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Humour/Détente
widjet : Conversation de bureau
 Publié le 12/02/09  -  21 commentaires  -  23745 caractères  -  93 lectures    Autres textes du même auteur

Anita venait de me plaquer. Et puis, ça est arrivé...


Conversation de bureau


J’étais tranquille, je ne faisais rien. Enfin si, je sombrais. Lentement. Trop lentement à mon goût, d’ailleurs. Seul commandant sur mon navire du désespoir, capitaine pathétique sur le vaisseau de la désolation, je faisais naufrage en m’accrochant à mon éthylique bouée de verre. Scotchant sa bouche contre la mienne, le brave Johnny Walker me maintenait à flot ; presque malgré moi qui demandais qu’à couler à pic.


Anita venait de me plaquer pour de bon. Cette fois, c’est sûr, elle ne reviendra pas.


Je veux bien relativiser. Oui, je veux bien. Je ne suis pas le premier type à se faire plaquer par sa gonzesse. Ça arrive tous les jours. Il y en a même qui se cassent avec votre meilleur copain ; humiliation suprême que m’a épargnée Anita (même si la tâche aurait été sacrément balèze puisque Tristan, mon pote de toujours, n’a d’yeux que pour Elton John).
Il n’empêche qu’en prenant tout le recul nécessaire, en essayant de banaliser ce qui vient de m’arriver, je ne peux pas, non vraiment pas, me considérer comme une victime ordinaire. Ce qui fait de moi un cas tellement plus atypique que le commun des largués n’est pas tant le fait que ma femme se soit barrée avec un type de vingt ans son aîné ; non pensez-vous, c’est que cette infâme perverse névrosée m’ait quitté pour un proctologue. Un proctologue, putain ! Faut pas être ébréchée du cervelet pour partir avec un gars qui fait un job pareil ?


Bref, tout ça pour dire que j’étais peinard et que mon activité du moment était de noyer mon chagrin et ma salive dans du whisky d’honnête qualité. C’est à cet instant-là, à peine deux heures après qu’Anita ait pris sa Samsonite et claqué la porte derrière elle, que l’autre évènement de la soirée s’est produit.
Affalé sur mon sofa, je l’ai vu se tenir devant moi. Mes pupilles arrosées d’alcool et de larmes ont vaguement distingué un corps de couleur foncé aux proportions inégales sur lequel reposait une tête difforme et sans cheveu. Une gueule pas possible, quoi. Ça s’est assis sur le canapé caramel qui me faisait face et m’a regardé de son œil unique puisque l’autre était dissimulé derrière une espèce de chiffon sombre.
J’ai écarquillé mes yeux pour tenter d’apercevoir clairement le truc qui venait de s’incruster chez moi. Après quelques efforts de concentration, l’image se fit plus distincte. La chose éborgnée continuait de me fixer avec attention. Même dans l’état d’ébriété dans lequel je m’enlisais, je sus d’entrée que ça n’avait rien d’humain. Tous ses membres étaient flasques. Son nez était ramolli, sa bouche tombante, ses oreilles immenses pendouillaient comme une vieille paire de couilles et le reste de sa peau était distendue. Je remarquai aussi que son corps à la pigmentation brune avait des auréoles, des taches noires et d’autres toutes blanches. Avec moi avachi, l’esprit imbibé et le regard idiot, on tenait là un joli tableau de larves.


- Bonsoir, me dit la créature d’une voix mollassonne en se grattant le sommet de son crâne déformé.

- Salut, mon gars. Qu’est-ce que tu fous chez moi ?


La chose ne parut pas surprise de ma remarque.


- Permettez-moi de vous corriger. Je suis également dans ma maison. Depuis un an, jour pour jour. À quelques minutes près.

- Sans blague. T’es qui, au fait ?


La créature s’est levée de mon siège et s’est inclinée avec respect. Je remarquai sur le dessus de sa tête dégarnie plusieurs entailles qui ressemblaient à des lettres d’imprimerie.


- Je vous prie de m’excuser, dit-il. Je ne me suis pas présenté. Mon nom actuel est Mobilik.

- Pourquoi pas, fis-je en prenant une nouvelle gorgée de whisky. Et, t’es un extraterrestre, c’est ça ?

- Affirmatif. Enfin, j’appartiens à une des nombreuses civilisations que vous, Humains, qualifiez de « non identifiées ». Notre espèce est celle des Ummites.

- Tu m’en vois ravi, Mobylette, mais…

- Mobilik.

- Comme tu veux. Tu cherches quoi au juste, à part m’emmerder pendant ma biture ? T’es venu m’enlever ?

- Absolument pas, s’est défendu la créature en agitant ses mains dont les longs doigts flétris semblaient ne plus avoir d’os. Je venais juste vous dire au revoir. Après pratiquement une année de cohabitation avec vous, je m’apprête à retourner sur Ummo.

- Ummo… Ta planète ?

- Affirmatif, dit-il en frottant l’index sur le haut de son crâne. Ummo est située à une quinzaine d’années-lumière de la Terre.


