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Sentimental/Romanesque
widjet : Fontevraud
 Publié le 29/06/17  -  15 commentaires  -  6069 caractères  -  136 lectures    Autres textes du même auteur

Aujourd’hui, je suis retourné à Fontevraud.


Fontevraud


Aujourd’hui, je suis retourné à Fontevraud.


Cela n’était pas vraiment prévu, mais pour dire la vérité, cela n’était pas complètement innocent de ma part, non plus. Je voulais juste voir, voir et savoir. Si je pouvais le faire, si j’en étais capable. Cécile n’a pas paru surprise ni cherché à comprendre. Tant mieux, cela m’a épargné un mensonge parce que je n’aime pas ça, lui mentir. Nous sommes partis tôt pour éviter les bouchons et les cons en file indienne. Le trajet s’est fait sans encombre, sans musique, sans paroles.


Contrairement à toi, Cécile dort souvent en voiture.


Nous sommes arrivés un peu avant midi. Le temps de ce début d’automne hésitait encore sur l’humeur à adopter. Le soleil, pas téméraire pour deux sous, était escorté par deux nuages fins qui s’étiraient, on aurait dit deux sourcils de coton méticuleusement épilés. Afin de creuser notre appétit, j’ai proposé à Cécile que nous nous promenions autour de l’abbaye. Pour témoigner son impatience, le vent hérissé nous poussait dans le dos. La plupart du temps, Cécile marchait à quelques mètres derrière moi, toujours prête à photographier un arbre menacé de calvitie, un bout de ciel, un caillou en forme de cœur. Parfois, c’est vrai, son émerveillement permanent et enfantin m’agace. Durant la balade, j’ignore pourquoi, j’ai refait le truc avec mes doigts. Je les ai bougés frénétiquement comme un pianiste sur son clavier, mais dans le vide. Je ne sais pas ce qui m’a pris, un réflexe idiot. Les habitudes ont la vie dure. Bien sûr, Cécile n’a pas remarqué ce signal, cet appel, notre code. Je n’ai rien dit ; ç’aurait été stupide et injuste de lui en vouloir. Et la paume solitaire de ma main est partie se réchauffer dans la poche du blouson.


Sur le chemin, on a trouvé un banc dont le bois semblait aussi fatigué que nous. On s’est assis, moi à califourchon, elle adossée. On a déballé et mangé nos sandwichs qu’elle avait préparés avec soin, sans gluten ni mayonnaise et découpés en triangles scrupuleusement isocèles. J’ai bu mon soda, la bouche empalée sur la bouteille tandis que les lèvres de ma chérie se tenaient à un centimètre du goulot. Je t’entends déjà me dire qu’il ne faut pas s’arrêter à ces détails insignifiants, qu’il s’agit là de petites choses sans importance.


Je sais bien. N’empêche.


Enfin, nous sommes entrés dans l’abbaye. L’enceinte de Fontevraud comptait jusqu’à quatre monastères, mais aujourd’hui, il n’en subsiste que deux. Si je crâne un peu, c’est parce qu’à l’époque, tu m’avais emmerdé avec tes questions sur l’histoire de cet endroit et que je n’avais pas été foutu d’y répondre.


Depuis, tu vois, je me suis renseigné.


Avec Cécile, on a eu de la chance, nous sommes arrivés juste à temps pour la visite. Deux guides femmes étaient déjà là ainsi qu’un groupe d’une dizaine de personnes, des couples pour la plupart. On avait le choix entre visiter le cloître de Grand-Moûtier ou le prieuré Saint-Lazare. J’ai décidé rapidement sans consulter ma future fiancée. Ce fut Grand-Moûtier. Il le fallait. Cécile a arqué un sourcil devant ma précipitation, moi qui, d’ordinaire, suis allergique aux initiatives. À peine avons-nous pénétré à l’intérieur de l’église que j’ai entendu un grondement sourd, un bruit renfrogné. C’était sûr, le lieu me reprochait d’avoir tardé aussi longtemps avant de fouler à nouveau son porche. C’est con, mais j’ai ressenti une espèce de culpabilité. Alors, j’ai baissé les yeux et dans un murmure, je lui ai demandé pardon. Il faut me comprendre, revenir ici n’était pas facile pour moi ; c’était comme marcher pieds nus avec une écharde dans la voûte plantaire.


