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Humour/Détente
Togna : Les aventures de Paulo - Episode 4 (suite et fin) - Le Lough Corrib
 Publié le 07/11/07  -  5 commentaires  -  17627 caractères  -  9 lectures    Autres textes du même auteur

À Black Roch, le château irlandais des ancêtres de Paulo, des fantômes se manifestent parfois, effrayant les parents adoptifs de notre ami. Ce dernier a décidé d’aller à la pêche au Black-bass…


Les aventures de Paulo - Episode 4 (suite et fin) - Le Lough Corrib


La lourde barque glissait silencieusement sur le lac. Un brouillard dense nappait l’eau en surface. Assis à l’avant, Cromwell humait le vent du nord. À deux cents mètres droit devant, juché sur la falaise, Black Roc, éclairé par le levant, imposait sa rude architecture de granit.


- Que flaires-tu, Cromwell ?

- L’odeur de l’eau balayée par le vent puis, venant de l’ouest, les senteurs océanes mêlées à celles, plus douces mais plus riches en parfum, de la lande… et puis aussi, venant de ce bouquet d’épineux ornant si joliment ce monticule, le terrier d’un renard…

- Merde ! Tu r’nifles pas non plus les arpions de Flaherty, pendant qu’tu y es ? Doit pas s’les laver souvent ce gros lard ! explosa notre ami en français, énervé par le lyrisme de Cromwell.

- Je te prie, mon cher ami, de me parler en gaélique. Vraiment, tu es d’une inconvenance ! Aurais-tu aussi l’obligeance de me dire où nous allons ? Car ton histoire de pêche au Black-bass, je n’y crois pas, il n’y a jamais eu ce genre de poisson dans le Corrib… ou alors, ce sont les anglais qui les ont importés des Etats-Unis avant notre indépendance !

- C’que tu peux être terre à terre ! Mate plutôt comme le lac est chouette avec ce brouillard… on s’attend presque à voir surgir un monstre.

- Mon pauvre Paulo, ces monstres des lacs n’ont jamais existé, ce sont des légendes destinées à impressionner les petits humains.

- T’as raison, et j’me fous des black-bass, on va au pied du château.


Ils approchaient. Sur la grève, trois énormes rochers masquaient la base de la falaise supportant Black Roc. Paulo rama droit dessus, releva les avirons et laissa s’échouer la barque par l’avant au milieu des roseaux. Cromwell sauta lestement à terre et, la truffe au ras du sol, commença son repérage olfactif. Paulo le rejoignit en quelques enjambées.


- Tu sens quoi ?

- Des humains…

- Présents ?

- Non… regarde ces traces de pas. Regarde bien, ces empreintes, là, d’un pied plus large et plus grand que les autres sont aussi plus profondes et…

- Et quoi ?

- Elles exhalent un puissant fumet nauséabond.

- Flaherty ! jura notre ami.


Les traces passaient entre les trois rochers pour aboutir à une enclave dans la falaise.


- C’est ici que devait déboucher le tunnel avant qu’il ne soit obstrué.

- Tu crois ?

- Allons voir.


Ils parvinrent ainsi à une excavation dans la roche, large de cinq mètres, profonde de dix.


- Nous y voilà ! dit Paulo.


Il marcha vers le fond.


- C’est bien c’que j’pensais, les dites « oubliettes » n’en étaient pas. Le tunnel débouchait jadis sur le lac pour permettre au seigneur de s’faire la malle vite fait en cas de victoire des assaillants. Il a été bouché par un éboulement et sert maintenant de repaire à Flaherty.

- Viens voir, dit Cromwell qui s’était aventuré sur l’un des cotés de la caverne.


Le jour parvenait peu à cet endroit et Paulo dut s’habituer à l’obscurité avant de distinguer quelques caisses de bois empilées.


- Les cartouches…

- Et de la bière ! ajouta le Terrier en reniflant des bouteilles gisant plus loin.


Paulo souleva le couvercle d’une des caisses.


- Des Camel ! Ils doivent les acheter à des contrebandiers sur la côte ouest, puis les stocker ici en attendant de les refourguer à Galway. Ben voilà, on sait maintenant qui sont les fantômes !

- Mamy et papy vont être rassurés.

- Oui, mais avant de leur dire, on va faire déguerpir Flaherty et sa bande de ces lieux.

- Comment faire ?

- Ce soir j’vais aller foutre le boxon à la taverne du Corrib !