La tête penchée en arrière et la bouche grande ouverte, je laissais l’eau de vie couler dans mon œsophage dans un bruit de tuyauterie. J’avais beau boire comme un trou et, tel un vampire, sucer le sang alcoolisé de la bouteille, j’étais encore en pleine possession de mes moyens. Je n’avais ni épongé ma soif ni effacé le visage diablement angélique d’Anita. Pour la première fois, ma capacité à encaisser l’alcool ne faisait pas mon affaire. Frustré, j’ai pris une autre gorgée de mon breuvage thérapeutique écossais puis m’exclamai :


- Attends… Attends un peu, mon colon… Tu as squatté un an ici ?


La créature regarda son poignet comme s’il était serti d’une montre imaginaire et répondit de sa voix nonchalante :


- 364 jours, 23 heures, 49 minutes et 17 secondes exactement.

- Mais t’étais planqué où, bordel, je t’ai jamais vu ? Pourtant, une tronche comme la tienne…


La chose émit un son étrange - mélange entre la quinte de toux et le grincement métallique d’un portail - qui sortit de sa bouche tordue. Un rire venu d’ailleurs.


- J’étais presque sur tout votre mobilier de bureau, mais principalement sur votre table de travail.

- Sur mon bureau ?

- Sur, sous, dans votre bureau, compléta l’extra-terrestre. En fait, j’étais votre bureau.

- Mon bureau ?... Tu étais… mon bureau ?

- En très grande partie, oui. Mais quelquefois j’ai été votre siège là-bas, dit-il en me désignant une petite chaise rembourrée que j’avais achetée chez Habitat, votre bibliothèque que votre tante maternelle Yvonne vous a offerte, mais également votre meuble de rangement un peu bancal qui se trouve derrière vous… Bref, la quasi-totalité de votre mobilier. D’où mon nom de reconnaissance. Mobilik.


Voilà qui expliquait sans doute l’apparence toute gondolée de mon visiteur. À force d’épouser la silhouette de mes fournitures, l’extra-terrestre avait fait péter toutes les coutures de son épiderme. Au prix d’un gros effort, je me redressai un peu. Je me frottai les yeux puis me penchai vers cet être bizarroïde pour l’examiner d’un peu plus près. Au milieu de son torse, on pouvait voir des cercles de circonférences différentes puis un peu en dessous, au niveau de son abdomen il y avait des marques noirâtres ou, au contraire, plâtreuses.


- Traces de graisse, de café, de boissons gazeuses, de Typex, dit la chose d’un ton las comme si elle avait lu dans mes pensées.

- Je t’ai pas épargné, mon salaud, lançai-je en étouffant un rot et m’écrasant à nouveau sur mon fauteuil.


Les traits dégoulinant de sa figure se contractèrent légèrement.


- C’est bien peu comparé à cette douleur, me dit-il sèchement en me désignant le bandeau noir qui recouvrait son œil.


Il m’apprit alors que je lui avais crevé l’œil gauche en plantant un compas sur le dossier de mon bureau le mois dernier.


- Ah, mais pourquoi t’as pas choisi de te foutre dans un autre objet ? observai-je. Avec le boxon qu’il y a chez moi, tu avais de quoi faire…


Mon visiteur a fait la moue, recouvrant son flegme :


- Voyez-vous, nous n’avons guère le loisir de manifester nos préférences. C’est déjà un privilège d’être choisi pour faire ce voyage. Et puis, personnellement je n’imaginais pas courir un grand risque. Songez à nos jeunes stagiaires qui eux se sont vus attribuer des fonctions bien moins valorisantes et plus compromettantes pour leur santé.

- Sans déc ? Comme quoi ?

- Il y en a tant ! s’empressa de répondre la créature. Les vêtements, les produits de toilette, certains instruments…

- Des instruments ? Arf, tu as eu tort, mon gars. Je bichonne ma guitare plus que ma fichue vie.

- Je ne faisais pas seulement référence aux instruments de musique, mais à tous les appareils.


L’intrus toussota, embarrassé avant d’ajouter :


- Y compris les accessoires de santé.


Le cerveau au ralenti, j’ai réfléchi à sa remarque quelques secondes puis je sentis un frisson d’effroi parcourir mon échine.


- Putain non ! Pas dans mon thermomètre, merde ! Bande d’enfoirés, vous n’avez aucun savoir-vivre ou quoi ? Vous pensez à ma dignité, espèces de vicelards à la con ?

- Négatif, rétorqua-t-il offensé. Au même titre que nous n’avons pas demandé l’avis au pauvre intérimaire qui a dû passer une heure par jour pendant deux semaines dans votre orifice anal lorsque vous étiez fiévreux cet hiver. Ce sont, hélas, les inconvénients de notre profession.


Il s’est écoulé plusieurs secondes. À mon grand regret, mon état d’ébriété n’empirait pas. À nouveau, l’extraterrestre retrouva son calme et sa courtoisie :


- Permettez-moi de vous avouer ma stupéfaction, fit-il en se démangeant à nouveau la tête.

- Comment ça ?

- Vous n’avez guère l’air surpris par mon existence ni par mes propos.

- En d’autres temps si, mais pas ce soir. Ma copine vient de me quitter pour un proctologue alors tu vois, Moby Dick, plus rien ne m’étonne.

- Mobilik, je vous prie. Un proctologue ?

- Parfaitement, ma couille. Pas un docteur lambda, un vulgaire pédiatre, un généraliste à la con. Pas même une putain de sommité genre un neurochirurgien. Nan, nan. Un proctologue. Elle a pas seulement voulu me piétiner le cœur, elle a fait en sorte que je sois aussi la risée de tous les mecs pour des décennies. Elle a fait fort, la garce. Un proctologue, tu te rends compte ? Un proc-to-lo-gue. Un trou du cul, quoi.