Parmi les visiteurs, il y avait ce gros type avec sa ceinture à banane et des auréoles larges comme des enjoliveurs sous les bras. Son T-shirt trop petit laissait entrevoir un nombril rebouché qui lui faisait comme un deuxième trou du cul sur le bide. Ce lourdaud riait fort, passait son temps à contester les explications de la guide dont le sourire crispé en disait long. On a attendu que le groupe s’éloigne pour prendre le temps d’admirer le lieu saint, nous enivrer du silence monacal. Des reflets lumineux ont traversé les vitraux redonnant presque vie aux motifs gravés. « C’est beau à pleurer » a soufflé Cécile, réellement émue. Elle avait raison : ça donnait envie de chialer. Aujourd’hui, je sais que le souvenir roule en Lamborghini ; on croit le semer, il nous rattrape toujours. Et moi, je venais de prendre sa portière en pleine gueule. Tout est revenu. Nos visages, bêtement sérieux, mais tiraillés par l’envie, le désir qui papillonnait déjà dans nos ventres. Nos sourires, gênés. Nos inclinaisons, lentes et synchronisées. Et le baiser, enfin. Celui qu’on a sublimé dans nos scénarios et nos caboches imbéciles ; le baiser qui se faisait attendre, mais qu’on redoutait parce que toi et moi, on ne va pas se raconter d’histoires, hein. Ce premier baiser, il n’était pas question de le foirer. Il devait être parfait. 




C’est précisément ici qu’on s’est embrassés, il y a presque une décennie.

Parce que c’était l’endroit, le moment.

Parce que c’était toi.


Un peu avant 16 h, nous avons pris le chemin du retour. Cette fois, Cécile ne s’est pas endormie. Elle a parlé, beaucoup, trop sans doute, mais son enthousiasme était sincère et contagieux. Celle qui deviendra bientôt ma femme était enchantée de ce dimanche. Elle a tout aimé : la promenade sous les cieux capricieux, le déjeuner frugal sur le banc écaillé, l’abbaye avec ses pierres grises qui nous narguaient du haut de leur immortalité, le silence pudique dans cette église, la lumière. Et moi. Oh, je ne vais pas lui donner tort. C’était une journée magnifique, vraiment.


Neuf ans après ta mort, je suis revenu à Fontevraud.


J’ai revisité, un peu chancelant, le monastère de Grand-Moûtier, la gorge sèche, l’œil embué et des choses encore embarrassantes logées juste là, côté gauche, dans l’escarcelle. Tout était exactement comme dans ma mémoire, comme ce jour-là, comme hier.


Tout pareil.


Mais, en moins bien.


 
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   Donaldo75   
4/6/2017
 a aimé ce texte 
Pas
(Lu et commenté en EL)

Bonjour,

Je ne suis vraiment pas emballé par ce texte faussement sobre. Il a un côté surchargé dans le registre du non-dit, alors que la comparaison est partout, que Cécile est l'intruse, que les souvenirs sont de gros clichés enrobés dans une vapeur artificielle.

Cette sobriété tente d'éviter, justement, le pathos que la chute va confirmer. En fait, il ne fait que le renforcer, au format suggestif, de manière pas très subtile.

En plus, c'est plat par endroits, comme si écrire sobrement devait absolument se traduire par un style mou du genou.

Bref, je n'ai pas aimé. Heureusement, c'est court.

Une autre fois, peut-être,

Donaldo

   PierrickBatello   
7/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
(Lu et commenté en EL)

Très belle mélancolie parsemée de touches humoristiques réussies. Jolie chute : "tout pareil, mais en moins bien". C'est court, aéré, rien de superflu et ça dit l'essentiel. Bravo.

