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Fantastique/Merveilleux
Togna : Le Grand Menhir Brisé [concours]
 Publié le 30/08/07  -  11 commentaires  -  14295 caractères  -  25 lectures    Autres textes du même auteur

Quand elle fut en âge, Grand-père Louis dit à Tiphaine : « Respecte ce menhir. Bien que brisé, il t'indiquera la voie. »
Qu'avait-il voulu dire ? Tiphaine le découvrira en se rendant à Stonehenge.


Le Grand Menhir Brisé [concours]


Cette nouvelle est une participation au concours été 2007 : La carte postale (informations sur ce concours).

L'auteur a choisi de nous illustrer la carte n°6 :




Depuis toujours Tiphaine s’intéressait aux mégalithes. Souvent, elle enfourchait sa bicyclette pour se rendre, par la route de Kergouan, au site de Locmariaquer (1). Elle ne savait pas expliquer sa passion pour ces pierres du néolithique, et n’avait jamais été plus loin dans leur étude que la lecture des dépliants dédiés aux touristes. Beaucoup de suppositions avaient été faites sur leur origine mais, jusqu’à ce jour, les archéologues n’en avaient officialisée aucune.


L’intérêt de la jeune femme pour ces monuments ne relevait donc pas d’une curiosité scientifique ou historique.


Elle avait un peu plus de six ans quand elle avait fait sa première visite au Grand Menhir Brisé en compagnie de son grand-père Louis. Ce jour-là s’éveilla peut-être sa curiosité pour les mégalithes. Grand-père Louis avait pris sa main, l’avait posée sur la pierre de granit en disant ces mots restés depuis mystérieux pour elle : « Respecte ce menhir. Bien que brisé, il est notre mémoire et notre protecteur. Si tu sais l’écouter, il t’indiquera la voie. »

Cette recommandation ne l’avait pas surprise ; à Locmariaquer, on disait que Grand-père Louis revêtait souvent la robe druidique en forêt de Brocéliande.


Quelques jours après avoir fait cette recommandation à sa petite fille, grand-père Louis disparut. On supposa qu’il avait embarqué, comme il avait coutume de le faire, avec Sylvain, son ami pêcheur. Pris dans un coup de chien en revenant de Groix, le petit bateau avait sombré dans le Béniguet, au large de Quiberon. On n’avait jamais retrouvé les deux marins.


Tiphaine ne sut jamais ce que son grand-père avait voulu dire, mais elle s’en souvint et, quand elle fut en âge d’y aller seule, il ne se passa pas une semaine sans qu’elle ne rendît visite au grand menhir.


Elle choisissait la tombée du jour ; l’heure où, disait-elle, « les gens prennent leur lavement télévisuel ». Elle ne craignait rien de la nuit, le seul prédateur qu’elle eût pu craindre était l’homme. Mais de celui-ci elle savait se défendre.


Un soir, avant de rejoindre le monument, elle fit un détour par la pointe de Kerpenhir. Elle admirait le spectacle toujours renouvelé de l’entrée du golfe du Morbihan, quand Jonathan, son ami d’enfance, s’approcha d’elle : « Toujours à rêvasser Tiphaine ? »

Elle aimait bien le jeune homme. Il était amoureux, mais elle ne lui avait jamais donné le moindre espoir de relations plus intimes. Une amicale affection, rien de plus. Comme toujours il lui proposa de la raccompagner jusqu’au bourg, et comme toujours elle refusa gentiment.


Elle laissa son vélo à quelques mètres du grand menhir, s’approcha précautionneusement, puis s’adossa à l’une des quatre pierres du géant abattu. Elle s’efforça alors de chasser toutes pensées et, lorsque la vacuité fut atteinte, elle se laissa imprégner des forces roboratives du granit.