- Tu m’emmènes ?

- Des clous ! C’est pas un endroit pour un clébard !


Lorsque, vers vingt deux heures, Paulo prit pédibus le chemin de la Taverne, d’énormes nuages noirs, lourds d’immobilité, tachaient le clair de lune. Aucun souffle d’air ne donnait vie aux roseaux bordant le lac. Les perches, les brochets ne pourchassaient pas leurs proies en surface. Le silence. La chaleur pesait sur la nature atone. Le tonnerre roula au lointain, puis s’estompa.


À l’approche de l’auberge, des rires et éclats de voix sortirent notre ami de la torpeur ambiante. « Il a fait chaud, la Killians et le Jameson aidant, ça va pas être triste ! Si Flaherty et O’Conolly sont là, on va s’bidonner » pensa Paulo.


Il pénétra dans la vaste salle. L’atmosphère y était étouffante. Malgré les fenêtres ouvertes, aucun courant d’air ne circulait pour évacuer l’odeur âcre, mélange de sueur, d’alcool et de tabac. Paulo s’accouda au bar, content d’avoir aperçu Flaherty installé à une table en compagnie de trois hommes. La barmaid lui sourit, demanda :


- Comme d’habitude, monsieur O’Ney ?

- Oui chérie.


Elle lui servit son lait grenadine.


- Il fait chaud ! Hein, monsieur O’Ney ?


Touché par cette remarque pertinente, notre ami gratifia la serveuse d’une réponse à la hauteur de la question :


- Oui.


Tout en jouant d’un air détaché avec un dessous de verre, il observait la table où Flaherty, contrairement à son habituelle exubérance, soutenait une conversation animée et discrète. Paulo glissa subrepticement le disque de carton dans sa poche et se dirigea vers la mezzanine par laquelle on accédait aux toilettes. Ainsi à l’abri des regards, il écrivit ceci au dos du dessous de verre : « Flaherty, il y a une taupe dans ta bande, tout le comté sait que tu caches ta contrebande au pied de Black Roc. »


De la mezzanine, il regarda la bruyante assemblée qui ne se souciait pas de lui. Il lança le disque de carton vers la table de Flaherty et se recula prestement dans l’ombre.


Le disque heurta l’épaule d’un homme buvant à une table proche de celle de Flaherty. L’homme ramassa le carton, lut ce qui y était inscrit, s’esclaffa et lança :


- Eh ! Flaherty ! Il parait que tu caches ta contrebande au pied de Black Roc ?


Flaherty blêmit, se précipita sur l’homme :


- Espèce de salaud ! J’vais t’casser la gueule !


De sa masse, il le renversa, faisant basculer la table et l’ensemble de ses convives.


Dans les tavernes irlandaises, un tel fait provoque toujours une réaction en chaîne. Les amis des amis viennent au secours des amis des amis, et c’est la bagarre générale. Il n’y eut pas d’exception à cette règle. Du haut de l’escalier, Paulo contemplait ce spectacle ; une grande satisfaction égayait son beau et viril visage. Mais son sourire disparut quand il réfléchit qu’il lui faudrait traverser le champ de bataille pour sortir de la taverne ; et cela n’allait pas sans risques.


La technique de combat des buveurs de bière irlandais, est des plus simple. Elle consiste à foncer droit devant et, sans autres préoccupations, à filer son poing sur la tronche de qui se trouve sur son chemin. Dans ces conditions, il était probable que la face du beau Paulo ait à en souffrir ! Peut-être en sortirait-elle plus virile, mais certainement beaucoup moins belle !


Flaherty saisit l’homme qui l’avait interpellé, le souleva à bout de bras et le projeta devant lui. Celui-ci vint s’aplatir sur le comptoir où la patronne, maîtresse femme de forte taille, tentait de protéger verres et bouteilles. D’une poigne de fer, elle redressa l’individu, et lui flanqua un bourre pif qui l’expédia dans le néant pour quelques temps. C’est à cet instant précis que Flaherty aperçu Paulo :


- C’est toi, espèce de salaud, qui fait courir ce bruit ?


