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Policier/Noir/Thriller
VictorLeets : Thomas
 Publié le 20/04/21  -  7 commentaires  -  14122 caractères  -  40 lectures    Autres textes du même auteur

La vie donne des coups, Thomas les encaisse. Mais jusqu’à quand ?


Thomas


Il était gentil Thomas.

Enfant, il ne faisait déjà pas beaucoup de bruit. Ni à l’école, où il avait l’habitude de se faire emmerder par une grande partie de la cour de récré. Ni à la maison, où son père lui collait une branlée dès qu’il bougeait une oreille, hurlant ne pas comprendre comment il avait pu engendrer une telle pédale. Sa mère, meurtrie par les coups, n’apercevait plus son fils à travers le voile opaque des antidépresseurs. Ses instituteurs l’ignoraient, comme l’élève limité et insipide qu’il était. Mais il se levait chaque matin avec la même innocence niaise, la même détermination inconsciente de survivre.

Il était gentil Thomas.

Il s’était fait quelques copains en grandissant. Des rebuts de son genre. Une bande de nazes qui se fréquentaient par dépit, sans soutien, sans amour. Les autres gamins avaient cessé de le tourmenter. Il était trop insignifiant, même pour les jeux sadiques des collégiens. Il acceptait tout ce qui lui arrivait avec une placidité déconcertante. Son père finit également par le laisser tranquille, abandonnant définitivement ce rôle dont il n’avait jamais voulu. Ce porc se laissait déjà crever sur son canapé, perfusé à la bière, comme un vieillard dans un mouroir.

Il était gentil Thomas.

Il sortait du lycée et n’avait aucune perspective. Son père lui fit comprendre qu’il devait rapidement s’assumer et quitter ce foyer, où on l’avait choyé pendant bien assez longtemps. Sa mère, rattachée à la réalité par un vague filament de conscience, ne s’y opposa pas. Avec son enthousiasme collé à la peau, Thomas postula pour tous les boulots possibles. Travail à l’usine, préparation de commandes, mise en rayon, enquêtes téléphoniques… Sa candidature fut finalement acceptée dans le McDonald’s d’une zone commerciale morne, après une parodie d’entretien d’embauche. Il signa pour vingt-cinq heures par semaine en tant qu’équipier polyvalent. Une manière de dire qu’il lui faudrait préparer des burgers dégueulasses tous les week-ends, sans pauses et avec le sourire.

Il était gentil Thomas.

Le travail était abrutissant. Apprendre la recette des sandwiches par cœur, les reproduire à l’infini. Et « vite ! ». Buns, sauce, salade, tomates, steaks, oignons, pickles. Envoyer, par six, par douze. Passage à la friteuse, remplir le plus de cornets possible. Mettre en place les approvisionnements, balayer la cuisine. Faire semblant de s’occuper, même quand il n’y a aucun client. Toutes les demi-heures, minuterie stridente : se passer un coup de gel hydroalcoolique sur les mains. La bouffe est un véritable poison, mais attention à ne pas mettre de microbes dessus. Le tout s’opérait sous l’œil inquisiteur d’un manager, petit chef autoritaire, plus prompt à parler comme un chien aux équipes qu’à faire son propre boulot. Beaucoup craquaient en quelques mois, le turn-over était infernal. Mais malgré le labeur et le stress, malgré le mépris et la paye minable, Thomas s’accrochait et gardait la même ardeur au travail.

Il était gentil Thomas.

Il y avait cette fille qui bossait en caisse. Jessica. Elle était jolie et exubérante, avec cette manie de bouffer des chewing-gums la bouche ouverte. Elle avait eu une histoire avec l’un des managers, qui s’était de toute évidence mal terminée. Ce salaud la pourrissait chaque jour, usant de son petit pouvoir pour se venger. Rares furent ceux qui apportèrent un soutien à la jeune femme. Mais Thomas lui tendit la main. Il lui parla, l’écouta et la consola, réussit parfois à la faire rire. Il s’attira les foudres du dictateur en herbe, mangea ses rations d’insultes régulières, fit les tâches les plus désagréables. Mais Thomas ne broncha pas. Jessica et lui passaient toujours plus de temps ensemble, sur le parking du fast-food, avant ou après le service. Elle s’attachait mollement à ce type bizarre, qu’elle n’avait même pas remarqué pendant des mois. Personne ne s’était jamais intéressé à ses problèmes, mais, lui, semblait souffrir avec elle. Et le jour où il lui proposa un dîner dans un restaurant chic, fringué d’une chemise trop grande et d’un pantalon trop court, elle n’eut pas le cœur à refuser.