- Enfin, si je peux me permettre, vous n’avez pas été de la plus grande loyauté non plus.

- Mmmh ? dis-je en engloutissant mes paroles dans une autre lampée.

- Je suis au regret de vous signaler, pour le cas où vous l'auriez oublié, que vous avez trompé votre conjointe à maintes reprises. J’étais là. Vous savez, de temps à autre j’ai aussi été votre lit, fit-il en grimaçant et se malaxant derrière la nuque comme pour me rappeler ce que je lui avais fait endurer.

- Et alors ? Tu t’es jamais gouré de gonzesse une fois ou deux dans ta planète d’Homo ?

- Ummo, rectifia-t-il.

- Peu importe. Bah moi si. J’y peux rien, je suis un garçon étourdi.

- Ne vous justifiez pas. De toute manière, votre vie ne me regarde pas. Ou plutôt ne me regarde plus, devrais-je dire.

- Te bile pas, le martien. De toute façon, je comprends walou à ce que tu baragouines.

- Laissez-moi vous expliquer, poursuivit la chose. Voyez-vous, ma présence et celle de mes collaborateurs Ummites dans votre lieu de résidence n’étaient pas fortuites. Nous avions une mission. Une mission d’une extrême importance.

- Sans rire ? Laquelle ?

- Vous connaître, répondit-il en esquissant ce qui me parut être un sourire.

- Me connaître, moi ?

- Non, pas seulement vous. Votre peuple.


Le geste mal assuré, j’approchai la bouteille sur mes lèvres et avec avidité, je tétai le goulot comme un nouveau-né. Je m’essuyai la bouche contre la manche de ma chemise en me demandant quand j’allais enfin perdre connaissance.


- Et… vous m’avez choisi comme échantillon représentatif, c’est ça ? Ha ha, vous êtes complètement inconscients ou quoi ?

- Non, non, dit la créature en secouant la tête, vous n’étiez pas le seul à être étudié. Nous nous sommes installés au sein de plusieurs millions de foyers. Tout a été parfaitement organisé. Cela fait très longtemps que nous sommes sur votre planète, vous savez. Et nous sommes très nombreux.


Plus je picolais, plus j’avais l’impression que je m’asséchais. Mes deux jambes semblaient avoir été coulées dans une lave de béton. Mes mains tremblaient. Mes tempes me lançaient et mes paupières étaient aussi lourdes que des haltères. J’étais bien bourré, certes, mais malheureusement encore trop lucide.


J’entendais toujours la voix coulante de mon invité. Elle était lointaine comme venue du fond d’un puits. Les traits divinement démoniaques du visage d’Anita valsaient devant mes yeux. Le son amplifié de sa voix bourdonnait dans mes tympans. L’écho de ses mots assassins. Et enfin le claquement de la porte. Le bruit du bonheur qui fout le camp. Anita, ma belle, ne déconne pas. Reviens.


- Alors, tu t’en vas ce soir, le martien ? croassai-je.

- Oui, répondit-il. Dans moins de cinq minutes.

- Quoi faire ? Ton rapport sur les Humains ?

- Parfaitement, acquiesça la chose. Depuis votre arrivée sur Terre et à votre insu, nous avons vécu parmi vous, mais également au contact des autres éléments qui constituent votre planète et votre quotidien tel que l’air, la nature, vos inventions, la nourriture… Nous l’avons fait afin de bien comprendre comment vous et votre monde fonctionniez et surtout savoir si cela avait encore un intérêt pour nous.

- Quel intérêt ?

- Vous, les Humains et votre Terre, dit-il en se frottant le crâne.

- Je pige rien… Dis-moi, qu’est-ce que t’as à te gratter la caboche tout le temps ? Y’a des poux dans votre planète ?


Pour toute réponse, la créature me montra le sommet de sa tête. Les encoches que j’avais remarquées auparavant m’apparurent et je pouvais lire « PSG enculé ». C’est sûr, ces scarifications faites au cutter sur mon bureau étaient l’œuvre d’Anthony, mon petit neveu, un jeune branleur de quinze ans et furieux supporter de l’Olympique de Marseille. Parfois, mon frangin me laissait son fils pour quelques heures ou le week-end.


- Ah, les gosses…


Mes boyaux étaient en train de fondre, mon foie s’embrasait. Pour éteindre cet incendie intérieur, j’ingurgitai une nouvelle rasade.


- Euh… Tu disais quoi, au fait ?


Mon invité grimaça :


- Vous n’êtes pas attentif ou beaucoup trop ivre, je crois. Je parlais de notre objectif.

- Ah… Très bien… Très très bien… Et c’est quoi ?

- Rien de bien novateur. D’ailleurs, la plupart de vos créateurs contemporains l’ont globalement compris et expliqué dans leurs films - certes un peu trop grossiers et caricaturaux à notre goût et certains ouvrages - bien plus pertinents, en revanche - comme ceux rédigés par H.G Wells ou de Asimov.

- J’ai pigé. Toi et tes amis, vous allez nous assiéger et tous nous niquer. J’ai bon ?

