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Policier/Noir/Thriller
widjet : Cette chanson
 Publié le 21/04/09  -  40 commentaires  -  6626 caractères  -  138 lectures    Autres textes du même auteur

Quand j'écoute cette chanson, il ne m'arrive rien.


Cette chanson


Il m’a dit « Je reviens dans vingt minutes ».


C’est ce qu’il m’a dit. Vingt minutes. Et il est parti. Mais, pas vingt minutes, c’était plus long que ça. Je… je sais pas… mais, c’était très long, comme une vie entière, ça finissait pas. Il m’a dit « Je reviens dans vingt minutes », mais c’était pas vrai, ça. C’était des mensonges.


Des mensonges de… de menteur.


Je suis rentrée dans sa chambre. Sa chambre est bleue. Il y a des avions partout autour, des tanks aussi, y en a plein partout. C’est pour veiller sur lui parce que moi je sais pas faire ça. C’est trop tôt encore. Trop tôt. C’est lui qui dit ça, que je suis pas encore prête… que…


… que je suis...


Mais ça va changer. Un jour, je serai prête. Un jour… bientôt je pourrai, je lui montrerai, et à lui aussi, je lui montrerai.


Oui, à lui aussi.


J’ai attendu devant la télé. Je me souviens qu’il y avait "Bip-Bip" et ce con de coyote. J’ai coupé le son parce que faut pas prendre de risque. Il ne faut pas. « Jamais tenter le diable » qu’il me dit souvent.


Jamais.


J’avais rien d’autre à faire que regarder la télé, couper le son et… et pas tenter le diable. Seulement attendre qu’il revienne. Seulement l’attendre, lui. Il m’avait dit « Je reviens dans vingt minutes ».


Il a menti.


Il a commencé à crier. Alors, j’ai remis le son de la télé, fort, plus fort pour pas entendre, mais j’entendais quand même. Les cris. Ses cris. Je suis restée calme, mais je savais pas quoi faire, j’avais peur… Quand j’ai peur, je… je mange mes mains, alors, j’ai mangé la peau de mes mains.


Et mes doigts… ont saigné.


J’ai pensé au disque. Écouter le disque, c’est ce qu’il faut faire. Il me dit tout le temps « Quand ça va pas, écoute la chanson ».


Cette chanson.


J’aime pas la musique, mais ce disque-là, c’est pas la même chose… c’est… c’est pas pareil. Quand j’écoute cette chanson, il ne m’arrive rien. Rien du tout. Elle veille sur moi, elle me protège comme les avions et les tanks dans sa chambre bleue, pareil, tout pareil que ça.

Je me suis levée pour prendre le disque, mais il était plus là, il avait disparu, je sais pas pourquoi, il est toujours là d’habitude, au-dessus du meuble chinois, toujours… Mais il avait disparu… disparu… Alors... alors...


… la pièce a commencé à tourner…


J’ai cherché, cherché, cherché… Je trouvais pas le disque, il avait disparu. Et les cris… ces putains de cris qui me transperçaient la tête… comme des aiguilles, des aiguilles de... de sorcier. Ma tête… mon dieu, ma tête était transpercée de partout... comme… comme…


… les poupées africaines.


Tout tourbillonnait… J’étais terrorisée. Il criait de plus en plus fort et il revenait toujours pas. Il m’a dit « je reviens dans vingt minutes ». Des conneries tout ça. Il m’a laissée toute seule… Faut pas me laisser toute seule, faut pas, c’est trop tôt… je suis pas prête encore, c’est lui qui l’a dit.


Mes yeux brûlaient. C’est ça, oui, ils… brûlaient à l’intérieur… ils fondaient comme de la cire, alors, j’ai enfoncé mes doigts dans mes oreilles, je les ai enfoncés tout au fond, jusqu’au sang, mais ça servait à rien parce que les aiguilles de sorcier, ça transperce quand même, ça passe au travers… oui, ça passe au travers…


Ça passe au travers de tout.


Et puis, tout s’est arrêté. Je sais pas. Je me souviens plus. Le noir. Je sais pas. Y avait plus d’aiguilles. Juste le silence.


J’aime le silence.


J’ai perdu l’équilibre. Je suis tombée, je me suis cognée contre le mur, alors, j’ai ouvert les yeux. Et je l’ai vu. Il était là, avec moi, dans sa chambre. Sa chambre est bleue et il y a des avions partout autour et des tanks aussi, c’est pour veiller sur lui


Parce que moi, je sais pas faire ça.


Il m’avait dit « je reviens dans vingt minutes ». C’était des sales mensonges, mais j’étais contente quand même parce qu’il était revenu. Il était revenu.