Ce soir-là, lorsque sa paix intérieure fut totale, le paysage s’effaça devant elle. Une musique étrange issue d’une gamme inconnue, venant de nulle part, anima des formes évanescentes dans une sorte de brouillard lumineux. « Rends-toi à Stonehenge. Au solstice d’été, va au centre des cromlechs (2) ». Cet ordre, elle l’avait ressenti plus qu’elle ne l’avait entendu. Elle était certaine qu’il ne provenait d’aucune vibration sonore, mais il résonnait en elle avec force. Soudain, le brouillard disparut, laissant place aux silhouettes familières de la nuit.


Elle resta dans cet état un long moment, puis regagna son domicile non sans auparavant avoir eu une pensée affectueuse pour son grand-père.


« Au solstice d’été… Stonehenge… le centre des cromlechs… » Ces mots tournaient en boucle dans sa tête. « Le solstice d’été… le vingt et un juin… nous sommes le seize ! » Elle ne dormit pas cette nuit-là. Elle devait partir au plus vite.


Le lendemain elle retint une place sur le ferry pour Southampton et fit une réservation en maison d’hôtes.


À la sortie de la gare de Salisbury, Tiphaine vit son nom sur un carton tenu par un homme au visage avenant. C’était M. Stanley, le propriétaire de la maison d’hôtes. Après les civilités d’usage, il prit son bagage et se dirigea vers le parking. Quelques minutes plus tard, ils passèrent devant Stonehenge. Stanley demanda :


« Vous venez pour visiter le monument ?

— Oui… entre autres, précisa-t-elle sans trop savoir pourquoi.

— Nous sommes presque arrivés. Vous verrez, il n’y a pas que les mégalithes, ma femme vous donnera les renseignements. »


Le soir même, après dîner, Tiphaine questionna :


« On dit des choses contradictoires sur Stonehenge…

— La plus vraisemblable est celle de l’astronome Hawkins, répondit Stanley.

— Ah, oui ?

— Il prétendit que, plus qu’un temple, le site était un calculateur astronomique.

— Vraiment ?

— Oui, l’alignement de Stonehenge correspond exactement au lever du soleil le jour du solstice d’été. Nous sommes le dix neuf juin, vous pourrez le vérifier vous-même après-demain.


Le cœur de Tiphaine s'emballa « le solstice d'été ! Il m’a été demandé d’aller au centre des mégalithes ce jour-là ! Quelle relation peut-il y avoir entre cet ordre et l’alignement du site avec le soleil ? ».


Devant le silence de la jeune femme, Stanley poursuivit :


— Hawkins pensait aussi que l’alignement pouvait être employé pour prévoir les événements astronomiques solaires et lunaires, tels que les éclipses.

— Tout cela est passionnant.

— Certainement. Un autre astronome, un certain Hoyle, releva qu’en avançant un marqueur figurant le soleil de deux trous tous les treize jours sur l’ensemble des cinquante six disposés en cercle autour des mégalithes, on en fait le tour en trois cent soixante quatre jours.

— Étonnant, l’erreur est minime…

— Oui, et en avançant un marqueur figurant la lune de deux trous par jour, on fait le tour du cercle en vingt huit jours.

— Tout ceci est bien scientifique !

— Quand on pense que ces puits datent de 2500 à 3000 ans av. J.C. !

— Laisse donc mademoiselle Tiphaine avec tes histoires, elle doit être fatiguée. Vous savez, il est intarissable sur ce sujet ! intervint Mrs Stanley.

— Cela m’intéresse beaucoup, mais je croyais à une utilisation de ce site plus ésotérique.

— On dit aussi que les druides, bien que n’étant pas à son origine, l’auraient utilisé plus tard comme temple. On pense également qu’ils n’auraient pas manqué de s’en servir comme calculateur. On dit d’autres choses bien plus bizarres encore.

— Quoi donc, monsieur Stanley ?

