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Science-fiction
Thimul : La théorie du chaos
 Publié le 12/08/17  -  6 commentaires  -  18795 caractères  -  66 lectures    Autres textes du même auteur

Cet écrit est dédié à une certaine firme qui veut nous imposer certains organismes.


La théorie du chaos


Le 25 décembre 2334,

Journal de Pierre, Alfred, Grégoire Boulenger.


Aujourd’hui, c’est Noël. Il y a bien longtemps que l’humanité ne marque plus cette fête religieuse désuète. Dans quelques années, les hommes ne célébreront plus rien du tout parce qu’ils ne seront plus là pour fêter quoi que ce soit.


Comment en sommes-nous arrivés là ? Cela fait des années que j’effectue des recherches sur la cause du désastre. Quelques maillons manquent encore, mais je vois à peu près, maintenant, ce qu’il s’est passé. Je ne sais pas pourquoi je me suis attelé à cette tâche. Pas pour les générations futures, il n’y en aura pas. J’ai simplement envie de laisser une trace, un message. On ne sait jamais. Peut-être, un jour, une civilisation d’un autre monde débarquera-t-elle sur cette planète maudite. J’espère que ces voyageurs trouveront mes écrits et qu’ils pourront ainsi comprendre la raison de notre extinction. Et s’ils sont à deux doigts de faire les mêmes erreurs que nous, alors il se peut que ceci leur soit utile.


Qui est à l’origine de tout ce gâchis ? Les mêmes que ceux qui sont responsables de la disparition de quatre-vingt-cinq pour cent des espèces vivantes, de l’augmentation de chaleur de sept degrés sur l’ensemble du globe, de la fonte totale de tous les glaciers exceptés ceux de l’Himalaya, de la montée des eaux de près de soixante-dix mètres, je veux parler des hommes des dix-neuvième, vingtième, et vingt et unième siècles et de leur civilisation abjecte. Ils ont fait toutes les sottises possibles et imaginables et nous en payons maintenant le prix terrifiant. Eux ont bien vécu, mais ils nous ont laissé un enfer pour planète. Quelquefois, je rêve d’une machine à remonter le temps. Pas pour les avertir, l’histoire nous a montré que ces ignorants étaient impossibles à convaincre, mais pour en ramener quelques-uns ici, et pour les traduire devant un tribunal.


Au milieu de toutes leurs erreurs, uniquement dictées par leur égoïsme, leur désir inassouvi de posséder des richesses, il en est une qui fut plus dramatique que toutes les autres. Et c’est celle-ci que je raconte aujourd’hui.


Vers la fin des années deux mille, la science fit des progrès considérables dans le domaine de la génétique. Progrès et considérable ne sont peut-être pas des mots bien appropriés. Disons qu’il y eut certaines avancées scientifiques. Parallèlement, il y eut également de sérieuses découvertes dans d’autres domaines. La physique par exemple, avec l’invention d’armes de plus en plus sophistiquées et plus meurtrières, les maths avec un approfondissement des équations sur les mathématiques du chaos. Si une civilisation trouve ces écrits, il est évident qu’elle aura dépassé ce stade, mais je ne résiste pas à l’envie de coucher ici les grandes lignes de cette science fascinante, ne serait-ce que pour montrer que les hommes de cette époque avaient tout en main pour réfléchir, et éviter de se lancer dans une aventure incontrôlable.


Que nous disent ces mathématiques ? Elles concernent des équations avec de très nombreux paramètres. Elles nous disent que la modification infime d’un seul de ces paramètres modifie complètement le résultat de l’équation dans une proportion si grande, qu’il est impossible d’en prévoir exactement le résultat. Même les derniers superordinateurs du vingt-quatrième siècle n’y suffisent pas. L’exemple classique de cette époque était d’évoquer le battement d’ailes d’un papillon, qui, par une succession de répercussions, finissait par créer un cyclone à des milliers de kilomètres de là.


