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Sentimental/Romanesque
widjet : À l'Embuscade
 Publié le 02/05/22  -  11 commentaires  -  9263 caractères  -  66 lectures    Autres textes du même auteur

La version du garçon.
La version de la fille.


À l'Embuscade


LE GARÇON


Vous ne le croirez jamais.


Elle s’est assise à la place que j’occupais juste avant de me lever pour aller payer, exactement à la même place. Le café était à moitié vide. Elle aurait pu se mettre n’importe où, mais non, elle s’est assise au fond de la salle, à l’écart, sur cette banquette couleur aubergine située dans le coin du mur, précisément là où je me trouvais, il y a encore un instant. J’ai trouvé la coïncidence étrange, mais moins étrange que ce qu’elle fit par la suite. D’ailleurs, si elle n’avait pas fait ce qu’elle a fait, j’aurais pris ma monnaie sur le comptoir en remerciant le jeune serveur rouquin aux dents grillagées et serais parti tout juste en me disant que la fille qui venait d’entrer au café de l’Embuscade avait une beauté particulière même si des filles à la beauté particulière, ce n’est pas ce qui manque. Quoi qu’il en soit, sans ce geste, sans ça, vous ne seriez pas dans la confidence et mon existence, trépidante comme une balade en barque sur le lac Léman, aurait repris son cours. La fille a plongé ses doigts à l’intérieur de son sac en toile de jute, sorti et ouvert Clair de femme, le plus beau roman (selon moi) de Romain Gary. Abasourdi, j’ai fixé l’objet que je tenais dans ma main droite, le même bouquin.

Je n’ai pas réfléchi, j’ai foncé droit dans sa direction, me suis posté devant sa table, mon livre-relique plaqué contre ma poitrine, bien en évidence, la couverture tournée vers la jeune fille. « Vous en êtes où ? » ai-je demandé, sans me présenter ni m’excuser pour mon intervention cavalière, trop occupé que j’étais à dissimuler mon trouble. Elle m’a décoché un regard-sarbacane et un sourire à vous tartiner le corps de Biafine. « Page 157 », m’a-t-elle lancé, à la manière d’une bravade. J’ai ouvert mon ouvrage, jeté un coup d’œil furtif en bas à droite histoire de revérifier. Pareil. Enfin presque, à deux pages près. Les jambes en semoule, sans détourner mes yeux des siens qui me harponnaient, j’ai avancé mon bras à tâtons en quête d’une chaise tandis que le garçon de café lui apportait sa commande, un Perrier citron.

« Groupe sanguin ? » ai-je poursuivi, la bouche pleine de sable. « B+ », répliqua-t-elle sans l’ombre d’une hésitation comme si elle s’y préparait. B+. Comme moins de 9% de la population. Comme moi. Bluffant. À l’intérieur de ma poitrine, quelqu'un jouait au jokari. Je lui ai proposé un « pierre-feuille-ciseaux ». Elle a d’abord arqué un sourcil, fait une moue dont la sensualité m’a presque envoyé au tapis, avant d’accepter. Cinq fois consécutivement nous avons fait le même signe. Cinq fois, vous le croyez, ça ? Le front en sueur, je lui ai demandé de répondre du tac au tac ; seulement de me dire ce qui lui venait à l’esprit. Elle m’a fait « OK », ses mains surélevées à quelques centimètres du plateau de la table, prête à appuyer sur un buzzer imaginaire.


J’ai dit « Alléluia ».

Elle m’a répondu « Leonard Cohen ».

J’ai dit « George Milton ».

Elle m’a répliqué « Lennie Small* ».

J’ai dit « Connard opportuniste ».

Elle m’a rétorqué « Jean-Vincent Placé ».


Vertigineux. Parfait. Le sans-faute.


Pour conclure, il me fallait prendre la décision, la seule à vrai dire qui s’imposait ; celle qui, de toute évidence, se voyait un peu comme l’appendice nasal sur le visage d’un Cyrano et pouvait bien conditionner le reste de ma vie. THE décision, quoi. Quant à la fille, elle attendait, joueuse, mutine, disponible, incroyable comme la Providence qui traînait ses guêtres ce jour de printemps, à l’angle de la rue Cardinet. Son menton pointu posé sur le dos de ses mains, elle attendait.

Elle m’attendait.

J’ai pris mes responsabilités. J’ai enlevé ma basket, puis, de toutes mes forces, j’ai donné un puissant coup de latte contre le pied de la table avant de remettre ma chaussure. Et, irradié par la douleur intense qui remontait jusqu’à la racine de mes cheveux, j’ai quitté le café en claudiquant, sans me retourner.

Je vous devine perplexe, dépité, peut-être même un petit peu fâché après moi. Ne me jugez pas trop sévèrement, je suis certain d’avoir fait ce qu’il fallait.

