour la plupart. Les seules morts prématurées sont les morts accidentelles. Le hasard a voulu que je sauve le fils du shaman qui était tombé dans le fleuve. Personne ne sait nager. Ils croient que les démons vivent sous les eaux. Pour me remercier, il m’a fait boire un breuvage, une infusion d’une fleur qui pousse sur leur territoire. Deux jours après, mes tremblements avaient disparu. Une semaine après, j’avais en moi une énergie que jamais de ma vie je n’avais ressentie. Je dormais quatre heures et j'allais aussi bien que si j’en avais dormi huit.

— Ce serait cette fleur d’après vous qui vous aurait guéri ?

— Elle n’a pas fait que me guérir professeur, elle m’a transformé. Depuis un an, je n’ai pas eu un rhume, quand je me brûle, je cicatrise dix fois plus vite. Mon esprit aussi a évolué.

— Comment ? Ça vous a rendu plus intelligent ?

— Plus que cela. Ça m’a ouvert l’esprit. Depuis, j’ai conscience de la planète sur laquelle je vis. J’ai changé, je sens en moi comme une communion avec mon environnement.


En racontant son histoire, le visage de Grenier s’était illuminé. Il poursuivit, enflammé.


— Quand je suis parti, le shaman m’a fait cadeau de la fleur et de quelques graines. Il m’a dit que je devais la remettre au monde et que les hommes retrouveraient alors la raison.

— Vous parlez leur langue ?

— Non, le shaman parle le portugais. C’est le seul du village. Il l’a appris il y a très longtemps d’un homme qu’ils avaient recueilli et qui a vécu à leurs côtés pendant plusieurs années. L’homme avait fini par repartir lui aussi avec une fleur et des graines. Ils ont trouvé son cadavre des mois plus tard au fond d’un ravin. Je parle très mal le portugais, mais je le comprends assez bien. De retour ici, j’ai commencé à douter de cette expérience. Ce que j’avais vécu là-bas commençait à devenir un peu irréel à mesure que je me replongeais dans ma vie d’avant. J’ai mis la fleur en culture dans mon jardin, simplement pour voir. Ici, ça pousse aussi facilement que du chiendent.

— Avez-vous expérimenté cette plante sur des animaux ?

— Non, je savais que ce serait inutile. Et c’est même pour cette raison qu’un tel médicament n’a aucune chance d’être un jour inventé par un laboratoire. La substance active de cette fleur est totalement spécifique de l’espèce humaine. C’est un poison pour les autres espèces même les plus proches de nous. C’est le shaman qui me l’a dit. Comme la législation impose, avant toute étude sur l’homme, une expérimentation animale, je savais que je n’avais aucune chance de montrer les bienfaits de cette plante par la voie classique. Alors, l’idée m’est venue de la tester chez des personnes qui de toute façon allaient mourir à brève échéance. J’en ai administré à certains patients à leur insu. Il sortit un petit flacon de sa poche et le posa sur le bureau. Une seule prise a suffi à les guérir tous. Cette plante est fabuleuse.

— Qui nous dit qu’elle n’a pas d’autres effets à long terme ?

— Enfin professeur, vous n’avez pas entendu ? Tous les individus de cette tribu d’Amazonie se portent comme un charme. Certains, qui avaient l’air d’être plus jeunes que vous, m’ont raconté qu’un jour ils avaient commencé à voir des oiseaux étranges dans le ciel, et que depuis, ces oiseaux étaient de plus en plus fréquents et de plus en plus rapides. Ils m’ont dessiné ces oiseaux. Professeur, certains, les plus anciens dans leur mémoire étaient des biplans. Le seul effet à long terme de cette plante, c’est d’allonger considérablement la durée de vie !


Grenier était survolté, mais au fond de lui, son patron avait le sentiment qu’il ne mentait pas. C’était assurément la plus grande découverte du siècle et probablement du millénaire.


— Avez-vous gardé les preuves de tout ça ? Quelque chose que nous pourrions montrer rapidement au monde entier ? demanda-t-il.

— Tout est dans mon ordinateur, et dans mon bureau. Je serais ravi de partager cette découverte avec vous. Je souhaite simplement que mon travail soit reconnu comme étant à l’origine de cette révolution qui s’annonce. L’argent ne m’intéresse plus.