Il était gentil Thomas.

Après quelques mois de relation, le jeune couple louait un appartement dans une ville-dortoir de banlieue. C’était un T2 vétuste, mais à force d’efforts et d’ingéniosité, Thomas en fit un lieu de vie agréable. L’ambiance au travail redevint saine, l’ex de Jessica partant trimballer sa carcasse de lâche vers d’autres horizons. Peu après leur emménagement, la jeune femme connut un sérieux retard de règles. Le test de grossesse se révéla positif. C’était un accident, mais ils décidèrent de garder l’enfant. Il semblait à Thomas qu’il touchait le bonheur du doigt pour la première fois de sa vie. Il ne ressentait pas une profonde allégresse, mais plutôt une vraie forme de sérénité. Certes, Jessica avait un très fort caractère. Elle se défoulait régulièrement sur lui, usant d’insultes et de phrases humiliantes, parfois en public. Mais si c’était le prix à payer pour conserver cet équilibre, il était prêt à l’accepter.

Il était gentil Thomas.

Ils appelèrent leur fils Enzo. Un garçon magnifique. Thomas prit son rôle de père avec un dévouement et une abnégation bibliques. Il utilisa chaque seconde de son temps libre pour jouer avec son fils, lui préparer les meilleurs plats, l’emmener en promenade, voir des spectacles, l’accompagner dans chaque étape de sa jeune vie. Le petit grandissait vite et, à quatre ans, c’était déjà un garçon vif et éveillé. Jessica ne partageait pas le même enthousiasme pour l’éducation de son gamin. Elle se sentait emprisonnée par sa propre existence, entre un boulot minable, un chiard épuisant et un mec chiant à crever. La grossesse et l’accouchement avaient abîmé ce corps dont elle était si fière. Chaque jour la rendait plus froide et agressive. Redevenir celle qu’elle était devint une obsession. Elle délaissa sa vie de famille, se consacrant à ses amies et au temple du mensonge qu’était sa salle de sport. Elle découchait de plus en plus souvent, avec des motifs toujours plus nébuleux. Mais Thomas ne demanda pas de compte.

Il était gentil Thomas.

Jessica prit ses affaires un matin comme un autre. En mâchouillant son putain de chewing-gum, elle balança à Thomas qu’elle voyait quelqu’un depuis des mois et qu’elle partait vivre chez son nouveau mec. Thomas accusa le coup, mais ne chercha pas à la retenir. Elle lui indiqua qu’il prendrait Enzo une semaine sur deux. Savoir qu’il n’aurait pas à se battre pour la garde de son fils fut un soulagement passager. Au fil des semaines, Enzo devenait atone, éteint. Thomas, avec patience, obtint les confidences de son fils. Après un récit décousu, il comprit que son garçon, perturbé par le nouvel environnement familial, avait demandé des explications à sa mère. Jessica avait accablé Thomas, l’accusant d’être la cause de cette déchirure, de lui avoir voulu du mal, de leur avoir voulu du mal. Thomas tenta de rassurer le petit, en vain. Enzo était perdu entre les discours contradictoires de ses parents, perdu au milieu des ruines de son foyer. À la pression psychologique s’ajouta la violence physique. Thomas aperçut des bleus sur le corps de son fils, déduisit rapidement qu’il ne s’agissait pas de chamailleries entre camarades d’école. Il appela Jessica pour en savoir plus et régler entre adultes responsables cette situation impossible. Elle lui hurla dessus, lui enjoignit de se mêler de ses affaires, et le menaça de retourner les accusations contre lui s’il osait parler à qui que ce soit des hématomes d’Enzo. Quand elle lui raccrocha à la gueule, Thomas sentit son optimisme sombrer.

Alors qu’il faisait quelques travaux dans son appartement, on sonna à la porte. Vif comme un poisson échoué, Thomas parcourut son logement, son couteau à enduire à la main, tentant de harponner dans ses pensées la solution miracle à ses problèmes. L’homme qu’il découvrit sur le palier était un peu plus âgé que lui, bien plus grand et considérablement plus massif. Son t-shirt moulait des pectoraux bombés et peinait à recouvrir ses biceps saillants. Sa tête chauve n’était qu’un muscle congestionné, parcourue de veines protubérantes qui serpentaient sous sa peau. Une épaisse barbe taillée lui couvrait le bas du visage, mais ne pouvait dissimuler sa mâchoire proéminente. Le colosse aboya.


