Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Humour/Détente
Togna : Les deniers de Denise (suivi de L'or et l'aura)
 Publié le 22/06/07  -  32 commentaires  -  23551 caractères  -  209 lectures    Autres textes du même auteur

L'aventure sentimentale, à quelques siècles d'intervalle, de deux Don Juan. Ces histoires véridiques confirment cette sensation bizarre que nous avons parfois de revivre un même événement.


Les deniers de Denise (suivi de L'or et l'aura)


LES DENIERS DE DENISE



Il était vingt-trois heures cinquante quand Gontran osa escalader le mur d’enceinte du château. La nuit était noire, il ne voyait guère où poser ses chausses. Une branche sèche craqua sous ses pas. « Juste ciel ! jura-t-il intérieurement, les chiens de maître Malhe ont l’oreille fine ! S’ils m’ont ouï, c’en est fait de moi ! »

Il attendit quelques instants, reprit sa progression avec précaution, bras tendus devant lui. Sa main effleura le membre d’un apollon de pierre qui jouissait de la douceur nocturne. « Ô ! Hyacinthe… que ta caresse est douce…» soupira la statue ; alanguie.

Le jeune homme parvint enfin derrière cette vaste maison bourgeoise nommée, avec respect et servilité, « le Château » par les autochtones de condition modeste.


« Nous y voilà ! Grand Dieu merci, je n’ai éveillé ni chiens ni maître ! » Il en éprouva quelques regrets, car il eût aimé essayer sur les animaux l’efficacité du contenu d’un flacon qu’il serrait dans la poche de son justaucorps. Le liquide, selon la vieille Huebalei, sorcière de son état, indisposerait tellement la truffe des chiens, que jamais plus ceux-ci n’oseraient l’approcher. Il lui en avait coûté vingt deniers, soit la moitié de ses économies, et il n’était pas certain que l’envoûteuse ne se soit pas moquée de lui !

Du haut d’un arbre, une chouette lugubra « hou… » Gontran frissonna comme tout poltron doit le faire en pareil cas, puis se décida à descendre le petit escalier conduisant aux communs. Son cœur battait la chamade. « Gontran mon ami, ce n’est pas le moment de capituler ! » Il prêta l’oreille… le silence la lui rendit.


« Je veillerai à ce que la porte des communs restât ouverte. Vous trouverez un chandelier et des allumettes sur un petit guéridon. Allez jusqu’au fond du couloir, tournez à gauche et montez l’escalier central. Ma chambre est au troisième, dernière porte à droite », lui avait minaudé la charmante personne pour qui il s’introduisait subrepticement en ces lieux.


Il parvint à l’escalier. Sur le palier du premier demi-niveau, un courant d’air souffla la flamme du chandelier. « Par les mortes testicules de mes ancêtres ! » jura-t-il. Fort heureusement, au mur était un tableau représentant en pied la comtesse Léopoldine de Gardlely, arrière-grand-tante de la comtesse Denise de Gardlely, actuelle propriétaire des lieux et veuve de son état. Un chandelier à trois branches éclairait le visage plâtreux de la noble femme. « Souffrez, madame, que je rallumasse ma flamme à la vôtre » dit Gontran à la douairière. « Faites donc jeune homme » lui répondit-elle en lui tendant son candélabre. « Madame, votre bonté n’a d’égale que votre beauté » remercia-t-il galamhypocritement.


Depuis peu, il était l’amant de Denise de Gardlely. Pourquoi donc prenait-il tant de précautions pour circuler dans la demeure de sa maîtresse puisque celle-ci était veuve ? Pour voir une autre femme ? Que nenni ! Nymphomane et jalouse, Denise ne supportait que les hommes. Elle n’admettait aucun jupon à son service. Même la lingère était un homme ! Et c’est précisément à cette dernière, ou plutôt à ce dernier que Gontran rendait visite.


Après moult tergiversations, Gontran avait pris la décision de rompre sa liaison avec Denis, la belle lingère. Denise et Denis ! La situation prêtait à confusion : l’une était sa maîtresse, l’autre son amant. Aimer les deux sous un même toit était un exercice périlleux que Gontran ne voulait pas prolonger. Certes, la comtesse montrait un caractère très possessif. C’était souvent fort désagréable, mais elle présentait un avantage indiscutable qui avait pesé sur la décision du jeune homme. Et c’était cela que Gontran venait expliquer à Denis. Afin de mettre un terme aux cris et pleurs prévisibles de son amoureux, pour que ce dernier soit convaincu que sa décision était définitive, Gontran avait préparé un petit poème de rupture écrit sur un feuillet plié et rangé dans la poche de son justaucorps.


Au troisième palier, le courant d’air revint sournoisement souffler la flamme de son chandelier. « Bran ! » dit-il élégamment à voix basse. Il allait redescendre quémander la lumière à Léopoldine, quand il se souvint avoir pris deux des allumettes laissées à son attention sur le petit guéridon du couloir des communs. Il plongea la main dans sa poche, en sortit un des bâtonnets de bois et… le flacon de la sorcière qui se fracassa sur le sol. (Le flacon, pas la sorcière !) Grand bruit et odeur pestilentielle flottèrent dans l’air jusqu’aux oreilles et nez de Denise de Gardlely qui s’écria : « qu’est-ce là ? »

Gontran, effrayé par ce qu’il venait de commettre, ne remarqua pas qu’il avait aussi extrait involontairement de sa poche le poème destiné à Denis. Le léger feuillet voleta avec grâce jusqu’au pied de l’escalier.