Je vous assure, se cogner le petit orteil, ça fait toujours moins mal que de tomber amoureux.


LA FILLE


Et il est parti. En boitant.


C’était la surprise générale. Moi, les clients, le personnel du café, on était tous frappés de stupeur. Le serveur, un jeune rouquin avec un appareil dentaire, est resté figé, son plateau en l’air, le corps en extension comme interrompu dans son élan. On aurait dit que tout le monde jouait à « 1,2,3 soleil ». Le garçon a quitté l’Embuscade et je reste là, à ne pas savoir quoi faire. Je secoue la tête pour remettre de l’ordre dans mes idées parce que, mine de rien, ce drôle de zig, avec son audace, ses yeux gris et ses questions décalées avaient réveillé en moi un truc, un truc spécial.

Mon regard tombe sur mon bouquin – Clair de femme – posé sur la table, près de mon verre de Perrier citron. Lui aussi, il lisait le même livre. Une coïncidence ? Les coïncidences, j’y crois moyen. Elles ne trompent jamais les coïncidences. Tout l’inverse des mecs, en somme.

Ah, les hommes. J’y ai laissé tellement de plumes que je pourrais en faire des édredons. Pourtant, je replongeais à chaque fois. Pauvre pomme. Si je suis toujours célibataire, c’est peut-être aussi parce que l’amour est dans le pré et que moi, c’est ballot, j’habite en ville. Je sais, trop drôle, la fille. Non, mais sérieusement, chacun devrait avoir droit à sa love-story, non ? Au moins une. Les vautours tombent amoureux, et moi, non ?

Je dois quand même reconnaître qu’il a fait fort, ce mec, c’est la première fois qu’on me branche en me demandant mon groupe sanguin avant de me défier au chifoumi !

En fait, je ne suis même pas certaine qu’il me draguait. J’ai plutôt l’impression qu’il cherchait à vérifier un truc. Et au fur et à mesure qu’il découvrait des choses, il changeait. J’ai vu son visage pâlir, sa bouche bafouiller, son corps vaciller. Il s’est agrippé à une chaise sans quoi, j’ai cru qu’il allait s’évanouir. À première vue, ça peut sembler vache, mais j’ai pris un certain plaisir à le voir s’empêtrer dans ses émotions. Oui, j’avoue, ça m’a amusée. J’avais l’impression de gérer la situation, de mener la danse. Pour une fois. D’habitude, c’est moi qu’on fait valser.

Est-ce que j’étais en train de me venger des autres types ? Est-ce que, par cet amusement, je faisais payer à ce doux dingue tous les salauds qui ont essuyé leurs trahisons sur mon cœur-paillasson ?

Je ne sais pas, peut-être…

Mais si c’était le cas, maintenant qu’il vient de repartir, pourquoi je ne parviens pas à retourner à mon livre, à mon Perrier citron, à ma vie ? Hey, sois honnête, Zoé, tout surréaliste qu’il était cet échange, ça t’a provoqué quelque chose et même que ça faisait un sacré moment que tu ne t’étais pas sentie aussi à l’aise, pas vrai ? Pas faux.

Cela fait une minute qu’il a filé et je suis toujours en train de tergiverser, le cul vissé sur ce canapé en skaï de couleur pourpre tout balafré. Plus je cogite, plus mon rythme cardiaque fait du ramdam. Tu dois prendre une décision, ma fille, et rapido. Il doit être déjà loin. Alors, sois tu le sors de ta tête, sois tu te bouges pour le rattraper. Mais, décide-toi, merde !

Je me sens stupide, bête à manger du foin. Pour ma défense, je dois dire que je me suis souvent trompée. Sur les choses, les gens, les mots. Désormais, je réfléchis, je m’interroge, je tâtonne. Bref, je me dégonfle. Depuis deux ans, j’ai l’impression qu’un Canadair passe au-dessus de ma tête pour me balancer de la flotte, noyer mon ardeur, ma folie, ma spontanéité. Ma flamme.

« Plus tu te protèges, moins tu souffres. »

C’est ce que me répète Justine, ma meilleure amie, féministe à mort, la clone de Caroline de Haas, l’humour en plus. Elle aussi, elle a essayé l’Amour. Y avait pas sa taille. Mais je crois que Justine se trompe aussi. Plus tu te protèges, moins tu vis, voilà la vérité. Si elle continue à se laisser bombarder d’eau, la fille-incendie que j’étais va finir par s’éteindre pour de bon.


Et ça, je ne veux pas. Je ne veux pas m’éteindre.


Je.

Ne.

Veux.

Pas.

M’éteindre.