   Tadiou   
10/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Texte très touchant et délicat à l’écriture bien travaillée et enrichie de belles, et parfois percutantes, images.

Les détails faussement « ordinaires » se multiplient pour ce petit bout de chemin. On sent que quelque chose rôde. On avance à petits pas.

La fin donne la clé, toute en retenue. Beaucoup d’émotion.

De la belle ouvrage.

   plumette   
12/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
j'ai été très émue par ce texte.

il sonne très juste pour moi et j'ai pu m'identifier à ce narrateur qui revient sur la trace d'un amour cruellement interrompu en compagnie de son nouvel amour.

c'est la magie d'une écriture précise qui insiste sur des détails très réalistes qui donnent au texte son ambiance et sa profondeur.

le narrateur ne dit rien à Cécile des raisons de ce retour à Fontevraud, c'est sans doute préférable, il est ainsi plus libre de ses émotions.

Un bien joli texte sur le deuil qui se transforme au fil de la vie. les amours ne se retranchent pas, mais s'ajoutent les uns aux autres.

le narrateur a un oeil assez caustique et certaines trouvailles m'ont fait sourire, comme les sandwichs et la façon de boire à la bouteille, ou le gros type avec sa ceinture banane.

A vous relire j'espère

Plumette

   Grange   
29/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je vais me débarrasser d'une épine dans la voûte plantaire dès maintenant ; ce sera plus facile pour moi de commenter ensuite.
Je n'aime pas du tout la conclusion, ni dans la forme, ni sur le fond.

Tout pareil.

Mais, en moins bien.


Le texte dans son ensemble contredit cette chute. Le sujet tel que je le comprends est un pèlerinage sur les traces du passé, soit!

On peut estimer que le narrateur est parfaitement conscient que rien ne sera évidemment semblable au voyage entreprit neuf années auparavant. Certes le lieu et le décor sont bien les mêmes, mais la comparaison n'est pas de mise.
Selon ce qui est expliqué, ce décor fut neuf années plus tôt le lieu du premier baiser avec un amour défunt. Un lieu d'épiphanie en quelque sorte, ce que ce second voyage n'est et ne pourrait être en aucun cas.

Comparaison ne serait donc pas raison en cette circonstance. Bon voilà qui est dit.

Pour le reste, j'aime énormément ce texte qui va au plus juste et qui ne fait pas mystère des petits évènements marquant la mémoire bien mieux que tout ( le type suant avec sa banane en est un bon exemple ; c'est bien souvent avec de tels contrastes que l'on donne du relief aux souvenirs )

Il m'est évidemment difficile de faire la part de réalité dans cette nouvelle et pour être sincère je pense qu'il ne serait pas impossible que de tels évènements aient réellement existé dans la vie de l'auteur. Mais là, c'est le "lector in fabula" qui s'exprime pour avoir vécu de semblables situations. En tout état de cause le passage suivant:

Ce fut Grand-Moûtier. Il le fallait. me laisse sérieusement penser à la necessité d'une respiration profonde et impérieuse parfaitement crédible dans le contexte de la nouvelle.

Les allers et retours entre le passé et le présent sont probablement de l'ordre de ce qui se conçoit le mieux dans l'existence. C'est le cas ici et c'est finement rapporté et décrit.
En fait je me suis surpris à confondre souvent dans cette lecture auteur et narrateur ce qui - en ce qui me concerne - est plutôt bon signe et gage de plaisir dans ma lecture.

J'aimerais prendre le temps de mieux préciser les choses mais ce sera peut-être pour plus tard dans un prochain fil de discussion ?

Bravo en tout cas !

   Alcirion   
30/6/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Sur le plan de la structure romanesque, de la construction du récit, rien à dire, c'est très bien fait, bien huilé, ça tourne rond.

Sur le fond par contre, tu agites une corde sentimentale qui fonctionne bien, certes, mais qui n'est très originale.