Les hommes du vingtième siècle savaient tout cela. La seule et toute petite excuse que je pourrais leur trouver, c’est que les savoirs étaient assez dispersés et qu’ils se parlaient peu entre scientifiques de disciplines différentes. S’ils l’avaient fait peut-être, je dis bien peut-être, car les connaissant comme je les connais c’est loin d’être sûr, auraient-ils compris que la génétique devait tenir compte des lois mathématiques du chaos.


L’histoire n’a pas retenu le nom du premier scientifique qui réussit à incorporer un gène à l’intérieur même du noyau d’une cellule et à rendre ce gène fonctionnel. Celui-là mériterait certainement la peine de mort si elle n’avait pas été abolie sur toute la planète en 2097. J’imagine qu’il fut particulièrement content de lui, comme fut heureux le premier qui modifia le code génétique d’une plante. Ils les appelèrent « Organismes Génétiquement Modifiés ». D’après mes recherches, une puissante multinationale eut alors l’idée de commercialiser ces OGM. Elle commença dans un pays appelé États-Unis d’Amérique. C’était l’état le plus puissant de la planète, bien avant que nous en ayons fini avec ces archaïsmes nationaux et que l’humanité se réunisse en une seule communauté mondiale. Ce territoire est actuellement inaccessible : les carnisautes pullulent là-bas, et plus personne ne peut y vivre.


Ils commencèrent par le maïs et le soja. Le but était de créer une race résistante aux pesticides. On pouvait ainsi inonder la plante de substances de plus en plus toxiques contre les insectes, sans la faire dépérir. On peut difficilement faire plus crétin comme raisonnement ! Cette firme était puissante. Elle s’abrita derrière l’alibi de nourrir toute la planète dont certaines populations effectivement ne mangeaient pas à leur faim. Ils omettaient bien sûr de préciser à cette époque que le problème n’était pas celui de la production agricole, mais celui de la répartition des richesses. La meilleure preuve est qu’une proportion importante d’habitants de ce grand pays, où cette firme sévissait, souffrait d’obésité (un fort excès de poids que nous avons du mal à imaginer aujourd’hui) causée par une suralimentation. Quand elle eut inondé son propre territoire d’OGM, elle tenta de les exporter vers les autres continents. On peut dire que seule l’Europe tenta de résister. La Communauté Européenne, une association à visée économique de pays constituant ce continent, fit un court instant obstruction. Le plus grotesque et le plus monstrueux dans cette affaire, réside dans le fait que la majorité de la population était contre la culture des OGM… mais que la majorité les consommait quand même ! Ceux qui refusaient d’en ingérer étaient taxés de rétrogrades au progrès.


Quelques scientifiques et écologistes essayèrent vainement d’alerter leurs dirigeants sur les conséquences possibles de la généralisation des cultures OGM. Mais la plupart se trompaient lourdement sur les risques. En effet, ils pensaient que ces plantes n’étaient pas sûres pour la santé de celui qui les consommait. Ils se trompaient. Les OGM eux-mêmes étaient sans danger. Mis à part le taux de pesticides plus important, ils pouvaient être mangés sans catastrophe sanitaire particulière. Et c’est par ce biais que les partisans des OGM finirent par gagner la bataille (outre le formidable pouvoir de corruption que leur puissance financière leur conférait). De nombreuses études sur les animaux montrèrent l’absence de toxicité. Oui, vous avez bien lu. Pour prouver la non-dangerosité d’un produit sur l’homme, à l’époque, on le testait sur une autre espèce ! Encore une démonstration de la bêtise de cette civilisation dévastatrice.


Bref, la grande multinationale finit par étendre la culture OGM le 21 janvier 2033, date à laquelle un des anciens dirigeants de cette société prêta serment en tant que président des États-Unis d’Amérique. C’est pour cette raison que cette date est, depuis maintenant 143 ans, le jour de commémoration des grandes erreurs et péchés de l’humanité.


