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Sentimental/Romanesque
widjet : Il pourrait bien neiger
 Publié le 05/04/22  -  9 commentaires  -  9216 caractères  -  78 lectures    Autres textes du même auteur


Il pourrait bien neiger


« Il pourrait bien neiger », dit l’enfant.


Au salon, derrière la baie vitrée, ses paumes plaquées contre les vitres froides, Maéva, six ans et demi, scrute le ciel laiteux avec cette impénétrabilité énigmatique qui troublait tous les regards y compris ceux des médecins. Dans sa cuisine, Nathalie, sa mère, essuie une flûte ébréchée. Hier, elle a tenté d’exorciser sa détresse en vidant la bouteille d’un champagne aussi tiède et amer que ses larmes.


« Il pourrait bien neiger », répète Maéva sur le même ton.


C’est à peine visible à l’œil nu, pourtant le corps de Nathalie vient de se tendre. Par réflexe, à l’instar d’un système de sécurité élaboré, un mécanisme s’est verrouillé en elle afin d’ignorer cette nouvelle alerte, ce signe avant-coureur. Après quelques secondes, ses doigts, dissimulés sous un torchon effiloché, reprennent leur va-et-vient sur les parois du verre. Faire la sourde oreille, toujours ; ne plus prêter attention à cette mécanique entêtante, ce disque rayé exaspérant comme un hoquet qui n’en finit pas. Tandis qu’elle essuie la flûte, son regard implore le cadran de son téléphone portable. Depuis hier soir, toujours aucune nouvelle de Tristan. Elle lui a laissé plusieurs messages, avant de se résigner et de se consoler dans les bulles alcoolisées. Ce n’était pas la première fois que son mari quittait la maison, les yeux emplis d’une fureur radioactive, la bouche infestée de mots dont l’écho terrible bourdonnait dans ses tympans longtemps après, pire que des acouphènes. Au bout de deux ou trois heures, il revenait, l’haleine chargée d’excuses et de tabac. Puis, ça recommençait. Le même vacarme de fin du monde. Cette fois, il n’est pas rentré. Nathalie a passé la nuit seule, le cœur et les draps glacés d’inquiétude et d’absence.

Dans l’allée du square de Bonn où la famille vit depuis presque dix ans, le brouillard s’évapore, tel un fantôme désabusé. Juste devant la cabane où s’entassent des outils de jardinage encore dans leur emballage d’origine, le pommier aux branches nues et tordues donne l’impression d’épousseter son vêtement de brume. Au milieu du jardin, la balançoire de Maéva bouge toute seule, piaffant d’impatience.


« Il pourrait bien neiger », répète Maéva, ses yeux pénétrants en direction du ciel crayeux.


Pas une fois, l’enfant n’a cligné des paupières, et sa voix métallique, cette voix d’androïde n’a toujours pas subi la moindre variation. Nathalie a lu de nombreux articles sur la phonétique. D’après les spécialistes, il est pratiquement impossible de reproduire une phrase et même une syllabe avec le même timbre vocal. Or, lorsque sa fille entre en transe et qu’à l’instar d’un jouet électronique déréglé, elle répète les mots à l’identique, l’inflexion de sa voix ne varie pas, jamais. C’en est sidérant, parfois terrifiant, toujours désespérant. Depuis plusieurs mois, Nathalie s’efforce d’adopter le silence comme seul rempart contre ce qu’elle appelle les bugs de sa fille. Le plus souvent, elle y parvient, mais ces efforts pour se maîtriser, s’ils n’altèrent en rien ses sentiments, ombragent sa bonne humeur, et greffent sur son visage le masque de l’épuisement. Désormais, entrer en contact avec Maéva, tenter de la raisonner dans ces moments-là ne sert à rien, elle en a fait maintes fois l’expérience. Lorsqu’il lui arrive de perdre son sang-froid et qu’elle s’acharne à vouloir communiquer avec elle, celle-ci l’ignore davantage et ressasse son intolérable refrain en accélérant son débit. Le son qui s’échappe alors de la bouche de l’enfant grimpe dans des tonalités aiguës et tranchantes à tel point que Nathalie ressent comme des aiguilles à tricoter dans le crâne et n’a d’autre choix que de s’enfoncer les doigts dans les oreilles. Depuis, vaincue, à bout de forces, elle attend que la crise passe. Cela peut prendre deux minutes. Comme deux heures.