— Bien sûr, je vous comprends. D’autres personnes sont-elles au courant ? D’autres ont-elles pris ce traitement ?

— Ma femme et nos deux enfants. Jamais nous n’avons été aussi heureux depuis. Tous mes essais, je les ai pratiqués seul. Je ne voulais pas que quelqu’un puisse pâtir de mes initiatives si mes expériences avaient mal tourné. Voilà, professeur. Je sais que vous m’en voulez d’avoir agi comme cela, mais vu les circonstances, je continue de penser que c’était la meilleure solution. Si j’étais venu vous trouver avant de commencer, vous m’auriez interdit d’aller plus loin, et ces trente personnes seraient mortes à l’heure qu’il est.


Lemaire devait avouer que le raisonnement de son chef de service se tenait.


— Très bien, je vais prendre le temps du premier janvier pour réfléchir à la question. Nous nous reverrons après-demain pour savoir ce que j’ai décidé de faire de vous. En attendant, vous pouvez laisser les comptes-rendus ici et partir réveillonner avec votre famille. Je les étudierai à nouveau à tête reposée.


Après une vague hésitation, il tendit la main à son subordonné qui s’empressa de la serrer pendant qu’il se levait de sa chaise. Il le regarda sortir de son bureau l’air impassible. Puis son regard se posa sur la petite fiole que Grenier avait laissée sur son sous-main en cuir rouge. Il allongea le bras pour s’en saisir et dévissa le bouchon. Il porta le flacon à ses narines. Pas d’odeur. Il hésita encore un peu, puis avec un haussement d’épaules avala le contenu.

Il attendit pendant une dizaine de minutes, sans bouger. Puis il se leva pour se diriger vers la fenêtre dont il écarta le rideau. Sous les lampadaires du parking de l’hôpital, il vit la vieille voiture de son chef de clinique s’approcher des barrières. Il retourna s’asseoir et décrocha son téléphone.

Une voix sèche, dépourvue de chaleur fit « allô ! » dans l’écouteur.


— C’est Lemaire, dit-il. Ça y est, il sort d’ici.

— Avez-vous les dossiers ?

— J’ai tous les noms. Le contenu de tous les dossiers sera dans mon bureau après-demain.

— Êtes-vous sûr que personne d’autre que lui n’est au courant ?

— Sa femme et ses enfants ont également été traités.

— Bon, nous envoyons nos agents.

— Êtes-vous certain qu’il n’y a pas d’autres moyens ? Nous pourrions essayer de le convaincre, dit le professeur.

— Trop de risques, répondit la voix. Nous devons profiter de l’opportunité que nous avons. Un médicament bon marché qui guérit tout en une seule prise. Si ce truc sort, nous serons bientôt tous au chômage. Les actions des plus grands laboratoires des groupes pharmaceutiques du monde vont dégringoler, entraînant avec elles un krach boursier dont nous ne nous remettrons pas. Toute la société telle que nous la connaissons sera plongée dans une crise sans précédent.

— Comment allez-vous procéder ?

— Nous commencerons par les piliers de l’affaire, c'est-à-dire Grenier et sa famille. Ça aura l’air d’un accident. Le monoxyde de carbone fait des ravages en hiver. Il est également prévu de déverser cinquante kilos de pesticides dans leur jardin. Demain, nos agents s’occuperont de son bureau et de son ordinateur. Ensuite, nous nettoierons progressivement tous ceux qui en ont ingéré. Il faut simplement veiller à ce qu’un fouineur ne fasse pas le rapprochement.

— Et pour la source ?

— La Société Petroleo vient d’acheter les terrains. Elle va prospecter dans le coin, procéder à la déforestation et au déplacement de la population. Pour plus de sécurité, nous nous occuperons aussi du shaman.


Un silence suivit, puis la voix froide s’éleva à nouveau dans l’écouteur.


— J’espère que vous-même n’en avez pas pris ?

— Bien sûr que non ! répondit Lemaire d’un ton qu’il espérait sincère.

— Je l’espère pour vous. Bonsoir, professeur, et bonne année !