À mi-chemin de la descente d’escalier, Paulo vit le bulldozer foncer sur lui. Attentif à la charge, il ne répondit pas, il surveillait les deux énormes boules de destruction qui servaient de poings à Flaherty. Lorsque ce dernier fut à portée, Paulo prit appui des mains sur la rampe, et, dans une envolée superbe, les pieds en avant, il écrasa les gencives du bull qui roula au bas de l’escalier. Comme notre ami n’avait pas chaussé des ballerines pour traverser la lande, l’impact fut effroyable. Le monstre cracha quelques ratiches. Paulo en profita pour bondir par-dessus et tenter de gagner la sortie en s’efforçant d’éviter les chaises et canettes qui volaient bas dans la pièce.


Le patron, qui était aussi l’époux de la patronne, un gringalet d’un mètre et demi, pesant quarante kilos tout fringué, planqué sous l’ample jupe de sa belle, tremblait comme un vibromasseur. Sa douce le saisit par une aile et, le perchant sur le comptoir, lui lança cette injonction virulente :


- Arrête ! Tu me chatouilles !


La peur de l’avorton vexé se transforma en fureur : il saisit les choppes dans le bac à laver et les lança sur les belligérants en criant « Mort aux ivrognes ! » Paulo détourna la tête pour éviter un de ces pots à bière volant. Erreur aussi fatale que funeste, il pris une mandale qui l’envoya valser contre le comptoir où le minus lui cassa une carafe sur l’occiput.


Pendant ce temps, assis devant la grille du château et frustré de n’avoir pu l’accompagner, Cromwell attendait impatiemment le retour de Paulo.


Dehors, c’était l’apocalypse. L’orage explosait, crachant des tonnes de pluie et sa foudre alentour. À l’intérieur, les belligérants n’en avaient cure : debout sur une table, un barbu congestionné de fureur faisait tournoyer O’Conolly en le tenant par les pieds. Il lâcha sa victime qui, la tête en avant, en une trajectoire courte et précise, vint percuter les gencives sanguinolentes de Flaherty. Il n’était pas beau à voir, l’énorme ! Il lui manquait des touches dans le clavier ! Il se releva, cracha encore trois ratiches en hurlant ce pléonasme inquiétant : « Je vais tous vous exterminer ! ». Sa grosse face conde et rubironde se fendit d’un sourire sadique telle une citrouille préparée façon halloween.


Paulo sortait à peine de la légère perte de conscience offerte gracieusement par la carafe du minus, quand il vit Flaherty s’ébrouer et foncer sur lui. « Paulo, mon gars, cet engin est trop puissant pour toi, ta science du judo n’y suffira pas ! Mon maître nippon m’enseigna : « À la force brutale, ton intelligence tu opposeras. », ce pensant, il plongea sous une table ipso facto. À quatre pattes, abrité ainsi des coups venant de toutes parts et du regard du maousse, il entreprit de gagner subrepticement la porte de la taverne en se faufilant entre les pieds des tables et chaises.

S’il lui manquait quelques chicos, Flaherty possédait toujours ses deux yeux. La fine stratégie de Paulo ne lui échappa pas. Balayant, culbutant, assommant qui se trouvait sur son passage, il parvint à la porte à l’instant où Paulo la franchissait. Il lança sa grosse patte velue vers le collet de notre ami et, glissant sur le sol fangeux, tomba dans une gerbe de boue et de jurons.


Paulo fuyait ce lieu inhospitalier et la vindicte Flahertienne sans honte ni remords, quand il entendit ces mots terribles qui le firent stopper net : « Espèce de lâche ! ». Il se retourna et vit la silhouette effroyable du bull maculé et essoufflé qui le regardait en tendant le poing. Son amour propre blêmit sous l’insulte et lui fit compléter à mi-voix la maxime de son maître nippon : « à la force brutale, ton intelligence tu opposeras et le combat tu ne refuseras ».


Dans la pluie et les éclairs aveuglants, il marcha vers Flaherty. (1)


Il s’arrêta à deux mètres du mahousse. Ce dernier, dans la position du catcheur en attente d’empoignade, regardait Paulo d’un œil assassin. (L’autre œil était fermé par les chairs pendantes de son arcade). Paulo regardait Flaherty dans la position du judoka en attente de prise de kimono. (Les deux positions sont identiques, mais l’une est plus élégante que l’autre. Choisissez celle que vous voulez, moi j’en ai rien à foutre !)


Le bull, dont la patience n’était pas la première vertu, cracha son dernier croc, puis se jeta sur Paulo.


