Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Aventure/Epopée
Vilmon : Apprenti chevalier Rocambourg
 Publié le 18/06/22  -  5 commentaires  -  10040 caractères  -  23 lectures    Autres textes du même auteur

Bienvenue apprentis chevaliers. Le plus rapide à choisir son arme a un ascendant sur les autres. Celui habile avec différentes armes peut aussi être avantagé. Que le meilleur gagne !


Apprenti chevalier Rocambourg


La cour d’exercices de combat est prête. Les hommes sont impatients de débuter l’épreuve. C'est une arène circulaire qui porte à ses huit points cardinaux des armes accrochées à la paroi. Au centre, dix hommes attendent impatiemment l’annonce du départ. Deux d’entre eux devront se battre à mains nues. Les autres pourront choisir une arme, mais pas nécessairement celle qu’ils préfèrent. Chaque point en porte une différente, ayant ses avantages et ses inconvénients. Le plus rapide à choisir son arme de profession a un ascendant sur les autres. Celui qui est habile avec différentes armes peut aussi être avantagé.


Parmi ces dix hommes, l'un est plus âgé, l’apprenti chevalier Rocambourg. Il observe ses adversaires. Évalue leurs forces et faiblesses. Puis regarde l’arène autour d’eux. Il analyse les armes disponibles et la surface du terrain. Le cri de départ est lancé. Plusieurs hommes se bousculent et se battent pour atteindre l’épée longue, l’arme noble et de prédilection. Certains, pour améliorer leurs chances, se dirigent vers les autres armes. Rocambourg se précipite vers la moins populaire, le fléau d’armes.


Il l’atteint avant que les autres puissent saisir une arme. Puis, pendant qu’un groupe se débat pour prendre possession de l’épée longue, il se dirige vers celui avec la hallebarde. Avec habileté, il élance le fléau d’armes qui s’enroule à la longue hampe de la hallebarde et tire de toutes ses forces. Il renverse le jeune homme qui ne sait comment la manier. Il s’approche de lui en laissant le fléau d’armes et l’assomme d’un coup de poing. Rapidement, il déprend la hampe puis saisit la hallebarde adroitement. Le groupe se bat toujours pour l’épée longue alors qu'il se dirige vers celui qui a choisi l’arc et les flèches. Il avance d’un pas rapide, la hallebarde pointée devant lui, en la prenant par son point d’équilibre. Il se déplace de droite à gauche pour être une cible difficile. L’autre lui décoche deux flèches qui le ratent. Il arrive à sa portée et de trois coups habiles, touche son opposant aux bras et le désarme. Il s’approche de l’homme en douleur, prend l’arc et les flèches. D’un grand mouvement, il les balance au-dessus de la paroi, hors de l’arène.


Un autre combattant s’approche rapidement de lui avec un glaive et un petit bouclier. Il est trop tard, il se trouve à l’intérieur de sa portée. Rocambourg change sa poigne et utilise la hampe pour bloquer la lame. Puis d’un puissant coup de pied, il frappe son adversaire au ventre, lui coupant le souffle. Il lâche la hallebarde, frappe l’autre au bras et se saisit du glaive et du bouclier. Un adversaire emporte le combat pour se saisir de l'épée longue. Il touche deux opposants, les disqualifiant. Les deux autres se dirigent vers les armes restantes. Rocambourg en blesse un au passage. Un combattant maniant deux haches élimine l'autre.


Ils ne sont plus que trois debout dans l’arène. Rocambourg avec le glaive et le petit bouclier, celui avec l’épée longue et l'autre avec deux haches. Tous les trois s’accordent un moment de répit pour reprendre leur souffle, se positionner et s’étudier mutuellement. L’homme avec les deux haches se précipite vers Rocambourg avec l’avantage de deux armes. Celui avec l’épée longue en profite pour s’éloigner et prolonger sa pause. Cinq à six coups sont donnés et parés entre les combattants. Les coups puissants des haches détruisent le bouclier. Rocambourg le laisse tomber. Puis il est touché à l’épaule. Suivant les règles du premier trait de sang, il dépose son arme et met un genou au sol. Cela n’empêche pas son adversaire de le frapper au visage et de le renverser dans la poussière. Il n’a pas le temps de répéter le geste, l’homme à l’épée longue s’approche et le menace. Depuis le sol, Rocambourg regarde l’homme manier habilement l’épée et terminer le combat en trois mouvements. Si le combattant avec les haches avait pris le glaive au lieu de le frapper, il aurait pu avoir de meilleures chances de vaincre, se dit Rocambourg.


***


Dans une taverne de Loth, Rocambourg accepte de célébrer sa sélection comme chevalier avec le victorieux de l’épreuve, l’adroit Forlatin. Ils s’étaient appréciés l’un et l’autre depuis le début des sélections.


– À notre réussite, Rocambourg ! s'exclame Forlatin en levant sa chope de bière.

– À notre succès, lui répond-il d’un ton neutre en imitant son geste.