 
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   Stephane   
3/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Thimul,

Une histoire plausible et bien ficelée. Je pense effectivement que si nous trouvions la fontaine de jouvence ou une avancée technique nous permettant de vivre mieux et beaucoup plus longtemps, la société en serait malheureusement affectée tel que vous le décrivez dans cette nouvelle. Toutefois je pense que cette trouvaille miraculeuse serait réservée à une élite formidablement restreinte, sinon se serait l'effondrement de la société tout entière.

Il paraît que Google a engagé des sommes astronomiques dans la recherche médicale sur la longévité des êtres humains et j'ai entendu dire que si toutes les ressources financières avaient déployées pour rendre cela possible, nous aurions déjà trouvé le remède miracle. Mais entre ce qu'on dit et la réalité, cela reste à voir. En tout cas le sujet est intéressant dans le sens où il soulève une quantité non négligeable de questions sur le sens de la vie et notre place dans ce monde. Nul doute que nous trouverons un jour le moyen de vivre plus longtemps et en bonne santé avec les nano-technologies et la régénérescence des tissus et des organes. Peut-être 150 ou 200 ans, qui sait...

Une très bonne lecture, en somme.

Cordialement,

Stéphane

   stony   
3/1/2019
Pour ce qui est de l’histoire proprement dite, je trouve le cheminement bien équilibré, en particulier la chute qui ne tombe pas à la dernière phrase, mais connait un certain développement, avec les trois dernières répliques qui ajoutent une mini-chute à la chute. Au début, la curiosité est aiguisée de manière assez linéaire, ce qui permet de maintenir le lecteur accroché sans qu’il ne se lasse.
Très bien équilibré donc.

Finalement, seule la fleur participe de la science-fiction, le reste étant tout à fait crédible et donc réaliste.

« Le monoxyde de carbone fait des ravages en hiver. Il est également prévu de déverser cinquante kilos de pesticides dans leur jardin. » :
Ok pour le monoxyde, mais je ne vois pas l’utilité des pesticides, d’autant que ça ne me parait pas très discret. Une subtilité que je n’ai pas comprise, peut-être.

Pour ce qui concerne l’aspect purement littéraire, je ne suis pas très emballé, sans que cela soit pour autant mauvais.
C’est assez plat, voire convenu, notamment pas l’utilisation du passé simple.

L’écriture me parait globalement correcte, mais certaines petites choses m’ont quand même contrarié :

« Son cœur s’accéléra un peu quand il entendit quelques coups brefs cogner la porte. Il lui cria d’entrer sans se lever de son fauteuil. » -> on comprend bien sûr l’idée, mais une tournure syntaxique différente aurait permis d’éviter la confusion entre celui qui crie et celui qui se trouve derrière la porte (par exemple « Sans se lever de son fauteuil, il lui cria d’entrer »).

« Ils sont là, professeur, dit-il en déposant la chemise sur son bureau. » -> pas certain que soit incorrect, mais il me semble que le possessif « son » devrait se rapporter au sujet de la phrase, c’est-à-dire Grenier (« il ») et non Lemaire. « LE bureau » serait grammaticalement correct.

« Le hasard a voulu que je sauve le fils du shaman qui était tombé dans le fleuve. Personne ne sait nager. » -> le terme « personne » est ambigu ; on comprend bien sûr que c’est « personne parmi la peuplade », mais normalement, « personne », c’est personne.

« Non, le shaman parle le portugais. C’est le seul du village. » -> même type d’ambiguïté que dans l’exemple précédent. On pourrait croire que le shaman serait le seul habitant du village.

« Jamais nous n’avons été aussi heureux depuis. » -> là, c’est incontestablement incorrect ; il faudrait écrire « Jamais nous n’avons été aussi heureux QUE depuis »

D’un point de vue narratif, toute l’histoire, du moins celle vécue en Amazonie, est contenue dans les dialogues qui n’en sont dès lors par réellement. Ils paraissent un peu artificiels et Lemaire ne semble alors présent que vous permettre à Grenier de la raconter.

Une histoire agréable à suivre.

   hersen   
4/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Les fameux secrets des chamans !