J’étais tellement contente !


Après… je sais pas ce qui s’est passé. J’ai pas compris. Il a crié, il a hurlé, alors, les aiguilles sont revenues. Je voulais pas… non, je voulais pas mais elles sont revenues quand même. J’ai dit « Le disque, je retrouve plus le disque ! ». Il m’a regardée avec quelque chose de… méchant dans les yeux, c’était… c’était horrible.


Il était devenu fou.


Il a crié encore plus fort, et… et il m’a frappée, il m’a giflée. Moi, sa femme, il m’a frappée. Il est tombé à genoux, il pleurait, il a répété « Mon Dieu ! » plusieurs fois, plusieurs fois.


Je… j’ai pas compris. J’ai rien compris.


Il l’a pris dans ses bras, il s’est mis à courir partout, comme un fou, il courait dans toute la maison. Je lui ai dit de faire attention parce qu’on court pas avec un bébé dans les bras, un bébé, c’est fragile… c’est… si fragile. Il me répète ça tout le temps. Il a appelé quelqu’un au téléphone. Je sais pas… je pouvais plus penser à cause des aiguilles de sorcier qui étaient revenues transpercer ma tête de poupée africaine.


Il a continué de crier et de pleurer. Moi, je suis restée dans sa chambre... Sa chambre est bleue, il y a des avions partout autour et… des… des tanks aussi, c’est pour veiller… Parce que… moi…


Et puis je l’ai vu. Il était par terre, juste à mes pieds. Le coussin. Oui. C’est ça. Le petit coussin bordeaux, celui du salon. Je… je sais pas… ce qu’il faisait là. Ce n’est pas sa place… Non, ce n’est pas sa place…


Et puis, j'ai eu très froid. Je tremblais de partout. Je sais pas pourquoi… Je comprends pas…


Pourquoi, je suis là ? Qu’est-ce que vous racontez ? Vous dites… n’importe quoi. N’importe quoi. Je… je vous aime pas de toute façon. Vous me faites peur, vous parlez trop, vous souriez… trop.


Je vous connais pas. Je… je comprends rien et vous parlez fort et moi… moi, je commence à avoir mal à la tête. Arrêtez de parler sinon les aiguilles vont revenir. Je veux pas qu’elles reviennent, vous comprenez ? J’ai besoin de dormir, il faut que je me repose. Où est le disque ? Vous l'avez retrouvé ? Vous entendez ce que je vous dis, où est le disque ?


Laissez-moi tranquille. J’ai pas besoin d’aide, je demande rien, je veux juste retrouver le disque. Il faut que j’écoute cette chanson, oui écouter cette chanson, c’est ce qu’il faut faire. Elle est très belle, vous savez.


Quand j’écoute cette chanson…


Rien... Il ne m’arrive rien.


_______________________


Pour écouter ce texte, c'est ici



 
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   victhis0   
21/4/2009
 a trouvé ce texte 
Moyen
une femme un peu abrutie qui ne comprend pas trop ce qui lui arrive ; je comprends la logique mais, du coup, me voilà aussi con qu'elle : j'ai quand même du mal à piger. C'est peut être voulu - j'espère sinon, je vraiment con !-. Ok, résumons-nous : elle à épousé une brute, elle a eu un enfant, elle se fait cogner...enfin je crois. Et puis il ui arrive quoi ?? on la retrouve où ??
Il y a bien une émotion du désarroi qui passe, ça oui. On sent bien aussi la peur, l'incompréhension, oui aussi. Mais la trame me semble un peu trop fine.
Faut que je me trouve un disque, un truc où, quand je l'écoute, ben je comprends ce que je lis en même temps. Ca va me faire du bien.

   Anonyme   
22/4/2009
 a trouvé ce texte 
Bien +
Je crois qu'elle a tué son bébé pendant une absence de son mari plus longue que prévue... Elle ne devait plus supporter ses cris...

Mais... en italiques c'est le bébé... Elle est folle à lier... et Il la laisse seule... (le papa)
La folie est trop grande pour la vraisemblance. Il n'y a pas de progressivité, et manifestement la folie n'est pas neuve...

Il me dit tout le temps « Quand ça va pas, écoute la chanson ».
Faut pas me laisser toute seule, faut pas, c’est trop tôt… je suis pas prête encore, c’est lui qui l’a dit.

J'arrive pas à croire à cette histoire... par contre ne jamais nommer le bébé pour la rendre plus forte avec le jeu des italiques était une bonne idée.
Le registre de langage bêbête est sans doute ce qui m'a le plus éloigné de la crédibilité.