— Certains affirment qu’il s’y produit des phénomènes surnaturels la nuit. Des pierres qui vibrent, des lueurs étranges. Ce ne sont probablement que des sornettes. Mais mon épouse a raison mademoiselle Tiphaine ; il se fait tard, allons dormir. »


Tiphaine avait choisi la maison d’hôtes des Stanley pour sa proximité de Stonehenge. Le lendemain, elle leur emprunta un vélo et se rendit sur le site où elle se joignit aux nombreux touristes venus en autocars. Ils venaient en cohortes du parking aménagé à proximité, empruntant le chemin piétonnier qui conduisait aux mégalithes. Ce chemin coupait la trace du grand cercle sur lequel avaient été creusés les 56 puits. Au centre, était un premier ensemble de blocs de grès rectangulaires dressés sur une circonférence d’un diamètre de 30 mètres. Puis, concentriquement un second ensemble présentait des pierres plus petites. À l’intérieur, des blocs verticaux surmontés d’un linteau étaient disposés en fer à cheval. Enfin, au milieu de ceux-ci, un parallélépipède de grès évoquait un autel.


La jeune femme, mêlée aux touristes, avança vers cette pierre. « Selon Mr. Stanley, elle marquerait le centre du site, et son alignement avec Slaughter Stone et Heel Stone, situées plus loin, indiquerait exactement le lever du soleil le jour du solstice d’été. » pensa-t-elle.


Elle alla jusqu’à Slaughter Stone.


« La pierre du sacrifice ! Qui sacrifiait-on ici ? Heureusement qu’il m’a été demandé de me placer au centre des cromlechs et non pas sur cette pierre !» songea-t-elle avec humour.


Tiphaine estima avoir suffisamment reconnu les lieux. Songeuse, elle prit le chemin du retour au domicile des Stanley. Elle se ravisa, revint vers le parking des autocars où l’on vendait des cartes postales du site. Elle en choisit une représentant les pierres du grand cromlech se découpant sur un ciel d’azur. Elle savait déjà que rien ni personne ne pourrait l’empêcher d’être ici le lendemain avant le lever du jour.


Dans sa chambre, elle écrivit la carte postale :


« Cher Jonathan,

Je ne saurais te dire pourquoi, mais je suis convaincue maintenant que la vie en ce monde est l’ultime épreuve. Je te prie de me pardonner de ne pouvoir jamais partager l’amour que tu me portes.

Respecte le Grand Menhir Brisé dans la sérénité. Il te guidera.

Affectueusement,

Tiphaine. »


Elle confia la carte aux Stanley, ils la posteraient le lendemain en allant au bourg. Après le dîner, ils prirent un thé au salon en devisant de choses et d’autres. Vingt trois heures sonnaient au carillon quand elle prit congé pour regagner sa chambre.


Elle s’allongea sur le lit sans se déshabiller, attendit ainsi dans l’obscurité que sonnent deux heures. Alors, certaine que les Stanley dormaient, elle sortit subrepticement de la maison, enfourcha silencieusement le vélo, et prit la direction de Stonehenge.


À l’intersection du chemin piétonnier et du grand cercle, elle mit pied à terre, fit quelques pas vers les mégalithes. Les ombres fuyaient la Lune. Ni le vent, ni les animaux nocturnes ne troublaient le silence. Les contours sombres du premier cromlech lui parurent inquiétants. Les pierres ressemblaient à des monstres aux formes bizarres. Il lui sembla que certaines bougeaient. Elle restait là, immobile, regardant ces ombres venues du fond des âges. Bientôt le Soleil et la Lune seraient alignés exactement dans l’axe du site. Elle sentait confusément qu’un acte important allait se produire et bousculer son destin, mais elle restait là, figée, n’osant avancer d’un pas. Qui ou quoi allait-elle rencontrer ? Elle se demanda pour la millième fois quelle pouvait être cette force mystérieuse qui lui avait signifié de venir en ces lieux. Elle pensa aussi à son grand-père… se souvint de ses paroles énigmatiques : « Respecte ce menhir. Bien que brisé, il est notre mémoire et notre protecteur. Si tu sais l’écouter, il t’indiquera la voie. » Pourquoi lui avait-il demandé de s’en remettre au Grand Menhir Brisé ? Connaissait-il les pouvoirs surnaturels du monument ?