– C’est toi, Thomas ? Ouais, t’as bien la gueule de victime qu’elle m’a décrite. Je comprends pas comment elle a pu rester aussi longtemps avec une merde dans ton genre. C’est d’un vrai mec dont elle a besoin.


La brute se racla la gorge et expulsa un mollard brun et visqueux sur les pompes de Thomas, qui regarda le projectile s’échouer avec indifférence.


– Écoute-moi bien, fils de pute. Si jamais tu rappelles Jessica, si jamais tu t’amuses encore une fois à mettre le nez dans ce qui te regarde pas, je vais revenir te péter ta sale gueule. S’il le faut, Jess fera en sorte que tu ne voies plus ton gamin. T’es juste en position de fermer ta gueule, t’as compris ? Et si ton enculé de mioche me casse les couilles quand je mate la télé, je lui fous une branlée. C’est aussi à moi d’assurer son éducation, non ? C’est pas avec sa pédale de père qu’il deviendra un homme, hein Thomas ?


Il prononça ces dernières phrases avec une arrogance brutale. Thomas se figea. Il eut l’impression de perdre contact avec la réalité, de basculer à l’intérieur de son propre corps. Une flamme s’alluma au creux de son estomac, une flamme qui devint brasier. Un liquide brûlant se déversa dans son système sanguin, un liquide solaire et éclatant, comme de l’or fondu. Thomas n’avait jamais rien ressenti d’aussi jouissif, d’aussi jubilatoire. Il prit une inspiration interminable, celle d’un rescapé de noyade, et émit un rire incontrôlable. Le géant se mit en colère pour de bon. Il serra son poing large comme une roche et le leva à hauteur d’œil.


– Je vais t’apprendre à te foutre de ma gueule, conna…


Le couteau à enduire se logea dans son crâne. Une giclée de sang s’éparpilla sur le mur. L’outil se brisa en partie, et s’enfonça de quelques centimètres dans sa boîte crânienne. Le titan regarda avec sidération le manche de l’objet planté dans sa tête. Il avait cette expression qu’ont les jeunes enfants quand ils tombent par terre, durant les quelques secondes précédant les pleurs. Il abaissa son bras et se tourna vers Thomas. Le gringalet qui lui faisait face n’était plus le même. Son sourire était carnassier, son regard cruel, son visage méphistophélique. Il comprit seulement qu’il avait affaire à un monstre quand Thomas lui sauta dessus, les genoux au niveau du buste, et le fit basculer au sol.

Thomas lui envoya une première salve de coups dans la gueule. Dans cette sale putain de gueule. Il prit un plaisir hystérique à voir ses poings lui faire exploser les arcades, lui briser le nez, lui fendre les lèvres, à voir ses phalanges libérer des gerbes aux éclats vermillon. Un feu d’artifice monochrome. Il frappait de plus en plus vite, de plus en plus fort, comme s’il avait fait ça toute sa vie. Le type qui croulait sous sa violence n’avait plus rien du gaillard fier et insolent qui l’avait menacé quelques minutes auparavant. Il pleurait faiblement, sans essayer de se défendre, laissant sa tête ballotter brutalement sous l’impact des coups. Il balbutiait quelque chose par sa bouche ensanglantée, une sorte de supplication pitoyable. Cette bouche qui avait craché des mots intolérables à propos de son garçon. Thomas se pencha, lui attrapa la lèvre inférieure avec les dents et tira d’un coup sec. Le morceau de chair se déchira comme la peau d’un poulet frit. L’ex-brute émit un mugissement strident. Le goût du sang, les hurlements de douleur et d’effroi exaltèrent Thomas. Il enfouit de nouveau ses crocs dans cet épiderme juteux et arracha un morceau de joue, puis recommença, encore, encore. À cet instant, on pouvait difficilement dire que Thomas était gentil. Mais, enfin, il se sentait vivant.