Pendant soixante ans, l’homme ne s’aperçut de rien. La nature ne montrait aucune réaction. En réalité, les mathématiques du chaos s’étaient enclenchées dès l’instant où ces organismes furent créés. Trois événements se produisirent à l’insu de tous.


Premièrement, l’utilisation de pesticides entraîna chez l’homme une lente perturbation des sécrétions hormonales. La natalité commença à chuter. En 2093, les décès furent plus nombreux que les naissances.


Deuxièmement, on éradiqua la plus grande partie des insectes dits nuisibles. La nature ayant horreur du vide, d’autres vinrent les remplacer. Ils n’inquiétèrent personne puisqu’ils ne se nourrissaient pas d’OGM, mais de… pesticides. En effet, à force de répandre ces substances, une pression de mutation sélectionna un insecte dérivé de la sauterelle qui métabolisait ces produits et se désintéressait des végétaux.


Troisièmement, les cultures s’uniformisèrent amoindrissant le potentiel génétique. Arriva ce qui devait arriver. Le gène introduit dans le soja eut une interaction avec un virus inconnu, parce que totalement inoffensif. Il se produisit une mutation. Cette mutation permit au nouveau virus de se propager à tous les végétaux à l’insu de tous. D’après mes calculs, j’estime qu’il fallut à peu près cinquante ans pour que la totalité des espèces consommables soit contaminée.


Ce tout nouveau virus contamina la sauterelle mutante et s’incorpora à son génome pour y dormir quelques années.

Pour combattre l’infertilité, les hommes se tournèrent vers la thérapie génique. Ils utilisèrent le gène de la sauterelle qui métabolisait les pesticides. On débarrassait ainsi l’organisme humain de tous ces toxiques, et on remettait la production de spermatozoïdes en route. On proposa l’injection de ce traitement remarquablement efficace à ceux qui n’arrivaient pas à avoir d’enfant. Il y eut plusieurs centaines de milliers de fous pour accepter.


Parallèlement, on commença à s’inquiéter du nombre croissant de ces sauterelles qui envahissaient les cultures. Même si elles ne se nourrissaient plus des plantes, mais plutôt de ce que les machines déposaient sur elles, elles gênaient considérablement le travail des récoltes. Les scientifiques comprirent alors rapidement que la solution était d’arrêter de déverser des pesticides. On revint à une agriculture plus saine. Et pendant quelques années, les sauterelles mutantes disparurent. L’homme avait enfin compris qu’il valait mieux ne pas trop jouer avec la nature.


Malheureusement, le processus infernal poursuivait sa route. Par cette action, on déclencha une pression de mutation. Le virus qui avait contaminé les végétaux et qui s’était incorporé au génome des sauterelles muta à son tour. On pense que la population déclina temporairement de plus de quatre-vingt-dix-neuf pour cent. De mutation en mutation, une nouvelle sauterelle apparut. La première observation date de 2157. On retrouva le corps d’un homme totalement dévoré. Il ne restait plus que les os et, chose horrible qui marqua la population, les yeux encore intacts enfoncés dans leurs orbites. Le médecin légiste découvrit à l’intérieur de l’os du fémur une sauterelle qui se délectait du reste de moelle osseuse qu’il contenait. Il fit parvenir l’insecte au service d’entomologie. On la baptisa carni-sauterelle en raison de sa particularité de se nourrir exclusivement de viande, puis bien vite carnisaute.


On ne tarda pas à se rendre compte que les carnisautes s’attaquaient exclusivement aux êtres humains et pas n’importe lesquels : uniquement aux descendants de ceux qui avaient reçu la thérapie génique. Ils étaient maintenant plusieurs millions. Les insecticides n’avaient aucun effet, car les carnisautes les métabolisaient. Par sécurité, on recensa tous les descendants des êtres humains génétiquement modifiés. Ils furent enfermés, aussi bien pour leur protection que pour tenter d’éradiquer l’espèce en lui coupant sa nourriture de base.