J'ai eu l'impression bizarre que tu as voulu faire un tube, un peu comme un chansonnier qui vise le hit-parade. Et ça entraîne forcément vers le consensus.

Bref, le texte ne m'a pas transcendé, mais c'est efficace, ça se tient bien.

   Alexandre   
29/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour widj' !

Je suis très touché par cette courte nouvelle car ce qui semble un temps relever d'une simple rupture sentimentale prend toute sa dimension à la lecture de cette phrase...
Neuf ans après ta mort, je suis revenu à Fontevraud.

J'aime beaucoup cet éclairage qui bouscule le lecteur comme il se faut au bon moment.

Juste un détail dans la phrase qui suit...

L’enceinte de Fontevraud comptait jusqu’à quatre monastères, mais aujourd’hui, il n’en subsiste que deux.

Je pense que l'emploi du plus-que-parfait (avait compté) serait ici plus judicieux que l'imparfait...
Un détail qui n'enlève rien au plaisir que m'a procuré la visite de l'abbaye en ta compagnie.
Bravo et merci

   Isdanitov   
29/6/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,

Le rythme est bon, la narration efficace mais je ne suis pas emballé par ce texte juxtaposant les clichés et les bons sentiments. Je trouve cela mièvre. Ce n'est pas le genre de texte que j'apprécie. Désolé.

   papipoete   
29/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour widjet,
Ne soyez pas froissé cher poète, mais je ne vous imagine tellement pas en train de visiter une abbaye, que je vous ai suivi dans ce dédale par curiosité .
Même si les curiosités de ce jour, le " gros avec les auréoles sous les bras ", ne sont pas très catholiques, on sourit par exemple du " bois du banc aussi fatigué que nous " et ce premier baiser qu'il ne faut surtout pas " foirer " .
Le dénouement qui montre que cette visite est en fait " un retour 9 ans après la mort de Cécile " est très touchant .

   vendularge   
29/6/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonsoir Widjet,
Je ne suis pas particulièrement emballée par ce texte pour plusieurs raisons que je vous expose sans détour :
Il y a le ressort de l’histoire, ici vous parlez d’un pèlerinage sur un lieu chargé d’émotion, l’émotion du lecteur est votre but, et vous l’atteignez (manifestement) avec le talent qu’on vous connait. Une alternance de phrase très soignées et de « portières dans la gueule » qui donnent au personnage ce côté « fragile » étudié et assez efficace.
Et puis il y a l’écrin de l’histoire, là, l’Abbaye Royale de Fontevraud, c’est un bel écrin (que je connais très bien), c’est vrai qu’on aimerait s’y attarder un instant (d'autant que c'est le titre) mais rien n’est dit et nous aurions pu être n’importe où. Ce lieu est tout à fait magique et aurait certainement pu donner de la matière originale.
Bref, du travail bien exécuté, une intention d’auteur assez claire qui se voit.
Une mention spéciale pour cette dernière phrase que j’aime beaucoup et qui sauve l’histoire.
Une autre fois, certainement
vendularge

   Dupark   
30/6/2017
Vraiment x 2, complètement, contrairement, méticuleusement, frénétiquement, scrupuleusement, rapidement, réellement, bêtement, précisément, exactement.
Cela fait 12 adverbes en "ment". Tu sais déjà qu'il y en a trop, je l'ai lu quelque part. Mais laisse-moi jouer. C'est l'été. Et t'encourager. J'ai comparé avec deux de mes textes et avec un de Maupassant. Pour voir. Donc, un Ctrl+F avec la requête "ment", un tri des noms et des adverbes, et :
Fontevraud : 12/1007 mots = 1,2 %
Appaloosa : 7/2342 = 0,3 %
Vent SE 3 fraîchissant 5 : 6/1461 = 0,4 %
À cheval : 7/2283 = 0,3 %
Pour dire que tu pourrais supprimer 9 adverbes en "ment" pour rester dans les stats ;)

J'ai eu mal en lisant : "c’était comme marcher pieds nus avec une écharde dans la voûte plantaire" parce que l'idée m'est venue que la douleur serait la même avec des chaussures.