- Comme vous y allez ! gloussa la créature dans un bruit de ferraille résonnant. Nous souhaitons en effet vous envahir, pas vous tuer. Enfin pas tous. Une infime partie seulement. Peut-être 1 % de votre population mondiale au maximum ; ce qui, admettez, est bien inférieur aux assassinats de masse et autres génocides que vous perpétrez à travers le monde depuis des millénaires. Sans oublier les crimes que vous retournez contre vous si j’en crois le taux croissant de suicides. Non, notre objectif est de travailler avec les Humains, car, voyez-vous, nous avons besoin de vous.

- Pourquoi ? Vous n’êtes pas assez de Sodomites, là-haut ?

- Pas Sodomites. Ummites. C’est exact, hélas. Nous autres, et contrairement à votre peuple, nous nous reproduisons beaucoup moins vite car la période de gestation de nos épouses dure entre 2 et 5 ans, même si elles enfantent en moyenne 25 progénitures. De plus, notre espérance de vie ne dépasse guère les quarante ans. Notre problème démographique nous incite donc à faire appel à la bonne intelligence de vos semblables pour qu’ensemble nous puissions travailler en harmonie.

- Bonne intelligence, mon cul ! Vous avez surtout la trouille qu’on vous flanque une branlée, oui ! On a du matos, maintenant ! Hé, camarade martien, c’est fini l’époque des sagaies, des catapultes et des Winchester ! Aujourd’hui, on a le GIGN, la bombe à hydrogène… humm… les lampes halogènes…


Qu’est-ce que je racontais ? Je délirais. J’avais chaud. Non, je grelottais. Et puis, je commençais à avoir envie de vomir. Mes intestins glacés me calcinaient. Mes rots répétés me renvoyaient un goût rance. Anita, t’es où, putain ? Tu te déhanches devant moi. Tu me nargues. Arrête, s’il te plaît. Je t’en prie, me jette pas pour un proctologue. Crois-moi, ma belle, explorer les fions, c’est pas un vrai métier.


Et l’extra-terrestre n’arrêtait toujours pas de jacter…


- Je ne nie pas que durant les siècles, vous, les Humains, avez fait preuve d’ingéniosité et que vos progrès dans le domaine de l’armement sont considérables. Mais je regrette de vous dire qu’aussi efficaces que puissent être vos projectiles, ils ne sont en rien comparables avec l’étendue de nos pouvoirs.

- Tant mieux pour vous, dis-je. Y’a quand même un truc qui m’échappe dans ton histoire, Mobil home…

- Mobilik, s’agaça le visiteur.

- Ouais. Bref, si vous êtes si costauds que ça et si vous nous reluquez le derrière depuis des lustres, je me demande pourquoi vous avez pas encore débarqué sur Terre.


La créature poussa un soupir plein de tristesse.


- Votre remarque est tout à fait juste et de circonstance. Je vais vous expliquer la raison.

- Non, non, ça va…

- Au contraire, c’est essentiel que vous compreniez. À chaque période depuis le commencement de l’Humanité, il y a toujours eu un empêchement de taille, un fléau devrais-je dire qui nous a conduit à reconsidérer notre stratégie et à repousser l’invasion.

- Pas de bol, dis-je en ricanant et éructant à la fois.

- Je ne vous le fais pas dire. Même à l’ère préhistorique où la Nature était magnifique et inviolée, où la lumière était phosphorescente et les océans d’une pureté cristalline, il nous était impossible de prendre d’assaut votre planète. Notre souci était d’ordre relationnel, si j’ose dire. Les habitants de l’époque - des hommes voûtés, vêtus de peaux de bêtes - avaient une communication beaucoup trop simpliste, bien peu élaborée. Leur potentiel intellectuel au même titre que leur créativité ou leurs sentiments étaient trop limités. Par conséquent, nous ne pouvions courir le risque de collaborer et d’échanger avec des êtres grognant des borborygmes et mentalement aussi défaillants ! Il nous fallait patienter encore pour trouver un cycle cérébral plus faste, une génération conceptuellement plus prometteuse.


Je commençais à avoir le tournis. Des centaines d’aiguilles piquaient mes rétines. Un voile opaque recouvrait ma mémoire inondée. La voix de mon invité devenait discordante, les traits de son visage se floutaient. Pendant qu’il continuait de me fourguer ses jérémiades, je portais un sourire béat en bandoulière. Progressivement je sentais mon désespoir se faire la malle. Il fondait comme neige au soleil. Anita, ma future ex-copine, cette vicieuse amoureuse d’un soigneur d’anus, désertait les rivages de mes pensées. Oui, je commençais à l’oublier. Entre spiritualité martienne et emprise du spiritueux, je nageai dans la confusion la plus totale et la plus délicieuse. Pas trop tôt !


- Les autres périodes, continua la créature intarissable, que ce fût celle de l’Antiquité – malgré l’avènement néanmoins essentiel de l’écriture -, du Moyen Âge ou bien celles plus modernes et contemporaines, comportaient toutes un obstacle rédhibitoire : trop barbares, trop élitistes, peu innovantes, peu raffinées… Il y avait toujours quelque chose qui n’allait pas. À la réflexion, je crois que notre erreur fut d’avoir beaucoup trop attendu, car aujourd’hui et après une année de présence et nos multiples investigations, il est irréfutable que la situation - la vôtre et par extension la nôtre - n’a jamais été aussi catastrophique.