Et l’on créa une nouvelle fois une pression de mutation. Les carnisautes de première génération évoluèrent pour trouver leur nourriture dans toute l’espèce humaine. Elles attaquaient par essaims de plusieurs milliards d’individus. Elles arrivaient dans une ville et dévoraient tout ce qu’elles pouvaient dévorer et qui n’avait pu trouver refuge dans des abris. En quelques années, la population mondiale chuta de quatre-vingts pour cent. Depuis, les survivants ont transformé leurs habitations pour les rendre imperméables à tout insecte. Certaines régions ne subissent les attaques que par vagues. D’autres sont totalement infestées et devenues inhabitables.


Bien entendu, après avoir muté, il n’y avait aucune raison pour que les carnisautes ne s’attaquent pas aux autres animaux. Tous les grands mammifères de la planète disparurent en moins de dix années. Seuls subsistent les plus petits qui se terrent le jour et sortent peu la nuit.


À ceux qui trouveront ce récit, je veux dire qu’ils ne doivent jamais, à aucun prix, sous-estimer la puissance des mathématiques du chaos.


Il est des actions dont les conséquences sont si imprévisibles, qu’il vaut mieux pour le bien de tous y renoncer, même si ces actions se présentent de prime abord comme un progrès. Ne faites pas comme ces idiots, ces hommes de la fin du deuxième et du début du troisième millénaire. Ils croyaient pouvoir tout contrôler, tout maîtriser, et voici le résultat.


Il y a six mois de cela, j’habitais avec mon épouse et nos filles de trois et cinq ans dans une maison à l’écart des grandes villes. Nous avions fait ce choix, car nous avions entendu dire que les carnisautes étaient plus attirés par les lieux où les proies, c’est-à-dire les êtres humains, étaient plus concentrées. D’une certaine manière c’était parfaitement vrai. Notre logis était protégé comme il se doit, construit en dur avec des portes blindées car ces bestioles grignotent le bois comme si c’était du papier. Nous revenions d’une demi-journée de marche afin de nous approvisionner en eau potable. Je portais deux jerrycans de vingt litres, Lyse également, et les deux petites chacune une gourde d’un litre qu’elles rapportaient fièrement, conscientes de contribuer pour une petite part à notre survie. À cinq cents mètres environ de notre foyer, nous avons entendu le bourdonnement. C’était encore lointain mais pour quiconque l’a déjà entendu c’est un bruit caractéristique qu’on ne peut oublier et qui invariablement déclenche un sentiment de panique mêlé d’épouvante. Je me suis retourné et j’ai aperçu une tache sombre dans le ciel. J’ai vu Lyse blêmir. Nous avons accéléré le pas pressant nos deux amours de ne pas surtout regarder derrière elles et de courir vers la maison. Très vite, nous avons compris que nous n’y arriverions pas avec l’eau que nous transportions. Nous avons laissé tomber les jerrycans et pris chacun une de nos filles dans nos bras. Mais le nuage arrivait sur nous à une vitesse folle et ce nuage était vivant. Il restait encore trop de distance à parcourir. Lyse m’a crié de porter nos enfants et de poursuivre vers la maison. Nous n’avons pas eu le temps de discuter mais nous nous sommes compris dans un regard. J’étais le plus costaud et le plus apte à sauver la vie de nos filles. Nous avons échangé un bref et dernier baiser et elle a fait demi-tour. Je ne l’ai pas regardée foncer vers l’essaim, j’ai poursuivi ma route avec mes deux gamines qui pleuraient et appelaient leur mère. Sur le perron, j’ai entendu les hurlements abominables de l’amour de ma vie submergée par des milliers et des milliers d’insectes carnivores. Je me suis précipité à l’intérieur pour mettre en sécurité ce qui comptait le plus à ses yeux : nos petites filles désormais orphelines. L’essaim a ensuite poursuivi sa route vers la ville la plus proche. Nous étions simplement sur son chemin.


