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Fantastique/Merveilleux
Vilmon : Le pianiste
 Publié le 27/02/24  -  6 commentaires  -  11380 caractères  -  66 lectures    Autres textes du même auteur

Un pianiste se rend au Coco Blues Lagoon pour y performer devant son public assidu.


Le pianiste


Tout n’est que noirceur autour de lui dans cette cacophonie qui assaille ses oreilles. Assis sur ce siège d’autobus que les autres passagers lui ont cédé, il imagine ce qui l’entoure. Les gens ne sont pas toujours aimables à son égard, certains tentent de lui jouer des tours. Déplacer une chaise, éloigner son verre d’eau, lui voler sa canne lorsqu’il la laisse contre le mur pour trouver la monnaie exacte, lui faire des grimaces pendant qu’il essaie de leur faire face ou l’orienter dans la mauvaise direction. Certains le croient stupide et pourtant il entend bien le léger crissement des pattes contre le carrelage, le cliquetis du verre lorsqu’il est déposé plus loin, le froissement de leur vêtement pour saisir sa canne, les doux giclements de leur langue et de leurs lèvres en forçant leur visage ou les murmures des reproches pour la fausse indication.


Mais il y a plus. Un petit quelque chose qui joue en arrière-champ, une mélodie dont les notes s’entrechoquent à la moindre malice ou mauvaise intention envers lui. Il ne parvient pas à l’expliquer, c’est comme une musique à l’intérieur des éléments, des personnes autour de lui, une trame qui se modifie alors qu’il évolue dans cet univers sombre. Certainement des ondes, toutes d’amplitudes différentes, de fréquences distinctes, mais très, très subtiles. Il arrive à les discerner malgré tous ces bruits de circulation, le vacarme du marteau-piqueur que l’autobus laisse derrière, l’homme qui discute sur son portable à ses côtés, le grincement de la semelle trempée de la femme assise devant lui et le tintement métallique de la monnaie dans la caisse à péage près du chauffeur. En ce moment même, il ressent un changement dans l’air qu’il respire, son arrêt approche. Il appuie sur le bouton pour le signaler au conducteur, la clochette électronique le lui confirme.


– Comment faites-vous ? lui demande la dame devant.

– Je compte les arrêts, lui ment-il pour s’en débarrasser gentiment.


Des ondes lui parviennent, il comprend qu’elle fronce les sourcils. Comment arriver au nombre exact alors que l’autobus ne s’immobilise pas systématiquement à chaque arrêt ? C’est sa manière de les rembourser de leurs mauvais tours. Le moteur change de régime, la décélération lui décolle légèrement le dos de son siège, encore un petit moment. Maintenant, il se lève en se cramponnant à la main courante, il arrive que des soubresauts sur les pavés troués le déséquilibrent, surtout ici, cet endroit n’a toujours pas été corrigé par la voirie. Il promène sa canne au-devant pour éviter les obstacles et pour se créer un passage en frappant les pieds récalcitrants. Il salue le chauffeur et descend avec difficulté, ses jambes ne sont plus aussi vigoureuses. Arrivé à la dernière marche, il s’immobilise en sentant le souffle d’un homme tout près en face de lui. Il lève la tête et feint de lui fixer son visage. L’astuce fonctionne comme à plusieurs occasions, les personnes ressentent un malaise d’être ainsi dévisagées par des yeux dépareillés. L’homme le laisse passer après quelques secondes, recouvrant un peu de sa politesse.


Il rejoint le trottoir et retrouve rapidement ses repères avec quelques passages de sa canne, il est au bon endroit. Sitôt rassuré, il prend la direction du petit bar de blues où on le paie assez généreusement pour jouer et divertir les clients. Son avancée est laborieuse pour éviter les gens pressés et qui le bousculent. Son pas n’est plus aussi ferme qu’auparavant, mais il arrive tant bien que mal à se faufiler parmi tous ces gens indifférents. Il entend le tintement des verres, les rires gras des alcoolisés, les palabres autosuffisantes, les exclamations féminines exagérées et, en arrière-champ, les notes du piano qui attend son retour. Il sent un frémissement parcourir ses mains, un léger engourdissement au bout de ses doigts, une envie le ronge, il doit vite rejoindre cet instrument de musique.