Que croyez-vous qu’il advint ? Paulo saisit le bras gauche du gros, le tira violemment en bloquant de son peton mignon la cheville du panzer, lequel s’affala une fois de plus en soulevant une gerbe de boue qui éclaboussa le pantalon de notre ami


- Tu pourrais faire gaffe, un jean tout propre ! »


Cette remarque ironique augmenta, si besoin en était, la hargne de Flaherty : « Nom de Dieu de… »


Le Seigneur, indigné probablement par cette tentative de blasphème, manifesta son courroux en foudroyant la remise en bois de la taverne. Le feu se déclara instantanément, détournant l’attention de Paulo. Mal lui en prit. L’énorme n’attendait que cela. Il attrapa la jambe de notre ami et la tira à lui. Ce dernier, déséquilibré, connu à son tour la douceur gluante de la boue.


Dans la taverne, la bagarre avait cessé. Tout le monde s’était précipité pour éteindre l’incendie. Devant l’adversité, les hommes avaient arrêté leur jeu stupide et retrouvé quelque bon sens. Faisant la chaîne, ils tentaient de juguler les flammes à force seaux d’eau.


Aucun d’entre eux ne s’intéressait aux deux protagonistes qui gesticulaient dans la boue.


Flaherty, de sa monstrueuse masse, immobilisa Paulo au sol et le saisit à la gorge, lui broyant le larynx. Notre ami, impuissant, sentit ses forces l’abandonner. Il suffoquait, ne pouvait se dégager de l’emprise mortelle du bull. Et soudain ce fut le voile noir.


C’est à cet instant dramatique que Cromwell déboula du sentier menant à la taverne. Haletant, mouillé comme un ragondin, il jugea instantanément la situation, et sans une hésitation fonça sur Flaherty qui lui proposait involontairement la surface charnue et volumineuse de son fessier. Cromwell y planta ses crocs avec force.


« Nom d’un chien de nom d’un chien » hurla le mahousse en lâchant la gorge de Paulo.


Un énorme nuage noir eut la bonne idée de crever, larguant une pluie drue et persistante qui éteignit l’incendie affaibli par les seaux d’eau. Les hommes, exténués par la bagarre et leur combat contre le feu, firent cercle autour des combattants. Ils riaient en applaudissant l’Irish Terrier toujours suspendu aux fesses de Flaherty. Ce dernier tournait sur lui-même, comme un chien voulant attraper sa queue, sans parvenir à faire lâcher prise à Cromwell centrifugé à un mètre du sol.


Pendant ce temps, l’ami Paulo absorbait des hectolitres d’oxygène en se massant le larynx. Quand il eut recouvré l’usage de la parole, il dit à Cromwell :


- Un adage africain affirme : « Si tu tiens la queue du léopard, ne la lâche pas ». La queue du léopard qu’ils disent les Africains, pas le cul du salopard ! Alors ouvre les mâchoires, on s’casse !


Cromwell obtempéra à regret en grommelant : « Je lui sauve la vie… pas même un petit mot de remerciement… ingrat ! »


Quand Paulo jugea être hors de portée des grosses paluches de l’infâme, il lui lança :


- Flaherty ! Si demain soir t’as pas viré tes saloperies de la sortie du tunnel de Black Roc, je les fous dans le lac et fais savoir à tout l’comté quel genre de trafiquant de merde tu es !


- Vas te faire…


On ne sut jamais ce que Flaherty avait dit à Paulo de faire, les applaudissements de l’assemblée à l’adresse de Cromwell ayant couvert la fin de son propos, qui, à n’en pas douter, devait être d’une élégance raffinée.


Paulo et le chien s’éloignèrent rapidement.


- Merci Cromwell, sans ton intervention, ce mastodonte m’aurait tué ! Mais pourquoi m’as-tu suivi ?

- Je me doutais bien que tu allais te mettre dans le pétrin et que tu aurais besoin de moi pour t’en sortir ! On peut dire que je ne me suis pas trompé !

- Mon bon Cromwell ! Que ferais-je sans toi ?

- Pas grand-chose !


Le lendemain, au breakfast, Paulo expliqua aux Turley comment il avait démasqué « les fantômes » de Black Roc.


- Pourquoi t’être fait autant de soucis ? dit Sean à son épouse.

- Parce que tu n’as rien fait pour me les éviter ! rétorqua Maureen courroucée.


En vérité, il l’avoua plus tard à Paulo, Sean connaissait les activités malhonnêtes de Flaherty et présumait que celui-ci utilisait l’entrée extérieure du souterrain pour cacher sa contrebande. Il n’avait rien fait, craignant la vindicte du trafiquant et, honteux de sa faiblesse, bien excusable à son âge, n’en avait pas parlé à Maureen.