- Tout… juste… Auguste, approuvai-je en hoquetant. C’est la loose.

- Un véritable désastre, se lamenta mon visiteur. À tous les niveaux. Mes collègues et moi-même sommes arrivés à la même conclusion. La majorité d’entre eux est déjà rentrée sur Ummo et rédige en ce moment même un compte-rendu sur leur séjour terrestre. Un rapport peu reluisant comme vous pouvez l’imaginer. Entre vos guerres incessantes, les aliments infâmes que vous ingurgitez, les émissions affligeantes et nauséeuses que vous regardez... et…

- Sans parler, hic, des femmes, fis-je. Toutes des salopes.


Le martien s‘emporta soudain en agitant ses bras avec véhémence.


- Je n’ose vous parler de la pollution qui ravage chaque jour un peu plus votre environnement ! Pauvres malheureux, vous avez saboté votre patrimoine terrestre, ce magnifique héritage naturel. Vous rendez-vous compte du gâchis ?


En plus d’être véritablement atterré, l'extraterrestre était révolté.


- Humm… Si je comprends bien Mobicarte, vous…

- Mobilik, bon sang !

- Autant pour moi, mec. Alors, vous allez plus nous attaquer ? dis-je avec un grand sourire niais.


La créature se contenta de hausser ses épaules molles, la mine abattue :


- Non. Pas dans l’immédiat, en tout cas. Il nous faudra à nouveau attendre - pour ne pas dire espérer - des jours meilleurs. Dans deux mille ou trois mille ans, le temps que les choses changent de façon significative. C’est ce que je mentionnerais sur mon rapport dans (il regarda encore sa montre virtuelle) une minute et vingt-sept secondes. Mes collaborateurs écriront la même chose. C’est aussi ce qu’aurait souhaité, Algorium, je pense.

- Qui ça ? demandai-je en finissant la bouteille et faisant le tour du goulot avec ma langue.

- Algorium, dit-il soudain d’une voix étranglée par l’émotion. Un de nos plus fidèles serviteurs réputé pour son grand professionnalisme. Il était aussi un proche compagnon.

- Était ?

- Oui. Algorium est descendu sur Terre le même jour que moi. Son rôle était crucial pour tous les Ummites. Il consistait à étudier les fonds marins. C’était une grande et honorifique responsabilité, car sur Ummo, l’eau ou tout autre liquide n’existe pas. Pour analyser la mer et la faune aquatique, il prenait le plus souvent la forme d’une algue.

- Une algue ? Ha, ha ! Il a pas trouvé plus con comme couverture, ton pote ?


Le visiteur poursuivit, ignorant ma remarque :


- Malheureusement, après la fuite d’un de vos pétroliers, il fut entièrement recouvert de cette huile aux effets nocifs. Le malheureux périt en quelques heures. Ce fut une tragédie et une grande perte pour notre communauté.

- Faut pas pousser. C’est pas pire que d’avoir une femme qui se tire avec un proctologue. Crois-moi, ça oui, c’est une putain de tragédie.


En plantant son œil unique dans mon regard, il ajouta d’un ton grave :


- Vous vous appauvrissez, les Humains, dit-il. C’est un suicide autant individuel que collectif. Chaque jour, chaque minute, chaque seconde votre monde périclite. Intellectuellement. Émotionnellement. En d’autres termes, humainement. En regardant votre peuple et la nature de vos actes, il m’arrive de me demander qui a le plus d’humanité entre nos deux civilisations.


Cette phrase, pleine de bon sens fut la dernière qu’il prononça avant de me faire ses adieux et de disparaître dans un nuage de fumée blanche.
Je restai seul, totalement ivre en plein milieu du salon. Vautré sur mon canapé pendant un temps infini, je repensai presque à regret à cette étrange « conversation avec mon bureau ».


J’ai fermé les yeux, prêt à m’abandonner dans une douce léthargie. Et lorsque je croyais enfin réussir à m’enfoncer pour de bon dans les méandres d’un sommeil profond, j’ai vu une forme familière onduler sous mes paupières closes. Anita faisait de la résistance, cherchant à tout prix à s’accrocher à mes prunelles et à s’immiscer dans mon esprit que j’avais pourtant abreuvé avec soin.


Il était hors de question qu’elle puisse raviver cette douleur qui me comprimait le cœur et faisait couler mes yeux. Hors de question.


Alors, pour faire disparaître cette chimère et me libérer - tout du moins pour ce soir - de mon fardeau de tristesse, j’ai rampé comme un ver jusque dans la cuisine à la recherche d’une autre bouteille de whisky...


 
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   victhis0   
12/2/2009
 a trouvé ce texte 
Bien +
Une bonne idée ce martien protéiforme ! J'ai adoré les noms d'emprunts diffusé tout du long de cette farce sans prétention à Mobilik, et toujours la très jolie plume de Widg (avec quand même un peu d'abus sur les appellations du whisky, à chaque fois différentes : Ca va une fois ou deux mais à la longue j'ai trouvé l'exercice un peu besogneux). En plus, du Johnny Walker, c'est vraiment dégueulasse. Bref.
Moi j'ai bien rigolé. C'est chouette de rigoler on line sur un texte, c'est assez rare. Le texte est plein d'images mentales désopilantes et de trouvailles sympas (le proctologue). Un fond écolo-pourquoi-pas qui n'entrave pas le plaisir...

   macalys   
12/2/2009
 a trouvé ce texte 
Moyen
Le thème des envahisseurs n’est pas nouveau mais je trouve que cette nouvelle apporte un éclairage décalé très sympa sur le sujet. Le gars lambda qui se fiche de savoir ce qu’il en retourne et l’alien qui se glisse dans les meubles, pour moi en tous cas c’est du jamais vu, et c’est bien trouvé. L’histoire se lit bien car elle est plutôt intéressante, mais par contre, je crois que la forme aurait pu être plus soignée pour rendre le texte plus efficace.

