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Policier/Noir/Thriller
VinceB : Sentence Compassionnelle
 Publié le 01/12/16  -  12 commentaires  -  18653 caractères  -  123 lectures    Autres textes du même auteur

Vous aimeriez jeter un coup d’œil dans l’avenir… vraiment ?
Dans un futur proche, un récidiviste tombe dans les rets de la nouvelle Justice, économique et compassionnelle…


Sentence Compassionnelle


Je sursaute, quelque chose m’a frôlé en bourdonnant dans la ruelle tranquille. Saloperie ! Un drone policier surgit devant moi flottant comme un énorme insecte.


– Contrôle de police, veuillez vous identifier.


Son dard électrique pointe vers mon cou, aucune envie d’en faire connaissance… Merde, je n’ai rien vu venir !


– Georges Slevski 11 722 651 929.

– Georges Slevski, vous êtes soupçonné de cambriolage, vous devez vous présenter devant un Juge-Officier pour enquête et jugement provisoire. Une notification d’interpellation vous a été envoyée. Veuillez la lire immédiatement.


Au même instant des vibrations dans ma poche droite me confirment que je suis de nouveau dans la seringue de la Justice. Je sors le téléphone et lis le message : Ministère de la Police et de la Justice à Georges SLEVSKI - 11 722 651 929, vous êtes en état d’arrestation, présentez-vous immédiatement au Juge-Officier Trévor secteur 16.


– Suivez-moi, lâche simplement le drone en se mettant en mouvement.


C’est nouveau ça, il n’y a même plus de voiture qui s’arrête dans un crissement de pneus avec quatre brutes qui se jettent sur toi pour te mettre les pinces et t’embarquer au poste. Plus de course-poursuite dans les rues ni de petits matins où ils viennent te cueillir chez le pote censé ne pas figurer dans leurs fichiers. Avant ça pouvait prendre des semaines avant de les voir débarquer sans crier gare. Il n’y a plus de suspens, c’est fini tout ça, même dans les banlieues pourries la surveillance automatique est partout, jusque dans les caves et les arrière-cours.

Un pote nous avait rencardés d’une livraison de téléphones de luxe déposés dans la cave d’un grand magasin. Il ne prenait que la moitié de la revente du butin, tout le reste était pour nous, un coup peinard qui nous permettait de nous faire oublier pendant au moins six mois. Tout s’est passé en douceur, nous n’avons pas rencontré un chat, les codes des portes étaient bons, aucune effraction, j’y ai vraiment cru jusqu’à ce que fichu bidule surgisse comme un démon vengeur.


Au poste je trouve un comité d’accueil sur le perron, deux inspecteurs.


– Tiens mais qui voilà ! C’est P’tit Georges, tu viens tout seul maintenant, tu es devenu un bon garçon ?


Ils m’encadrent et me poussent dans les locaux.


– Alors tu renouvelles ton abonnement au club, on dirait que ça te plaît !

– Tu vas voir c’est de plus en plus cool ici, tu vas avoir ta carte de fidélité cette fois !


Ils s’esclaffent tous les deux comme des abrutis, je les connais bien ces crétins, ils m’ont serré une dizaine de fois. Mais au moins avant on pouvait se la couler douce pendant quelques mois après un coup. C’est pas eux qui te retrouvent, ils se contentent de faire l’emballage, en général c’est un indic qui te piège ou un pauvre mec qui te balance pour réduire sa peine.

Ils m’entraînent dans une petite pièce et me font asseoir, je dois poser tous mes objets personnels sur la table, ça c’est aussi nouveau, avant il y avait trente-six formalités avant d’en arriver là. J’entends une voix qui sort des murs.


– Les objets personnels de 11 722 651 929 ont été répertoriés inspecteurs, mettez-les sous scellés.


L’un d’eux sort de la pièce puis ramène une boîte en carton dans laquelle il fait disparaître mes effets à l’exception de mon téléphone.


– Tu peux reprendre ton téléphone P’tit Georges, il est maintenant limité aux seules communications autorisées, c’est-à-dire aucune, à l’exception de toutes les bonnes nouvelles que tu vas bientôt recevoir de la maison, ricane-t-il.


Puis ils s’assoient et se mettent à bavarder comme si je n’existais pas. L’attente dure je ne sais combien de temps, je finis par m’endormir.