Le bris du flacon avait aussi réveillé le mainate qui dormait avec le coucou d’une horloge d’époque ornant le couloir du troisième étage. « Qu’est-ce là ? » cria l’oiseau.

La comtesse, quant à elle, s’était saisi de l’arquebuse armée qu’elle gardait toujours sous son traversin. En habit d’Eve, car elle attendait toujours ses amants dans cette tenue vestimentaire recherchée, elle s’était précipitée vers l’escalier, lieu présumé d’où bruit et odeur avaient vu le jour. « Chère nièce, venez à moi ! » lui dit son arrière-grand-tante depuis sa toile. « Toutefois, avant de monter, voyez ce feuillet gisant à vos pieds. »

Denise ramassa le feuillet et vint à la lumière du chandelier de Léopoldine lire le poème né de l’esprit imaginatif et raffiné de Gontran :


Cher Denis,


Denise a les deniers,

Personne ne peut le nier.

Denis, percé est ton panier,

Tu ne peux le dénier.

Je ne suis pas assez niais

Pour préférer ton panier

Et les deniers renier.


Pardon d’en faire à ma guise,

Mais je préfère Denise.


Ton Gontran, qui t’aima.


« Goujat ! Rustre ! Mufle ! Tu me trompais avec mon linger ! Plus que moi tu préfères ma fortune ! Malotru ! Gougnafier ! Pignouf ! Tu vas voir ce qu’il va t’en cuire ! » Ce disant, la comtesse se rua vers le troisième étage.

« Maître Gontran, gare à vous, voici accourir la comtesse furieuse » prévint le mainate.

« Faquin ! » hurla Denise. Folle de rage, elle déchargea sa pétoire en direction du volatile. La mitraille coupa la longue chevelure d’une Walkyrie qui chevauchait malencontreusement par là. « Mes nattes ! » s’écria-t-elle. Le coucou, effrayé par la détonation cria « Coucou ! » en sortant et rentrant douze fois de l’horloge. « Il est minuit ! La haine du mainate mène à tout ! » dit l’oiseau à l’adresse de la comtesse, en rejoignant précipitamment son compagnon dans l’horloge.


Pendant ce temps, Gontran était entré dans la chambre de Denis. « Chut ! J’ai maladroitement réveillé madame la comtesse, mais fort heureusement, elle ne peut se douter que je suis ici » dit-il en préambule. « Vous enfin ! » répondit Denis en allant bras tendus vers l’attendu. D’une passe tauromachique, Gontran esquiva le linger qui alla s’aplatir la face sur la porte qui s’ouvrait sous la furieuse poussée de Denise.


« Infâme ! » gronda-t-elle. Tenant son arquebuse déchargée par le canon, elle se rua sur son amant avec l’intention évidente de l’occire. Le jeune homme réitéra sa véronique et la comtesse, emportée par son élan, passa par la fenêtre ouverte.

« Ouf ! Il faillit m’en cuire ! » constata-t-il. Sans se préoccuper plus du sort de son ex-dame que de celui de son ex-monsieur, il s’élança hors de la chambre avec l’intention de quitter les lieux au plus vite.


« Au secours ! Arrêtez-le ! » cria Denise de Gardlely en relevant son corps nu et meurtri du balcon où il avait chu. « Maître Malhe ! Arrêtez-le ! »


L’intendant, entendant la détresse de madame la comtesse, lâcha ses chiens. Les deux dobermans humèrent d’abord l’air ambiant. L’un dit à l’autre : « odeur agréable. » L’autre dit à l’un : « ça vient du château. » L’un et l’autre dirent : « courons-y ! »


Parvenu au palier où s’était brisé le flacon contenant le liquide destiné à tromper l’odorat canin, Gontran vit les deux molosses se précipiter vers lui. Il pensa : « cette fois, c’en est fait de moi ! La sorcière m’a trompé. » À son grand étonnement et non moins grand soulagement, les chiens s’arrêtèrent près du flacon brisé et se mirent à laper frénétiquement le liquide répandu. Il ne s’attarda pas en conjectures sur ce phénomène opposé à celui attendu et reprit sa course vers la sortie. Au rez-de-chaussée, sur son élan, il culbuta maître Malhe qui tentait de lui barrer le passage. Courant toujours, il se dirigea vers l’endroit où il avait escaladé facilement l’enceinte du parc.


De son balcon, Denise hurlait à l’adresse de l’intendant : « arrêtez-le ! arrêtez-le ! » Malhe l’intendant ne resta pas sourd à l’ordre de la comtesse, il se releva et se lança courageusement à la poursuite du fuyard.


L’apollon de marbre, voyant Gontran courir vers lui s’écria :


- Par Zeus ! Hyacinthe, mon beau Hyacinthe, tu es revenu.


Sans s’arrêter, Gontran répondit :


- Pardonne-moi Apollon, je ne puis m’attarder, Zéphyr est à mes basques !

- Je m’en charge ! Cours, bel éphèbe ! s’écria le dieu de pierre en faisant un croc en jambe au régisseur qui tomba tête en avant dans un buisson d’épineux.

- Mille grâces à toi, Apollon ! remercia Gontran.