– J’avoue que tu m’as surpris, Rocambourg, poursuit Forlatin en plissant les yeux avec un sourire mesquin. Le fléau d’armes n’est vraiment pas mon premier choix. Ça se manie si mal, on risque plus de se blesser que de toucher. Mais j’avoue que ça t’a permis d’avoir une avance sur les autres.

– Je n’ai pas l’avantage de la jeunesse comme toi, Forlatin. Il faut que je ruse.

– D’accord, c’est fort, je l’avoue. Mais je ne comprends pas pourquoi tu t’es laissé avoir par ce Garnachez.

– Je ne vois pas ce que tu veux dire, réplique-t-il en prenant une gorgée.

– Non, non, mon cher, pas à moi, poursuit l’autre en gesticulant son index. J’ai bien vu ce qui s’est passé. J’étais tout près, tu te souviens ? Alors, c’était quoi tout ça ?

– D’accord, d’accord, affirme Rocambourg en s’approchant au-dessus de la table. J’ai laissé Garnachez avoir le meilleur de moi, avoue-t-il en confidence.

– Je savais bien. Pourquoi l'as-tu fait ?

– Je ne sais pas, lui répond-il en s’éloignant de la table. Par instinct. Parce que je sais comment Garnachez et toi vous voulez absolument devenir des serviteurs de la Mamba Noire.

– Je n’en crois pas un mot, Rocambourg, rétorque l’autre en prenant une gorgée.

– Dans mon cas, j’aime mieux garder un bas profil, lui confie-t-il en s’approchant à nouveau au-dessus de la table. Moins les autres en savent sur mes capacités, plus c’est à mon avantage.

– Tu es un sacré filou, Rocambourg, lui déclare-t-il, avec un sourire et les yeux plissés. J’aime ça. Et je crois que je vais prendre ton conseil. Je serai moins flamboyant, comme tu me le reproches si souvent. Je vais aussi m'effacer un peu. Mais seulement après avoir eu la plus belle de toutes les jeunes dames au service de la Mamba Noire ! déclare-t-il avec un rire contagieux.

– Alors à la jeune dame Ricoletta, pour toi, Forlatin, lui présente-t-il avec sa chope en riant. Je souhaite qu’elle te choisisse.

– C’est déjà fait, oui, déjà fait, s'exclame-t-il en frappant allègrement sa chope. Et toi, Rocambourg ? demande-t-il, après une longue gorgée. Qui te choisira ?

– Je ne sais pas, affirme-t-il sombrement. Je suis ici parce que j'aimerais participer à quelque chose de plus grand. Appartenir à une organisation qui apporte le bien.

– Et voilà que tu nous sors ton mélodrame, s'exaspère-t-il avec ennui. Il y a la jeune dame Camille, ajoute-t-il après un long silence. J’ai entendu dire qu’elle porte un certain intérêt pour ton habileté.

– La jeune dame Camille est si…, hésite-t-il. Comment dire…

– Sotte, offre l’autre avec un rire.

– Je voulais dire enthousiaste, lui reproche Rocambourg, gravement, les sourcils froncés. Je crois qu’il y a plus qu'elle n’en laisse paraître. Elle mérite tout le respect que lui doit tout chevalier ou apprenti chevalier, termine-t-il avec force.

– Bon, bon, ça va, garde ton calme, s'excuse-t-il, en battant sa main. Ce n’était que pour rire. Je ne voulais insulter personne.


Le feu crépite. En silence, les hommes prennent une gorgée chacun à leur tour.


– Elle est vraiment mignonne, cette jeune dame Camille, n’est-ce pas ? le questionne Forlatin.

– Oui, en effet, sa jeunesse est tout à son avantage.

– Tu t’intéresses beaucoup à elle, n’est-ce pas, Rocambourg ?

– Oui, pour tout te dire, je la trouve fascinante et bien courageuse à sa manière.

– Oh, que de compliments de ta part ! As-tu le béguin pour elle ?

– Mais qu’est-ce que tu insinues, Forlatin ? Ce n’est qu’une enfant pour moi, lui déclare-t-il, offusqué.

– Et alors ?

– Eh bien, je n’ai pas le béguin pour elle. Je suis bien trop vieux.

– Alors comme un père pour sa fille.


Rocambourg dévisage l’autre longuement.


– Quoi ? demande Forlatin. Qu’est-ce que j’ai dit de mal ?

– Je n’ai jamais eu de fille ni de fils d’ailleurs, lui confie sombrement Rocambourg en détournant le regard.

– Eh bien, c’en est peut-être l’occasion. C’est peut-être ce qui serait pour le mieux, songe-t-il. Pour jeune dame Camille, précise-t-il en levant sa main. Un protecteur qui pourrait en même temps la guider dans la vie, comme un père. Tu sais, Rocambourg, elle a passé toute sa vie au couvent de Loth.

– Vraiment ? lui demande-t-il intrigué. Elle n’a pas de parents ?