Il a bien fallu que je sorte plus tard en fin de journée pour aller récupérer l’eau que nous avions abandonnée. Anne et Marie n’avaient rien bu depuis près de dix heures. J’ai trouvé son squelette rougi de sang à deux mètres du premier jerrycan. Comme d’habitude, ils avaient laissé les yeux intacts. Ils ne les dévorent jamais et je n’ai pas d’explication à cela. Ces yeux enfoncés dans ce crâne mis à nu semblaient me poursuivre où que j’aille. Maintenant encore je ne peux m’endormir sans que ce regard d’outre-tombe ne vienne me hanter et nourrir ma culpabilité d’avoir laissé mourir ma bien-aimée.


Je n’ai pas eu le courage de l’enterrer. Au petit matin, j’ai tenté le tout pour le tout. Nous avons fait nos bagages et nous sommes partis vers le nord. Je me disais que l’hiver s’annonçant nous serions plus en sécurité avec des températures plus basses. Ce fut le cas pendant ces derniers mois dans une petite bourgade de quelques dizaines d’âmes.


Les rats se sont bien adaptés. Ils sont devenus très nombreux. La rareté de la nourriture les a rendus plus agressifs, à moins que ce soit ce fichu gène qui maintenant s’est incorporé à d’autres espèces. Ce sont eux qui ont tué mes filles il y a trois jours. J’étais parti en excursion en les enfermant pour leur sécurité. Ces abominations sont remontées par les égouts. Les rats sont moins méthodiques que les carnisautes. Il restait un peu plus de chair autour. Mes hurlements n’ont même pas impressionné les trois monstruosités qui s’étaient attardées dans leur chambre. Elles se sont jetées immédiatement sur moi. Dieu, s’il existe, m’est témoin de mon énergie à les mettre en pièces. Je ne dois ma survie qu’à ma rage. Tandis qu’insensible aux multiples morsures, je les découpais avec un tesson de bouteille, j’imaginais avec une délectation morbide que tombaient sous ma haine trois hommes de cette période maudite.


Car voilà ce que nos ancêtres nous ont légué. Voilà ce que cette civilisation a fait de nous. Ma colère n’a d’égal que mon désespoir.


Toute la nature semble maintenant s’être liguée contre nous, comme si elle avait résolu notre extermination. Nous ne sommes plus que quelques centaines de milliers, et notre population va inexorablement décroître. L’insecte est le nouvel animal dominant. J’ai remarqué d’ailleurs une certaine évolution chez les carnisautes que j’ai pu capturer. Certains ont une tête un peu plus grosse, avec certainement un cerveau plus développé. Tôt ou tard, ils trouveront un moyen de nous éradiquer.


J’ai passé ces dernières années à reconstituer le fil des événements qui ont abouti à cette catastrophe. Je pourrais continuer et approfondir encore, mais je n’en ai plus la force. J’estime avoir accompli la tâche que je m’étais fixée, et il n’y a maintenant plus rien qui me retienne sur cette terre hostile.


Ceci est mon dernier écrit. J’ai vu et vécu assez d’horreur en ce monde. Je n’ai plus envie de me battre. Après avoir enfermé mon journal dans une boîte hermétique, sous vide, à l’abri de la lumière, j’irai répandre le sang de mes artères jusqu’à ce que mon cœur cesse de battre.


Il est temps pour moi de rejoindre Lyse, Anne et Marie. Je ne sais pas s’il existe quelque chose après. Si c’est le cas, j’implorerai leur pardon de n’avoir pas su les protéger.

Et si je rencontre Dieu, je lui demanderai aussi pardon pour ce que l’humanité a fait de sa création.


 
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   socque   
17/7/2017
 a aimé ce texte 
Bien
je ne résiste pas à l’envie de coucher ici les grandes lignes de cette science fascinante
Pour moi, cette phrase est assez artificielle, je la ressens comme une introduction maladroite pour expliquer l'exposition des faits.