On ne peut pas aller à l’encontre de sa nature profonde, de ce que l’on a à l’intérieur, de ce que l’on est vraiment, en dedans. On ne peut pas, point barre. Cette fille qui hésite, qui se méfie, qui zigzague, ce n’est pas moi ; je veux dire, ce n’est pas la vraie moi. Je n’y peux rien, rien du tout, je suis faite ainsi. Mon cœur n’est pas un quignon de pain, c’est un bloc de caramel ; et le caramel, tu peux le foutre au congélo ou l’emballer avec du fil barbelé, ça reste du caramel. Et merde. Même si je vais droit dans le mur, ça ne peut pas se terminer de cette façon. Non, pas comme ça, c’est trop bête.

Je prends une gorgée d’eau pétillante, dépose un billet de 5 € sur la table, et cours à la poursuite de ce garçon.


Et – qui sait ? – d’une belle histoire…


_______________________________________________________________________________________________________________

* Lennie Small est un des personnages principaux (avec son ami George Milton) du roman de John Steinbeck « Des souris et des hommes ».


 
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   wancyrs   
2/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Tiens, Widjet, on dirait le préambule de mon poème "Le Feu" :)

Je le trouve bien écrit, fluide, lecture d'une traite, procédés d'écritures respectés pour faire une belle œuvre, mais l'intrigue est trop surréaliste pour moi. Au Québec on sourirait et dirait que c'est Quetaine, façon de dire que c'est vieillot et Hollywoodien dans les débuts d'Hollywood, au moment où les scénaristes balbutiaient encore sur le schéma de ce qu'est l'amour si on devrait le mettre en scène.

Bref, c'est sympa, ça fait sourire, mais à ne pas trop prendre au sérieux ; ça fait trop Hollywood d'antan :)

Sympas que tu reviennes trainer ici !

Wan

   AnnaPanizzi   
2/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut widjet,

Nous en parlions hier soir, à la taverne, la comédie romantique, c'est une pente savonneuse. Tu as su éviter les pièges. Commençons par les choses qui fâchent, on sera débarrassés^^ Le côté scénarisé sitcom américaine, m'a un peu échevelé la permanente, ce côté, oh la la, elle pense pareil que moi, elle est trop chou, ouh lou lou, ce mec est parfait, je kiffe... C'est du nitpicking de ma part, passons. L'intéressant, c'est la vision de cette love story en devenir (ou pas) racontée par les deux points de vue, et là c'est une franche réussite. En temps qu'auteur masculin, tu réussis plutôt bien à entrer dans la psychologie de ta narratrice et l'écriture coule très bien. Et puis, tu laisses le lecteur s’interroger sur la fin : Est-ce que le garçon est un faux connard qui a peur de l'amour ou un vrai gentil qui a peur de souffrir ? Quant à la fille, est ce un caramel ou une dragée au poivre... Chacun se fera son idée...

Lecture très agréable pour moi


Anna

   Malitorne   
2/5/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Dommage qu’il y ait un si gros décalage entre les deux parties, le point de vue masculin me semblant bien meilleur que le côté féminin. Il y a de l’absurde, de l’ironie (un peu trop appuyée) et une fin complètement inattendue. C’est enlevé et plaisant à lire.
Tout le contraire du monologue poussif de la fille, qu’on aurait aimé sur le même registre mais qui tombe dans des considérations bateaux et inintéressantes sur l’infidélité des hommes et le risque de donner son cœur. Le garçon avait trouvé une parade amusante contre ça, même si douloureuse ; la fille, elle, lui court après. Romantisme, quand tu nous tiens…
À mon avis vous auriez dû rester sur un mode farfelu car le texte en ressort bancal : un pied dans l’étrange, un autre dans le conformisme.

   Eskisse   
2/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Widjet,

Je ne suis pas familière du commentaire de nouvelle, encore moins de son évaluation, mais j'ai apprécié ma lecture en raison du ton humoristique employé :
"trépidante comme une balade en barque sur le lac Léman,"
" j’ai l’impression qu’un Canadair passe au-dessus de ma tête pour me balancer de la flotte,"
et de l'alternance des points de vue du garçon et de la fille.
J'ai trouvé le garçon original et audacieux dans son approche et même si la rencontre peut paraître peu plausible, on a plaisir à lire ce cumul de coïncidences et ce destin comico-tout tracé.
Petite réserve pour les propos de la fille qui m'ont moins emballée.

   Arsinor   
2/5/2022
Des formules savoureuses comme dans un sketch de one man show ou de sitcom comique. Une féminisation amusante "la vraie moi". Je n'ai pas compris le regard à vous tartiner le corps de Biafine. Je n'ai pas tellement compris la succession des émotions qui mènent le garçon à donner un coup de pied. Est-ce que c'est vraiment pour se détourner de la douleur d'être amoureux ? Ce n'est pas très crédible.
Je ne note pas, je ne m'y connais pas en amour.