Sa torpeur fut interrompue par le bruit d’une voiture passant sur la route de Salisbury. Elle regarda un instant le faisceau jaunâtre des phares trouant l’obscurité. Elle consulta sa montre : quelques minutes encore avant le solstice. Elle entreprit une respiration abdominale lente, fit le vide dans son esprit et s’avança résolument vers les mégalithes.


Elle alla au centre, jusqu’à l’autel. Que faire ? Quelle attitude prendre ? À quel endroit et comment devait-elle se placer ? Devait-elle monter sur l’autel ? S’y allonger ? Grotesque ! Elle s’adossa à la pierre, face au levant. Qu’allait-il se passer maintenant ? Allait-elle à nouveau percevoir cette musique étrange, être plongée dans un brouillard comme au Grand Menhir Brisé ?

Les phares d’un autre véhicule interrompirent ce flot de questions.


« Que fais-je ici ? Cela est ridicule ! Je suis victime de mon propre mysticisme. »


Le doute s’installait. « Fais le vide ma fille, fais le vide en toi. » Elle s’astreignit à nouveau à ne plus penser.


Il n’y eut ni musique étrange ni brouillard, simplement et subitement, le corps de Tiphaine disparut de Stonehenge.


*


« Grand-père ? C’est toi ? Où suis-je ?

— Sois la bienvenue ma fille.


Ébahie, elle dévisageait grand-père Louis. Sa belle barbe blanche, son regard si doux de bienveillance, la rassurèrent. Mais pourquoi portait-il sa robe de grand druide ? Elle regarda autour d’elle. Ils étaient sur un chemin de terre au milieu d’une forêt dont elle ne reconnaissait pas les essences variées. Elle se jeta dans les bras de son grand-père :


— Nous te croyions mort, comment se fait-il ? S’il te plaît, explique-moi vite, j’ai peur !

— N’aie crainte ma fille. Ici, tu es en sécurité pour l’éternité. Tu étais élue depuis ta naissance. Nous sommes dans Gwenved, le Monde Blanc.

— Gwenved ? Mais grand-père…

— Patience ma fille, viens, Il nous attend. Il t’expliquera. »


*


Durant une journée les Stanley attendirent le retour de Tiphaine, puis ils prévinrent la police. On retrouva la bicyclette à Stonehenge, mais aucun indice pouvant orienter l’enquête. Le superintendant prévint Scotland Yard qui mobilisa son service concerné. Après trois ans de recherches infructueuses, en accord avec les autorités françaises, le dossier fut classé.


*


Aujourd’hui, si vous demandez à quelque vieillard de Locmariaquer, il vous dira comment sur le site, maintenant enclos (3), on trouva, quelques mois après la disparition de la jeune femme, un certain Jonathan le crâne fracassé contre la pierre du Grand Menhir. On trouva aussi dans sa poche une carte postale, représentant Stonehenge, dont l’écriture tachée de larmes était illisible. Seule la signature avait échappé au chagrin du destinataire : « Tiphaine ».

Si vous savez gagner la confiance du vieil homme, il vous dira peut-être aussi que toutes les suppositions actuelles des archéologues sur la façon dont le Grand Menhir se brisa, sont fausses. Selon les anciens, il finit par tomber sous les coups de ceux qui vinrent y pleurer leurs chers disparus.


FIN



(1) Locmariaquer : France, Morbihan.

(2) Cromlech : Monument mégalithique composé de menhirs disposés en cercle ou en ellipse. (Petit Robert)

(3) Actuellement, le Grand Menhir Brisé et la table des Marchand peuvent être visités sur le site mégalithique de Locmariaquer, route de Kerlogonan.


 
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   Tchollos   
30/8/2007
Tu fais partie des auteurs dont on attend beaucoup. Mon impression est mitigée. D'un côté, j'ai dévoré le texte en quelques secondes et de l'autre, on sent le manque de temps dans l'écriture.