– Debout, debout ! Vous avez de la visite Georges Slevski !


L’un des inspecteurs me secoue, sa voix s’est vidée de sa gouaille. J’ouvre les yeux, ils sont tous les deux debout, un de chaque côté, soulevé par le col je me retrouve debout à mon tour. Nous faisons face à un homme assis de l’autre côté de la table métallique. Il est strictement mais élégamment habillé de noir, veste à col officier, montre discrète mais de qualité, ongles, cheveux soigneusement taillés ainsi qu’une fine barbe légèrement grisonnante. Belle prestance. Je ne vois aucun signe distinctif, rien qui fasse penser à un uniforme. Il nous regarde d’un air parfaitement neutre. Non, pas totalement neutre, je décèle un certain embarras, les commissures de ses lèvres sont légèrement contractées en arrière. J’ai appris ça au cours des interrogatoires, je repère tout de suite celui qui va jouer le méchant.


– Inspecteurs Bertrand et Delouche votre Honneur, nous vous présentons le prévenu Georges Slevski - 11 722 651 929.


L’un des inspecteurs pose une tablette devant l’homme qui me regarde sans ciller.


– Je m’appelle Aster Trévor, nous avons une affaire à traiter monsieur Slevski, votre devoir est d’aider la Justice. En l’aidant vous vous aidez vous-même car ainsi notre société devient meilleure et plus sûre, elle vous offrira plus d’opportunités de vous racheter et vos enfants, si vous en avez, vivront dans un monde moins violent… Avez-vous bien compris cela ?


Il parle doucement mais le ton est glacial.


– Oui monsieur, j’ai compris, je dois coopérer avec la Justice.


L’un des inspecteurs me secoue l’épaule.


– Vous devez dire votre Honneur au représentant de la Justice.

– Oui votre Honneur.


L’homme reprend tout aussi doucement.


– Tout mensonge, toute déformation de la réalité, toute omission d’une information dont vous disposez est un délit sanctionné par la loi et aggraverait votre situation… Avez-vous bien compris cela ?

– Oui… euh… oui votre Honneur.


Il prend la tablette et la consulte.


– En fait, il n’y a pas grand-chose à dire, tout a été filmé, vos paroles ont été enregistrées, votre signature vocale et comportementale ne fait pas le moindre doute malgré les ridicules cagoules que vous portiez vous et vos collègues.


Sur le mur derrière lui, les images s’affichent. Malgré la pénombre et nos visages couverts, il n’y a aucune difficulté à nous identifier, les ordinateurs de la police sont capables de reconnaître une personne dans une foule simplement à sa démarche, l’analyse de nos voix confirme l’identification encore plus sûrement. Je suis bon pour la taule une fois de plus.


– Alors ?… Reconnaissez-vous avoir participé au cambriolage de cette cave de magasin ce soir à 22 h 30 après le départ des employés ?

– Euh… eh bien… je veux un avocat.


Nouvelle bourrade sur l’épaule…


– Euh… votre Honneur.

– Mais bien sûr, vos droits à la défense sont garantis, un avocat d’office a été automatiquement désigné dès votre identification alors même que vous n’aviez pas fini d’emporter votre butin, il a examiné les faits pendant votre petit somme et j’ai sous les yeux ses conclusions préliminaires qui ne laissent rien augurer de bon pour vous, il ne conteste pas le flagrant délit et au vu de votre casier ne demande même pas les circonstances atténuantes, seulement la clémence de la Justice, pour la forme… Son travail est terminé, commence le mien, statuer sur votre sort, c’est pour cela que nous avons cette conversation.

– Mais je n’ai même pas rencontré cet avocat…

– En quoi rencontrer un avocat changerait les faits ? Vous pourrez en voir un si vous en avez les moyens mais, sauf fait nouveau avéré, la Justice ne prévoit plus d’en payer les frais après le dépôt des conclusions préliminaires du commis d’office. Ne perdons donc pas de temps en vaines discussions et demandes dilatoires. Je vais vous poser des questions et vous allez me répondre, le manque de franchise ou l’absence de réponse à mes questions aggraveront votre cas. En plus des faits reprochés qui ne font aucun doute, vous aurez démontré une entrave à la Justice. Je vous informe également que chaque minute passée en ma compagnie et celle des inspecteurs vous est facturée au-delà du nouveau délai légal de trente minutes d’interrogatoire, sachez que je suis quelqu’un de plutôt cher et ce n’est pas un avocat qui y changera quoi que ce soit. Vous avez donc tout intérêt à ce que nous finissions cette discussion au plus vite… Alors ?