En revanche, Tristan, son mari, n’a jamais accepté ni toléré ça ; cette chose qu’il considère (lorsque l’impuissance et la fureur empoisonnent sa langue) comme « une tare ». Cette épreuve qui s’est abattue sur le couple aux quatre ans de Maéva lui renvoie son incapacité à surmonter cet « échec » ; et pour cet homme aussi pragmatique qu’un logiciel, l’échec est une matière inflammable qui vous consume pire qu’un brasier. Tristan aime sa fille, mais il souffre. Sans doute a-t-il trop présumé de ses forces, de cet amour. Lui, le génie de la finance bute contre une énigme insoluble face à laquelle il se sent démuni, incompétent. Empêtré dans son égoïsme, il refuse l’évidence, s’interdit de comprendre, encore moins d’accepter. Dans sa projection de vie, de mari, de père, rien ne devait se dérouler ainsi. Mais voilà, ces choses-là ne se prévoient pas, ne se lisent pas dans les diagrammes, les études de probabilités ou les algorithmes. Tristan n’est pas une mauvaise personne ni un père indigne, il est seulement perdu, inapte. Et plus que tout, malheureux. À sa décharge, ce fils unique a, depuis son plus jeune âge, été formaté, écrasé sous les attentes, les espoirs, les exigences, de ses parents, des autres, du monde. Comme son père et son grand-père avant lui, Tristan s’était confectionné une vie domestique sur mesure dans laquelle il pouvait se glisser comme il se glisse dans ses costumes cintrés, sans défauts ni aspérités ; une existence familiale facilitée, un horizon net et aussi dégagé que sa nuque lorsqu’il quitte le salon de coiffure le premier lundi de chaque mois. Dès lors, cette « anomalie » détectée chez sa fille, ce grain de sable enrayait cette machine trop bien rodée. C’était plus fort que lui ; alors indirectement, douloureusement, il en voulait à sa femme et à sa fille avant de se reprocher son injustice en serrant avec maladresse contre sa poitrine les deux femmes de sa vie. Souvent, de plus en plus souvent même, il expulsait cette frustration par la violence. Généralement, il gueulait : « Fais-la taire, putain ! Fais-la taire ! » Il pouvait lui arriver de cogner contre un mur, de briser un objet. Un soir, la veille de Noël, fou de colère, il avait soulevé sa fille avant de la secouer par les épaules. Sa femme s’était interposée et avait giflé son époux. Tous les deux furent abasourdis et honteux de leur propre réaction. Ce fut la seule fois où les choses allèrent aussi loin. Désormais, Tristan préférait quitter la maison pour quelques heures.

Cette fois, et pour la première fois, il a découché. Un jour viendra, s’était dit Nathalie, l’estomac noué, son mari lèvera la main sur Maéva ou encore partira pour de bon. Et ne reviendra pas. À cet instant, les yeux sur l'écran de son portable, Nathalie pressent que ce jour-là vient sans doute d’arriver.


« Il pourrait bien neiger », répète Maéva.


Nathalie étouffe un grognement. La flûte vient de se casser. Du sang perle à l’extrémité de ses doigts. Au lieu de reposer le torchon, elle serre le poing, en grimaçant. À travers le tissu, les débris de verre s’enfoncent dans sa peau. Les larmes lui montent aux yeux. C’est bien connu, pour oublier sa douleur, il faut la remplacer par une autre. On sonne à la porte. Ce doit être Rémi, le facteur. Comme chaque année, il propose des calendriers. Nathalie enroule sa main endolorie sous le chiffon et s’en va ouvrir au postier. Finalement, ce n’est pas Rémi, mais son remplaçant, un jeune homme qu’elle n’a jamais vu. Elle esquisse un pâle sourire en soufflant un « bonjour » inaudible avant de s’absenter pour aller prendre de la monnaie à l’étage. Mais, c’est surtout un prétexte qu’elle est partie chercher. Sitôt arrivée en haut, elle plante ses dents dans son poing qu’elle mord pour étouffer son cri.

Le jeune postier attend en retrait, à l’extérieur. Il s’écoule une longue minute avant qu’il ne remarque l’enfant devant la vitre immense, au bout de la pièce. S’il n’a pas fait attention à Maéva, c’est parce que cette dernière n’a pas bougé, sa silhouette immobile se fond presque dans le décor du salon. De là où il se trouve, le jeune homme lui dit « bonjour », mais elle ne lui répond pas. Gêné, mais nullement vexé, le facteur regarde la pointe de ses chaussures usagées, reste sur le pas de la porte. Il a beau s’étonner du temps que prend la maman pour revenir, il ne s’impatiente pas.

Il porte à nouveau son attention sur la petite fille, cette enfant-statue. Et, sans s’en rendre compte, il franchit le seuil de l’entrée et avance pour la rejoindre. Maéva n’a pas réagi à cette nouvelle présence, elle fixe les nuages. Arrivé près d’elle, le jeune employé ouvre la bouche, mais devant l’intensité du regard de l’enfant, il s’abstient de parler et l’imite à son tour, comme si d’une façon muette et implicite, l’enfant venait de l’inviter à partager sa contemplation. Tous les deux restent ainsi, côte à côte devant la baie vitrée, absorbés par l’invisible.