– Bonjour, monsieur Jacobi, bien heureux de vous revoir, l’accueille le portier du Coco Blues Lagoon.

– Bonsoir, Charles, je crois que je vais faire un malheur ce soir, lui répond le pianiste.

– Comme toujours, monsieur Jacobi, comme toujours. Oh ! Il y a dame Rosalie qui aimerait que vous passiez à sa table habituelle.

– Ah ! La roucoulante Rosalie est ici, je ne manquerai pas d'y faire un tour.

– Veuillez entrer, monsieur Jacobi, faites comme chez vous, votre piano vous attend.

– Bien aimable de votre part, Charles, il ne s’en fait plus comme vous.


Jacobi traverse le seuil de l’entrée principale et c’est comme s’il plongeait dans un océan vivifiant, cette atmosphère du Coco Blues Lagoon fait vibrer ses tripes. Alors qu’il évolue à travers les tables, les chaises, les clients et les serveurs, son pas se fait plus léger, plus agile, plus souple. Il replie et range sa canne dans la poche intérieure de son veston. Tout est toujours aussi sombre, mais il avance comme un poisson qui nage et qui ressent le changement du courant à l’approche des rochers. Des voix s'exclament de joie de le retrouver, quelques-uns lui serrent une épaule, une main ou lui frappent gentiment le dos. Ces élans d’enthousiasme l’électrisent, cette énergie le revigore et d’un saut, il rejoint la scène où y trône son magnifique piano.


Il est accueilli par une profusion d’applaudissements et, comme à chaque fois, avant de prendre place sur le banc, il s’incline trois fois pour les remercier. Il tend les mains et les bat pour apaiser son public en arborant un large sourire. Alors que le brouhaha normal reprend vie, il s’installe à son piano et saisit le microphone placé devant lui.


– Mesdames et messieurs, c’est toujours avec grand plaisir que je vous retrouve ici, au plus merveilleux café de blues du comté, le Coco Blues Lagoon, déclare-t-il en empochant encore quelques acclamations. Et ceux qui me connaissent bien savent que je ne commence jamais une soirée sans cet hommage à Billy Pop Cooper.


Quelques clients lui envoient des encouragements et le silence fait légèrement place pendant que le pianiste garde ses mains au-dessus des touches, doigts écartés, un recueillement avant de se lancer. Il plonge avec agilité, il dévale accord après accord toute la gamme de haut en bas de l’instrument. Il n’a pas besoin de partition, il ressent cette musique au plus profond de lui-même. Elle ne cherche qu’à sortir du bout de ses doigts, à glisser sur les touches, à créer ces mélodies, des enchevêtrements de rondes, de blanches, de noires, de croches et de doubles croches. C’est comme si le monde s’arrêtait de tourner, tout son être se consacre à ce moment, cet unique instant pour lequel il joue du piano. Comme un poisson dans l’eau, il retrouve son élément qui le fait vivre, qui lui insuffle une volonté incommensurable. Il calme son entrain pendant que les clients acclament sa prouesse et reprend un air plus lent, plus sobre, avec une teinte de tristesse. Il s’approche du microphone et d’une voix grave, un peu nasillarde, il leur chante l’hommage à Billy Pop Cooper.


"The magic of Billy Pop Cooper was a bit strange

After so many years he never seems to age

Playing, he kept on smiling even when we change

He showed us the world even blind from early age


When Billy Pop Cooper sat and started to play

His magical notes never sounded the same way

You could hear the wind whistling through the fields of grain

You could smell the earth wetness after pouring rain"


Alors que le pianiste entame le dernier couplet, un énorme souffle enflammé emporte tout.