Edit: au fait oui où il est ce disque qui lui est tant indispensable ?


Renseignement pris, la tessiture psychologique de le femme correspond à une personne atteinte de bouffées délirantes, ce qui est très difficile à vivre pour l'entourage et l'on peut effectivement raisonnablement penser que le père ait eu besoin d'aller faire un tour. Les 20 min n'en sont peut-être que 5 ou 25, aucune importance puisque la mère peut simplement avoir perdu la notion du temps. Même le disque, la chanson peut faire partie de son délire...

Voilà...

Il reste que pour lever ces détails, il nous manque le regard du père. Un regard en parallèle aurait été très intéressant...

Note revue en fonction de la cohérence, ça me semble logique.

   Anonyme   
21/4/2009
 a trouvé ce texte 
Moyen +
Je reste mitigée.
J'aime (meurtre =miam) et j'ai compris qu'elle aurait pas du rester seule si longtemps.
Mais où est passé ce putain de disque?*
et de quoi elle souffre exactement?
Je sais j'ai pas besoin de tout savoir mais ça m'intéresse...

Je pense avoir l'impression furtive de t'avoir déjà dit ce que je pensais de ton texte.
Mais je me répète : Pas mal finalement quand Widj fait du 2L ;-)
C'est encore un peu hésitant à mon gout... (oui je sais,...) j'aurais aimé plus d'horreur.

Parce qu'au delà de la folie, au delà des pointes africaines, y a l'horreur, l'épouvante... qui personnellement aurait du me frapper de plein fouet et ça ne me l'a pas fait (comme dirait Lio, les yeux secs devant un NouvelleStariste certes mignon mais avec une voix un rien fausse).

La confusion surement, le fait que tu perdes le narrateur dans son propre délire sans jamais nous donner de point de vue extérieur.
Du coup j'ai aucune césure.
Aucun trémolo dans l'histoire et le rendu donne confus et un rien plat.
Parce que ton émotion n'est que confusion et délire.

Oui, ça aurait pu le faire. Si ta narratrice n'était pas que faiblesses.

Bref, moi il me manque le côté crédible, la petite touche horrible qui m'aurait fait me mordre les mains au sang d'horreur et d'épouvante devant ce fait divers affreux.
Mais non.
Genre une évocation de l'attachement à l'enfant, une anecdote qui tue (genre le canibale japonais qui s'était régalé des "parties charnues de la hollandaise"), enfin et surtout un crescendo dans l'horreur qui n'est pas là.

Désolée Widj, j'aime l'histoire, mais je trouve que sur la forme tu aurais pu mieux faire.
Désolée.


*vulgarité gratuite mais interrogation sérieuse...

   Xrys   
21/4/2009
 a trouvé ce texte 
Moyen
Bien aimé le sujet, bien aimé aussi le manière dont c'est traité; Le point de vue de la femme et "la bouillie dans sa tête"

Toutefois cela manque de profondeur justement. Parce qu'elle ne se rappelle rien ca c'est normal mais justement le lescteur a du mal et surtout parce que le folie est juste effleurée. Je m'explique : j'ai eu l'impression que c'était quelqu'un de sain d'esprit (enfin lol à peu près) qui la faisait s'exprimer et ça a tout gâché. Et puis le type qui la laisse seul c'est pas crédible et qu'il la frappe avant de s'occuper du bébé pareil.
Donc que dire ben à refaire snif

Xrys

   coquillette   
21/4/2009
 a trouvé ce texte 
Bien
L'histoire me plaît.
Cependant, à la première lecture, il manque quelque chose. Je suis arrivée au bout, je n'ai rien ressenti de particulier.

Seconde lecture.
C'est très bizarre ce qui se passe alors.
De deux choses l'une, ou le disque est à sa place et comme elle est paniquée, elle ne le voit pas.
Ou... le disque n'est vraiment plus là... parce que la mari l'a caché sachant ce qui ne manquerait pas d'arriver au cas où le bébé se mettrait à pleurer avant qu'il ne revienne.
Je ne sais pas à quoi c'est dû, mais si j'étais flic intervenant sur cette affaire, c'est le mari que je regarderai de travers.
Si je lis la nouvelle dans ce sens là, elle est implacable, redoutable et excellente.