Voilà ce qui m’a gênée :
- Le discours de l’extra-terrestre est très convenu, et plat. On l’a déjà entendu des centaines de fois. Alors pourquoi ne pas le raccourcir, ou le rendre plus incisif en prêtant plus de personnalité à l’extra-terrestre (qui n’a pas beaucoup de relief par rapport au héros) ?
- Filer la romance du héros et de sa bouteille tout au long de la nouvelle est une bonne idée, mais certaines images sont maladroites comme J’avais beau boire comme un trou et, tel un vampire, sucer le sang alcoolisé de la bouteille. Il y a trop d’images et on s’y perd, on ne visualise plus l’action du personnage.
- La répétition constante de formules comme « dit-il », « remarqua-t-il », etc. dans les dialogues ralentit la lecture et alourdit le texte. On sait qui parle, ils ne sont que deux ! D’accord pour certaines formules qui introduisent des gestes mais d’autres sont complètement inutiles, par exemple :
-- Le visiteur poursuivit, ignorant ma remarque : -->Le visiteur ignora ma remarque.
-- En plantant son œil unique dans mon regard, il ajouta d’un ton grave : --> Il planta son œil unique dans mon regard.
- Il y a des problèmes de temps : parfois tu passes du passé au présent en employant le passé composé au lieu du passé simple, ou le futur au lieu du conditionnel : Cette fois, c’est sûr, elle ne reviendra pas, Frustré, j’ai pris une autre gorgée de mon breuvage thérapeutique écossais puis m’exclamai
- Des problèmes dans certaines phrases avec des possessifs : en se grattant le sommet de son crâne déformé, votre bibliothèque que votre tante maternelle Yvonne vous a offerte. Les mots en gras pourraient être remplacés par des articles définis, ce serait bien moins lourd.
- Des petites lourdeurs et maladresses. Une m’a particulièrement choquée : m’a regardé de son œil unique puisque l’autre était dissimulé derrière une espèce de chiffon sombre. --> il a deux yeux, même si l’un est crevé, donc il n’a pas un œil unique. À la limite je veux bien admettre qu’il a un unique œil valide…

Donc un texte drôle et original sur le fond qui gagnerait à être plus travaillé sur la forme.

   coquillette   
12/2/2009
Pinaillages : Je trouve cette phrase : " Seul commandant sur mon navire du désespoir, capitaine pathétique sur le vaisseau de la désolation, je faisais naufrage en m’accrochant à mon éthylique bouée de verre " laborieuse... ou juste un peu lourde.
C'est à mon avis (vaut ce qu'il vaut) une question de rythme, ou de virgule.
"Anita venait (vient) de me plaquer pour de bon" Le présent, ça claque mieux et après tout le héro vient de s'en prendre une de claque, alors autant que le lecteur en prenne une lui aussi... ça le mettra sur ses gardes.
Perso, j'aurais mis un point après Habitat, parce que j'ai dû relire cette phrase deux fois pour la comprendre.
"Voyez-vous, ma présence et celle de mes collaborateurs Ummites dans votre lieu de résidence n’étaient pas fortuites." : Un petit coup de fatigue Widjet ?
"une lave de béton"... j'ai du mal à imaginer ce que ça donne.
"la période de gestation de nos épouses dure entre 2 et 5 ans, même si elles enfantent en moyenne 25 progénitures. De plus, notre espérance de vie ne dépasse guère les quarante ans" c'est bien parce que c'est du Widjet et que ces textes me plaisent : 25 enfants par deux ans de gestation, ça fait cinquante ans. Puberté... je sais pas mais on va dire... douze ans ? Ca fait soixante-deux ans au total. Mais je n'ai pas tout lu, peut-être que ce coup-ci les femmes ont le beau rôle et qu'elles vivent centenaires ?
"Mes intestins glacés me calcinaient" au temps pour moi au sujet de "lave de béton" apparemment tu as opté pour le contraste chaud et froid.
Bon ben je suis déçue...
C'est juste un délire éthylique ?
Ca sera certainement mieux la prochaine fois.
Au plaisir renouvelé de te lire.

   Alexandre   
12/2/2009
 a trouvé ce texte 
Bien
Salut Widj ! Je n'entre pas dans les détails, ça a déjà été fait !
J'ai lu avec plaisir cette histoire de l'Humanité vue au travers d'une bouteille de whisky... Rien de neuf sur le fond, mais la forme est originale. Alexandre

   Val   
12/2/2009
 a trouvé ce texte 
Bien
Roooo ! J'ai tout adoré, le ton, l'humour, le personnage du mec bourré désespéré et désespérément amoureux... Et l'idée de l'Extra-terrestre polymorphe à mourir de rire...
Jusqu'à ce que ça vire à la morale, toujours la même, nous sommes tous totalement irresponsables dans nos manières de consommer, de nous nourrir bref de vivre ! -
J'attendais autre-chose, et même que tu nous fasses un rebondissement hilarant avec les outils du proctologue et les capacités de transformations du monstre...
Mais sinon, merci Widj de m'avoir rappelée que tu pouvais être un auteur aussi étonnant et "presque" borderline !!