***


Jacobi se relève avec une curieuse sensation. Il cherche sa canne dans la poche de son veston et ne la trouve pas. À tâtons, il avance et tente de retrouver ses repères. Il entend à nouveau cette douce et étrange mélodie provenant de la trame du monde. Elle lui semble légèrement discordante, truffée de fausses notes. Il l’écoute avec attention et, mentalement, replace correctement la partition selon son souvenir. La faible musique s’obstine et ne veut pas suivre ses ordres. Elle tourne en rond comme un disque de vinyle rayé. Il retrouve son banc renversé, il le remet sur pattes et s’y assoit pour se concentrer. Cette fois, il pousse délicatement les inflexions de cette symphonie pour les ramener à leur position d'origine. Tour après tour, il retouche la trame et elle redevient tranquillement cette harmonie dont il se souvient. Il tend les mains et sent les touches réconfortantes du piano. Il se prépare mentalement, sans remarquer le silence qui l’entoure au-delà de l’étrange mélodie. Tenace, il reprend son hommage et termine avec le dernier couplet.


"On the day when Billy Pop Cooper stops to play

His face was foreign and his eyes were far away

Cancer cut his dancing fingers on the piano

He left as the best player we will ever know."


Il clôture sa chanson avec une cascade étourdissante de notes, fier d’avoir pu compléter cet hommage. Cependant, un seul applaudissement le récompense pour sa prestation. Jacobi en est fort surpris et se retourne vers celui qui le félicite.


– Vraiment, je suis impressionné, lui déclare une voix sombre. Toute cette voltige est digne d’un talent hors pair. Indubitablement, c’est admirable, fabuleux et exceptionnel pour un simple mortel.

– Je ne saisis pas bien votre propos, lui affirme Jacobi, soucieux.

– Toute cette musique que vous avez replacée, moi-même, je n’aurais pu en faire autant.

– Ce n’est qu’une chanson banale à laquelle j’ai ajouté quelques passages accrocheurs.

– Non, non, elle est jolie cette chanson, mais je parlais plutôt de votre habileté à corriger l’univers.

– L’univers, murmure le pianiste, incertain.

– Bien sûr, voyez par vous-même, Jacobi.


Un voile sombre se soulève soudainement et Jacobi recouvre la vue. Il admire les couleurs et les formes devant lui, les touche pour s’en assurer. Il se relève et tourne sur lui-même pour tout absorber dans une grande inspiration de vision. Il regarde et observe sans s’arrêter jusqu’à en être étourdi. Une main lui saisit l’épaule et le stabilise, une silhouette difforme, sans contenance, sans profondeur et sans couleur.


– Pourquoi sommes-nous seuls ? réalise soudainement Jacobi.

– Parce qu’ils sont tous décédés, lui répond l’être à la voix sombre. Un attentat, quelques explosions.

– Et vous, qui êtes-vous ?

– Eh bien, je suis la Mort. Allons, ne soyez pas effrayé, ajoute-t-il promptement. Vous n’avez plus rien à craindre.

– Et pourquoi ?

– Vous êtes mort vous aussi.


Jacobi est effaré et retombe sur son banc. Il regarde tout autour de lui avec incompréhension, tend la main vers le piano et y joue quelques notes. Il se retourne vers la Mort.


– Pourquoi suis-je ici puisque je suis décédé ? lui demande Jacobi.

– J’avoue ne pas le savoir moi-même. Vous avez réussi à vous extirper du chaos, refaire votre environnement et vous créer une entité. Je n’ai même pas ce pouvoir, je suis plutôt une force de destruction.

– Et qu’est-ce que je fais maintenant ?

– J’ai ma petite idée. Vous êtes un excellent pianiste et il se trouve qu’il y a cet univers parallèle qui est légèrement déstabilisé. Vous pourriez en corriger la trame et leur offrir un petit concert par la même occasion.


La Mort lui prend l’épaule et le convainc de la suivre. Et dans un éclat de lumière, ils quittent ce Coco Blues Lagoon reconstitué.