Si je la lis dans le sens des flèches => la maman est cinglée et elle a "gaffé" alors il manque vraiment quelque chose.
Cette image des poupées africaines, est à mon sens, un peu trop intellectualisée pour une femme qui a un QI tel que le sien.
Elle ressent la douleur mais de là à concevoir l'effet induit par des aiguilles plantées dans le corps d'une poupée... c'est délicat. (c'est juste mon avis)

Ensuite, il manque (de toute façon, dans l'une et l'autre lecture) la progression qui la fait aller du salon où elle cherche le disque à la chambre de l'enfant.
Je pense que cette recherche du disque est capitale pour elle et qu'elle devrait mettre la maison sans dessus dessous pour le retrouver.
Elle sait très exactement ce qu'elle doit faire et ne peut pas faire, alors je pense vraiment que ce salon elle aurait dû le retourner. Pour trouver ce disque.

Il y a d'abord le silence. Donc tout s'est tu : la télé et le bébé. Ensuite, elle perd l'équilibre. Et c'est là qu'il manque quelque chose. Elle l'a occulté. Mais l'auteur aurait pu se glisser dans cet interstice et raconter. Même en pointillé. Le noeud de l'histoire, celui qui recèle toute l'angoisse de la nouvelle et la montée d'adrénaline du lecteur est ici.

A mon humble avis évidemment.

   Selenim   
22/4/2009
 a trouvé ce texte 
Bien
Une histoire simple, savamment mise en scène.

La femme doit souffrir d'un forme d'autisme. Elle a des rituels précis qui structurent son quotidien.
La chanson, le rituel d'apaisement.
Le bleu de la chambre, les tanks, les avions: des repères matériels, rassurant, toujours à leur place.
La tv, les mêmes programmes, immuables.

Rien d'humain ou de vivant. Des objets inertes, un temps définit, inaltérable.

Les 20 minutes: première fissure dans la mosaïque parfaitement composée. Le mari ne revient pas, les repères s'effilochent. Le disque, l'apaisement, est introuvable.
L'objet a surement été déplacé par inadvertance. Autre fissure dans la réalité.

La femme revient à ses repères fondamentaux pour garder son calme, mais les cris du bébé la terrifient.

Un bébé vivant, organique, chaotique.

Crise de panique. Elle est perdue, ses repères ne sont plus assez forts pour l'ancrer dans la réalité.

elle prend le coussin du salon et étouffe le bébé pour que les cris s'arrêtent.
Les hurlements éliminés de l'équation, elle retrouvent son calme.

Papa rentre et constate le désastre.

La fin doit se dérouler devant des médecins qui essayent de comprendre le meurtre.

Au final, un texte malin qui nécessite plusieurs lecture pour être bien assimilé.

Rainman sans Tom Cruise, c'est quand même mieux...

   solidane   
21/4/2009
 a trouvé ce texte 
Bien +
Et bien moi j'ai aimé. Ai-je tout compris, loin de là, mais ça n'a aucune importance. Il est des fois où l'émotion prime sur tout (pour moi bien sûr), la compréhension prend d'autres chemins, c'est tout. Et elle était là cette fichue émotion. La poupée vaudou je l'ai vue venir, ça ne m'a pas empêché de ressentir les aiguilles. Quelle est le QI de cette femme, aucune idée, la folie ou autre chose ne s'embarasse pas d'une simple mesure de l'intellect. J'ai autant entendu la voix d'une enfant que celle d'une femme adulte, et après, la douleur est bien là : "Laissez-moi tranquille. J’ai pas besoin d’aide, je demande rien, je veux juste retrouver le disque".
Enfin dans un tout premier temps, cette voix simple que j'ai plus associée à une enfant, m'a laissé dubitatif, et bien, elle aura eu raison de mon doute.

   nico84   
21/4/2009
 a trouvé ce texte 
Bien +
Belle petite nouvelle à lire et relire une deuxiéme fois pour tout appréhender. Une femme déboussoler aux portes de la folie, un homme desespéré ...

Un enfant innocent et victime. Une atmosphére dingue, un acte fou, tout bascule. La forme m'a plu, bravo widjet !

Edit : J'ai aimé ton écriture aussi torturée que cette femme.
Petit bémol sur la longueur tout de même. Et j'aurais aimé que tu explicites un tout petit peu même à la fin.

   FredericBruls   
21/4/2009
Wid, tu vas être content ! Je t'ai lu, et je dois t'avouer que je n'avais rien compris à la première lecture de cette nouvelle ! Je me suis dit que j'étais le roi des débiles ; alors j'ai relu une deuxième fois et la clarté s'est faite dans ma tête noire et visqueuse. Enfin, il y a encore quelques zones d'ombre, hein, mon grand ! Ceci dit, je suis sûr que de ta part c'est recherché. Tu as voulu suggérer, laisser le lecteur recoudre la trame. Tu as voulu laisser la place à l'émotion brute, ne pas trop disséquer la vie de ce couple. Pour ma part, c'est plutôt réussi, même si beaucoup de choses m'ont échappé et m'échappent encore. Enfin, comme je suis nul dans ta partie, je vais m'arrêter là ; j'ai déjà dit assez de c*** !