– Non. On l’a trouvée orpheline lorsqu’elle n’était qu’un bébé. Et le couvent de la Mamba Noire l'a adoptée. Elle ne connaît rien d’autre que ce qui se trouve entre ses murs. Et toutes ces histoires de chevalier dans les livres qu’elle dévore, précise-t-il en levant le doigt.

– Une enfance difficile, affirme l'autre, regardant sa chope.

– Comment peut-elle le savoir ? C’est tout ce qu’elle a connu. À bien y penser, elle a besoin d’un gaillard comme toi Rocambourg. Un homme de combat, solide, avec une grande expérience de la vie et de la cour royale.

– Tu crois, Forlatin ? Un homme comme moi, aux côtés d’une si jolie et délicate personne. J’aurais peur de la blesser ou de la briser.

– C’est à toi d’y voir, lui déclare-t-il, finissant d’un trait sa chope. Mais crois-moi, lui conseille-t-il en se levant. C’est peut-être ta seule chance de devenir chevalier au service de la Mamba Noire. La vérité, c’est qu’aucune jeune dame ne voudrait d’un homme d’un âge aussi avancé.

– Pars, Forlatin, avant que je change d’idée et que je te frappe, le menace-t-il, le ton grave, les yeux plissés.

– D’accord, d’accord, je m’en vais, réplique l’autre, les paumes ouvertes, en signe de paix, quittant leur table.


Rocambourg reste un peu plus longtemps, songeur. Après un moment, il quitte la table sans terminer sa bière.


____________________________________________

Ce texte fait partie d'une série à épisodes indépendants.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette nouvelle sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Dugenou   
18/6/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Vilmon,

Je l'avoue, votre premier opus m'avait laissé sur le bord de la route... je n'ai réussi à entrer dans votre univers qu'avec cet Apprenti chevalier Rocambourg : une immersion dans l'action, dès le début du texte, y'a pas à dire, c'est bien accrocheur, y compris pour les plus rétifs, dont je suis. Le dialogue qui suit ne sert qu'à tisser un lien avec le précédent texte, je le trouve facultatif, un développement, sans faire allusion à Dame Camille, aurait renforcé cette immersion, dont je parlais plus haut, dans cet univers médiéval fantastique.

J'attends la suite !

   socque   
18/6/2022
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
La fantasy n'est pas mon genre littéraire de prédilection, mais je trouve que vous en maîtrisez bien les codes et savez en jouer : si mettre en avant un novice est courant (cela permet d'ailleurs, à l'occasion de la découverte que fait le personnage d'un nouveau milieu, d'en expliquer assez naturellement les enjeux aux lecteurs et lectrices), il est je crois assez rare que ce novice soit par ailleurs plus âgé que ses camarades ; je pressens un parcours atypique, cela m'intrigue.

Sinon, bon, à mes yeux cette scène représente surtout une transition, la manière d'annoncer un lien entre dame Camille et l'apprenti chevalier. Aucun élément magique, l'ensemble est assez terne à mes yeux.

Il me semble par ailleurs que par moments vous ne faites pas très attention aux répétitions. Cf. l'extrait ci-dessous :
Il analyse les armes disponibles et la surface du terrain. Le cri de départ est lancé. Plusieurs hommes se bousculent et se battent pour atteindre l’épée longue, l’arme noble et de prédilection. Certains, pour améliorer leurs chances, se dirigent vers les autres armes. Rocambourg se précipite vers la moins populaire, le fléau d’armes.

Il l’atteint avant que les autres puissent saisir une arme.
Cinq occurrences des mots "arme" ou "armes", ça se voit, je trouve.

   Ingles   
18/6/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Vilmon,

Un épisode tout en mystère, je pars à la recherche des autres parties !
J'aime bien la structure et l'opposition des deux parties, la description du combat et le long dialogue. Pour le contexte ce n'est pas clair, peut-être dans les autres épisodes. Un petit indice sur l'enjeu du combat pendant, aurait permis d'augmenter son intensité.

Mais qui sont ces dames que l'on choisit ? S'agit-il de prostituées, de "dames" de cour ? Mais qu'est-ce que la Mamba Noire ? En réalité ce n'est pas une nouvelle, une partie d'un roman ou d'un long récit semble-t-il.

J'attends la suite !
Inglès

   Vilmon   
30/6/2022
Bonjour,
Pour remerciements et explications :
Clic !
Vilmon

   cherbiacuespe   
14/9/2022
Voilà un moment que je n'avais pas commenté sur Oniris. Courage !

Le récit commence par présenter une épreuve. Pour devenir chevalier. C'est assez bien décrit. Avec une petite revue des armes moyenâgeuses, intéressant.

Puis on se retrouve dans une auberge pour un dialogue, comme une sorte d'introduction à la suite du récit. Difficile de donner un avis au sujet d'un morceau de puzzle. Attendons la suite !


Oniris Copyright © 2007-2022