Le cri qui le tira de sa transe vint de la gauche. Il eut juste le temps de voir les talons de sa voisine de palier disparaître par sa porte. Il se redressa, et sentit sa frénésie s’estomper, sa respiration ralentir. Le liquide doré refluait dans ses veines, le brasier faiblit jusqu’à devenir veilleuse, puis s’éteignit. Il baissa les yeux. Du rouge. Du rouge partout. Sur le sol, sur ses mains, sur son ventre, sur les filets de bave qui lui dégoulinaient du menton. L’homme qui haletait fébrilement sous lui n’avait plus de visage. Il n’était plus qu’un tas de viande rongée et d’os apparents, plus qu’une bouillie sanguinolente. Pour la première fois depuis son enfance, Thomas fondit en larmes.

Il était gentil Thomas.

Il ne se défendit pas quand la police vint le chercher. Sa victime perdit la vie dans l’ambulance, son cœur lâchant sous le choc. Jugé pour homicide volontaire et acte de barbarie, Thomas écopa de trente ans de réclusion criminelle, assortis d’une peine de sûreté de vingt ans. Considéré comme dangereux, il se vit retirer son autorité parentale par le juge pénal. Il tenta à plusieurs reprises de contacter Jessica pour avoir des nouvelles d’Enzo, pour lui parler, rien qu’un peu. Il ne se confronta qu’à un silence mortel. La vie au centre pénitentiaire ressemblait à tout ce qu’il avait toujours connu. Brimades des détenus. Indifférence des surveillants. Il n’avalait presque plus rien, écœuré par sa propre bouche, le sang tapissant en permanence son palais. Et chaque soir, Thomas pleurait en pensant à ce fils qu’il avait perdu par un accès de rage dément, pour avoir craqué face aux bassesses de ce monde.

Il était gentil Thomas.

On le retrouva pendu dans sa cellule. Les pyjamas en papier sont supposés éviter ces drames, mais il est possible de les rendre très résistants en les tressant méticuleusement. Personne ne vint à l’enterrement, ni la famille qui l’avait oublié, ni celle qui avait disparu, ni ces amis qu’il n’avait jamais eus. Sans visite, sa tombe fut négligée et les herbes rampantes recouvrirent bientôt son nom, sachant qu’il n’en dirait rien.

Il était gentil Thomas.


 
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   Corto   
22/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'auteur de cette nouvelle a bien du talent pour captiver le lecteur.
Thomas l'anti-héros gentil qui vit de façon fade et aussi ordinaire que possible attire l'attention même dans les situations les plus banales.
On suit volontiers un déroulement de vie cohérent, intrigué de voir jusqu'où ira cette "détermination inconsciente de survivre".

Le rythme donné par le refrain "Il était gentil Thomas" est très bien vu, il permet d'aborder chaque nouvel épisode du déroulement en redonnant un peu de punch à l'intrigue.

La force de la nouvelle est qu'elle présente beaucoup d'éléments crédibles et réalistes, même si l'accumulation est surprenante.

La fureur de Thomas arrive lorsqu'on remet en cause le bien-être de son fils et la relation qu'il a avec lui. Dès lors il est prêt à tout. Et ce "tout" ira jusqu'au sacrifice de sa propre vie. Belle signification.

Pour le style une seule remarque: à partir de "Le couteau à enduire se logea dans son crâne" la lecture est un peu moins simple à cause de l'accumulation des "il" et des "son" qui nécessitent plus d'attention pour comprendre à qui ils se rapportent.

Au total une nouvelle bien construite, plutôt bien écrite, que j'ai lue avec plaisir.

   cherbiacuespe   
22/3/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est tout le problème des eaux qui dorment, quand elles s'animent enfin, on a rarement affaire à de gentilles vaguelettes.

Cette histoire est à faire pleurer de rage. Si c'était le but, il est atteint pleinement ! Oui c'est bien écrit, bien raconté, on est prit aux tripes. On a envie de l'aider, Thomas, de le secouer pour qu'il se révolte, de démolir les salauds qui lui rendent la vie infernale, parce qu'il ne mérite pas son sort. l'injuste saute à la gueule avec des mots simples une composition implacable, et à la fin, on est abattu, le désespoir coule dans nos veines.

Seul reproche, "il était gentil Thomas" qui, au début, revient un trop souvent. La moitié auraient pu être évité pour rendre cette rengaine plus obsédante encore.

Cherbi Acuéspè
En EL

   ANIMAL   
23/3/2021
 a aimé ce texte 
Un peu
Quelle horrible histoire, d'un pessimisme à se pendre. Pas une étincelle d'espoir, pas un point positif dans cette vie sombre, à peine une petite éclaircie lors des premières années d'Enzo.