Du haut du mur d’enceinte, il vit Denise de Gardlely, nue sur le balcon, sanglotant sur l’épaule de Denis. « Dommage, ils étaient beaux » pensa-t-il. Sautant sur sa mule qui l’attendait patiemment, il s’éloigna au petit trot.



FIN




« Cette anecdote n’est pas très originale » penserez-vous au terme de sa lecture. J’en conviens, elle ne l’est pas. Oui, mais on dit que parfois l’Histoire se répète ; on parle alors de l’Histoire avec un grand H. Et bien l’aventure suivante prouve que la petite histoire, celle de tous les jours, celle que chacun d’entre-nous pourrait vivre, se renouvelle aussi.

Gontran vécut sa petite aventure sentimentale au quinzième siècle, celle de Paulo eut lieu dans les années cinquante du vingtième.


Jugez plutôt :



L’OR ET L’AURA



Il était vingt-trois plombes, cinquante broquilles et douze dégoulinantes quand Paulo sauta la grille du château. La nuit était noire, il ne voyait pas où poser les arpions. Une branche sèche craqua sous ses groles. « Chiotte ! Les clébards du bignole n’ont pas les portugaises ensablées, faut y’aller mollo ! » jura-t-il intérieurement.

Lorsque ses lampions furent habitués à l’obscurité, il reprit sa progression. Soudain, une vestale de marbre se dressa devant lui. Machinalement, il posa la paluche sur le robert gauche de la prêtresse. « Bas les pattes, minable ! Je suis frigide ! » lui dit-elle sur un ton glacial.


Il parvint enfin derrière la mahousse bicoque bourgeoise baptisée pompeusement « Le Château » par les pécores du coin.

« Ouf ! le bignole n’a pas lâché ses clébards ! » Cette constatation lui fit chaud aux tripes. Il préférait ne pas avoir à utiliser les boulettes de barbaque empoisonnées qu’il serrait dans ses fouilles en cas d’agression des molosses. Du haut d’un arbre, la chouette Lulu hulula « hou… la… laaaa… ». « Ta gueule ! T’es moche ! » lança-t-il.


Il descendit les douze marches qui conduisaient à la lourde des communs, en cassa la serrure en loucedé. Il prêta l’esgourde : aucun raffut dans la turne. « C’est réglo. Pas l’moment d’avoir la pétoche ! J’y suis presque, s’ra toujours temps de mettre les adjas si le pipelet s’pointe. » Il alluma sa loupiote, en dirigea le pinceau vers le fond du couloir. « La dernière lourde à droite, qu’elle m’a dit la môme Laura. J’y suis ! » Il posa la pogne sur la poignée, indécis. « Allez, ducon ! T’y es ! » Il ouvrit. « Merde, c’est la cuistance ! »


Maintenant certain que le pipelet ne se doutait de rien, il tourna l’interrupteur. L’éclairage cru des calbombes au néon lui fit cligner les carreaux. « C’est vachement beau ! » constata-t-il en mordant les meubles plaqués de formica jaune caca d’oie.


« Puisque j’suis là, autant en profiter. » Il s’avança vers un frigo qui tentait de se faire oublier dans un coin. Il ouvrit la lourde du garde-bouffe… l’odeur pestilentielle d’un coulant lui étreignit les narines. « La vache ! Un calendos, mon frometon favori. » Il ouvrit la boîte : « baraqué le mec, juste à point ! Hum… bon, faut pas traîner. » Il fourra le fromage et son odeur dans sa poche et sortit de la cuisine.


« Elle avait raison la môme Laura, je m’suis gouré, y’a encore une lourde sur la droite. Voyons voir ? Ouais, c’est par là. Tu tournes à gauche et tu montes l’escalier central jusqu'au dernier palier. Ma chambre c’est la dernière porte à droite, qu’elle m’a dit. Allons-y ! »


Il atteignit l’escalier. C’était un de ces ouvrages imposants offrant un palier de repos à chaque demi-niveau, sur les murs desquels les propriétaires ont coutume d’exposer les portraits de leurs aïeuls. Sur le deuxième palier, Paulo heurta une immense toile représentant la comtesse Octavine de Restaupieu, arrière-grand-tante de Laure de Restaupieu, actuelle maîtresse des lieux et veuve de son état. « Tu ne peux pas faire attention ? Connard ! » éructa Octavine en crachant son dentier. Paulo, lorsqu’il le voulait, savait parler aux bourges : « Madame, votre propos n’est pas à la hauteur de votre rang ! » répondit-il en refilant les ratiches à la douairière.


Depuis deux ans, il était l’amant de Laure de Restaupieu. Dans ces conditions, me demanderez-vous, pourquoi accédait-il en catimini dans la demeure de sa maîtresse puisque celle-ci était veuve ? Pour protéger Laure du qu’en dira-t-on ? Elle n’en avait rien à foutre, tout le canton savait que son défunt époux était plus encorné que les cerfs qu’il avait chassés sur ses terres. Non, s’il prenait tant de précaution, c’est tout simplement parce que ce n’était pas à elle qu’il rendait visite. Mais pourquoi se cacher ? Me reredemanderez-vous. Parce qu’il rendait visite à Laura, la bonne à tout faire du château.