C'est donc un paradoxe. Sur la forme, on est loin de tes textes hors concours, ça manque de vivacité, de traits de génie. Ce n'est pas "percutant", une de tes qualités premières. Sur le fond, je me suis senti emporté par l'histoire (le souci du détail, les petites informations qui sonnent si justes) qui ne peut, évidemment, que me frustrer dans son dénouement. Comme si tout un monde m'attendait derrière une porte à jamais fermée...

Je me trompe peut-être mais ça manque un peu de "fighting spirit", comme si tu n'avais pas eu envie de dépenser trop d'énergie.

Merci, c'était un agréable moment de magie, c'es juste, qu'à mon sens, le texte ne rend pas hommage à ton talent.

   guanaco   
30/8/2007
Troisième volet stonehengesque!
J'aimerais beaucoup avoir cette faculté d'écriture, celle qui permet de construire quelque chose qui personnellement me semble carré, sans fioriture ou détails parasites, un récit qui raconte ce qu'il est prévu qu'il raconte et rien d'autre. Présentation simple des personnages, infos distillées avec parcimonie pour préparer le lecteur au dénouement fantastique...
Mais malheureusement ça ne va plus loin que cela en ce qui me concerne. Je trouve que c'est l'action pour l'action et que personnages et décor manquent un peu de relief. On n'est plus dans un conte que dans une nouvelle courte. On a l'impression d'une histoire appartenant à la tradition orale...
J'aurais bien voulu une Tiphaine plus dubitative après sa 1ère expérience mystique, une nouvelle manifestation surnaturelle, plus de choses quoi, je ne sais pas comment le dire...

Par contre j'ai appris des choses sur le site et la légende du Menhir Brisé par les chagrins de ceux qui pleurent leurs disparus m'a énormément plu, c'est de toi ou c'est une vraie légende?

   Bidis   
31/8/2007
 a trouvé ce texte 
Très bien
Ici, le mystère captive. Celui de l’histoire de Tiphaine, celui des sites mégalithites de Stonehenge et de Locqmariaquer.
Ici, on ne peut pas arrêter sa lecture avant d’arriver à la fin du suspense. Et lorsqu’on y est arrivé, à ce mot Fin, on est à la fois ravi, inassouvi et cherchant à comprendre.
Alors, cette frustration et cette curiosité vous propulsent sur dans les livres, des modules de recherche, car les informations que Tiphaine nous donnent sont tellement bien amenées que l’on ne peut pas ne pas chercher à comprendre mieux et à en savoir plus.
Et comme les textes de l’auteur cosmo-comique Cyberalx vous font prendre un bain d’hilarité salvatrice, celui-ci est comme la clef d’une chambre aux trésors.

Il y a quelques petites maladresses. Puis-je les dire ?
- « l’intérêt de la jeune femme ne relevait donc pas » : me semble une tournure de phrase trop convenue pour un texte si poétique d’autre part
- « un lavement télévisuel » : Dieu sait combien je suis mal placée pour critiquer une expression triviale ou peu heureuse ! Je comprends que la personne qui, en si peu de temps, a aussi bien cerné un sujet, juge sévèrement une boîte à distractions de qualité plus que discutable, mais le texte est trop beau pour que quelque chose de laid s’y insinue.
- « Elle aimait bien le jeune homme » jusqu’à « relations plus intimes » : c’est un explicatif un peu superflu à mon sens. La phrase qui suit « Comme toujours… » suffit à mon avis à expliquer que cet ami d'enfance demeurera ami.

   Ninjavert   
31/8/2007
 a trouvé ce texte 
Bien
Déjà, je suis content car des trois textes sur Stonehenge, c'est le seul qui aborde réellement la structure du site, ses secrets, ses légendes. j'ai pris un malin plaisir à me repaître de ces informations, et je te remercie de nous avoir fait partager un peu de tous ces contes, théories, et réflexions sur le(s) site.

Le temps ne m'a pas encore permis de lire tous les textes que tu nous a proposé, de mémoire je n'ai lu que deux d'entre eux (les deniers de Denise et le syndrôme de la feuille blanche) mais je n'ai pas retrouvé ici cette touche "Tognesque", cet humour à la fois subtil et grivois, tout dans la finesse argotique que tu manies si bien.