Je ne peux pas évaluer ton texte, car j'ignore tes intentions.

- S'agit-il de toucher un lectorat particulier pour augmenter les chiffres de vente? Le "Parce que c'était toi" mérite un "passionnément" si la cible est celle des pré-ado, mais un "vraiment pas" pour les autres. En dézoomant, cette remarque me vient pour l'ensemble du texte, de la Lamborghini à "le désir qui papillonnait déjà dans nos ventres". Dès lors, se pose la question du registre du ton. Il y a ici un manque d'homogénéité et de cohérence. J'imagine la gamine de 14 ans, bien calée dans son fauteuil ennuagé de barbe à papa, demander : Dis, maman, ça veut dire quoi "la bouche empalée sur la bouteille"? Si le froid/chaud pouvait fonctionner dans l'histoire du SS, la dualité dans le ton me paraît nuire à celle-ci.

- Ou alors tu as ciblé les adultes aimant le ton "voyou au cœur tendre". Guimauve avec les femmes, poète à l'occasion, sûr de lui lorsqu'il s'agit de se démarquer de la masse des cons, de la foule des papoètes. Alors que ce narrateur est touriste lui-même. Suivez le guide.

Partagé, donc.

Une question. N'as-tu pas été gêné quand tu as demandé au narrateur de comparer, à la fin, les deux ressentis ? Avec la morte et avec sa future épouse. Car tu étais conscient de mettre en scène un homme qui sait, au départ, que l'absence n'est pas le contraire de la présence, mais bien une présence augmentée, puisqu'il dit : "Je voulais juste voir, voir et savoir. Si je pouvais le faire, si j’en étais capable." Si l'idée d'un tel défi m'était venue, je l'aurais refoulée, la trouvant trop tordue. Mon ressenti est que ce texte, vendu pour du sentimental/romanesque, déborde un peu sur le "bizarre".

Perplexe, donc.

Une autre question, plus technique. J'ai trébuché sur "Cécile n’a pas paru surprise ni cherché à comprendre." Les deux verbes n'appartiennent pas à la même espèce. Pas gênant ? C'est une vraie question. Pas un reproche.

Bien : L'effort pour alterner les introductions de métaphores. "on aurait dit", "comme", ou rien comme dans "le souvenir roule en Lamborghini".
Bien : L'effort pour avoir construit une nouvelle à chute.

A tout bientôt

   Cox   
30/6/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Salut Widj'

Je dis widj' parce que j'ai remarqué que c'est comme ça que font les gens cools, ici. Et je suis un gen très cool. Je me sens des envies de porter un baggy, une casquette unkut, et de caler un kickflip en criant "salut widj' !"

Bref. Salut Widj'.

Je suis pas plus emporté que ça. J'ai trouvé au texte un petit côté guimauve.
Pas tant dans le sujet en soi, finalement. Le type qui mesure ses regrets à l'aune de la demi-chance qui lui est retombé dessus, c'est intéressant comme idée.
Mais je ne sais pas, j'ai l'impression qu'on est parfois un peu trop lourd dans la larmiche. Déjà, il n'y a absolument que ce sujet dans le texte; et c'est la seule chose sur laquelle on bâtit le personnage. Ca donne une impression d'obsession qui n'est pas forcément fausse, mais qui, combinée au reste, n'aide pas à nous faire souffler.

C'est peut-être aussi la façon dont le manque est décrit : on a pas mal d'énumérations ("sans encombre, sans musique, sans paroles", "ce signal, cet appel, notre code", l'énumération des manies pénibles de Cécile "Parce que c’était l’endroit, le moment. Parce que c’était toi", ...) Elles ne sont pas maladroites en soi, mais la répétition de cette figure participe peut-être à l'impression que la douleur du narrateur nous est martelée.

De manière générale, c'est un peu linéaire : j'ai eu l'impression de tourner autour de la même idée, sans qu'il y ait un "mouvement d'ensemble" (une montée dans la mélancolie, des changements de registre ou de points de vue...). J'ai le sentiment que ça tourne un peu en rond, sauf à la fin.