   Anonyme   
21/4/2009
 a trouvé ce texte 
Moyen -
Je n'ai lu qu'une fois. Je pense qu'à trop vouloir être allusif, tu risques de te diriger droit vers l'opacité et de perdre le lecteur en route. Alors, d'accord, il se fait son film dans sa tête, c'est bien de laisser de la place à son imaginaire, mais trop c'est trop. Plus de chair n'eut pas nui.
Décevant.

   FABIO   
21/4/2009
 a trouvé ce texte 
Bien
J'ai pris ma part de plaisir a cette lecture
Un texte subtile, dès le début j'appréhendais une chute assez grave
mais vous savez tenir vos lecteurs en haleine. Une technique qui fait mouche , enfin pour ma part. Fatalité, démence, inconscience,amour contrarié,impuissance; toutes ces choses que vous avez dosés intelligemment.

   Alexandre   
21/4/2009
Bonjour Widjet ! Un voyage dans les méandres d'un cerveau perturbé dont on ne sort pas soi même complètement indemne ! En résumé, un texte qui ne laisse pas indifférent, dans une dimension difficile à appréhender.

   clementine   
21/4/2009
Ben moi j'ai beaucoup apprécié ce texte qui sort un peu des sentiers battus, qui nous confronte à la folie.
La folie n'a pas de QI, la folie ne peut être comprise, appréhendée par un esprit sain. "C'est le propre de "la folie".
J'ai aimé cette progression dans la compréhension du récit qui nous mène jusqu'au cauchemar; la mort d'un enfant.
La mort d'un enfant par sa mère qui n'a même pas conscience de l'avoir donné.
Le disque, la chanson, les 20 mn ne sont que prétexte à cette horrible réalité.
Les répétitions dans la "tête" de la mère nous aident à pénétrer son mental et nous poussent aux portes de l'incompréhensible.
Perturbant.
J'ai aimé.

   xuanvincent   
21/4/2009
 a trouvé ce texte 
Bien
PS : Une nouvelle lue par Titeffe... ce n'est pas tous les jours ! Merci Titeffee pour cette belle lecture.

Chat échaudé.... Ne comprenant pas trop l'histoire lors de la première lecture, je l'ai relue plus attentivement, en essayant de trouver les indices qu'aurait pu laisser l'auteur. Le "il" en italique m'a paru être une piste intéressante. Pas mal j'ai trouvé, l'idée de semer la confusion entre deux personnages masculins !

L'adresse au lecteur, par l'usage du "vous", vers la fin du texte, a attiré mon attention. Jusqu'à ce passage, on pouvait penser à une personne parlant seule ou à un récit de journal intime. Qui est ce "vous" ? On ne sait pas trop (une, plusieurs personnes, réelles ou imaginaires ?).

Au final, je suis partagée. D'un côté, j'ai apprécié la manière dont le récit est mené, efficace ainsi que l'écriture, soignée comme souvent. J'ai retrouvé le style de widjet, ce qui m'a plu. De l'autre, il me reste des points obscurs dans cette histoire et la manière simple de s'exprimer (sauf dans certains passages) m'ont fait me demander pendant un moment si la narratrice était un enfant (ce qui est démenti plus loin dans le texte).

   Kaos   
21/4/2009
 a trouvé ce texte 
Bien +
Un texte vraiment étrange et pour tout dire qui m'a dérangé, ce qui est rare.

Ce n'est pas le style qui m'a mit mal à l'aise, j'aime beaucoup cette façon très heurtée d'écrire, de peindre la folie d'une femme obsessionnelle.

Non ce qui m'a vraiment gêné c'est que cette folie fait "trop" vraie, et fait peur. On ne sait pas avant qu'elle ne le dise que c'est une adulte qui parle, et c'est encore plus angoissant parce qu'autant les délires d'une enfant m'auraient moins glacés (parce que plus "naturels"), autant ceux d'une adulte me terrifie parfois.

Bref, j'ai aimé ce texte parce qu'il est vraiment hors normes, mais ce malaise final me laisse un peu perplexe. Voulu ou pas? Qui sait...Si oui, alors un grand bravo.