Thomas ne se bat ni pour lui même, ni pour son fils qui est en danger, ni pour sauver sa propre vie du naufrage. Il semble prédestiné au malheur, jusqu'au coup de folie qui va ruiner le peu qui reste de son existence. C'est un personnage foncièrement antipathique et non, il n'est pas gentil, il est juste passif et inadapté à la vie en société.

Je n'apprécie guère ce genre de récit qui me semble fait pour démolir le moral du lecteur. A moins qu'il se termine bien et c'est loin d'être le cas ici. Par ailleurs, cette façon de répéter "Il était gentil Thomas" est non seulement un effet de style inutile, mais il annonce le drame dès le début, enlevant ainsi le peu de suspense qui pouvait animer la nouvelle.

Bref, je ne peux pas dire que j'ai apprécié cette lecture sur le fond. Néanmoins, l'écriture est agréable et le décor bien posé. Je relirai volontiers l'auteur sur un thème un peu plus optimiste.

   plumette   
20/4/2021
 a aimé ce texte 
Un peu
Je vois que c'est votre première publication ici et je tiens d'abord à saluer votre plume, qui, malgré la noirceur de votre sujet et son côté monolithique, a réussi à m'accrocher.

un talent d'écriture que j'aimerai tester dans un autre genre que celui-là. Je trouve que vous avez trop chargé la barque! On peut imaginer, en effet, qu' une accumulation d'humiliations transforme ce gentil Thomas en brute sanguinaire, mais j'étais déjà tellement écoeurée par la description de sa vie, que le bouquet final m'a collée une indigestion.

il m'a semblé que le point de vue adopté dans ce texte changeait au fil du récit et cela m'a déstabilisée.

Thomas a craqué, dites-vous, face aux bassesses de ce monde. En tout cas, le monde de Thomas est celui de la cruauté et de la méchanceté brute et gratuite !

Bonne continuation

   Dugenou   
20/4/2021
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour VictorLeets,

Sur la forme, je vous le confirme, c'est bien écrit, mais je crois que vous le saviez déjà.

Pour ce qui est du fond, le leimotiv "il était gentil Thomas" m'a fait croire pendant trois secondes à un univers manichéen... j'ai bien dit trois secondes : je suis un grand naïf... la vie de Thomas est insipide au possible, tout comme le monde dans lequel il évolue (sans évolutions réelles hormis son pétage de plomb et son suicide, dont le lecteur se serait bien passé...)

Au travers du drame qu'il vit s'en dessine un autre, celui d'Enzo, qui achève littéralement le lecteur... rien que du très noir dans ce texte, donc. Considérons que la contrainte du genre est respectée.

   Myo   
21/4/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Oui, c'est bien écrit.
Les traits de caractère bien dépeints et la tristesse de la vie du personnage nous atteint.

Mais cette petite phrase qui se répète " il était gentil Thomas" nous fait présager le pire. Ce moment où les nerfs lâches, où tout bascule, où la violence explose.

J'aurais préféré une tournure des événements plus originale et surtout plus positive ... même si la réalité de la vie ne l'est pas toujours.

Ce genre de lecture n'est pas ma tasse de thé, loin de là, mais si je n'adhère pas au fond, je salue la forme.

   Dodsky   
10/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup aimé ton récit, que je trouve très bien écrit et plaisant à lire. Je te tire d'autant plus mon chapeau qu'il s'agit de ta première publication.

J'ai trouvé les descriptions brèves et percutantes, le rythme agréable et bien tenu.
En parlant de rythme, j'ai trouvé que la phrase "Il était gentil Thomas" conférait une dimension quasi-musicale à ton texte. S'apparentant à la mesure que bat le musicien, et sur laquelle il s'appuie pour jouer, déployer sa mélodie, elle renforce la caractère poétique de ton récit ; aussi sombre et tragique soit-il.

La seule chose que je regrette, c'est ta fin (le dernier paragraphe). Si elle fait sens, je trouve dommage que tu la livres toute cuite au lecteur, exempté de réflexion. J'aurais trouvé plus intéressant par exemple, que tu présentes Thomas dans sa cellule, s'interrogeant sur la trace qu'il laisserait, s'il venait à tresser méticuleusement son pyjama en papier pour se pendre...

En tout cas, je te félicite. Il me tarde de lire ta prochaine nouvelle.

Dodsky


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