Madame de Restaupieu ne supportait pas que ses amants portassent le regard sur d’autres femmes. Aussi choisissait-elle son personnel féminin avec précaution. Lorsque Laura Marie Missel s’était présentée pour l’emploi de bonne à tout faire, la comtesse avait jugée que les chaussures plates, les socquettes blanches, la jupe sous les genoux, le col Claudine et le chignon de la demoiselle n’exciteraient pas la libido de son amant. Évidemment, elle, pour qui la beauté féminine n’allait pas sans talons aiguilles, bas de soie, minijupe, décolleté vertigineux et coiffure sophistiquée, le tout paré de tonnes d’or et de pierreries, ne pouvait prévoir que Paulo devinerait le corps de rêve dissimulé par les vêtements austères de Laura.


Mais il avait deviné très vite, Paulo ! Et il avait fantasmé à mort sur cette magnifique plastique vêtue simplement. Il s’en foutait des vêtements simples le gars Paulo. Les ôter, dénouer le chignon pour voir la lourde chevelure brune tomber sur les épaules blanches de Laura devint son obsession.


La demoiselle étant très pieuse, il avait été difficile d’obtenir la permission de lui rendre visite dans sa chambre. Il avait dû promettre le mariage ! Rien de moins ! Paulo la bague au doigt ! Vous imaginez ? Ben il avait promis Paulo. Après un an de siège ! Et ce n’était pas une promesse de Don Juan, il était fol amoureux ! La belle se laissait courtiser mais, pas gourde, avait toujours refusé d’aller chez lui. Voilà pourquoi il utilisait des ruses Lupinesques pour lui porter un petit compliment qu’il avait mis trois jours à tourner.


Au deuxième palier, l’odeur du coulant, que sa gourmandise avait fait mettre au chaud dans sa poche pour une future dégustation solitaire, suggéra à Paulo cette constatation grandiose : « le mariage de ce parfum à l’essence naturelle émanant de ma divine personne n’est pas des plus heureux pour une approche amoureuse. Séparons-nous provisoirement du calandos. » Ce pensant, il le jeta dans le bac d’un philodendron qui passait là par hasard. La plante, manquant brutalement d’oxygène, vira au rouge et perdit instantanément douze feuilles qui recouvrirent la ronde et puante boîte.


En extrayant le fumant de sa fouille, Paulo n’avait pas remarqué qu’il avait fait tomber son petit compliment, lequel se présentait sous la forme d’un feuillet plié en quatre.

Parvenu au troisième étage, il tourna à gauche comme le lui avait recommandé la belle Laura, et se foutit la tronche dans une armure en pied postée là pour prévenir toute attaque impromptue. « Peux pas faire gaffe ? » émit l’armure. Cette fois-ci, Paulo se gratta le cuir en s’apostrophant : « mon vieux Paulo, faut qu’t’ailles mollo sur la boutanche ! D’abord une statue, puis une croûte et maintenant un assemblage de tôle qui parle ! C’est extravagant ! » Il recula d’un pas lorsque la cuirasse répondit : « mon pote, pour la statue et le tableau je ne sais pas, quant à l’armure, c’est là que j’habite. » À son grand soulagement, Paulo vit la visière du heaume se soulever et apparaître un superbe ara. « Ouf ! C’est rassurant. Excuse-moi, mec ! » répondit-il au perroquet. Fatigué, il ajouta pour lui-même : « c’est harassant ! ». L’oiseau, qui avait l’ouïe fine répondit : « dis donc ! C’est pas moi qui pue comme ça ! Ça sent le camembert ! Ou plutôt… oui, c’est cela… les grolles de la comtesse ! »


À l’étage inférieur, Laure de Restaupieu en tenue de nuit, c'est-à-dire dans le plus simple appareil, (je préfère cette formule, à poil ça fait vulgaire !) entendit le bruit insolite. À tout hasard, elle se saisit des deux revolvers armés à poudre noire posés négligemment sur sa table de nuit, et fonça vers d’où que l’origine du barouf y venait. Elle emprunta l’escalier (on se demande bien pourquoi puisque l’ouvrage lui appartenait), armes à la main. Sur le palier, son aïeul Octavine, tendant le bras et crachant à nouveau son dentier, lui cria : « il est passé par là ! » Laure, répondit en posant son peton mignon sur le râtelier de la vioque : « aïeeeuh ! »

En grimpant quatre à quatre les marches de l’étage suivant, ses narines frémirent sous le charme piquant du calendos planqué sous les feuilles du Philo. « Bizarre, ça sent le Paulo » dit-elle en reconnaissant le parfum favori de son amant. C’est alors qu’elle vit, au pied du bac à fleurs, un feuillet plié en quatre. Glissant une des pétoires sous son aisselle moite, elle le ramassa, le déplia, lut ceci :


Pour toi Laura, mon amour, j’ai composé ce petit poème :


De l’or !

Dit Laure.

Dehors l’or,

Dit Laura.


L’or,

Aura Laure.

L’aura,

Aura Laura.


Or,

À l’or

Je préfère l’aura.

Alors,

Je quitte Laure

Pour Laura.


Ton Paulo qui t’aime.


« Le salaud ! » hurla Laure. Et illico elle fonça au troisième étage.