– … Ce… ce n’était pas moi le chef, je ne suis venu que pour porter les cartons, c’était pour rendre service, je ne savais même pas que c’était un cambriolage, je vous assure !

– Vous rendiez service à des amis… c’est ça ? Avec une cagoule sur la tête ? C’était Mardi gras peut-être ?… Ne jouez pas avec ma patience, je n’en ai aucune. Je n’ai qu’un mot à dire pour que vous écopiez d’une entrave à la marche de la Justice, vous en êtes à combien de récidives, une vingtaine, c’est bien ça… Faites vite on m’attend en ville, je suis déjà très en retard…

– Non, non, pas vingt, sur mon casier il n’y a que neuf condamnations !

– Félicitations ! Vous êtes bien parti pour votre dixième, bon, ne perdons pas de temps, j’attends votre réponse monsieur Slevski…

– Bon, d’accord c’était un cambriolage, mais il n’y a pas eu d’effraction, pas de violence et je coopère avec la Justice, j’en prends pour six mois, pas plus hein ?

– Inspecteurs vous avez bien été témoins des aveux de 11 722 651 929 ?

– Oui votre Honneur, répondent-ils d’une seule voix.


Une voix neutre sort des murs.


– La déposition de 11 722 651 929 et ses aveux ont bien été enregistrés. Les enregistrements des faits sont versés au dossier votre Honneur.

– Bien nous progressons, reconnaissez-vous vos collègues de soirée ? Regardez derrière moi et répondez immédiatement.


Trois photos avec des noms et des numéros s’affichent sur le mur derrière lui, ce sont les deux mecs qui m’accompagnaient, le troisième est celui qui nous a mis sur le coup, un vrai serpent celui-là. Je sais qu’il n’y a plus rien à faire pour moi et les deux clampins, mais je ne peux donner le dernier, c’est l’homme de main du commanditaire, il y aurait des représailles genre boucherie sans anesthésie en taule ou à ma sortie.


– Je ne connais pas le troisième mec.

– Je comprends, vous avez peur qu’il s’en prenne à vous quand vous serez en prison. Je n’insisterai donc pas sur ce point, je ne suis pas un sauvage.

– J’ai bien coopéré, je vais en prendre pour combien votre Honneur ? Un an max, hein ?

– C’est un peu plus compliqué que cela, il y a eu de nouvelles élections et de nouvelles lois. La population ne supporte plus que des récidivistes dans votre genre soient relâchés au bout de quelques mois quand ce n’est pas immédiatement.

– Oui mais il n’y a plus de place dans les prisons, c’est plein, hein ? C’est pour ça que vous ne pouvez pas nous garder longtemps…

– Il y a du nouveau, vraiment du nouveau, avez-vous entendu parler de Justice Compassionnelle ?

– Euh… non, c’est quoi ?

– Cela va vous intéresser, cela veut dire que la société ne cherche plus une sanction morale à la délinquance mais seulement l’efficacité. On va arrêter ce traitement dégradant et totalement inefficace qui consiste à enfermer des individus, désormais on fait dans l’humanisme et le… définitif. L’idée est que les multirécidivistes n’aient plus la liberté de nuire aux braves gens tout en évitant à la société de se livrer à des traitements dégradants sur des êtres humains. L’abandon de cette posture moralisatrice, inefficace et moralement boiteuse a ouvert d’intéressantes perspectives. Le concept est anglo-saxon, né au XXe siècle pour rallier les franges modestes de la société aux positions conservatrices. On se donne bonne conscience tout en améliorant le sort de tout le monde et… d’une certaine manière le vôtre, du moins si vous prenez les choses du bon côté. Par contre si vous préférez en rester aux bonnes vieilles méthodes ce sera toujours la prison mais avec un petit plus, les nouvelles lois prévoient des prisons à l’étranger…

– Hein ! Mais quel pays voudrait plus de prisonniers ?

