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Humour/Détente
widjet : La scène de jalousie
 Publié le 05/08/08  -  30 commentaires  -  19837 caractères  -  95 lectures    Autres textes du même auteur

- Vous aimez les femmes jalouses ou les autres ?
- Quelles autres ?
Pierre Doris


La scène de jalousie


- Vous aimez les femmes jalouses ou les autres ?

- Quelles autres ?

Pierre Doris




Encore une fois, Olivia m’attend de pied ferme.


Le dos cambré faisant bomber sa poitrine opulente, les muscles maxillaires mastiquant nerveusement un Stimorol et son regard noir chargé comme un Famas, elle poste en plein milieu du couloir, mirador majestueux, plus provocante et plus en colère que jamais.


Sa main droite est levée. De son pouce et son index, elle tient quelque chose qu’il est impossible de l’endroit où je me trouve de distinguer, bien que je sache de quoi il s’agit. Elle le suspend du bout de ses deux doigts aux ongles vermeils et aiguisés, comme on le ferait d’un linge sale.


Le pas hésitant je me dirige vers elle, les yeux fixant ce qu’elle veut me montrer. Lorsque je suis suffisamment proche, elle agite sous mon nez un long poil couleur châtaigne :


- C’est quoi, ça ? me demande-t-elle, contenant avec peine la tornade qui n’allait pas tarder à déferler sur moi.


Je m’approche davantage et fixe à nouveau le filament ondulé qui flotte dans l’air puis, je m’efforce de répondre avec l’assurance enjouée de l’élève qui connaît à l’avance la solution au problème posé par l’instituteur :


- Attends, je sais : c’est un cheveu.


Le mouvement de sa main est si rapide que je ne vois rien venir et n’entends presque pas le claquement de sa paume sur ma joue. Pourtant, ce qui devait arriver s’est bel et bien produit : Olivia vient de me gifler.


- Ne te fous pas de ma gueule, Stefano. Je suis sérieuse.


Abasourdi, je porte la main à ma joue gauche humiliée. Je reprends malgré tout assez vite mes esprits :


- Olivia, qu’est-ce que tu vas imaginer ?

- Je n’imagine rien, siffle-t-elle en trépignant d’impatience. Je sais.

- Ah… Et tu sais, quoi ?


Avec une grâce à faire pâlir une geisha, elle ouvre la pince que formait son index avec son pouce laissant ainsi échapper l’indice chevelu qui danse dans le vide avant de tomber au ralenti sur le parquet. Puis, Olivia croise les bras et ajoute en levant effrontément le menton dans ma direction :


- Je sais que ce cheveu retrouvé sur ta veste n’est pas le mien.

- C’est n’importe quoi, rétorqué-je. Comment tu peux savoir ça ?


Elle émet un petit rire sec et moqueur.


- Rien de plus simple. La couleur, la texture, la longueur. Ce n’est pas à moi.


Je secoue la tête en ricanant à mon tour.


- Tu es passée maître en pilosité, c’est ça ou alors tu viens juste d’obtenir ton diplôme de shampouineuse ?


La seconde gifle en revanche, je l’ai bien vue. Elle s’est joliment envolée avant de tournoyer et de venir s’écraser sur la même joue. Si j’ai pu la voir - et l’analyser - aussi distinctement, c’est qu’Olivia a pris un peu plus d’élan. Contrairement à la première, le bruit de cette nouvelle offense fut également plus net et plus sonore. Une claque parfaitement exécutée, en somme.


Je commence à sentir quelques légers picotements sur la partie gauche de ma figure.


- Qu’est-ce qui te prend ? Tu es folle ou quoi ?!

- Je veux une explication, c’est tout !


Je pose mon bras sur son épaule.


- Voyons, ma chérie, tu ne vas pas croire…


Olivia repousse avec une fougueuse sensualité mon bras en faisant une grimace répugnante comme si elle craignait d’être contaminée par je ne sais quelle maladie infectieuse. Sa beauté est étincelante, presque biblique. Je fais des efforts pour ne pas succomber à cette redoutable sorcellerie.