Pendant ce temps, Paulo était arrivé à la porte de la chambre de l’objet de sa passion (elle est bien cette formule. « Sa nouvelle grognasse », aurait fait moins classe !) Il frappa. Pas de réponse. Il refrappa. Pas de réponse. Doucement, il entrebâilla la porte, jeta un œil. De dos, il vit sa nouvelle grognasse en prière agenouillée sur un prie-Dieu. Elle était vêtue d’une blanche chemise de bure. Une lumière éclatante émanait d’elle. Ébloui, Paulo dit : « Laura, mon amour, je viens t’apporter un petit com… » Il n’eut pas le loisir d’achever sa tendre déclaration. Du bout du couloir la voix mélodieuse du ara se fit entendre : « Gaffe Paulo ! Y’a la comtesse qui s’pointe ! Elle est furmée et arax ! »


Laure de Restaupieu se retourna en braillant : « toi, le volatile, ta gueule ! » Elle visa le perroquet et déchargea une de ses armes dans sa direction. Le projectile ricocha sur le heaume : bzinggg ». Heureusement, Coco s’était planqué dans l’armure en refermant la visière. « Elle est pas nette cette gonzesse ! » dit-il. Rouvrant la visière, il ajouta : « un jour l’ara… t’aura ! » Content de son jeu de mot, il éclata de rire. Car l’ara qui rit est forcément content.


Laure, parvenue à la porte de la chambre de sa bonne, vit son amant, debout et l’air niais, tourné vers elle. Près de la fenêtre, la boniche, sourde à l’agitation environnante, était toujours en prière.

Douze coups retentirent au grand carillon du salon : minuit !

La comtesse braqua son calibre chargé vers son amant et appuya sur la détente en crachant ces mots terribles : « meurs, infidèle ! »


L’amorce, probablement humide d’avoir séjourné quelques secondes sous l’aisselle de la meurtrière, fit long feu. Furieuse, Laure fondit sur Paulo la crosse levée. Avant qu’elle n’exécute son funeste dessein, Laura qui avait subrepticement quitté son prie-Dieu, lui allongea un bourre pif entre les deux carreaux qui expédia la comtesse dans l’au-delà pour quelques minutes. « Tu l’as bien mérité salope ! » dit-elle poliment. Puis se retournant vers Paulo, elle lui expédia un coup de saton dans les valseuses en ponctuant : « j’aime pas être dérangée dans mes prières ! » Et sans plus s’occuper des deux intrus elle retourna prier.


Le beau Paulo, de douleur se tenant les burnes, sortit de la chambre en hurlant : « ouilleyouilleyouille ! » Il prit la fuite, dévala l’escalier, récupéra son coulant au passage, ramassa les ratiches d’Octavie restées au sol, lui flanqua dans les gencives en constatant : « ta nièce est conne, mais c’est pas de ta faute. »

Il emprunta la porte d’entrée pour sortir (ce qui, contrairement à ce qu’on pourrait penser, est orthodoxe. « On » est con, il se trompe toujours !), et, sans demander son reste, courut vers la grille du parc.


Le coup de pétard, à défaut d’avoir déplumé l’ara, avait eu pour effet de réveiller le pipelet qui, à tout hasard, avait lâché ses deux molosses dans le parc. Ces derniers se précipitèrent à la poursuite de Paulo avec la volonté non dissimulée de lui morganer le croupion. Le fuyard sentit bien qu’il ne parviendrait pas à escalader la grille du parc avant que les deux cadors ne lui eussent planté leurs mignonnes petites quenottes dans les meules. Alors, la mort dans son âme pure, car il aimait les animaux, il voulut sortir les boulettes de bidoche empoisonnée qui mijotaient toujours dans sa fouille droite. Mais sa dextre saisit la boîte de calendos qu’il avait, dans sa précipitation, fourré à la hâte dans la même poche. Les clebs n’étaient plus qu’à cinq mètres ! La grille à vingt ! La mort dans son âme noire, il la jeta. La boîte, pas son âme. Les cabots, déroutés par le parfum naturel de Paulo qui s’échappait de celle-ci, pilèrent net. Puisqu’ils étaient bêtes, ils choisirent de se ruer sur le frometon qui avait atterri dans un massif d’épineux. « Kaïye ! Kaïye ! Kaïye ! » gémirent les dogues en rentrant tout de go au chenil.


Pendant ce temps, Paulo, sans chercher à entraver pourquoi les chiens avaient choisi de suivre le coulant plutôt que ses tendres miches, avait escaladé la grille, sauté dans sa 203 cabriolet et démarré en tornade.


Sur le chemin de son domicile, il se rappela un peu tard cet adage, de bon sens et de poésie pétrie, souvent répété par son défunt paternel : « Qui veut tirer deux biches à la fois, le fusil sous le bras en reviendra ! »



FIN




Conclusion philosophique pour le lecteur dont le QI est inférieur à 0,001 :

À la richesse matérielle (l’or de Laure) concomitante souvent de pauvreté spirituelle, Paulo choisit la richesse spirituelle (l’aura de Laura) laquelle est, presque toujours, accompagnée de pauvreté matérielle.


Ça vous la coupe, hein !