   Livet   
21/4/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
J'y étais. Avec elle. Dans son délire ! c'est fort ! J'aurais souhaité avoir eu l'idée en premier, je suis un peu jaloux ! Bravo . Il n'y a rien à ajouter, rien à enlever. (le disque c'est comme tout ce qu'on recherche en urgence : jamais au bon endroit quand il le faut )

   Anonyme   
21/4/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
J'ai eu du mal à entrer dans ce texte. Les fautes volontaires de facilitent pas la lecture. Je suis quand même allé jusqu'au bout.
Mais il m'a fallu une seconde lecture pour bien comprendre.
J'ai bien aimé le coup des aiguilles.
La narratrice cherche à les qualifier, et trouve: "des aiguilles de sorcier".
La fin est géniale.
"Quand j'écoute cette chanson
Rien... Il arrive rien"

   liryc   
21/4/2009
 a trouvé ce texte 
Bien
Bien pour le rendu d'un climat qui m'a placé directement en situation avec mon lot d'hypothèses, toutes écartées à la fin. Tu nous as encore bien eu :-)

   TITEFEE   
21/4/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
QUAnd je pense que tu me reproches de ne pas te commenter, !! Mais mon cher ce serait te donner trop de lecture pour un texte qui somme tout a eu les faveurs insignes de tes lecteurs
Je n'ai pu pour te prouver que j'ai aimé et compris le sens de cette malheureuse histoire d'infanticide post partem, te lire ton texte à haute voix...
J'espère que ce sera audible car j'ai enregistré avec mon ordi portable et c'est pas top pour le son

http://sd3.archive-host.com/membres/up/1086141494/WIDJET.mp3

   myrtille   
21/4/2009
Je n'ai pas fait attention à l'italique, alors pour moi les cris venaient de l'homme. Autant dire qu'à la première lecture je n'avais rien compris.
Par contre j'attendais avec elle, j'étais "dans sa tête", ça je suis bien rentrée dans le jeu, avec la répétition des "vingt minutes", du mensonge/menteur...

   marogne   
21/4/2009
 a trouvé ce texte 
Exceptionnel
Glaçant!

On compprend assez vite l'horreur, mais on y scotché. Du stephen King (et je viens de lire hier soir le passage ou Patrick tue son frère... je ne sais pas si c'est une transcription, mais même si s'en est une c'est parfaitement réussi).

   Anonyme   
22/4/2009
 a trouvé ce texte 
Moyen
Franchement, c'est pas d'une clarté à toute épreuve, c'est le moins qu'on puisse dire. Suis peut-être pas trop futefute mais j'ai eu du mal à comprendre "l'histoire", trop allusif pour moi. Je suppose que c'est une mère qui a étouffé son enfant avec un coussin et qui sombre dans la folie. Mais je ne suis pas sûr, pourquoi la violence du mari, pourquoi les "italiques" pour désigner le mari(?) et le bébé(?) ?
J'avoue ne pas avoir trop accroché à l'écriture non plus. C'est assez pénible à lire, cette accumulation de questionnement, de "je ne sais pas" de la bonne femme. Moi ça m'a pas trop parlé en tout cas. Pas compris l'intérêt du "je reviens dans vingt minutes", pas compris le rôle jouer par le disque et la chanson (sûrement important vu le titre de la nouvelle)... Bon en fait j'ai pô compris grand chose.
Suis un peu déçu, je lirais la prochaine!

   Anonyme   
22/4/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
Trois fois rien, une chanson c'est trois minutes. trois fois rien, en boucle, comme Les roses de Picardie chez Japrisot dans L'Eté meurtrier. Trois fois rien, mais un style comme j'aime, dépouillé, à fleur de tout. Faut appuyer sur la touche "repeat one" et se laisser griser. Dans ce texte y a trois fois rien et pour moi c'est l'essentiel, j'aime la cuisine des pauvres. Bravo Widjet, tu es de retour, à mon sens !

   colibam   
22/4/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
Plongée en eau trouble délicieusement dérangeante !

Widjet nous permet d'effleurer l'intimité mentale d'une allumée, visiblement frappée par des bouffées de psychose délirante.

La réalité psychique, cauchemardesque et destructurée, est très bien retranscrite. Madame Folledingue s'exprime comme un disque rayé, noyée dans ses angoisses destructrices.

Cette lecture a résonné sur une nouvelle qui mijote dans mes cartons. Je n'en dis pas plus...

J'aurai juste aimé une autre fin, un épilogue amené par le mari, un gendarme, un voisin, un article de journal.
Mais après tout, il est agréable qu'un certain trouble persiste.

   Menvussa   
22/4/2009
 a trouvé ce texte 
Faible
Bienvenue chez les barges.