- Ne me touche pas, mou d’la bite ! siffle-t-elle entre ses dents.


C’est un phénomène très étrange. Dès mon plus jeune âge, j’ai toujours été sujet aux injures. C’est ainsi. J’en ai tiré l’évidente conclusion que chacun d’entre nous devait dégager en lui une sorte de parfum inodore, une substance magnétique qui attirait certains éléments tels que des êtres mal intentionnés, des métaux divers, des situations incongrues, des microbes... Pour ma part, j’ai hérité d’un talent certain pour aimanter les insultes.


D’abord prodiguées par des camarades de classe (les bons comme les cancres) ; ensuite par mes amis (les vrais et les factices) sans oublier les vagues et prétentieuses connaissances du cours Savoisien. Bien plus tard et de façon plus hétérogène, des inconnus se sont joints à cette accablante chorale me couvrant de noms d’oiseaux de toutes sortes sur les routes des vacances (principalement pendant les heures de pointe) mais aussi en tant que simple piéton ou client lambda dans les cafés, les restaurants ou les centres commerciaux où mon succès dans ce vulgaire domaine ne s’est jamais démenti. Intarissables, les calomnies dont je fus la récurrente et prédestinée victime ne connaissaient ni congé ni jour férié. En jour de semaine, en plein week-end, pendant les fêtes (de Yom Kippour au Ramadan en passant par toutes les célébrations chrétiennes), j’ai essuyé les plus extravagants outrages verbaux distribués aussi bien par des populations francophones qu’internationales.


À un rythme régulier, j’ai inspiré et soulagé sans compter mes contemporains en matière de trivialités. Le florilège est vaste et je ne peux, hélas, tous les énumérer. Comme beaucoup, j’ai eu droit au très usité « Ta gueule » (accessoirement suivi d’un « connard ») et à l’incontournable « fils de pute », toujours fort apprécié par ces méchantes langues. Quelques anatomiques « tête de cul » et autres « face de fion » ont épisodiquement heurté mon appareil auditif. Dans un registre bien moins courant, mais plus inventif, j’ai bénéficié de véritables perles, de purs joyaux de langage tels que « flaque de pus », « suce-boule » ou encore « pompe à merde ». J’en passe et des meilleures.


Évidemment, toutes ces cordiales appellations se clôturaient de façon identique : la majorité du temps, on me suggérait sans détour « d’aller baiser ma mère » et dans la foulée « d’aller me faire enculer » ; deux propositions guère engageantes.


Malgré cela, mes oreilles - dont la chasteté avait très tôt volé en éclats – n’étaient pas encore blasées. Pour preuve on ne m’avait jamais traité de « mou d’la bite ».


Exaspérée, Olivia sort de sa poche un paquet de Marlboro rouge quasiment vide. Tremblante de nervosité, mais ne perdant rien de sa superbe, elle prend une tige qu’elle coince avec une classe folle entre ses deux lèvres charnues. Malgré moi, je suis subjugué, médusé. Elle me fait vraiment une scène de jalousie. C’est sublime.


- Olive, calme-toi. Tu m’inqui…

- Qui est-ce ? fit-elle en inspirant fortement une bouffée.

- Arrête, je t’en prie.


Pour toute réponse, Olivia tire à nouveau sur sa cigarette et me souffle la fumée au visage. Pour m’être déjà fait piéger, j’ai, cette fois-ci, coupé ma respiration pour ne pas être incommodé.


- Qui est cette pétasse que tu te tapes derrière mon dos ?

- Tu délires, vraiment ! clamé-je en levant les yeux au ciel.


Olivia se mordille la lèvre inférieure. Avec la pointe de sa chaussure, elle bat la mesure. Je la sens sur le point d’exploser.


Non, je ne le sens pas. Je le sais. C’est écrit.


C’est alors qu’elle me tourne le dos et fait quelques pas avant de se retourner avec une vivacité prodigieuse. En me pointant du doigt, elle se met à hurler :


- Je sais qui c’est ! Je connais cette chevelure ! Avoue, salaud !

- Avouer, quoi ?