 
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   Neojamin   
13/2/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
J'ai eu l'impression de lire deux textes mis bout à bout. Le premier m'a beaucoup plu, j'ai bien aimé les descriptions, le soin que vous prenez à décrire la manière avec laquelle le pianiste aveugle arrive à se frayer un chemin dans le monde, j'ai tiqué une ou deux fois sur quelques banalités qui auraient pu être évitées, je pense ("Comme un poisson dans l’eau", "exclamations féminines exagérées"), mais dans l'ensemble, j'ai apprécié ma lecture jusqu'à l'explosion.
Je n'ai ensuite pas accroché au récit que vous proposez, la mort ne m'a pas convaincu, ni l'univers, ni les dialogues, et j'ai eu l'impression que vous cherchiez juste une histoire, une fin pour surprendre le lecteur alors que le premier texte aurait pu se suffire à lui-même.

   Cox   
18/2/2024
trouve l'écriture
perfectible
et
n'aime pas
Bonjour,

Je suis désolé, pour moi c’est un texte qui rate sa cible de par ses maladresses d’écriture et de construction.

J’aime bien le thème de l’aveugle au sixième sens, même s’il ne me parait pas neuf. C’est que les comics sont mon péché mignon depuis le berceau (á peu de chose près), et votre protagoniste me rappelle Matt Murdock de chez Marvel. On touche donc ma corde sensible, et j’ai apprécié plusieurs descriptions sensorielles efficaces, bien menées, qui réussissent á m’immerger dans l’univers de cet aveugle hypersensible.

Cependant, je ressors souvent de ma lecture à cause de quelques maladresses d’écriture ou de tournures dispensables qui me font sentir l’auteur plus que l’histoire. Quelques exemples (non exhaustifs de ce qui a pu me faire tiquer) :
- Les “giclements” d’une langue tirée, qui me paraissent inutilement dégueu
- L’énumération des bruits parasites du bus á travers laquelle l’aveugle parvient tout de même à percevoir la mélodie surnaturelle m’a parue trop longue. Si c’était cinématographique, un montage dynamique de tous ces sons isolés marcherait très bien ! Mais c’est de l’écriture ; la phrase est trop longue, on s’ennuie et on se dit « c’est bon, j’ai compris l’idée ».
- « Comment arriver au nombre exact alors que l’autobus ne s’immobilise pas systématiquement à chaque arrêt ? C’est sa manière de les rembourser de leurs mauvais tours. » -> tout ce passage me parait parfaitement dispensable. On comprend par nous-même pourquoi la réponse n’est pas convaincante, ce n’est pas la peine de nous l’expliquer. La « vengeance » des « mauvais tours » que cette inconnue en particulier ne lui a sans doute jamais joués parait bizarre.
- La description par le menu de sa descente du bus et de toutes ses micro-étapes jusqu’au duel de « regard » m’a parue longue aussi. Je comprends que vous voulez nous immerger dans la cécité, je dis juste que c’est une question d’équilibre, et qu’ici ca fait trop de détails laborieux pour moi.
- « yeux dépareillés » -> á moins qu’il ne soit aveugle que d’un œil, ce n’est pas le sens du mot.

Les dialogues me paraissent vraiment souffrir d’un ton affecté et désuet que je ne m’explique pas (autant avec le portier qu’avec la Mort).
Qui plus est, j’ai du mal à comprendre le cadre : le narrateur se déplace humblement en bus, mais parle avec le portier comme un nanti qui s’adresse à son majordome. Je croyais qu’on était dans les temps modernes, mais on nous sert du « dame Rosalie » (une plaisanterie ? Difficile à dire, peu d’indices d’ironie). Je croyais que c’était « un petit bar de blues » qui paye moyen+, mais apparemment la noblesse s’y délasse… Je suis perdu et du coup la nouvelle ne me parait pas ancrée dans un univers cohérent, ce qui me sort un peu du récit encore une fois.