Une phrase que Bidis a trouvé inadaptée m'a beaucoup plu :
« les gens prennent leur lavement télévisuel » / Je reconnais la ton humour, ta façon si élégante de dire des trucs nettements moins corrects. Pourtant, cette phrase est la seule de ce registre dans le texte, et en ce sens elle fait un peu tâche.


J'ai noté ici ou là quelques maladresses (à mon sens) comme :

"Une musique étrange issue d’une gamme inconnue, venant de nulle part, anima des formes évanescentes dans une sorte de brouillard lumineux." > la phrase est très bien jusqu'à "dans une sorte de" qui rabaisse franchement la portée poétique du reste.

J'ai aussi trouvé que les dialogues de la fin, quand Tiphaine se parle à elle-même ou parle à son grand-père, faisaient un peu trop soutenus, manquaient de naturel. On sent un ton, un language à ce moment là, qu'on ne ressent pas dans les dialogues avec les Stanley, ni au début du texte. Faudrait peut être les homogénéiser un peu...

Il se peut que tes autres textes soient plus dans cette veine, je ne saurais dire ne les ayant pas (encore) lus.

J'ai bien aimé la sincérité, la simplicité des descriptions. Le texte paraît authentique, y a rien de superflu. Peut être pas assez justement. Soit comme ce fut dit, tu n'es pas suffisamment entré dans l'imprégnation mystique de la jeune fille, qui justifierait son manque d'étonnement, soit elle aurait du être plus marquée, intriguée, effrayée peut être.

Même chose pour le personnage de Jonathan. J'ai l'impression qu'il n'est là que pour faire valoir la fin de l'histoire. Tu aurais pu épaissir un peu le personnage, sans trop rentrer dans les détails, mais là j'ai vraiment senti qu'il n'avait qu'un rôle structurel dans le récit.

J'ai bien aimé l'histoire, l'ambiance, mais j'aurais voulu que tu t'attardes un peu plus sur cet aspect mystique, qui éclate complètement à la fin. Le reste de la nouvelle n'en étant pas particulièrement marqué, j'ai eu un peu la même impression que pour le Xiomara de Guanaco, un texte au demeurant très normal (en gros) qui vire complètement surnaturel à la fin.

J'ai rien contre le principe, mais je suis resté un peu sur ma faim.

Un très bon moment néanmoins, merci Togna !

Ninj'

   Cyberalx   
1/9/2007
 a trouvé ce texte 
Bien -
J'ai aimé l'histoire mais dans son potentiel uniquement.
Je veux dire que connaissant ta production habituelle, c'est décevant.

Ne le prends pas mal hein ?
C'est déjà fait ?

Je suis désolé alors, mais si on devait se brosser les pompes à tour de rôle, Oniris ne serait pas ce qu'on veut qu'il soit et nos avis seraient de bien piètres alliés.

Les personnages sont trop minces à mon avis, pour paraphraser Ninjavert : Ils manquent un peu d'épaisseur. L'histoire est bien conduite, de A à Z sans accroc mais ça manque indubitablement de "Tognicité".

Quant à l'histoire, elle souffre de ce manque de temps à l'écrire, elle en devient anecdotique alors qu'on sait très bien ce que tu es capable de nous pondre.

C'est le manque de temps, il n'y a pas de doutes, mais j'aimerais vraiment lire cette histoire lorsqu'elle aura été réécrite à ta sauce.

J'espère avoir été juste et pas trop dur en écrivant ce commentaire.

   Athanor   
8/9/2007
 a trouvé ce texte 
Très bien +
Voici une nouvelle que j'ai beaucoup apprécié.

Il me semble avoir lu un commentaire quelque part sur Oniris qui témoignait d'un étonnement sur le fait que Stonehenge fut travaillé sur le côté fleur bleue par les auteurs. Eh bien là, le mystère a sa place et est bien rendu (à mon sens).