Son doigt accusateur continue de me mettre en joue. Je commence à transpirer, car la situation s’envenime. La tension monte d’un cran. Je me prépare à vivre des moments de plus en plus pénibles. L’ouragan Olivia est en marche. À côté, celui de Catrina fera l’effet d’une chasse d’eau.


- Avoue que tu couches avec Céline !

- Céline… Céline, ta sœur ?

- Bien sûr, fumier, qui d’autre ?


Je me mets à bafouiller, à perdre mes moyens, à suinter. Et à dire ce qui ne fallait pas :


- Ta… Ta sœur ? Non… non… mais t’as vu sa gueule ?!


Olivia a un mouvement de recul, quelque peu déstabilisée par ma cinglante réplique. C’est sûr, elle ne s’y attendait pas. Moi non plus d’ailleurs.


Son trouble - exquis et suave - ne dure qu’une demi-seconde. Quant à moi, je suis perdu et sue à grosses gouttes. Je ne sais pas du tout ce qui m’a pris de dire ça. Vraiment pas. Le stress probablement. Et Olivia, sans aucun doute. Olivia, sa beauté plantureuse et sa sensualité insolente auréolée de son assurance implacable. Ça commence à faire beaucoup pour moi.


Je veux essayer de me rattraper, de me raccrocher aux branches. Trop tard. Une fureur embrase la peau laiteuse du visage angélique qui me fait face et la voilà qui fond sur moi telle un rapace, le bras levé derrière elle et tendu comme la corde d’un arc sur le point de décocher une flèche assassine. Tétanisé - non - crucifié par tant de maestria, je ne bouge pas un cil pour accueillir comme il se doit et précisément au même endroit, ma troisième gifle en moins de deux minutes. Avec celle-là - d’une brutalité magistrale - je morfle pour de bon. Mon cou se dévisse et fait un quart de tour. Les petits fourmillements occasionnés par les deux premières taloches se réveillent d’un seul coup et l’échauffement devient plus vif. Ma joue gauche bouillonne, commence sérieusement à me lancer. Mes yeux se mettent à piquer. Je suis étourdi… et sur le point de perdre mon sang-froid. Je veux dire, de le perdre vraiment.


- Olivia, ça suffit maintenant, sinon je vais m’y mettre !

- Non, mais ne te gêne pas, fulmine-t-elle d’un ton outragé. En plus de me faire cocue, tu veux aussi faire de moi une femme battue ? Vas-y colle-m’en une !


Non. Marquer de ma main une si belle peau serait une injure, une profanation, un intolérable blasphème à dame Nature.


Je transpire de plus en plus. Ça y est, ma joue gauche est littéralement en feu. Je suis persuadé que sous ma peau, des centaines de vaisseaux sanguins ont explosé. Moi qui crois autant à l’existence de Dieu qu’à la virginité immaculée de la Cicciolina, je me mets à implorer intérieurement cet hypothétique Seigneur qui n’en finit plus de se faire languir. J’espère aussi qu’Olivia va se rendre compte de la couleur écarlate de ma figure et me prendre en pitié.


- Merde, arrête avec ta parano ! Je ne te trompe pas !

- Oh que si, crapule !


Dégoulinant comme un bœuf, je me mords les lèvres avant de répondre :


- T’es… complètement… hystérique, ma pauvre !


Je commence à avoir du mal à articuler. Mes mots sont comme collés au fond de mon palais. Ils peinent à sortir de ma bouche. C’est à peine croyable, mais on dirait que même mes paroles sont brûlantes ! Je donnerai n’importe quoi pour qu’un canadair passe au-dessus de ma tête.


- Arrête, Stefano, sinon je te jure que je…


À mon tour, je passe à l’offensive :


- Tu quoi ? Tu… veux encore te défouler sur ma… (Je marque un léger temps d’arrêt en déglutissant avec difficulté) tronche, c’est ça ? Mais vas-y, ma belle, te… gêne pas, gifle-moi encore si ça peut te calmer !


Disciplinée, Olivia ne se gêne pas. Et me gifle. Encore.