Le thème est intéressant, mais peut-être que c'est un peu trop gros : d'un côté une seule plante miraculeuse, qui pousse aussi bien là-bas qu'en France (rare pour une plante tropicale, sans être en serre chauffée et lumière artificielle) et de l'autre côté un homme seul qui va administrer cette plante à des personnes en fin de vie, mais surtout, à sa famille, sans étude plus approfondie.
je reproche que "tout" soit trop miraculeux. Toute substance contenue dans les plantes a son revers et Grenier ne peut pas l'ignorer. Car même si cette tribu amazonienne s'en sort bien, il ne semble pas avoir fait d'études génétiques à leur sujet.

Pour autant, j'aime bien le fait de s'attaquer aux laboratoires qui ont trop d'intérêts à défendre pour laisser réaliser un "miracle" mais je trouve qu'il y a une petite contradiction : un labo est en général prêt à sauter sur tout ce qui est miraculeux (parce que rien ne l'est, en fait) et à en faire ses choux gras le temps que le produit ait le vent e poupe.
je pense que l'écart est trop grand entre l'attitude de Grenier et celle de Lemaire.

Ceci dit, l'histoire est plaisante à lire, même si je regrette que rien vraiment n'indique qu'un jour les labos pourraient trembler. j'aurais aimé n'avoir qu'un espoir peut-être, aussi ténu soit-il, mais ici, ce n'est pas possible, les dés sont déjà jetés.

Merci de cette lecture, Thimul !

   Robot   
4/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je prends cette nouvelle comme un conte. Seule l'histoire et son fond m'intéresse et je n'y cherche pas de rapport à la réalité. D'emblée j'ai accepté les données que vous proposez, la fleur mystérieuse, la peuplade perdue qui connaît le secret de la longévité. Chercherait-on du réalisme dans les contes de Grimm ?

Je suis entré dans le récit et je ne me suis pas ennuyé un seul instant. Le début laisse une sorte de suspense s'installer, puis après la révélation de la découverte on apprend la collusion entre le professeur et les labos. Un déroulement du récit bien mené je trouve avec ce qu'il faut d'humour dans l'examen de la situation sanitaire des personnes guéries. J'ai apprécié la chute à la fois cynique et amusante par le fait que le professeur qui accepte la solution sordide des labos cache avoir pris lui aussi le traitement. C'est bien lui le plus immoral dans cette histoire.

   Corto   
5/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai pris cette nouvelle comme ce qu'elle est: de la science fiction. Bien écrite (je partage néanmoins les remarques de forme déjà exprimées plus haut par stony) elle captive l'attention. On se doute assez vite, dès la description des premiers "miracles" qu'on veut nous entraîner dans un irréel rêvé et construit.
Le thème de la quasi immortalité n'est pas vraiment original, mais l'histoire ainsi racontée m'a fait passer un bon moment.

   jfmoods   
5/1/2019
I) Un effet d'attente bien ménagé

1) Une colère sourde et mystérieuse

Tout dans l'attitude du professeur Lemaire trahit le patron irrité par son subordonné, l'homme sur le point d'exploser ("Il lui cria d’entrer sans se lever de son fauteuil", "Asseyez-vous Grenier, fit-il sèchement").

2) De surprenantes guérisons

Sommé de s'expliquer sur trois cas, Benoît Grenier, chef de service de gériatrie, confirme la rémission miraculeuse des patients ("Monsieur Gentil, 75 ans", "Madame Laplace, 82 ans", "Madame Gilles, 94 ans").

II) Une fin hélas trop prévisible

1) Le portrait d'un idéaliste

Enthousiaste ("Grenier était survolté") et complètement désintéressé ("L’argent ne m’intéresse plus"), il entend faire partager au plus grand nombre sa découverte révolutionnaire ("Cette plante est fabuleuse").

2) Le monde merveilleux du capitalisme moderne

Soumis aux intérêts des groupes pharmaceutiques, le professeur va sacrifier son chef de service sur l'autel du pragmatisme ("Ça aura l’air d’un accident. Le monoxyde de carbone fait des ravages en hiver.").