Je trouve que cette exposition remonte trop dans l'histoire : la théorie du chaos, bon, admettons, tout le monde ne connaît pas même s'il me semble qu'elle est pas mal vulgarisée à notre époque, mais les OGM, leur généralisation sauf en Europe ? Pour moi, vous devriez nettement resserrer cette partie pour arriver plus vite en 2030.

Sinon, l'enchaînement des catastrophes est plutôt bien vu je trouve (joli, le détail des yeux non dévorés), mais après tout la pression de sélection ne s'exerce-t-elle pas en permanence ? J'imagine très bien que des insectes pourraient devenir carnivores, puis intelligents, indépendamment de nos actions... Cela prendrait sans doute plus de temps, il est vrai.

L'idée me plaît, mais je regrette que vous la décliniez de manière aussi distante, uniquement par l'intermédiaire du journal du narrateur. Je me dis qu'un peu d'action directe n'aurait pas nui, avec des dialogues, la rencontre du narrateur et de sa femme dans ce monde déjà post-apocalyptique, etc. Bref, selon moi votre postulat de base mérite d'être étoffé. Telle quelle, l'histoire manque de vie à mon avis ; logique, tout le monde va crever.

   Marite   
23/7/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai lu ce récit d'une traite, sans ennui et sans vraiment être étonnée de la tournure des évènements depuis notre époque actuelle jusqu'à celle dans laquelle vit le narrateur : vingt quatrième siècle. En fait j'ai trouvé que tout était plausible. L'écriture est fluide, précise avec un vocabulaire abordable, ce qui avantage le message que l'auteur souhaite transmettre :
" Cet écrit est dédié à une certaine firme qui veut nous imposer certains organismes."

   Jean-Claude   
12/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Thimul.

La nouvelle à message ou engagée est un jeu difficile. En général, j'apprécie peu la forme adoptée ici. Aux formulations récapitulatives directes, je préfère les histoires où la mise en scène peut, éventuellement, inciter les gens à réfléchir. Pour autant, j'ai lu d'une traite.
Par exemple, j'aurais développé à partir des premières sauterelles ou des carnisautes avec suffisamment d'éléments pour que le lecteur imagine l'historique qui a mené jusqu'à ce ce point.
Mais à chacun sa méthode.

Détails : Ciel ! Je n'ai rien à dire.

A une prochaine lecture.

   Asrya   
12/8/2017
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Je laisse rarement des commentaires en dehors de l'espace lecture, préférant juger des textes qui seront acceptés ou non sur le site, mais comme cela fait longtemps que je n'ai pas fait de commentaire et qu'un autre de vos textes m'a beaucoup plu (j'irai le commenter plus tard) ; je vais faire un écart.

Je vais commencer par le style :
Pas grand-chose à signaler, l'écriture est convenable, ça manque un peu de pep's dans l'ensemble, le rythme est assez plat – mais c'est un journal, donc ça colle à peu près à la thématique !
Je ne vais pas m'étendre davantage sur le style, ça ne m'a pas vraiment déplu, ça ne m'a pas captivé plus que cela : un ensemble mitigé, correct mais pas au-delà.

Venons en directement à l'objet de votre nouvelle, la trame, le fond ; et autant vous le dire directement, ça ne m'a pas emballé !
C'est de la science fiction ; ok. Du coup… on peut imaginer un peu tout et n'importe quoi, tous les scénarios possibles et imaginables. En l'occurrence, vos histoires de mutations sont trop surfaites et certaines d'entre elles sont invraisemblables.
Revenons pour commencer sur quelques termes ou expression qu'il serait préférable de corriger

«  Le but était de créer une race résistante aux pesticides » ; concernant les plantes, on parlera de « variété » au lieu de race. C'est anecdotique, je l'accorde, et je déteste la sémantique ; mais les Sciences sont ainsi faites…

« Pour prouver la non-dangerosité d’un produit sur l’homme, à l’époque, on le testait sur une autre espèce ! » ; Même si j'approuve le côté éthique ainsi que la possible absurdité de tests sur d'autres espèces que l'homme ; des tests sont également réalisés sur les hommes (notamment les médicaments), bien qu'ils aient été testés sur d'autres animaux au préalable. Si tester des produits sur des animaux est si absurde que cela, proposez vos enfants, votre conjoint pour les y remplacer.