- Ne vous inquiétez plus, Mamy, Flaherty va vider les lieux et il se gardera bien de vous importuner, croyez-moi !


Le soleil commençait doucement à dissiper les brumes matinales. La barque glissait silencieusement sur le Corrib. Cromwell assis à l’avant, regardait Paulo ramer. Ils revenaient du débouché du tunnel.


- Flaherty n’a pas traîné ! Il ne nous a même pas laissé une Killians ! dit Paulo.

- Bof !

- Ben mon vieux, t’as pas l’air d’avoir la frite !

- Je sens bien que tu vas repartir… tu sais, avec les vieux, je ne rigole pas tous les jours, tandis qu’avec toi c’est jamais triste. Je n’ai pas le temps de m’ennuyer !

- Mon bon Cromwell… ne t’inquiète pas, je reviendrai.


À cet instant, un clapotis attira leur attention. À une cinquantaine de mètres, ils virent, ébahis, un long cou reptilien sortir des eaux. La tête du monstre était plutôt sympa. Elle se fendit d’un large sourire en les apercevant.


- Salut, z’êtes matinaux. Z’avez raison c’est l’heure où les couleurs sont les plus belles, dit la bestiole.


À cette étrange apparition, Cromwell s’était mis à grogner.


- Tu crois toujours que les monstres des lacs n’existent que dans l’imagination des humains, Cromwell ?


Puis répondant à la bête :


- Bonjour, quel est ton nom, moi c’est Paulo.

- On m’appelle Nessie.

- Nessie… comme le monstre du Loch Ness ?

- C’est moi, je suis venu dans le sud, là-haut je commençais à me les geler !


Fin de l’épisode


(1) Lectrices et lecteurs chéris : si vous avez le CD « Le bon, la brute et le truand » insérez-le dans le tiroir de la commode, programmez la piste 12 (le règlement de comptes final), appuyez sur > et continuez à lire lentement.


 
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   Pat   
7/11/2007
 a trouvé ce texte 
Exceptionnel -
Cet épisode là est beaucoup plus homogène que dans le précédent... Je ne vois même pas ce qu'il y aurait à améliorer. Ce n'est pas aussi loufoque que "les deniers", mais l'humour y est très présent, avec finesse bien souvent. J'aime beaucoup le décalage des niveaux de langage entre le chien et Paulo, qui là, s'explique tout à fait, est d'un des ressorts de l'humour (ça me rappelle un peu Kador avec les bidochons) :
"Que flaires-tu, Cromwell ?
- L’odeur de l’eau balayée par le vent puis, venant de l’ouest, les senteurs océanes mêlées à celles, plus douces mais plus riches en parfum, de la lande… et puis aussi, venant de ce bouquet d’épineux ornant si joliment ce monticule, le terrier d’un renard…
- Merde ! Tu r’nifles pas non plus les arpions de Flaherty, pendant qu’tu y es ? Doit pas s’les laver souvent ce gros lard ! explosa notre ami en français, énervé par le lyrisme de Cromwell.
- Je te prie, mon cher ami, de me parler en gaélique. Vraiment, tu es d’une inconvenance ! "

Ce que j'aime beaucoup c'est de sentir (ou entendre, plutôt) l'auteur dans les expressions choisies (ça donne pour moi, un deuxième niveau à l'humour... on a l'impression que tu te marres quand tu l'écris et ça s'entend) :
"- Il fait chaud ! Hein, monsieur O’Ney ?
Touché par cette remarque pertinente, notre ami gratifia la serveuse d’une réponse à la hauteur de la question :
- Oui." (pertinente et à la hauteur de la question)
ou encore là :
"Il se releva, cracha encore trois ratiches en hurlant ce pléonasme inquiétant : « Je vais tous vous exterminer ! »" (pléonasme inquiétant)

Les images décalées font aussi vraiment partie de ton langage si enlevé :
"perte de conscience offerte gracieusement par la carafe du minus
Le Seigneur, indigné probablement par cette tentative de blasphème, manifesta son courroux en foudroyant la remise en bois de la taverne.
Un énorme nuage noir eut la bonne idée de crever,
Cromwell centrifugé à un mètre du sol.
Comme notre ami n’avait pas chaussé des ballerines pour traverser la lande"

Ce genre d'humour là, j'aime beaucoup aussi (un peu tendancieux, mais ça me fait toujours rire.... y'a des thèmes comme ça !) :
"Le patron, qui était aussi l’époux de la patronne, un gringalet d’un mètre et demi, pesant quarante kilos tout fringué, planqué sous l’ample jupe de sa belle, tremblait comme un vibromasseur. Sa douce le saisit par une aile et, le perchant sur le comptoir, lui lança cette injonction virulente :
- Arrête ! Tu me chatouilles !"