 
Inscrivez-vous pour commenter cette nouvelle sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Pat   
22/6/2007
 a trouvé ce texte 
Exceptionnel
Je me précipite pour être la première à mettre un commentaire : je me suis régalée. Les exercices de style ont quelque chose de particulièrement réjouissant pour moi. C'est très drôle et quand on relit on repère des jeux de mots qu'on avait loupés... J'aime beaucoup les interventions du narrateur en clin d'oeil... C'est presque difficile pour moi de décortiquer ce texte pour comprendre ce qui me plaît tant. La littérature pour moi ce n'est pas forcément une histoire originale, tout est dans l'art de raconter. Le style est incroyablement maîtrisé : les changements de ton, de lexique sont d'une grande fluidité. Comment fais-tu pour connaître autant de vocabulaire, surtout le langage fleuri de Paulo ? Le rythme enlevé, donne beaucoup de vivacité aux récits. On imagine aisément les scènes même si elles ne sont pas réalistes (ex : le dentier qui tombe de la bouche de la vieille sur le tableau, les statues qui causent etc.). Du coup le genre pourrait aussi bien appartenir au merveilleux, aux contes, à l'aventure... Ca m'a un peu rappelé un film des frères Coen (Lady quelque chose) : sans doute l'enchaînement des événements catastrophiques qui ne tournent pas au drame mais restent vraiment dans un registre humoristique plutôt fin (humour de situation). Bon, tu as compris (mais tu le savais déjà) : je suis fan et j'attends avec impatience la suite des aventures du beau Paulo. Merci pour ce grand plaisir de lecture.

   Cyberalx   
13/7/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien
Je suis heureux que Pat soit passée avant moi car ça m'évite d'avoir à réécrire tout ce qu'elle a dit : J'adhère à son commentaire.

C'est un régal de te lire, récemment quelqu'un (Allez, je le dis, c'est Georges) m'a dit sur ce site que je n'était pas réceptif à certaines formes d'humour, je suis réceptif au tien, j'aime le style, le vocabulaire, les tournures... Je n'ai rien trouvé à critiquer.

Tu a placé la barre assez haut, tu n'a plus le droit à l'erreur là :-D

J'ai aussi pensé au film "Ladykillers" ainsi qu'à Raymond Devos, chapeau l'artiste, vivement le prochain !

   Athanor   
6/7/2007
 a trouvé ce texte 
Exceptionnel -
Alors là !!! C'est un pur régal.
Bordel, j'suis même pas foutu d'en faire autant.
J'aime les opposés qui font d'une seule situation des histoires, et des mots qui me rappellent Michel Audiard.
Et en plus, j'ai pu "voir" dans ma tête tous les intervenants.

   Ninjavert   
2/7/2007
 a trouvé ce texte 
Exceptionnel -
Comme mes précédents compagnons Oniriens, j'ai pris grand joie à la lecture de ce modeste écrit.

Que ce soit la première partie, au language aussi subtil que soutenu, à la seconde, délicieux mélange d'Audiard et de San Antonio, où l'argot a la part belle, je me suis régalé.

L'humour omniprésent est vraiment agréable, tout en finesse et en subtilité, le tout tellement bien mêlé que même les jeux de mots débile du hara en deviennent désopilants.

Un vrai délice Togna, je suis heureux que vous soyez de ces aînés qui ne se sont pas laissés distancer par l'informatique, car vous nous auriez privé de votre indéniable talent !

   oxoyoz   
5/7/2007
 a trouvé ce texte 
Très bien +
Alors ca, c'est de la maîtrise de style ! Le vocabulaire est parfaitement contrôlé, le rythme est bon ( laissons tomber les euphémisme, le rythme est excellent). Le jeu de symétrie est plus que plaisant , et les petites variations évitent l'ennuie. C'est drôle, un peu loufoque : un régale.

   Nico   
6/7/2007
 a trouvé ce texte 
Très bien +
Il faut un certain temps pour comprendre pourquoi cette nouvelle est classée humoristique. Et puis ça vient petit à petit, et on ne la lache plus.

Dommage que ce n'est pas toujours facile à lire vu les tournures de phrases, mais c'est ce qui fait la beauté de la chose.

   Lariviere   
7/8/2007
Et dire que jusque là, j'étais passé à coté de ça !...
(Merci au passage à Pat, qui m'a aiguillé...)
Togna, avec un peu de retard...bravo !
Tu te doutes que je ne peux qu'adorer ton récit...
Tu mènes l'exercice de style au zénith du genre.
C'est talentueux au possible et le pire, c'est que c'est secondaire, tellement c'est drôle !
Et ça, c'est primordial !!!
Puisque tout le reste a été dit, encore merci pour tout et aussi pour le reste !

   guanaco   
21/8/2007
 a trouvé ce texte 
Exceptionnel
Par les morts testicules de mes ancêtres, ces textes sont absolument géniaux!
Je fais connaissance avec Paulo et j'adore, tout simplement!

   Jeser   
24/8/2007
Quel talent !
Je comprends les plumes ornant ton récit et, si j'étais sorcier, je te les transforme, vite fait, en couronne de lauriers.
Si jamais tu sors un roman, S.T.P., préviens-moi !