   Ingles   
3/5/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Widjet,
un beau texte qui se lit tout seul, sur les coïncidences, les hasards de la vie et les choix à faire, ou non.
D'ailleurs, le garçon décide de partir, mais pourquoi ? parce que la fille est en 'embuscade' ? Elle court derrière lui, parce qu'elle ne veut pas s'éteindre ? L'articulation des deux est sans doute un peu confuse.
Le roman de Gary suggère peut-être des tragédies en toile de fond de nos personnages.
Pour faire pendant à Justine, un copain Donatien pour le garçon n'aurait pas été de trop.

Au plaisir de te lire !
Ingles

   papipoete   
3/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour widjet
Une nouvelle qui se lit comme un article people, où deux stars font connaissance alors que sans s'être jamais vus, ils partagent tellement de points communs, jusqu'au même grain de beauté là, s'ils se déshabillaient ! Cette fille qui ne s'attache plus, pour être tellement passée pour un paillasson à mecs, se demande si enfin, ce ne serait pas lui, son destin...
NB un suspens au début sans le moindre coup, ni goutte de sang mais à l'étrangeté si originale ; " votre groupe sanguin... pareil que moi / vous en êtes à quelle page/pareillement "
Le final avec la douche du canadair est bien vue ; on sourit et dit à la fille " vas-y !
Un bon moment passé sur cette " banquette couleur aubergine "

   Robot   
3/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un récit de tragicomédie qui m'a amusé. Cette composition porte les deux visions d'une rencontre ratée entre deux protagonistes qui l'ont vécu de manière détachée, ce qui rend sans lourdeur appuyée l'aspect humoristique.

Une histoire vécue différemment, mais ce qui m'importe justement c'est que ce récit raconte une histoire. Et c'est ce que j'aime, les récits qui racontent.

   pieralun   
3/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J’ai tous les bouquins de Stéphane à la maison, donc j’en connais un rayon sur le bonhomme et son écriture.

Pas beaucoup de temps pour les nouvelles, mais celle-ci, courte, m’a attiré jusqu’au dernier mot.

J’ai adoré !
L’attitude du Garçon est géniale ! Où vas-tu chercher tout ça ?
J’ai aimé également les incertitudes de la Nana et ses incohérences.

   chVlu   
9/5/2022
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Une écriture fluide et bien maitrisé qui rend la nouvelle fluide à lire. Quelques effets de mots plaisants comme "les dents grillagées" le"regar-sabacane à vous enduire le corps de biafine" ..... La première partie m'a emballé et la deuxième laissé sur ma fin. Je l'ai trouvée trop en miroir et du coup sans surprise dans le déroulement de l'histoire. Malgré tout une lecture fort agréable!

   David   
18/6/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Widjet,

J'aime beaucoup la géométrie du récit. Elle pourrait s'imaginer comme sujet d'exercice mais ici, ça tombe bien j'ai trouvé, c'en est un mais ça ne jure pas comme un artifice. Le titre est très bien parce que j'ai eu l'impression d'y tomber, dans cette embuscade. On peut "tomber malade", "tomber amoureux", "tomber dans une embuscade", etc. mais pas n'importe quoi non plus, il n'y a pas une infinité de ces "tomber".

Ma surprise est venu du point de vue de la fille, auquel je m'accordais comme un gant, et ça me semble voulu : en gros, je lis le premier point de vue et le second est le miroir ; au lieu d'un dénouement, d'une surenchère, d'un contre pied, je me retrouvais à me confondre dans le décor, comme si j'avais été assis à une table voisine durant la scène.

Je ne sais pas si je le dis bien, ce qui m'a surpris, c'est que cette histoire me semble à l'envers, à l'envers d'un truc chronologique : le nœud du récit est au début, sa première partie, et il est introduit, présenté, ouvert, invité, par la seconde.

Et le nœud, c'est un idéal amoureux qui serait sans doute apparu comme grossier - à gros trait, pas vulgaire - ou naïf comme une image d'Épinal, sans la géométrie du truc. C'est un "garçon et une fille", pas un "un homme et une femme" en plus, comme pour inviter à une certaine tolérance sur les sentiments évoqués. Au début, en s'asseyant à sa place, elle lui donne "en cadeau" un moyen de l'aborder, enfin, c'est l'écrivant qui fait ça bien sûr, avant de rajouter le même bouquin dans la main des deux protagonistes, de leur faire faire le même choix au "pierre papier ciseau" six fois de suite, de poser comme évident un jeu de questions réponses type Kamoulox, et le groupe sanguin commun par dessus le marché !

Bref, ça, ça aurait été immangeable pour conclure une histoire, une télénovela n'aurait pas oser, mais là, ainsi structuré, ça passe crème !

Et même le coup d'orteil dans la table me semble comme une gifle aux lecteurs : Oh ! Réveillez-vous ! C'est une histoire complétement insensée !

Et pourtant, comme la fille, je la garde cette histoire, je la défend contre mon bon sens... au moins le temps de la lecture !


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