« Bref, la grande multinationale finit par étendre la culture OGM le 21 janvier 2033 » ; de manière officielle alors. Officieusement, les pays qui interdisent la production d'OGM sur leur territoire en importe déjà à l'heure actuelle (notamment sous forme de tourteau de soja pour les bovins etc.)

« Ils n’inquiétèrent personne puisqu’ils ne se nourrissaient pas d’OGM, mais de… pesticides. » ; L'idée est intéressante mais… comment se nourrissent-ils des pesticides ? Les pesticides sont à l'état liquide ou gazeux, et sèchent rapidement sur les plantes sur lesquelles ils sont déposés. Pour s'en nourrir il faudrait qu'ils mangent la plante (à la limite) or vous nous dites qu'ils « s'en désintéressaient ».

« une pression de mutation » ; l'expression préférable aurait été « pression de sélection »

« Le gène introduit dans le soja eut une interaction avec un virus inconnu, parce que totalement inoffensif. Il se produisit une mutation. Cette mutation permit au nouveau virus de se propager à tous les végétaux à l’insu de tous. » ; là c'est un exemple parfait de la sur utilisation de la science fiction dans votre écrit. J'aime l'expression « Ne jamais dire fontaine je ne boirai jamais de ton eau » mais là, c'est trop peu probable. Ne pas oublier que les espèces végétales fonctionnent comme toute autre espèce (qu'elles soient animales, bactériennes, champignons etc.) et que les familles des espèces cultivées par l'Homme sont tout de même très diversifiées génétiquement.

« Ce tout nouveau virus contamina la sauterelle mutante et s’incorpora à son génome pour y dormir quelques années. » ; comment le virus contamine-il la sauterelle puisque cette dernière ne se nourrit plus des plantes ? Couac.

« On débarrassait ainsi l’organisme humain de tous ces toxiques, et on remettait la production de spermatozoïdes en route. » ; on ne peut pas intégrer le gène de votre sauterelle dans toutes les cellules du corps d'un individu ; à la limite… cibler des organes, mais pas l'individu en entier. Du coup… impossible de se débarrasser de l'ensemble des toxines présentes dans le corps de quelqu'un. Mais admettons… cela permettait aux spermatozoïdes de refonctionner et de pouvoir féconder des ovules à nouveau ; tout en assurant la possibilité que le gène s'exprime dans la descendance (si le gène n'est pas réprimé par l'un de ceux de la mère au passage).

« Le virus qui avait contaminé les végétaux et qui s’était incorporé au génome des sauterelles muta à son tour. » ; un virus peut se retrouver à la fois au sein d'une espèce du règne animale et végétale, toutefois, il ne peut pas pénétrer à l'intérieur des deux types de cellules. Les cellules animales et végétales, bien qu'ayant une structure globale semblable, ont notamment des membranes constituées d'éléments très différents (principalement concernant leur nature protéique). Les virus ont besoin d'hôte pour se multiplier. Ils intègrent leur ADN dans leur hôte, leur hôte traduit cet ADN en protéines virales, et ces protéines serviront ensuite à la formation de nouveaux virions qui pourront se propager. Toutefois, parmi les protéines qui vont constituer l'enveloppe du virus, on va retrouver des protéines animales (s'il s'agit d'un virus qui pénètre à l'intérieur des cellules animales) ou des protéines végétales (s'il s'agit d'un virus qui pénètre l'intérieur des cellules végétales) etc ; au sein de l'enveloppe du virus. Ce qui lui permettra ensuite de pouvoir à nouveau pénétrer dans une cellule animale, ou végétale, mais ce qui ne lui permettra pas de pénétrer dans les deux.
Et si des centaines de millions d'années de coexistences entre animaux et végétaux n'ont jamais fait émerger un tel comportement, ce n'est pas deux cents ans de pesticides qui vont l'y pousser.