Oh et un détail : pourquoi "une écharde dans la voûte plantaire" ? Pourquoi pas dans le pied ? Ca fait médical, c'est bizarre, ça nous sort du ton familier du gars. Et j'ai pas été emballé par la Lamborghini du souvenir, quoique sa portière m'ait fait sourire ^^


Bon, ceci dit, ça reste bien écrit évidemment, et ça se lit d'une traite. Mais je ne suis pas emporté.
Je ne sais pas si j'ai été très juste dans la critique d'ailleurs, ce n'est pas mon genre de prédilection

   Alex   
1/7/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Vous en faites trop, Widjet.
Quelques détails parmi tant d’autres.
Les nuages qui s’étiraient qu’on aurait dit deux sourcils de coton méticuleusement épilés. Et puis quoi encore ? Ce détail me met out instantanément.
Je poursuis ma route.
L’idée d’opposer un souvenir au présent, celui de Cécile, promet de la profondeur.
Marcher pieds nus avec une écharde dans la voute plantaire. A tout l’air de la phrase qu’on a trop cajolée au point de la rendre mièvre. Le simple caillou dans la chausure était suffisant.
Le lourdingue qui en fait trop avec la guide qui explique, multiplie le mauvais goût. Pourquoi faut-il qu’il accumule tous les clichés ? Ceinture banane, auréoles sous les bras, deux trous du cul…
Le souvenir qui roule en Lamborghini avec sa portière en pleine gueule, est une jolie trouvaille.
Il y a presque une décennie peut se remplacer par il y a presque dix ans, plus léger.
Le parce que s’est toi. Ouarf, au secours !
Widjet, c’est vous l’auteur et moi le lecteur. J’applique vos leçons d’hier.
A une autre nouvelle.

   Pouet   
4/7/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Slt,

Bon, "le souvenir roule en Lamborghini"... Heu, t'es sûr de toi là? On dirait du Maître Gims...

Sinon je suppose que c'est voulu mais on passe de

"Parce que c’était l’endroit, le moment.
Parce que c’était toi."

(Parce que c'était là, parce que c'était nous... Un peu culcul la praline non? On dirait du Lévy inspiré...)

à "Son T-shirt trop petit laissait entrevoir un nombril rebouché qui lui faisait comme un deuxième trou du cul sur le bide." nettement moins romantique... :) même s'il ne s'agit pas de la regrettée Cécile bien sur et que le narrateur n'a pas roulé une pelle au gros lourdaud mais j'ai trouvé le trait trop forcé dans un sens comme dans l'autre.

Bien sincèrement le fond comme la forme ne m'ont pas transcendé ce coup-ci, l'écriture est assez décevante, les comparaisons tombent à plat (pour moi), on sent trop le côté "je-cherche-à vous-en- mettre-plein-les-mirettes-avec-mes-images-et-à-vous-faire-un-peu- chialer-par-la-même-occasion-mais-en-parsemant-de-trucs-plus- légers-pour-faire genre même pas triste" . Pas bien compris ce que "Fontevraud" apportait de plus que Center parc, tu me diras "t'es con ou quoi c'est là que ça se passe point barre" et t'auras raison mais le titre me laissait entrevoir une épaisseur, une corrélation plus directe entre le lieu et cet amour disparu, peut-être suis-je passé à côté. Un texte pas vraiment abouti qui semble se "chercher", enfin ce n'est que mon avis hein, pour ce que ça vaut... Mais c'est court, j'ai lu, donc je dis.

   Henri22   
5/7/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Malgré quelques défauts dans la forme, quelques comparaisons peu subtiles ( le souvenir en lamborgigni ) et une utilisation des temps ( passé composé present passé simple ) et des pronols ( nous on toi ) troublante, je dois avouer avoir lu cette nouvelle rapidement, et avoir manqué de verser une larme à la fin. Joli travail. Vraiment.


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