Pour ma part j'ai pu avoir les sensations que je recherche dans mes lectures. Je me suis senti proche des acteurs, j'ai pu imaginer, toucher la pierre, sentir son froid, entendre les vents et les voix. Mon côté illuminé ? Certainement. Mais ne fallait-il pas être illuminé pour construire Stonehenge ?

Je trouve que la "presque" lenteur relative du texte est bien vue. D'ailleurs, qu'avons-nous comme preuve que ceux qui ont élevé Stonehenge vivaient à cent à l'heure ? N'est-ce pas le phantasme de l'homme qui fait rimer mystère avec action et rythme ?

La construction de cette nouvelle est très soignée. Les séparations entre les dialogues, blocs descriptifs, explications, etc. permettent une homogénéité et une lecture facile sans être noyé dans des "vérités" scientifiques ou "rationnelles"...

Et si l'on gratte un peu derrière les mots de cette nouvelle, on verra...

Un petit bémol vient néanmoins noircir le tableau. J'aurais souhaité en savoir un peu plus sur le grand-père, quitte à édulcorer le petit ami.

   Anonyme   
9/9/2007
 a trouvé ce texte 
Très bien
J'ai adoré.
L'auteur a avec science créé une ambiance mystérieuse et romantique.
Le ton du récit est parfois détaché.. Mais je pense que cela contribue au mystère, au conte lui-même.

Stonehenge, déjà étrange, devient sous cette plume un peu plus magique

   Nico   
9/9/2007
 a trouvé ce texte 
Bien
C'est un bon texte, à n'en pas douter, mais un peu trop réaliste ou un peu trop mystique à mon goût.

Ça peut paraître contradictoire ce que je dis, donc je m'explique.

Ce récit ne peut pas être pris pour réaliste, car le « fantastique », ou plutôt le « mystique » s'y trouve. Je pense qu'il aurait été possible de le tourner de façon à ce qu'il reste réaliste, dans le style légende.

Mais la voie du fantastique est prise, et pourant, que trouve-t-on de fantastique ? Un menhir qui parle, et une fille qui disparait subitement d'un alignement. On ne sait rien d'autre, alors que j'attendais la découverte, sinon une découverte partielle d'un monde fantastique, de choses plus surprenantes.

Ici, j'ai un peu l'impression que le récit se résume à une voix sortant d'un arbre + une disparition mystique d'une fille qui rejoint le monde des druides. C'est trop, où trop peu.

   xuanvincent   
22/6/2008
 a trouvé ce texte 
Bien +
Une belle histoire, qui illustre fort bien la photo du concours !

J'ai apprécié le mystère de ces pierres celtiques et celui planant sur le grand-père, également l'histoire d'amour tragique entre les deux jeunes gens. J'ai aimé me plonger dans cet univers celtique.

Une partie, la description scientifique de Stonehenge me semble simplement un peu longue.

La fin, dans le registre du fantastique, m'a plu.

   widjet   
31/10/2008
 a trouvé ce texte 
Bien
Voilà un récit plein de mystère, assez fascinant je dois dire. J'ai pris beaucoup de plaisir à le lire. Contrairement à ce qui a été dis, je trouve qu'il y a un bon dosage dans les descriptions. Le personnage central est attachant, mi-aventurière mi-rêveuse.
Il y a beaucoup de chose dans ce récit : de l'histoire, du suspense et un peu d'émotion. C'est vraiment bien calibré.

Mais je retiens surtout le pouvoir hypnotique qui se dégage de cette légende. L'écriture est fine, délicate, sensible, presque féminine ai-je envie de dire.

On finit la lecture un peu décontenancé, mais séduit.

Bravo Togna !

Widjet

   Flupke   
7/2/2009
 a trouvé ce texte 
Bien +
« Lavement télévisuel » Excellentissime LOL (copyright free ?)
Etrange histoire. Je reste un peu sur ma faim, mais c’est bien écrit.
Le choix du patronyme Stanley c’était pour essayer de rendre la pierre plus vivante ? (Livingstone, I presume ?)


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