– Ne vous inquiétez pas pour cela, contrairement à ce que vous croyez beaucoup de pays estiment ne pas en avoir assez et puis c’est un business comme un autre. Il y a de par le Monde de vastes zones isolées à mettre en valeur, de petits salaires et une main-d’œuvre qui ne demande qu’à s’occuper, construire des prisons et surveiller les récidivistes est une activité comme une autre… Cela va multiplier nos capacités en réduisant les coûts… Et comme c’est votre dixième condamnation, vous allez en prendre pour au moins vingt ans… si ce n’est la perpétuité.

– Mais je ne suis pas un assassin !

– Comme je vous l’ai dit, la loi a changé, la priorité est maintenant donnée à la tranquillité des braves gens plutôt qu’aux droits des délinquants multirécidivistes. Vous avez eu votre chance de vous réinsérer, il n’y a manifestement plus rien à espérer de bon de vous, vous relâcher est devenu la certitude d’un nouveau délit, ce serait idiot de la part de la société vous ne croyez pas ? Ah, autre chose, avez-vous de quoi payer votre hébergement ?… Avec les nouvelles lois, fini le bon temps, où l’État, avec l’argent des braves gens, prenait en charge les frais d’emprisonnement…

– Mais comment voulez-vous que je paie quoi que ce soit si je me retrouve en prison ?

– Ça c’est votre problème, chacun doit assumer son existence n’est-ce pas ? Grâce à vos nombreux exploits vous avez sans doute un joli pactole de côté… Ah non… ? Bon ! Hé bien vous avez de la famille et certainement des amis qui ne manqueront pas de vouloir vous aider ?

– Vous êtes cinglés, mes parents ont à peine de quoi vivre !

– Vos nombreux amis, notamment le dernier en date qui vous a indiqué ce coup si facile à faire ?

– Laissez tomber, ce sera déjà beau s’il ne me fait pas liquider en prison…

– Si vous ne pouvez assumer les frais que vous occasionnez, vous travaillerez donc en prison pour gagner votre pain quotidien c’est bien le moins que l’on puisse demander à un individu majeur et sain d’esprit ne trouvez-vous pas ? Mais la loi prévoit une autre possibilité…

– Qu’est-ce que vous voulez dire ?


L’officier-juge tapote nerveusement la table.


– … La solution à tous nos problèmes, dans le vocabulaire inventif de la Justice Compassionnelle cela s’appelle la Suspension, une forme adoucie de la peine de mort… En tant que multirécidiviste confirmé je pense que vous êtes un bon candidat.

– Qu’est-ce que vous racontez, la peine de mort n’a pas été rétablie, ça se saurait et je ne suis pas un assassin !

– En fait vous avez raison, ce qui ne vous arrive pas si souvent que cela, vous resterez bien vivant, il ne s’agit pas véritablement d’une mise à mort…

– … Pas vraiment, que voulez-vous dire ?

– C’est tout à fait dans l’esprit de la nouvelle Justice, très inventif, très compassionnel… Vous avez entendu parler du voyage sur Mars ?

– Quoi ? Vous voulez m’envoyer sur Mars ?

– Pas du tout, répond Trévor en souriant, je vous rappelle que l’idée est de réduire ce que vous coûtez à la société. De récents progrès ont été accomplis dans l’hibernation artificielle. Le voyage sur Mars présente le double inconvénient d’être long et donc très coûteux en logistique pour la survie de l’équipage. De plus des astronautes même soigneusement sélectionnés finissent par s’entretuer lorsque le confinement dépasse six mois. La solution est de les faire hiberner, le voyage peut alors dépasser un an sans inconvénients.


Il sort un flacon de pilules écarlates de sa poche.


– Voici la solution à tous nos problèmes monsieur Slevski, un dérivé de la dopamine qui inhibe sélectivement les fonctions d’éveil. Un cachet et vous faites de beaux rêves pendant vingt-quatre heures puis une perfusion maintient la concentration adéquate de ces molécules dans votre sang, et vos rêves s’étirent à l’infini. N’est-ce pas merveilleux, n’est-ce pas la peine la plus douce qui puisse être imaginée ! Pas de violence, pas de souffrance, vous êtes vivant et en pleine forme mais totalement hors d’état de nuire. Les braves gens n’auront plus rien à craindre de vous et vous ne coûterez pas plus cher qu’un plat de lasagnes dans un congélateur. À vous de choisir, la tranquillité douillette et définitive ou le bagne nouvelle manière.