Au concours de la perfection, cette torgnole - la quatrième du nom - gagne haut la main. Ce n’est guère surprenant. Désormais, la mécanique est bien huilée, le geste d’une fluidité rare et d’une élégance sans pareille. En pâtissière talentueuse, Olivia distribue les tartes comme d’autres enfilent des perles. Moi, en revanche, je suis à deux doigts de tourner de l’œil. Je me dis que ma douce tortionnaire aurait quand même pu au moins alterner, varier la sentence, car c’est encore la joue gauche qui a épousé la forme décalcomaniée de sa main à l’instar de ces empreintes célèbres que l’on trouve sur les trottoirs de Hollywood Boulevard.


Ma joue. Ma pauvre joue en ébullition. Ma joue, d’ailleurs, qui n’en est plus vraiment une. Enfin, pas seulement. Elle est le poêle qu’on trouve encore dans les vieilles demeures du Nord de la France. Mais aussi les tisons rougeoyants qui sortent d’un barbecue les dimanches d’été. Ma joue est la Flamme olympique vaillamment portée par le bras conquérant d’un athlète kenyan. Ma joue c’est le dieu égyptien du soleil, mais également le Stromboli, l’Enfer de Dante... Au choix.


Progressivement, les élancements ardents se propagent sur la surface intégrale de mon faciès comme une lave en fusion léchant chacun de mes pores qui - s’ils pouvaient s’exprimer - demanderaient à peu de chose près ceci : « Elle va continuer à nous cogner encore longtemps, cette salope ?! ».


C’est alors qu’Olivia se met à pleurer. De chauds sanglots. Un vrai chagrin, lourd et salé. Rien à dire, c’est impeccable. Quelle formidable hypocrite, tout de même ! Si cela ne tenait qu’à moi, je lui décernerais un César !


Pourtant, cette fourbe sincérité, mais bouleversante finit par effriter, malgré moi, le bloc de marbre que je m’efforce de rester. L’espace d’un instant, sa détresse artificielle atténue mon calvaire et dissipe cette sensation que ma tête vient probablement de tripler de volume depuis quelques minutes.


Une autre fournaise s’empare de moi, mais celle-ci assiège mon cœur déjà vaincu : je suis amoureux de cette femme.


Hélas, l’incendie qui consume ma figure se réveille et estompe bien vite l’effet d’hypnose qui m’engourdissait avec délice. J’ai de nouveau très mal. Mon regard s’embue. Je serre les dents et lutte comme un beau diable pour ne pas craquer à mon tour. C’est dur. Je souffre le martyre.


Alors que ma tendre nymphe pleurniche comme un petit chiot, je m’acharne à rester stoïque tandis que sous l’épiderme facial, mes vaisseaux sanguins chantent en chœur la Cucaracha.


Elle enfouit son visage ruisselant dans le creux de ses paumes. Je m’avance vers elle. Tremblant comme une feuille, j’ouvre mes bras, marque un temps d’hésitation, avale ma salive puis entoure la taille de ma compagne. Olivia n’oppose aucune résistance et plonge sa tête dans ma poitrine, pose ses mains sur mes hanches qu’elle agrippe avec ferveur. Ça y est, elle est dans mes bras. Je frissonne. « Je serre la plus belle femme du monde contre moi », pensé-je. Et je frissonne à nouveau.


« Tout le monde a son quart d’heure de gloire », disait Warhol. Mon quart d’heure dure à peine une minute. Mais c’est une minute divine. Transcendantale. L’agnostique convaincu que je suis est en train de virer mystique.


Enfin, Olivia me repousse mollement. Je m’accroche. Elle me rejette encore avec guère plus de conviction. Je m’écarte pourtant.


- Va-t’en, gémit-elle.

- Pas question.

- Laisse-moi tranquille, je t’en prie, Stefano.

- Pas question, je répète, le cœur palpitant.


Suppliant il y a encore un instant, le regard d’Olivia se durcit. L’accalmie a été de courte durée.


- Tu ne comprends pas ? Notre mariage est annulé !

- Hein ? À deux jours de la cérémonie ?

- Je m’en fous, dit-elle.