« Il pourrait bien neiger », murmure le facteur, au bout d’un moment.

Il cligne plusieurs fois des paupières comme pour dissoudre les ultimes filaments d’un songe. La tonalité de sa voix le surprend ainsi que cette phrase qu’il vient juste de prononcer, presque à son insu. Il émet un petit rire bref, embarrassé. Sans le regarder, à l’aveugle, l’enfant glisse sa frêle et petite main dans celle de l’adulte.


Et la serre, fort.


 
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   socque   
13/3/2022
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Je lis ceci :
cette impénétrabilité énigmatique qui troublait tous les regards y compris ceux des médecins.
et je me dis « ah, la petite fille est malade ». La nature de sa maladie est rapidement révélée, ainsi que ses conséquences, notamment la désagrégation en cours de la famille.
C'est curieux, à mes yeux Tristan est le personnage le moins intéressant, une espèce de cliché sur pattes, et c'est à lui que vous consacrez un développement psychologique fouillé… Peut-être d'ailleurs est-ce parce que vous vous attardez sur lui et me le faites découvrir en quelque sorte de l'extérieur, presque sous forme de CV, que je le trouve peu intéressant : je n'aime pas que, dans un texte, on me dise quoi penser des êtres et des choses, je préfère qu'on me permette de me faire ma propre idée (quitte à me manipuler pour me pousser dans telle ou telle direction, mais faut pas que je m'en rende compte).
Sinon, bon, la mère courageuse et dépassée, l'élément extérieur à la fin qui presque donnerait une once d'espoir, la trajectoire du récit est trop attendue à mon goût. J'ai plutôt apprécié l'écriture mais lui trouve parfois un côté trop joli, trop léché, pour ce sujet qui à mon sens demanderait une certaine âpreté. Un bout de phrase, par exemple, qui m'a fait hausser le sourcil :
un champagne aussi tiède et amer que ses larmes.
Voilà typiquement, à mon avis, un effet littéraire facile et malvenu vu de quoi on cause.

   AnnaPanizzi   
7/4/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

J'ai été un peu happée par le début de votre nouvelle, notamment par le leitmotiv intrigant de la petite "il pourrait bien neiger". Je me suis dit "cool, il va se passer un truc puissant ! " Et puis, il ne se passe plus rien, c'est monolithique, ça manque d'aérations et ça disserte ad libitum sur le mari qui n'a aucun intérêt dans l'intrigue alors qu'il aurait fallu se pencher davantage sur la fillette et sa relation avec sa mère. Au final, un texte qui partait d'une bonne intention mais qui s'est perdu en route. Dommage... Mais celà dit c'est quand même au-dessus de la moyenne.

Anna

   Pepito   
5/4/2022
Bonjour Widjet, cela fait un bail !

Allez, c’est parti :
"impénétrabilité énigmatique"… "difficile d'expliquer" + "caractère mystérieux"… c’est moi ou ça redonde sévère. ^^
Enfant + médecins + détresse : à la fin du premier paragraphe, déjà, keke chose me dit qu’on va pas s’marrer.
"Tristan"… un prénom prédestiné pour ce genre d’histoire. ;-)
"fureur radioactive" … oh non, pas toi !
"Dans sa projection de vie, de mari, de père, rien ne devait se dérouler ainsi."… j’ai déjà vu ce phénomène dans une autre situation. Très déroutant, c’est vrai.
Une description de Tristan plus que longue. Idem pour les affres de la maman. Heureusement, sauvé par le facteur. Et il existe toujours des gens pour critiquer les PTT, franchement, j’vous l’demande...

Bon Widjet, c’est la deuxième fois (au moins) que tu nous le sors, celui-ci. Le fait que je m’en souvienne, c’est presque un compliment, non ? ^^

Pepito

   Dugenou   
5/4/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Widjet,

On sent la détresse des parents face â la 'différence' de Maéva (un TSA ?), surtout celle de Tristan. Mais vous ne faites qu'effleurer la surface, les portraits psychologiques, de la mère, Nathalie, et de Maéva, cela laisse une impression de 'bâclé'... ou peut être disposiez vous de plus d'éléments pour camper le personnage de Tristan, que pour sa femme, et sa fille ?