– J’ai le choix ?

– Mais parfaitement, vous pouvez choisir de vous retrouver dans l’équivalent moderne de ces bons vieux bagnes qui ont été fermés il y a deux cents ans. Vous serez à l’étranger, dans des zones arides, confronté à une population hostile dans laquelle il sera impossible de vous fondre. Vous serez obligé de travailler pour obtenir votre ration d’eau et de nourriture quotidienne. Des zones immenses et désertiques à mettre en valeur vous attendent, quel programme intéressant ! Si vous ne vous en sentez pas capable alors la nouvelle Justice vous propose de faire ce que vous faites de mieux, c’est-à-dire rien, jusqu’à votre décès par des causes naturelles. Tout le monde y trouve son compte et vous le premier, vous n’aurez même pas l’impression d’être privé de liberté…


Il se redresse et me sourit.


– Mais c’est tout comme si j’étais mort !

– Pas du tout ! Du point de vue légal et médical, il ne s’agit que d’une bienveillante neutralisation bien préférable à la prison. C’est totalement réversible, si un élément nouveau réduit votre peine, vous reprendrez conscience en quelques minutes et vous serez tel que vous l’étiez avant de prendre l’une de ces pilules.

– J’ai le droit à un avocat !

– Qu’est-ce que cela changera ? Dans votre cas les nouvelles lois obligent désormais le juge que je représente ici à vous condamner à perpétuité, ce qui sera fait dès que je lui aurai remis mes conclusions indiquant votre culpabilité et votre refus d’une solution arrangeante. Tous les frais d’avocats et d’emprisonnement vous seront facturés, pris sur vos biens propres et ceux de votre famille. Vous tenez tant que cela à endetter vos parents ? Ce serait idiot alors que la loi est très arrangeante si vous choisissez ces petites pilules ; le jugement n’aura qu’un caractère provisoire et un avocat pourra être sollicité plus tard quand vos parents auront les moyens de le payer à moins qu’une de ces associations de solidarité avec les taulards vous prenne en sympathie. La loi n’est pas immuable elle évoluera peut-être en votre faveur quoique je ne vois pas bien en quoi un retour aux méthodes classiques vous serait plus agréable… Alors que décidez-vous Georges Slevski 11 722 651 929 ?


Il pousse vers moi le flacon.


– Une de ces jolies pilules qui réglera tous vos problèmes, ou bien le club de vacances où vous aurez l’immense satisfaction de contribuer à mettre en valeur des zones arides de pays en voie de développement… ?

– …

– Dépêchez-vous monsieur Slevski avant que je ne choisisse la solution à votre place, on m’attend en ville…


 
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   Robot   
5/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le sujet m'a paru intéressant. Il y a des longueurs répétitives qui par moment provoquent un peu d'ennui comme de revenir plusieurs fois sur les conditions de détention dans les déserts. Le lecteur a bien compris et le délinquant qui a l'air plutôt roublard a du être au parfum de ce qui l'attendait dés la première explication du juge.
J'ai trouvé que la "solution" était originale. J'aime assez que la fin soit laissée en suspens, que l'on indique pas le choix de Slevski.

Simple question: pourquoi avoir choisi un nom à consonance slave, et pas Georges Sapin ? je trouve que ça fait un peu orienté vers les délinquants qui ne sont pas originaire de chez nous... car les policiers ont des patronymes bien de chez nous. Et pourquoi un juge avec un nom anglo saxon ?

En résumé, un vrai sujet, une bonne écriture, un développement un peu long, des personnages un peu stéréotypé.

Mais au final j'ai été intéressé.

   Ora   
5/11/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Quelle ambiance, quelle histoire! Le plus fort à mes yeux c'est que tout semble effectivement probable dans un futur peut-être pas si lointain. J'aime beaucoup la façon dont vous abordez le détournement de valeurs, ici la compassion au profit d'intérêts qui en sont bien éloignés. L'écriture est juste, impeccable, les personnes et les faits crédibles. J'ai beaucoup aimé vous lire et j'aurais volontiers découvert la suite. Bravo

   Alcirion   
1/12/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Un thème de SF traité par de nombreux auteurs (et pas des moindres !).

Votre nouvelle se lit facilement, c'est alerte, il y a du suspens. Les dialogues sont très bien construits, ils font glisser le lecteur en douceur vers le terrible choix proposé à la fin du texte.