   Xrys   
12/2/2009
 a trouvé ce texte 
Bien -
J'ai bien aimé cet homme qui se prend une cuite pour oublier qu'il s'est fait plaquer et surtout pour qui ...
C'est drôle cette rencontre avec un extra terrestre, et leur polymorphisme, cette histoire de proctologue aussi mais j'aurais aimé tant qu'à faire plus de délire car finalement on reste dans des limites convenables ou convenues. C'est drôle ça fait sourire mais ce n'est pas inoubliable et de Widget cela est impardonnable.
Xrys

   xuanvincent   
13/2/2009
 a trouvé ce texte 
Bien
Cette rencontre du héros, en pleine cuite, avec un extra-terrestre, m'a rappelé une lecture de jeunesse dont le titre m'échappe *. Elle m'a dans l'ensemble bien divertie.

* Après lecture du commentaire de Kaos, il doit s'agir de "Martien go home".

Le récit m'a semblé bien écrit, comme les nouvelles précédentes et il m'a paru bien mené.

J'imagine que l'auteur s'est lui aussi bien amusé à l'écrire.

PS : En lisant le tout début de l'histoire, je ne m'attendais pas à une telle conversation de bureau.

   Flupke   
12/2/2009
 a trouvé ce texte 
Bien +
Bien écrit et très agréable à lire.
Même si je n’ai pas éclaté de rire j’ai passé un bon moment en continu.
Bien aimé en particulier :
Noyer mon chagrin et ma salive
Breuvage thérapeutique écossais
Les variations sur le nom de l’E.T. et de sa planète.
Merci.

   Faolan   
12/2/2009
 a trouvé ce texte 
Moyen +
Un texte agréable à lire, certes, mais je l'ai trouvé trop long et assez convenu par moments.
Il y a néamoins de bons passages et même si les jeux de mots avec Mobilik et Ummo sont attendus, ils m'ont bien plu.
En ce qui me concerne, l'idée est originale. L'inspiration est-elle venue en visitant Ikéa ?
Déçu par la fin de la discussion, quelque peu moralisatrice.
Globalement, le texte aurait gagné à être plus incisif.

   aldenor   
12/2/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien -
C’est drôlement original, inventif, épatant, widjetien, un bonhomme bureau… avec toutes les trouvailles qui s’ensuivent. Mais par moments le texte traîne un peu en longueur.
Et puis, je trouve plein d’humour dans le ton, dans les idées, mais nettement moins dans les traits d’esprit, les jeux de mots.

   Kaos   
13/2/2009
 a trouvé ce texte 
Bien +
J'ai bien aimé pour une raison toute bête; je viens de terminer un roman qui se nomme "Martien Go Home" et l'idée est assez similaire.

Attention je ne t'accuse surtout pas de plagiat! Mais la coïncidence m'a amusée.

Sinon pour revenir sur le texte j'aime le ton décalé, ces martiens assez originaux et surtout le je m'en foutisme du héros.

Et puis je ne suis pas habitué à lire du Widjet comme ça.

Quelques remarques: je te trouve encore trop "guindé" dans ton style, presque gêné de mettre des grossièretés, la fin est un peu convenue, mais j'ai pris du plaisir...Donc!

   Ephemere   
13/2/2009
 a trouvé ce texte 
Moyen -
Bonjour, j'ai trouvé aussi des idées savoureuses mais la longueur, c'est bien quand t'es saoul... J'avais rien bu et je n'ai pas pu finir.
Le style est lourd, sans recherche avec des fautes parsemées qui gênent la lecture ; un ou deux adverbes bien sentis par ligne pour agrémenter.
Trop long, si j'osais un jeu de mot, je dirai saoulant.
Mais je n'ose pas !
FMR

   pounon   
13/2/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
Après tous ces commentaires, je dis simplement : j'adore et laisse de coté les pinaillages pour spécialistes. Je ne me suis pas ennuyé avec ce divertissement plein de clins d'oeils. Bravo Widjet.

   Nongag   
13/2/2009
 a trouvé ce texte 
Bien -
On est dans la catégorie humour. Alors pour la vraisemblance, ce n'est pas vraiment nécessaire. Ce qu'on veut c'est s'amuser. Et durant la première moitié du récit je me suis franchement bidonné... Mobilik, mobylette, Moby Dick, taches de café: vraiment très drôle!

Tu as un très bon sens de l'humour Widjet. Et ta qualité d'écriture est au-dessus de la moyenne. Le problème avec cette nouvelle: tu n'as pas su freiner ton plaisir et ça fini par s'étirer. La deuxième moitié n'est que répétition.

Et on se surprend, dans les dernières pages à avoir hâte que ça se termine... Alors que le plaisir était intense au tout début.