Pour la chanson, attention á la concordance des temps en anglais. Nos correcteurs ont déjà assez de taf en français ! 😉

Mais on en vient à ce qui me dérange vraiment le plus : la chute. Je sens que ça ne va pas vous plaire, et je m'en excuse mais je dois vous dire honnêtement que je la trouve totalement ratée.
Difficile de critiquer la cohérence dans la catégorie merveilleux, mais j’ai eu beaucoup de mal á imaginer le personnage mourir sur le coup sans s’en rendre compte. C’est un sonar ambulant qui peut entendre les gens froncer des sourcils. Sans plus de précisions, je m’imaginais un attentat-suicide, qui n’a pas l’air d’arriver d’un seul coup (on évoque plusieurs explosions). Il me parait très difficile pour le protagoniste de le rater. Quid de son sixième sens qui l’avertit de l’imminence de son arrêt de bus mais pas de celle de sa mort ? Vraiment difficile à gober pour moi.
Mais surtout, c’est le complet revirement du texte qui ne passe pas. Le protagoniste discute avec la Mort. En quelque lignes, elle lui annonce qu’il a en fait de nébuleux pouvoirs de manipulation de la réalité. Les indices parsemés dans le texte à propos de ses capacités surnaturelles ne suffisent pas à préparer cette révélation étrange qui tombe comme un cheveu sur la soupe. Tout commence à paraître expédié et gratuit.
Ça ne s’arrête pas là ! On parlait de Marvel ; voila que la mort nous parle soudainement d’une espèce de multivers qu’elle décide de réparer à l’impro…
Rien de tout ça ne correspond à ce que le reste du texte essayait de mettre en place. Ça me parait sorti de nulle part, très mal amené, et ce final me parait moins poétique/merveilleux qu’abracadabrant.

Bref, vraiment désolé, il y a de bons éléments mais mon ressenti global reste franchement négatif. Si j’aurais pu être intéressé par l’immersion dans l’univers sensoriel de l’aveugle au 6e sens, des maladresses me sortent du corps du récit et la chute ne me convainc vraiment pas du tout.

   jeanphi   
27/2/2024
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
Bonjour,

Eh bien moi, je trouve ce pianiste très réussi ! Personnage écorché, individualiste plus encore que non voyant, qui semble avoir autant de difficultés à communiquer par la parole que par la vision/proprioception, qui subit la ralllerie, encaisse doublement son handicap, malgré le talent et la reconnaissance.
Vous mettez bien en avant comment il est ramené à sa déficience par les autres plus encore que par les faits, expliquant son mode de fonctionnement aux inconnus dans le bus, comme obligé de se justifier de sa condition.
Je m'interroge en relisant votre texte sur un moyen de rendre la seconde partie plus plausible ... ou plus logique à défaut...
Pourquoi autant d'incompréhensions dans le chef de ce nouveau protagoniste ? Si la finalité de sa défaillance est claire, l'ordonnancement d'une partie du monde par le pianiste, comment mieux le mettre en coercition avec la scène ?
L'idée est originale et pourrait être très belle, mais cela manque d'appui, d'encrage. Peut-être votre personnage devrait-il être hanté tout au long de la première partie par la présence invisible de son ultime visiteuse, afin que le lecteur ne soit pas pris de court lors de sa venue.
Merci pour cette bonne lecture.