Déroutant, parce que le lecteur appliqué que je suis, je l'ai tout de même lu deux fois, n'a rien compris. Elle est folle, schizophrène, parano, ou un mélange des deux. Son mec se casse, mais est-ce bien son mec, elle débloque, il revient, l'auteur nous parachute un bébé, et là, on suppose un drame, elle tue le mec, le bébé, (si il existe vraiment), les deux, pourquoi pas, elle est entendue par les enquêteurs... Non W, ça ne colle pas, tu en demandes beaucoup trop au lecteur, tu lui demande d'écrire l'histoire à ta place.

Trop de répétitions, oui, je sais, c'est voulu pour montrer l'état de délabrement mental du personnage, mais trop c'est trop, le lecteur n'est pas barge, lui, et il sature.

"Mais ça va changer. Un jour, je serai prête. Un jour… bientôt je pourrai, je lui montrerai, et à lui aussi, je lui montrerai." Que vient faire ce : à lui aussi ???

À la fin, j'avais presque envie de dire, mais donnez-lui son disque qu'elle nous fiche la paix.

Bon, tu aimes la franchise, tu a les tripes pour encaisser, je ne dirai pas que c'est nul, c'est pas prévu dans la notation...

Alors sans rancune parce que en général j'apprécie plutôt beaucoup, voire plus encore, tes textes mais là... Ça ne passe vraiment pas.

Ben merde alors... Je viens de regarder les autres notes... Bon ben tant pis, je ne change rien.
Après avoir relu, j'enlève tout de même le très (exagéré)

   jensairien   
22/4/2009
 a trouvé ce texte 
Moyen
je sais pas, c'était, un cri, oui, comme ça, derrière la souris, je lisais, tout à tourné, j'ai attendu, j'ai pas compris, à la fin ça c'est arrêté, ça sonnait de partout. Je suis allé ouvrir. Ouf, j'étais soulagé, c'était juste Widj qui voulait me faire peur!

   Flupke   
24/4/2009
 a trouvé ce texte 
Bien -
Pas trop accroché sur ton texte. Assez obscur après une première lecture au point que je suis allé sur youtube pour voir la version japonaise sous-titrée en Suédois, mais là, pareil au bout de deux minutes j'ai décroché. Mais Widjet étant un auteur classique, les exégèses de ses textes sont toujours bien nourries et elles m'ont un peu aidé à mieux saisir l'intention, avec toutefois un léger décalage temporel. Une compréhension, en direct, pendant la lecture, m'eût davantage plu.
Amicalement,
Flupke

   Bidis   
27/4/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
Scotchant.
Pour ma part, j'ai trouvé cela clair sans être explicite. Comme j'aime bien être déstabilisée, ça a été un bon petit moment de lecture.

   Marite   
27/4/2009
Bonjour Widjet L’histoire n’est pas facile à suivre et pour l’écrire ce doit être assez « épuisant ». Il faut pouvoir imaginer… ! pas si simple je pense. Le déséquilibre de la jeune femme est à mon sens bien rendu. C’est un peu vertigineux même. Cependant, s’il y avait, quelque part dans le texte, quelques phrases qui permettent au lecteur de se raccrocher au monde normal ce serait plus confortable pour lui.

   horizons   
2/5/2009
 a trouvé ce texte 
Bien -
Je suis partagée. J'aime beaucoup le monologue lancinant, répétitif, un peu naïf qui crée habilement le personnage de la femme (pas de description par ailleurs) mais je ne comprends pas l'histoire. Elle est simple d'esprit ? Folle? Victime de Vaudou? Elle tue son bébé?
J'ai l'impression d'avoir loupé un truc, là...

   Sallymara   
11/5/2009
 a trouvé ce texte 
Bien +
Ce que j'aime dans ce texte, c'est le style de cette narratrice qui souffre à l'évidence d'un trouble mental (un côté RainMan, dans sa rhétorique) et qui s'exprime avec un vocabulaire de 100 mots, avec ses phrases obsessionnelles. Après, reste la vraisemblance qui est discutable mais c'est un texte que j'ai trouvé "captivant", parce que le lecteur reste captif d'une prison de mots. Il se cogne aux murs des idées fixes de la narratrice.

   David   
13/5/2009
 a trouvé ce texte 
Bien +
Bonjour Widjet,

Sur le chemin du comble de l'horreur, il y a des tas de poncifs qui remplissent parfois les journaux télévisés, mais ces histoires là, elles apparaissent à peine, quelques lignes dans la presse régionale. Ça provoque un quasi silence, un drôle de respect, du genre qui s'impose, le respect, même là où il ne pèse pas lourd.

En plein dans le mille de l'inimaginable.