Merci pour ce partage !

   vis9vies   
5/1/2019
Le fond : l’idée est originale, dans le sens où cela permettait d’exclure les tests préliminaires sur des animaux, et donc entrer dans la sf en balayant l’incrédulité.
Dans les détails : le chef de village qui parle portugais, c’est un détail qui fait « réel »
L’intrigue : le fil est bien déroulé, il n’y a pas de parties faibles, et tout s’enchaîne avec logique

Pour la forme : le récit est très classique, dans un style un peu impersonnel. C’est peut-être voulu, genre style des sf des années 20, qui donne une dimension intemporelle, mais j’aurais préféré une syntaxe plus travaillée. Par exemple, au tout début, rien qu’une inversion des termes de la phrases aurait apporté plus de dynamisme, comme : « Comme il aimait à le faire […], le professeur… »
Les dialogues sont vivants.
Dans le premier paragraphe, on présente Lemaire « chef du service ». Quelques mots plus loin, on écrit à son sujet : il devait entendre ce que son chef de service avait à dire. Ce n’est pas clair, qui est chef de service ? Chef d’unité, chef de service, etc. il y aurait moyen de nommer en précisant les degrés de responsabilité.
Amener, apporter. Apporter s’utilise pour les choses que l’on porte.
Une syntaxe mal appropriée : G. était survolté, mais au fond de lui, son patron… Quand on lit, on attribue automatiquement « au fond de lui » à Grenier, puisque c’est de lui qu’on vient de parler.

Mon ressenti : la nouvelle est plaisante. Elle aurait pu être développée. J’ai aimé les pirouettes qui lissaient le terrain sans qu’on ressente du Deus ex machina. La fin était prévisible (à l’énoncé du titre), mais le clin d’œil de sortie la rend plus humaine, voire plus acceptable.

   FANTIN   
24/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une nouvelle prenante, à l'intérêt maintenu et au style agréable. Le sujet est intéressant dans les oppositions qu'il développe et les problèmes qu'il soulève. On sent, bien sûr, arriver la fin - cf. les nombreuses questions du professeur - mais elle reste cependant tout à fait plausible tant le cynisme et la domination du profit nous sont devenus, sinon normaux, du moins banals à l'heure où presque tous les jours un scandale lié à l'argent en remplace un autre.
Un bon texte donc, qui mélange avec bonheur réalisme et fiction et finit sur une note à la fois lugubre et amusante.

   Donaldo75   
6/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Thimul,

J'ai beaucoup aimé cette histoire. Elle est simple, directe, facile à comprendre et sa conclusion n'a rien de surréaliste, ce qui est bien dommage pour nous pauvres humains qui nous évertuons à survivre.

Bravo !

Don

   Lulu   
12/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Thimul,

J'ai bien aimé lire cette nouvelle dont j'ai trouvé le style très doux, agréable et si simple en apparence. On entre facilement dans l'histoire, et cela m'a plu.

J'ai trouvé l'ensemble fort bien construit, à l'exception, peut-être, mais je chipote, du dialogue téléphonique final qui me semble bâcler un texte et une histoire plus élaborée avec une certaine tension entre les personnages que j'ai appréciée. J'ai eu le sentiment que, parce qu'il fallait une issue, vous vous étiez inspiré d'une histoire plus commune, type policière, moins original que l'ensemble du texte.

Mais dans l'ensemble, et pour l'essentiel, j'ai vraiment accroché à cette écriture et à cette intrigue hospitalière. L'évocation des fleurs, le parcours qui montre comment elles ont été trouvées , le fait qu'un tel remède puisse exister m'a plu et, certains moments m'ont fait sourire. Tous ces moments où sont relatés des cas de guérison, tous ceux où le professeur manifeste de l'impatience et de la nervosité face à Grenier… C'est si bien relaté que j'ai trouvé la nouvelle très visuelle.

En fait, je crois que la fin aurait peut-être été plus chouette si le dialogue ne l'avait pas emporté, car j'ai eu le sentiment d'avoir trop d'explications à ce niveau-là.

Puis, je me suis demandée pourquoi l'interlocuteur, à la fin, demande si le professeur a consommé le breuvage… J'ai trouvé cela étrange, trop proche de l'auteur qui écrit et qui sait, peu crédible, en somme. Dans la narration, on sait car on est en présence du professeur, mais l'interlocuteur du téléphone, non et je ne vois pas comment l'idée aurait pu venir à ce dernier… Enfin, c'est là mon sentiment.

Merci du partage, et bonne continuation.


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