Le point d'orgue, avec le leimotiv de la fillette repris par le postier, apporte une touche d'optimisme bienvenue.

   papipoete   
5/4/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour widjet
Un peu comme le Beaujolais, le " widjet nouveau " est arrivé, alors je m'en viens le déguster !
" il pourrait bien neiger " répété mille fois, comme le ferait un mainate dans sa cage exaspère, alors qu'il n'y a rien à y faire ! Et ces parents l'un après l'autre, pètent les plombs ; éclatent leur couple jusqu'à faire peur quand Maéva entre en scène ; rien à faire, sinon la secouer jusqu'à casser le " tourne-disque ", ou foutre le camp et ne jamais revenir...
NB ce récit me rappelle ma fille, bébé qui confondait nuit avec jour, dormant à la lumière et pleurant au noir ! Rien ne pouvait inverser l'ordre des choses, et il fallut bien de la ténacité avant qu'enfin nous ayons la paix.
Mais là, rien ne pourra changer le cours des choses, surtout chez ce père " algorythme " pour qui le moindre grain de sable ne peut exister, surtout pas chez lui !
La mère qui se provoque une douleur ( se coupant au verre brisé ), pour étouffer celle de ce refrain, est si vrai ( je m'enfonçais les ongles dans la chair, quand une crise néphrétique naissait... )
Au final, quand cet apprenti-facteur, donne la réplique à Maéva " il pourrait bien neiger " et qu'elle lui prend la main, comme si cet homme venait d'ouvrir un sésame, le tableau est bouleversant !
Rien que pour ces dernières lignes, je dis " chapeau " monsieur le nouvelliste, j'ai bien fait de vous lire !

   Cristale   
6/4/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le facteur, le seul qui ne manifeste pas d'émotions et de réactions négatives. C'est ce dont elle a besoin Maéva. L'hystérie des autres ne fait que l'enfermer un peu plus dans son monde où "il pourrait bientôt neiger" : un regard tellement simple et vrai qui voit la nature et les choses sans calcul, sans ajouter ces considérations humaines criardes, négatives, agressives, repoussantes et destabilisantes .

Enlève tous les autres personnages qui polluent l'environnement de la fillette et le tableau devient un chef d'oeuvre.

"Tous les deux restent ainsi, côte à côte devant la baie vitrée, absorbés par l’invisible.

« Il pourrait bien neiger », murmure le facteur, au bout d’un moment.


... l’enfant glisse sa frêle et petite main dans celle de l’adulte.



Et la serre, fort."


Merci de m'avoir accueillie dans ton espace "nouvelle" où la poésie a su également trouver sa place.

Cristale
sous le charme

   Robot   
6/4/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Widjet (avec un J).
Bien content de te retrouver sur ce texte que j'ai beaucoup apprécié. Une tranche de vécu réaliste qui ne cherche pas à jouer sur l'émotivité mais qui rend compte d'un situation familiale compliquée en relatant un contexte de relations humaines ou l'incompréhension ressort d'une incompatibilité relationnelle.
Un texte sensible sans être pathos. L'idée du facteur qui probablement sans le savoir vient d'établir un lien est bien amenée. J'aime beaucoup cette chute.

   Corto   
8/4/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Cette nouvelle a un premier mérite: aborder avec originalité et délicatesse un syndrome dramatique chez l'enfant, avec des répercussions tout aussi dramatiques sur la famille.
Maéva est dans son monde, celui qui ne cherche pas la confrontation avec le réel, qui se méfie des autres, tous les autres sauf...parfois une exception rarissime.
Maéva ne cherche pas à rencontrer les réactions ou les émotions de son entourage, elle est habitée par son émotivité personnelle, qui lui suffit et qui ne souhaite pas être ni dérangée ni bousculée.
Ici le refrain "Il pourrait bien neiger" est particulièrement bien choisi. Correspond-il au réel climatologique ? Peu importe. Il correspond à la neutralité des ces conversations où 'personne ne se mouille' en parlant de la pluie ou du beau temps. Difficile de faire plus neutre dans la relation à celui qui entend sa réflexion.
Ce tableau est remarquable car il semble comprendre de l'intérieur le fonctionnement émotionnel de cette enfant.
Le personnage du facteur remplaçant vient conclure avec brio ce cercle fermé de la non communication ou plutôt de la relation émotionnelle élective, réservée à ceux qui ne cherchent pas à déborder sur le vécu intérieur de Maeva.

Grand bravo.

   plumette   
9/4/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Hello Widjet
Tout comme Pepito, je me souvenais de ce texte.
Un thème qui me touche. Quelle capacité ont les parents à accepter la "différence" de leur enfant ? Comment le couple résiste-t-il dans la confrontation à ce qui, normalement, n'arrive qu'aux autres?
Cette petite Maéva, dont le prénom m'évoque des îles ensoleillées, est enfermée dans son monde.
Le choix de ne pas nommer la maladie est un bon choix, tout comme l'arrivée de ce tiers qui ne sait rien et se laisse capter par quelque chose qui lui échappe mais auquel il est sensible.
Ce sont les éléments d'atmosphère que j'ai bien aimé plus que la partie centrale du texte décrivant les parents et en particulier ce Tristan avec ses réactions un peu trop caricaturales à mon goût.


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