   dithyrambique   
2/3/2024
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Quand j'ai commencé à lire, je me suis dit que le pianiste n'était pas franchement affable, pour moi c'était un monsieur qui s'attachait aux mauvaises actions des gens, qui les voyait comme un embêtement, ce qui est un peu réducteur. Mais c'est vrai qu'il est rare, quand on est un adulte, que d'autres gens nous fassent des grimaces ! Je ne me suis pas plus posé la question haha. Mais oui, il parlait de noirceur autour de lui, d'une cacophonie assaillante, je me disais "en voilà un qui est un peu soûlé de la vie !". Mais je n'avais pas de problème avec ce pianiste, il y a des gens comme ça, et c'est peu importe pour moi. (oui je raconte la relation que j'ai eu avec ce pianiste, qui était vraiment unilatéral : d'abord parce qu'il ne me voit pas, il m'est raconté sans le savoir, seule moi le connais, ensuite parce qu'il ne me vois pas !) D'ailleurs ça m'a fait réfléchir sur le fait que quand on lit une histoire avec des personnages (il y a souvent des personnages dans les histoires haha) on se fait un avis sur les personnages, avec des sentiments, mais on ne les a jamais vu en vrai et ils ne nous voient pas. C'est comme quand quelqu'un nous parle de son meilleur ami qui vit à l'autre bout de la planète, on peut s'en faire un monde, un grand monde parfois, sans aucun contact autre que l'imaginaire avec ce meilleur ami. C'est comme quand on rencontre quelqu'un, ou qu'on marche dans la rue, la rue, le quelqu'un, on ne sait pas comment ils sont, parce qu'on se les raconte, et donc on n'interagit qu'avec ce qu'on s'est raconté d'eux. Donc peut-être que quand on rencontre une vraie personne, d'une certaine façon et dans une certaine mesure, je ne suis pas vraiment sûre de ce que je dis, on s'ouvre moins au monde que quand on lit un livre. Parce que l'histoire qu'on se raconte de la rue et du quelqu'un viennent tout droit de notre monde intérieur, auquel on a accès à chaque seconde de notre vie, ce qui le rend tout de suite moins précieux car moins rare (bien qu'à explorer évidemment) mais en lisant un livre, on ne choisit pas l'histoire qui est racontée, c'est l'histoire de quelqu'un d'autre. C'est comme si toute notre vit, on lit un seul et même auteur (faut espérer que ce soit un auteur qui nous plaît !!!) avec quelques brefs instants où on lit un autre auteur, ça change.

L'aveugle, au moins, d'entrée de jeu, en ne voyant pas le monde, il a moins l'illusion que les histoires qu'il a dans sa tête représentent le vrai monde.

Le deuxième paragraphe est très très bien écrit ! J'aime bien l'utilisation du mot "trame".

Moi qui ne lis plus tellement de fantastique, ou alors je cherche des sens cachés parce que je veux des explications, parce que je n'ai plus tellement envie d'accepter la magie dans les histoires comme de la pure magie (je regrette un peu parfois, les choses s'opèrent aussi très bien dans l'esprit quand on n'y réfléchit pas) et bien j'ai eu envie de me dire que le pianiste avait vraiment pour de vrai recouvré la vue à la fin de la nouvelle, qu'il s'était vraiment extirpé du chaos, et qu'il allait vraiment corriger la trame de l'univers destabilisé !

Le paragraphe juste après les trois étoiles est génial aussi !

Ah, et si c'est une donnée qui vous intéresse, j'ai compris qu'il était aveugle à "Il rejoint le trottoir et retrouve rapidement ses repères avec quelques passages de sa canne"

La "came" (comme disent les jeunes) de l'histoire me plaît : un pianiste aveugle qui jouer va dans un bar qui s'appelle le Coco Blues Lagoon :) En vrai, juste, peut-être, l'idée de l'attentat j'ai trouvé ça trop improbable haha. C'est peut-être parce que pour moi, si on fait arriver un attentat dans une histoire, c'est qu'on veut insister sur la violence quelque part. Remarquez, quand on parle d'un univers déstabilisé, on parle sans doute de la violence, les fausses notes c'est la violence, l'harmonie, c'est la paix. Eh bah l'attentat est bien !

   Vilmon   
2/3/2024
Bonjour, merci pour vos commentaires.
Voici un lien pour les remerciements et quelques explications à propos de ce récit.
ICI
Vilmon

   dowvid   
4/3/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour
J'aime toujours quand un texte nous raconte un musicien, ou la musique. Déformation passionnelle.
Le cliché du pianiste aveugle, c'est OK. La description est pas mal, j'avais deviné dès le début sa cécité.
Le développement est un peu long, mais ça va.
Mais la chute m'embête, comme pour d'autres qui ont lu.
Pas très originale, ni très bien amenée, à mon goût.
J'aurais préféré que l'auteur passe plus de temps sur les perceptions du pianiste quand il effleure les notes, les sentiments de bonheur, l'oubli de son handicap. Il y aurait eu motif à développer des sentiments bien ressentis.
Mais non, la mort bête dans un attentat bête.
J'ai néanmoins apprécié ma lecture.
Merci


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