Vous avez l'essentiel, c'est-à-dire l'imagination.

Bonne continuation !

   plumette   
1/12/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Vince,

plutôt SF ? mais très noir aussi!

j'ai été très intriguée par le titre : "sentence compassionnelle" et après lecture, je le trouve excellent.

On progresse bien dans le récit, prenant de bout en bout. Votre imagination m'a emmenée sur un chemin que j'ai accepté sans sourciller!

En fait ce que j'ai aimé plus que le récit pur, qui est servi par une écriture claire et efficace, c'est tout ce votre histoire révèle de la société qui applique une telle justice.

L'humour utilisé, le second degré, sont très efficaces pour faire de ce texte une fable terrifiante sur une société qui se débarasse de ceux qu'elle veut mettre au rebut. La force de ce texte réside dans le positionnement revendiqué: ne plus faire subir à l'homme un traitement dégradant par l'enfermement ( humanisme) mais en même temp donner la priorité à la sécurité, et ce à moindre frais ( beaucoup seront d'accord!) et donc empêcher de nuire, mais sans mise à mort! d'où l'idée de l'hibernation.

le texte aurait pu être moins explicatif sur les mobiles de cette nouvelle justice compassionnelle et le faire juste comprendre au lecteur , peut-être par les dialogues mais pas dans une sorte de cours magistral de " Votre honneur"

j'ai vu que Robot dans son commentaire se demandait pourquoi le délinquant avait un nom à consonnace slave. Je trouve pour ma part que ce côté international est plutôt bien ( avec le votre honneur, on pourrait être au US ) Mais vous nous expliquerez peut-être votre choix?

A vous relire,

Plumette

   Tadiou   
1/12/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très belle écriture, claire et percutante. Sa sobriété et sa sécheresse, les phrases courtes, permettent de rendre bien perceptible cet univers glacé. Le but est atteint : peindre l'extrême dureté de ce "nouveau" monde avec ses "nouvelles lois"duquel tout humanisme a disparu. La référence ? : la tranquillité des "braves gens".

Evidemment c'est super de ne pas indiquer le choix final de Monsieur Slevski et de laisser l'interrogation sans réponse.

Cela me rappelle "1984" de George Orwell et "Le meilleur des mondes" d'Aldous Huxley. Univers dictatoriaux, cruels et sans âme, dans lesquels il s'agit d'abêtir les humains pour les dominer.

Allons-nous vers de tels mondes? C'est évidemment un autre
débat.

Au plaisir de vous lire de nouveau.

Tadiou

   Charivari   
1/12/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour.
Si l'idée est plutôt bonne, en revanche je trouve que ça manque vraiment de tout le reste...

Dialogues sans saveur sans véritable "voix", l'officier juge parle plus pour le lecteur dans un ton explicatif qu'à son interlocuteeur, du coup le dialogue sonne faux, d'ailleurs le dialogue occupe pratiquement 100% du texte qui manque cruellement de narration, le personnage du délinquant est très stéréotypé...

Bref, à mon avis, une seule idée est distillée tout au long du texte, il n'y a aucun rebondissement, aucune recherche stylistique, aucun arrière plan, du coup le texte est longuet... À mon avis c'est à retravailer.

   hersen   
2/12/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Il y a pour moi une incohérence : cette nouvelle justice décrite semble venir tout en bloc, d'un coup. Puisque p'tit Georges, un habitué, est pour la première fois dans les rets de cette nouvelle justice. Mais nous parlons de quel laps de temps ? quelques mois, au plus. Enfin, c'est l'impression que j'en ai. Et cela m'empêche de rentrer véritablement dans l'histoire. Cela me gêne pour y adhérer.

De plus, quant à la solution, ce serait d'envoyer dans l'espace, en état d'hibernation, les prisonniers. Là aussi, il y a comme un fossé. Car cette solution certainement coûte cher alors que l'argument du juge est de réduire les frais. Peut-être qu'on en profiterait pour faire des expériences avec des sujets peu récalcitrants ? mais il n'est pas question de cela dans la nouvelle.

Le gros défaut de ce texte est pour moi de n'avoir pas été positionné avec plus de soin, ce qui en aurait enrichi la réflexion qui pourrait en ressortir.