Il faut savoir couper! Mais c'est dur de couper quand l’enthousiasme nous enlève notre jugement… N’est-ce pas?

   marimay   
13/2/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
Bonjour widjet,
De l'humour, il y en a dans cette surprenante conversation de bureau ! On se prendrait presqu'à surveiller les objets qui nous entourent au cas où...
J'ai plus apprécié la première partie : la situation est originale et drôle. Elle l'est moins dans ce que dit après Mobilik (et ça peut se comprendre, le constat de nos problèmes terriens n'est pas drôle du tout).
Je ne peux pas comparer avec vos autres nouvelles : c'est la première que je lis. Et je ne suis vraiment pas déçue.

   jensairien   
14/2/2009
 a trouvé ce texte 
Bien +
Salut l'affreux!
bon et bien je trouve que c'est plutôt une bonne nouvelle et je me suis bien marré.
C'est toujours aussi bien écrit même si évidemment on pourrait parfois l'améliorer (j'ai noté aussi quelques erreurs grammaticales), enlever quelques lignes par ci par là, enfin bref, finaliser le texte.

Dans le meilleur je trouve :
Très drôle le coup du copain qui en pince pour Elton John
Excellent le coup du PSG (géniale collision entre l'absurde et le pathétique)
Très joli mot de la fin qui en une phrase résume toute l'histoire : "cette étrange conversation avec mon bureau" et qui montre bien la maitrise que tu as du fil ton texte.

Et enfin je suis mille fois jaloux et admiratif que tu as pu et su utiliser ce brave métier de proctologue dans ta nouvelle avec brio et sans te prendre la tête.

enfin voilà. Cela n'enlève en rien le fait que tu n'es qu'un Onirien de seconde zone, assez méchant en somme.

   Anonyme   
14/2/2009
 a trouvé ce texte 
Moyen
Mwouais...
Bon Widj' l'idée n'est pas mauvaise... Mais j'ai quelques petites remarques.
Déjà le titre est tout sauf engageant, j'ai failli pas te lire rien qu'à cause de ça...
Et puis ensuite, en plus de ce qui a déjà été remarqué par d'autres, je ne ressens pas de vraies émotions... même la biture est pas 100% crédible...
Bref, j'aime pas, désolée.
Trop insistant sur le proctologue, tu aurais pu couper dans le gras... ça se comprend sans explications.
Parce que y a de l'idée...

   Menvussa   
15/2/2009
 a trouvé ce texte 
Moyen +
Un texte de W... Je sors l'artillerie lourde.

"Trop lentement à mon goût, d’ailleurs." Mais que vient faire ici ce [B]d'ailleurs[/B] parachuté d'on ne sait où et qui ne sert à rien si ce n'ai à faire réagir le lecteur avide de trouver ce qui peut bien clocher dans un texte de W.

"presque malgré moi qui demandais qu’à couler à pic." qui ne demandais... non ?

"Frustré, j’ai pris une autre gorgée de mon breuvage thérapeutique écossais puis m’exclamai :" Frustré je pris" c'est pas mieux avec un passé simple ? Vu que tu étais à l'imparfait et que tu embraye après avec un passé simple... pourquoi glisser entre les deux un passé composé ? Ah! Maître W... quand je te tiens....

Maître ! Peu de choses à dire sur la qualité de l'écriture, le style colle parfaitement à la situation.

Un alcoolique et un extra terrestre, ça me rappelle quelque chose.

Mais j'ai du mal, beaucoup de mal à imaginer des extra terrestres venant sur terre pour nous espionner, se fondant dans des objets inanimés, se rendant par la même vulnérables et bien peu opérationnels.
Bien sûr cela nous a permis quelques facéties et gags forts amusants mais tout de même.

Pas convaincu que ce soit en un seul ou deux mots.

   Jedediah   
22/2/2009
 a trouvé ce texte 
Bien +
Merci pour ce texte, je me suis payé une bonne tranche de rire !
Ce face à face tellement improbable et grotesque entre un déchet humain et un alien un peu à côté de la plaque m'a tout simplement ravi. On imagine bien la teneur du rapport que va rédiger l'alien, suite à ce dernier entretient...
J'ai trouvé en tout cas ce récit riche en imagination, surtout en ce qui concerne la façon qu'ont les aliens de se fondre dans le décor. Bravo pour le titre.

Bravo en tout cas pour ce texte, qui, s'il fait avant tout rire, amène aussi à repenser l'homme moderne et la place de ses préoccupations.

   nico84   
6/4/2009
 a trouvé ce texte 
Bien -
J'ai bien aimé la forme sur un sujet mainte fois visité. Mais je regrette à la fois le manque d'originalité du discours de l'extraterrestre (à part le concept des transformations en objet) et aussi le manque de dialogue plus élaboré parfois ou encore plus noir.

Je sais pas il manque quelque chose. Pourtant la maniére de raconter, ton écriture reste toujours. Mais j'ai l'impression d'une introduction et non d'une nouvelle à part entiére qui a une fin.µ

Bon mais sans plus.

   Mistinguette   
2/2/2010
 a trouvé ce texte 
Très bien +
Dieu que c’est bon en ces temps moroses de faire travailler ses zygomatiques ! Perso je trouve ce texte hilarant, et visualiser cet extra-terrestre avec ces oreilles pendant comme une vieille paire de couilles m’a fait pleurer de rire.
Je ne trouve rien à redire sur la forme mais je ne suis pas une experte…
En tous les cas, ce texte me convient tel qu’il est, continuez monsieur Widjet !

 

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