- Olivia, sois raisonnable. Ne fous pas tout en l’air !

- Je vais me gêner !

- Tout ça pour une aventure sans lendemain ?

- Ah, tu avoues enfin ! lance-t-elle triomphante la main déjà armée. Enfoiré, va !


Vlan. Gifle no 5.


La bonne nouvelle - car il y en a toujours une - est qu’Olivia vient de manquer sa cible fétiche. La mauvaise, est qu’elle m’a crevé le tympan. C’est de ma faute. Au dernier moment, j’ai légèrement pivoté la nuque, essayant d’épargner ma joue carbonisée. Sa baffe s’est écrasée sur une partie de mon oreille. Immédiatement, une douleur terrible inonde mon orifice auditif. Je me mords la langue pour ne pas m’évanouir tout en gardant en otage les larmes qui essaient depuis un moment déjà de déserter mes prunelles. La sueur coule avec abondance sur mes yeux qui n’y voient plus grand-chose. J’ouvre la bouche pour parler, mais - malheur ! - plus aucun son ne sort. Me voilà aveugle, à moitié sourdingue et muet ! Pourtant, il faut que je parle. Je dois répondre. À tout prix. Malheureusement, seul un silence embarrassant plane dans la pièce. Les secondes s’écoulent, interminables. Tout devient flou. Un début de vertige pointe, l’angoisse m’étreint. Je me sens partir.


Soudain, derrière moi, alors que je ne l’espérais plus, une voix tonitruante, pimentée et polyglotte vient me libérer. « Cut ! Tagliate ! Coupez ! » dit un homme la bouche cachée par un mégaphone.


Puis il bondit de son siège pour se diriger vers Olivia et moi. Il est petit, rondelet et arbore une expression d’emblée sympathique. Il est habillé d’une chemise hawaïenne et coiffé d’une casquette jaune avec des mains en mousse de même couleur cousues sur chaque côté.


Olivia, en revanche, a l’air contrariée. Elle lève les yeux et me regarde en esquissant un sourire désolé. Elle me prend le bras et se penche vers moi pour me souffler quelque chose à l’oreille gauche ne se doutant pas de la vacuité de son aveu. Par correction, je grimace un rictus en acquiesçant bêtement. Elle peut me dire ce qu’elle veut, je n’entends plus rien de ce côté-là.


- Great ! Espléndido ! Génial ! Magnifico ! exulte le réalisateur en sautillant sur place ce qui fait applaudir les mains spongieuses au-dessus de sa tête.

- C’est vrai, Emilio ? demande Olivia avec anxiété.


Le dodu metteur en scène répond avec empressement :


- Oui, oui ! On la garde celle-là, s’il te plaît ! Je suis très content de cette scène ! I am so happy ! Molto contento ! Muy feliz.

- Mais, insiste l’actrice, ma dernière gifle était ratée, non ?

- Non, non, pas du tout ! C’était très bien ! So real ! Autentico ! Verdad !


Puis, il se tourne vers moi en m’implorant du regard :


- Pas vrai, petit qu’elle était parfaite la dernière baffe ?


Ma peau est si tendue qu’entrouvrir les lèvres relève de l’exploit. En guise d’acquiescement, je lève les deux pouces en l’air, la bouche rieuse, mais le visage en pleurs.


- Ah, tu vois ? fait Emilio aux anges en se retournant vers son actrice.


Olivia fait la moue et prend le réalisateur par le bras. Alors qu’ils s’éloignent du plateau, la maquilleuse vient à ma rencontre et me badigeonne la joue enflée d’une poudre blanchâtre à l’odeur douceâtre. Elle prend de mes nouvelles et en profite pour me féliciter sur mon jeu.


- Pour ton premier film, c’est pas mal du tout, dit-elle avec sincérité.


Touché par son compliment je la remercie.


- Et puis, poursuit-elle, ta réplique improvisée sur la sœur, c’était une super idée !


Je lui mens en disant que ça m’a semblé plus comique que la phrase originale (qui m’était, bien sûr, complètement sortie de l’esprit). Sitôt ses soins dispensés, l’employée disparaît.