   Maëlle   
29/8/2007
 a trouvé ce texte 
Bien
Pas mal, et surtout savoureux gràace à tous ces merveilleux jeu de mots, jeux de phrases glissés un peu partout. Par moment ça manque de fluidité, quand même.

   aldenor   
9/11/2007
 a trouvé ce texte 
Exceptionnel
Le meilleur texte que j’ai lu sur Oniris. Surement. Pour la qualité de l’écriture. L’humour. Les petits poèmes tordants, les tableaux qui parlent… et puis tous les objets et l’ara qui suivent… La composition, ce parallèle, quelle trouvaille ! Au début j’aimais moins l’or et Laura, j’avais tort, et j’ai du le lire 3 fois pour venir à ces conclusions. C’est dire sa richesse sans doute.
Mais aussi peut-être que le style gagnerait à être plus percutant. Il faudrait que les astuces et les jeux de mots sautent plus directement aux yeux. Surtout sur un sujet léger comme celui-là.
Enfin, je crois… Ou alors il faudrait améliorer les lecteurs…

   nico84   
10/11/2007
 a trouvé ce texte 
Très bien +
J'ai adoré, du début à la fin, les expressions sont bien trouvées, géniales, j'adore cette phrase:

« Tu l’as bien mérité salope ! » dit-elle poliment

Ca m'a fait sourire, bravo pour ton texte créatif, plaisant, ingénieux, réfléchi, humoristique.

   Bidis   
19/11/2007
 a trouvé ce texte 
Exceptionnel +
J’ai lu ce texte il y a longtemps. Pourquoi n’ais-je mis ni commentaire ni évalutation ? Etais-je pressée, malade, était-ce l’heure du repas ? Bref, c’est un oubli. Déçue par « Véronique », brisée et l’âme en peine, je suis allée relire cette œuvre impérissable. Avec, cette fois, la ferme intention de dire ce pourquoi je mets un 20 tout rond.

Irrésistibles : les trouvailles (la statue qui soupire parce qu’on lui fait involontairement une caresse indiscrète), les jurons (« Par les mortes testicules de mes ancêtres ! »), les personnages (Laure de Restaupieu), les animaux qui parlent (Le mainate traître et son coucou copain), les péripéties (La comtesse qui passe par la fenêtre emportée par son élan), les dialogues, une désopilante histoire-traduction en argot de la première, les jeux de mots (« Car l’ara qui rit est forcément content »)…
Bref, une petite merveille.

   Werther   
28/11/2007
 a trouvé ce texte 
Exceptionnel +
C'est fantastique!!
Je trouve l'idée très intelligente, l'écriture déjà très stylée...un humour débordant...c'est un cadeau pour nous tous!!
25/20

   Anonyme   
21/1/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien +
Chapeau bas !!!! Une idée remarquable. Un bon moment de rires, mais de ces rires constructifs.

Je la refais vingtième

ça déchire !!!! ça m'en bouche un coin, je me suis marré comme un ouf mais l'un de ces rire qui fait boost ma cervelle !

Génial
Cool

   Anonyme   
21/2/2008
 a trouvé ce texte 
Exceptionnel -
Allez ! Pour le plaisir: une relecture.

Bon je mets mon gain de sel.
Certes pas très utile pour un texte qui n'en a pas besoin.

D'abord l'idée de la réécriture est géniale (ça me fait penser un peu à celles de Calvino)
Le style. D'une maîtrise quasi totale.

Et la chute !
A la manière des anciens...

Bref rien ne manque.
Humour, poésie, suspens, éthique et philosophie..

Un texte presque 'baroque'

   Anonyme   
12/3/2008
 a trouvé ce texte 
Exceptionnel -
Bravissimo pour cette nouvelle très désopilante.

Tout comme un commentateur l'a fait remarquer, je pense que le style gagnerait à être plus percutant, mais seulement pour la partie "Les deniers de Denise".

Quant au reste, j'ai adoré les jeux de mots, la manière un peu surréaliste de faire parler les statues ou les tableaux, et cette utilisation géniale de l'argot dans la seconde partie.

   widjet   
6/5/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien -
Que dire de plus ? C'est bien écrit, mais SURTOUT ça sent le plaisir à plein nez (plus fort que le calandos!) et Togna nous fait là un joli cadeau doublé d'un exercice de style pas facile (pour ma part j'ai préféré la partie "châtié").

Du divertissement de haute voltige. Une nouvelle, formidable médicament thérapeutique contre la sinistrose et qui devrait être remboursée par la Sécu.

Widjet

PS : ouf j'ai pas retiré de plumes avec mon "seulement" 15

   strega   
22/5/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien +
Effectivement... Pas grand chose à dire de plus que tout ce qui a déjà été dit... C'est un exercice de style c'est vrai, mais fait avec tant de talent et de passion, qu'on oublie l'exercice pour ne garder que le style.

Que de talent dans ce site, j'en reste baba...

   Menvussa   
9/10/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien
C'est truffé de bons petits jeux de mots. Bien enlevé, ça fait dans l'absurde ce qui me plaît bien. On en redemande.

   Anonyme   
7/11/2008
 a trouvé ce texte 
Exceptionnel
Un très grand moment jubilatoire.
S'il fallait ne retenir qu'un fragment de phrase, ce serait peut-être :
"...Laure de Restaupieu en tenue de nuit, c'est-à-dire dans le plus simple appareil, (je préfère cette formule, à poil ça fait vulgaire !)"

Mais comme on est autorisé à tout retenir, pourquoi se priver?