On a aussi les jeux de mots, qui font parfois fi de la grammaire, mis bon :
Sa grosse face conde et rubironde se fendit d’un sourire

J'adore aussi la bagarre (les bagarres dans les films me font beaucoup rire, enfin certaines comme celle d'un film de Guédiguian (Marius et jeannette, je crois)). Ta bagarre est très marrante, on visualise tout à fait les scènes...

Tu as une réelle facilité à décrire (chose dont je suis jalouse), comme ce passage, très beau :
"d’énormes nuages noirs, lourds d’immobilité, tachaient le clair de lune. Aucun souffle d’air ne donnait vie aux roseaux bordant le lac. Les perches, les brochets ne pourchassaient pas leurs proies en surface. Le silence. La chaleur pesait sur la nature atone. Le tonnerre roula au lointain, puis s’estompa."

Alors, maintenant il faut bien que je trouve à redire... Tu avais l'occasion avec Nessie de partir dans le loufoque encore plus... Même si cette rencontre est déjà sympa... Mais c'était sans doute juste un petit clin d'oeil...

   Anonyme   
7/11/2007
Pfff.. 'Très impressionné par le commentaire de Pat'

Bon Togna. Je me suis juré de lire avec une attention particulière les 4 épisodes des "aventures.. "

Paulo? Euh..j'ai cherché la Francesca :)

Bon. Là je viens de commencer le premier et j'en suis tout impressionné.

Promis. Un commentaire à l'instar de Pat suivra.

   guanaco   
6/4/2008
 a trouvé ce texte 
Bien +
Mon comm. et la note prennent en compte les 2 épisodes.
Comme l'a dit Pat, le langage et les images sont une marque de fabrique pour les aventures de Paulo. C'est très plaisant et on s'marre !
C'est l'ensemble des 2 épisodes qui me paraît intéressant; Séparément, ils perdent de leur valeur et de leur portée. Même si chacun propose un angle différent d'attaque: le 1er montre plus un travail à deux (Paulo et Cromwell) dans un décor intérieur en majorité et contraste avec le 2ème épisode faisant intervenir un groupe de soifards irlandais avec bagarres et déchaînement des éléments.
Personnellement, j'ai trouvé le temps un peu long dans la bagarre qui me paraît sans fin avec des clichés mais c'est un choix de l'auteur que je respecte, choix délibéré puisque le cliché est appuyé par une note en bas de page.
Il n'en reste que Paulo est unique et que lui seul était en mesure de tomber de manière tout à fait "fortuite" (cette notion a-t-elle de la valeur dans l'univers de Paulo?) sur un Nessie migrateur qui se les gèle dans le nord!
Merci Togna.

   widjet   
12/4/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien -
La première partie m'avait bien plu....La seconde davantage encore ! En plus y'a de l'action (très bien mis en scène on s'y croirait!) et ça castagne sévère ! Togna s'est franchement fait plaisir (la jubilation de l'auteur est pafois même très palpable) et c'est délicieusement contagieux !
De jolies trouvailles et des apparitions directes ou indirectes "Guest Stars" (Dieu, Nessie...) s'invitent dans ce joyeux bordel. A noter que le clébard a un rôle encore plus important dans cette aventure (avec Paulo ce duo me rappelle les "buddy movie" comme "48H", "Arme Fatale" et autres consorts...)!

Bref ça va à 100 km/h, c'est vif, fluide, bien écrit et très agréable. Du divertissement de haute volée, bien vitaminé (Togna a particulièrement misé sur le rythme), qui cache aussi et surtout un immense travail.

Bravo Togna !

Widjet

   Flupke   
7/2/2009
 a trouvé ce texte 
Bien +
Tu orthographies parfois Roch ou Roc.
Bien aimé « notre ami gratifia la serveuse d’une réponse à la hauteur de la question »
Et « sans parvenir à faire lâcher prise à Cromwell centrifugé à un mètre du sol ». (très visuel)
D’avantage d’action et d’humour que dans la première partie de cet épisode.


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