   LeopoldPartisan   
5/6/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
J'aime bien cette ambiance de cauchemard climatisé et de petit drame d'une vie quotidienne où tout dérape, disjoncte. J'ai été capté du début à la fin. Fin qui laisse tellement de point de suspension où l'imaginaire du lecteur peut vraiment ébauché une série de scénarii différents. L'ambivalence et l'ambiguïté sont assez comment dire, allez je me lance jouissive... Très politiquement incorrect et assez cyniquetographique. Au fait et tout à fait entre nous: c'était quoi cedisque qu'elle voulait écouté ?

   florilange   
12/6/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
La 1ère lecture a été dérangeante & a posé des questions.
La 2nde lecture a été lumineuse. On comprend tout. Si tant est qu'on puisse comprendre la folie... Mais l'histoire, elle, oui. Pour moi, ce n'est pas grave, de relire, je n'étais pas obligée, seulement parce que je voulais vérifier les procédés d'écriture, excellents. (Je relis bien Proust, mais là, c'est par obligation, car la longueur des phrases... bref, c'est pas toujours très clair!)
Bravo, widjet, ce texte m'a fortement remuée : comment peut-on se mettre à ce point à la place d'1 femme dans cet état? Mystère.Florilange.

   Togna   
15/7/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
L’est devenu ouf, le Widj’ ! Et moi j’suis vénèr, rien à me mettre sous le chicot…
J’ai été dedans tout de suite, je l’ai vue cette femme. L’écriture sans fioriture, concise, convient parfaitement à l’utilisation de la première personne, indispensable pour ce genre. C’est bien vu d’avoir utilisé l’italique pour les pronoms et adjectifs en italiques se rapportant à l’objet (si je puis dire) du drame. Ils évitent la confusion possible entre personnages.
Bravo et merci maître W.

   jphil   
15/7/2009
 a trouvé ce texte 
Bien
Bonjour,
J'ai bien aimé ce texte, j'aime bien l'idée de voir cette tragédie sous l'angle de la femme. J'ai été un peu perdu pendant un moment entre les deux "il", le fils et le père, mais très vite, les choses se sont imbriquées et, de son point de vue à elle, tout cela est très cohérent et sa démence me semble bien rendue. J'aurais peut-être mis Il a recommencé à crier, pour souligner le fait que peut-être les hurlements n'étaient pas nouveaux et qu'elle les redoutait, mais sinon, franchement ça m'a plu.

   jaimme   
23/7/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
Mon quick time a planté! Pfff.
Mais j'ai lu le texte à haute voix... Et j'ai eu du mal à finir.

L'abus de Widjet est dangereux. Je confirme.

   calouet   
16/10/2009
 a trouvé ce texte 
Bien
Un texte coup-de-latte-dans-la-gueule... En peu de mots, en peu de temps tu arrives à bien nous immerger dans ce monde de tarés. L'histoire en elle-même est assez nébuleuse, mais comme un politicien ne raconte jamais une connerie par hasard, je suis persuadé que tu voulais qu'il en soit ainsi... Moi ce que j'en comprends c'est que cette femme est maltraitée, tarée, et vient de faire du mal à son gosse, lorsque sa brute rentre enfin à la maison... Enfin, c'est ce que j'ai eu envie d'en déduire, sans doute.

Je suis globalement plutôt fan, c'est adroit comme écriture, comme rythme. un gros bémol quand même, me concernant : la ponctuation est vraiment caricaturale. Je comprends bien l'idée force de ton traitement, mais trop c'est trop. Parfois, les phrases coupées en deux par des points de suspension ne s'imposaient pas. Comme ce "Et mes doigts… ont saigné."

Mais ça reste d'un niveau largement correct. Merci pour la lecture WidJJJJJet...

   zorglub   
23/4/2010
 a trouvé ce texte 
Bien +
Le texte est glaçant, et il laisse le lecteur avec une réelle sensation de vide après ce voyage dans l'univers de la folie.

L'écriture est par contre tout de même touffue, et il m'a fallu deux lectures attentives pour comprendre à quoi se réfère chaque chose.

Cela contribue bien sûr beaucoup à l'impression de folie qui est très bien rendu dans le texte, et cela crée également un véritable mystère, qui, lorsque l'on comprend et qu'il se brise, donne toute sa dimension horrible au texte.

Néanmoins, c'est c'est tout de même un frein non négligeable à la lecture, ce qui tempère quelque peu mon "enthousiasme" pour cette nouvelle

   tybou   
8/5/2010
 a trouvé ce texte 
Bien +
beaucoup de répétition mais qui font sans doute partie de ton style en tout cas j'ai eu plaisir a lire ta nouvelle

 

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