Par contre, j'ai aimé les idées, il y a là une très bonne matière.

je regrette que les personnages soient un peu trop conformes à un stéréotype de nos jours, autant les fonctionnaires que le prévenu.
Le juge qui est "cher" est pour moi le personnage le plus réussi.

Merci de cette lecture.

   Bidis   
2/12/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est extra, cette nouvelle ! J'ai été littéralement happée par le texte et l'ai lu d'une traite. Cette histoire m'a fait froid dans le dos et sourire en même temps.
C'est bien écrit. Je me permets juste une petite remarque, la répétition de "traitements dégradants" dans le passage « On va arrêter ce traitement dégradant […] tout en évitant à la société de se livrer à des traitements dégradants »

   Anonyme   
2/12/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir VinceB,

Cette nouvelle devrait plutôt figurer dans la catégorie Science-fiction. Pourquoi ? Parce que je ne connais pas, à notre époque, de drone policier. Or, toute invention technologique qui n'existe pas encore nous ramène obligatoirement à de la Science-fiction. Ceci dit, ce n'est pas vraiment le sujet et je ne vais pas épiloguer pendant cent sept ans... Mais quand même...

Cette histoire m'a tenu en haleine du début à la fin, et je me suis régaler à la lire. L'idée d'une nouvelle peine, la "sentence compassionnelle" est vraiment novatrice et apporte une sensation de frayeur jusqu'au dénouement final. Ainsi, Georges Slevski, multirécidiviste, est confronté à un choix imprévu et cornélien entre le restant de sa vie passée en prison dans un pays étranger au climat aride et inhospitalier, au milieu de prisonniers qu'on imagine de la pire espèce, et celui d'avaler une pilule suivie d'injections qui le fera planer jusqu'à la fin de ses jours - à moins qu'un improbable retournement de situation le ramène à une sentence plus heureuse -sans avoir conscience de sa propre existence. Et c'est sans doute cela le plus effrayant : le fait de ne pas avoir conscience de soi-même et du monde alentour, tout en restant vivant, comme si tous les sens dont l'homme est pourvu n'existaient plus. Une solution pire que la mort, finalement. Ce qui m'a immédiatement fait penser à un roman de Stona Fitch intitulé "Sens interdits", dans lequel le héros est enlevé par un groupe terroriste pour des raisons inconnues qui le prive petit à petit des cinq sens dont nous disposons... Effrayant !

Je trouve que le juge est particulièrement crédible mais que l'accusé et futur prisonnier pourraît être légèrement remanié au niveau des dialogues et de son expression "pas assez expressive", si j'ose dire, compte tenu de la situation. Par exemple, je n'ai pas vu de réelle surprise de sa part ; le ton n'est pas assez révolté, en quelque sorte... Il n'y a pas assez de résistance... Le ton et la posture sont un peu trop sages, et j'aurai préféré des cris, ou tout au moins une défense moins passive, etc.

A part ça l'idée est vraiment originale et je ne me suis vraiment pas ennuyé en lisant cette nouvelle, donc bravo.

Wall-E

   silvieta   
11/1/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Alléchée par le titre, je suis arrivée, le début m'a plongée dans une atmosphère qui me rappelait une célèbre nouvelle de science fiction mais ensuite j'ai décroché.
C'est long...
Pourtant l'ensemble me paraît bien écrit.
C'est probablement que je ne suis pas très polar et en plus, pressée par le temps...

   Anonyme   
21/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je ne me suis pas ennuyé une seule seconde à la lecture de ce texte. Je craignais le pire lorsque j'ai vu le matricule s'afficher sur l'écran et franchement j'ai commencé ma lecture avec un peu d'appréhension; je me disais "aïe aïe aïe, ça va être encore un de ces récits barbants d'un néo-scribouillard féru de science-fiction et qui a mal digéré le Meilleur des Mondes.
Eh bien non! Miracle que cette petite nouvelle bien fichue. Dialogue parfait et sécheresse de ton idéale, j'ai adoré!

   Jean-Claude   
9/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour VinceB,

J'ai eu quelques réserves au début quant au style puis je me suis laissé embarquer.
Bon sujet, bonne histoire, bonne fin.
Si je devais faire des remarques, le démarrage et la fin sont un peu trop longs.
Mais j'ai oublié les détails ;-)

Au plaisir de vous (re)lire


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