Bon après les mutations s'enchaînent et la crédibilité de votre histoire s'embourbe petit à petit ; c'est dommage.

« L’insecte est le nouvel animal dominant. » ; le carnisaute vous voulez dire ? Maladroit selon moi.

« J’ai remarqué d’ailleurs une certaine évolution chez les carnisautes que j’ai pu capturer. Certains ont une tête un peu plus grosse, avec certainement un cerveau plus développé. Tôt ou tard, ils trouveront un moyen de nous éradiquer. » ; toujours une question de taille… c'est la plus grosse qui domine c'est ça ? Ah… les clichés ont la vie dure… pourquoi se perdre dans si peu d'originalité ?

Bon… le passage « sentimental » de votre histoire ne m'a pas du tout convaincu. J'ai bien aimé le côté froid des émotions de votre personnage, mais j'ai quelque peu déploré le scénario et l'ensemble des événements, de la mort de sa femme à celle de ses filles.
« Il y a six mois de cela, j’habitais avec mon épouse et nos filles de trois et cinq ans dans une maison à l’écart des grandes villes. » ;

ok, pourquoi pas, mais…

« Nous avons fait nos bagages et nous sommes partis vers le nord. Je me disais que l’hiver s’annonçant nous serions plus en sécurité avec des températures plus basses. »
Pas con le mec, il aurait pas pu y penser plus tôt ? Parce que … les sauterelles, ça ne se reproduit pas sous n'importe quel climat ! Y a un sacré paquets de régions dans le monde qui auraient pu permettre aux Hommes de se développer sans être affectés par les carnisautes !!! A moins que… une mutation de résistance au froid cette fois ?

Merci pour cette lecture,

J'ai malgré tout trouvé l'idée intéressante, bien que son développement manque de réalisme, de profondeur, d'originalité.

Je me suis permis de m'étaler négativement dans ce commentaire, car après avoir lu « Les ordinateurs ne font pas d'erreur » que je commenterai dans les jours à venir, je m'attendais à quelque chose de bien mieux,

Au plaisir de vous relire,

Asrya.

   vb   
14/8/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour Thimul,
je n'ai pas aimé, mais peut-être trouverez-vous un public chez les lecteurs de science fiction dont je ne fait pas vraiment partie. J'ai trouvé le texte assez plat et le ton neutre n'a pas réussi à me passionner. La répétition du pronom "on" donne au texte un ton monotone qui m'a parfois donner l'envie d'abandoner.
Pour ce qui est du contenu, j'ai souvent senti un ton moralisateur et ai souvent eu le sentiment que le public cible n'est pas celui d'éventuelles civilisations futures mais bien celui du vingt-et-unième siècle que l'auteur tente de missionariser. Je n'aime pas beaucoup les textes de propagande en général. Ah oui, une exception, j'ai adoré le Manifeste du Parti communiste. Il manque à ce texte une conclusion du genre "Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !" pour mobiliser quiconque.
À bientôt,
Vb

   Isdanitov   
14/8/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour, J'ai eu beaucoup de difficultés à finir la lecture de ce texte pourtant plutôt bien écrit et qui me semblait prometteur. Peut-être avais-je d'autres attentes ? Il me semble que le texte ne décolle pas et puis, malheureusement j'ai l'impression que le texte cherche à s'auto-justifier, à fournir des explications. Je sais que je reviens avec cet argument au travers de chacune de mes critiques mais, pour moi, c'est rédhibitoire.


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