   Riruma   
4/1/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien +
Bravo !
j'ai passé un excellent moment, les jeux de mots, les tournures, l'aventure, l'humour, tout y était.
Vraiment merci :)

   Flupke   
7/2/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien +
Une nouvelle truffée de petits bijoux. « Mais pourquoi se cacher, me reredemanderez-vous ? » Excellent ce « rere ». J'aime bien la manière dont tu t'adresses à ton public. Cela invite à une lecture complice. Et les deux biches à la fois, le fusil sous le bras reviendra
Génial !!! Mon modeste clap clap noyé sous les hourras, mais bravo quand même.

   coquillette   
12/3/2009
 a trouvé ce texte 
Exceptionnel
Irrésistible ! Enlevé, vif, très drôle.
Un plus pour L'or et Laura, que j'ai préféré aux Deniers de Denise.
Vraiment parfait. Des trouvailles amusantes, une verve décapante. Pas un seul temps mort.
Les apostrophes aux lecteurs, un plus encore qui rend le texte attachant, complice.
Première nouvelle que je lis signée de ta main.
Félicitations !

   Anonyme   
21/4/2009
 a trouvé ce texte 
Exceptionnel
Écroulé, mort de rire... cette même histoire racontée dans deux époques différente est truculente, bourrée de jeu de mots, d'assonance et de contrepèteries (enfin au moins une) ... c'est super drôle, pas forcé dans l'écriture, les jeux y sont, mais sans nuire à l'écoulement du récit. Beaucoup de type d'humour ici en plus,du jeu sur les mots, de l'humour de situation, de l'humour référentiel aussi... Tout y passe. Magistral...

   horizons   
3/5/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
Entre Rabelais et Devos: ça rime, ça tangue, c'est drôle, des jeux de mots en veux-tu en voilà...Bravo:arriver à faire rire sans être vulgaire est une prouesse de nos jours.
Je suis impatiente de lire votre "prose".

   Selenim   
1/10/2009
 a trouvé ce texte 
Bien +
Un texte amusant qui prends toute sa dimension dans l'opposition des deux histoires.
L'humour potache est bien réparti sur la longueur, le style est alerte malgré quelques confusions dans la première partie des deniers.
Le contraste de langage entre les deux histoires est vraiment bidonnant, j'ai relu la nouvelle deux fois en alternant chaque paragraphe d'un texte à l'autre. L'auteur a du se marrer comme un clown lors de la rédaction.
Pour l'or de Laura, j'ai eu parfois du mal tant le vocabulaire est familier voire argotique. Cette partie demande une plus grande attention à la lecture. Je trouve que l'auteur a un peu forcé le trait et surtout abusé du vocable tahartagueule.

Un bon moment.

Merci

Selenim

   Farfalino   
17/10/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
Deux facettes d'une même médaille, un texte jouissif à deux facettes, châtiée / argotique (une langue qui tombe en désuétude malheureusement), une bonne dose d'inventivité dans ces vaudevilles presque classiques.

Un petit regret, que les histoires ne soient pas complètement identiques, la vraie audace aurait été que la gouape gouailleur soit aussi bisexuel.

J'ai passé un très bon moment.

   Cortese   
23/1/2010
 a trouvé ce texte 
Très bien +
Ce texte est un régal ! Surtout le deuxième, pour moi, car j'y retrouve des accents de San Antonio que j'adore. Dommage qu'il y ait une ou deux phrases un peu moins travaillées, avec un style plus passe-partout "C’était un de ces ouvrages imposants offrant un palier de repos à chaque demi-niveau, sur les murs desquels les propriétaires ont coutume d’exposer les portraits de leurs aïeuls." qui font qu'à un moment on se demande si l'argot est l'apanage du seul personnage, et non du narrateur. Mais bon, rien de grave, vu qu'on repart à rigoler juste après !
Les interventions du décors sont excellentes, drôles et bien trouvées. Personnellement, j'ai pensé à Harry Potter en découvrant les tableaux qui parlent.
Enfin, bref, un petit bijou d'humour que ce texte rempli de calembours. Bravo !

   florilange   
21/2/2010
 a trouvé ce texte 
Très bien +
Bravo pour l'imagination débordante, l'humour à tout-va, les jeux de mots, les 2 versions en 2 langages : 1 vraie trouvaille.
C'est 1 vrai plaisir que de lire ces 2 textes, en + on s'y amuse!
Florilange.

   Morphadeus   
11/3/2010
 a trouvé ce texte 
Exceptionnel +
Deux textes chacun riches en vocabulaire dans deux registres differents. Le simple fait d'avoir pense a un tel projet est fantastisque en soi!

Des textes dont on ne se lasse pas tellement ils sont divertissant chacun a leur facon. J'ai vraiment passe un excellent moment a les lire et je ne me priverai pas de relectures, pour sure!

Merci pour ces memorables fous rires.

   Luluberlu   
11/3/2010
Les deniers de Denise :

Eh bien non ! malgré la sorcière la transmutation n'a pas opéré. Le langage est en partie celui d'une époque révolue avec des anachronismes, mais bon, l'utilisation des formes anciennes ne fait pas nécessairement un bon texte. Le rythme voulu, l'approche en tapinois puis les actions qui s'enchaînent de manière que l'on voudrait précipitée ne sont pas bien rendues (surtout la deuxième partie).
Bran ! je dois être particulièrement hermétique à cette forme d'humour (surtout ce matin).

L'or et Laura :

Peut-être que l'argot se prête mieux à ce récit. Puis on passe à une langue plus classique. Et là, je cale.

Signé : Hurluberlu (synonyme : écervelé)
un lecteur dont le QI est inférieur à 0,001

 

Oniris Copyright © 2007-2010 | Oniris est une propriété de l'association « Oniris - AILA »  | Support XOOPS  | Thème inspiré de 7dana.com |  référencement