Je me sens un peu mieux à présent.


Je me tourne vers Olivia qui discute à bâtons rompus avec Emilio Baldi qui est un des artistes les plus renommés et excentriques du cinéma italien ; cinéma dont le public est resté friand de ses comédies vaudevillesques.


Ils sont trop loin pour que je puisse entendre ce qu’ils disent. Les sourcils froncés, le réalisateur écoute avec attention son actrice principale en se grattant le menton et opinant du chef, imité par sa casquette aux mains de plastiques jaunes. Olivia Calvero, célèbre comédienne napolitaine, madone et star en son pays, est égale à elle-même : resplendissante. Une diva.


Je continue de l’observer à son insu. Je n’en reviens toujours pas. Mon héroïne, fantasme inavoué et sex-symbol vivant a accepté de tourner avec un jeune débutant pour quelques minutes ; minutes anecdotiques pour une célébrité comme elle, mais inoubliables pour moi. Olivia Calvero a bien voulu être serrée dans mes bras et d’être ma femme le temps d’une scène. Ah, la magie mythique du Cinéma !


Je baigne encore dans une douce rêverie lorsqu’Emilio et Olivia reviennent au centre du plateau. La mine un peu moins réjouie, le metteur en scène s’adresse à son équipe en tapant des mains :


- Allez, les gars, gentlemen, raggazzi, señores. Tout le monde en place. On va refaire la prise une dernière fois ! One more ! Otra vez ! Un’ultima volta !


 
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   Anonyme   
5/8/2008
 a trouvé ce texte 
Bien
Oui oui une scène de jalousie au sens propre. Evidemment des italiens, évidemment olivia, pulpeuse à souhait... Très bien écrit du reste, comme d'habitude. Mais manque (pour moi) l'habituelle "profondeur", même si même si... Assez humain ce jeune acteur tout tourneboulé de jouer avec la dolce star... Mais tout de même très académique comme sujet. J'ai bien aimé le coup du type "tête à insultes" sinon, l'originalité a fuit ces lignes pour moi... Je sais, je sais seul le traitement compte, seule la manière... Il n'empêche je reste un peu sur ma faim.
Un texte qui se lit sans encombres toutefois, un style bien maîtrisé, du widjet au niveau...

   xuanvincent   
5/8/2008
 a trouvé ce texte 
Bien
J'ai trouvé cette "Scène de jalousie" bien écrite.

La rupture dans le récit, au moment au l'on bascule dans une autre fiction, celle du film, m'a surprise et intéressée.

   charlemont   
5/8/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien
Bien fait, pas monstrueusement original d'accord, mais prenant et efficace, pour ne pas dire jouissif. Un bon scénario potentiel d'ailleurs. J'adore.

   Mewi   
5/8/2008
Bien écrit, vraiment rien à dire. Un texte fluide, facile à lire et entraînant. Si ce n'est qu'il m'a manqué ce je-ne-sais-quoi, donc je ne mettrais pas d'appréciation. En tout cas, c'est bien rythmé et la fin est intéressante.

   Anonyme   
6/8/2008
 a trouvé ce texte 
Bien
Moi j'ai aimé le ton, plaintif mais pas trop, drole mais pas trop (le pauvre sourd d'une oreille), dramatique mais pas trop...
j'aime ta façon d'écrire, donc j'ai aimé le texte dans sa forme et son traitement...
Mais (oups, ça faisait longtemps) ce texte (contrairement à Olivia avec ce pauvre Stefano) ne m'a pas mis la claque que j'attendais, pourtant avec impatience (moi la lectrice masochiste)...

Je m'attendais à plus de rebondissements (étrangement, j'ai eu la puce à l'oreille avec la phrase sur la soeur!), quelque chose d'un peu plus...
Enfin, il n'y a rien que du bon ici, mais je reste sur ma faim... désolée... malgré les passages géniaux...

   aldenor   
6/8/2008
Je n’ai pas pour le moment une opinion tranchée sur ce texte. Je voudrais seulement signaler une petite erreur de "mise en scène" :
Au moment où Olivia donne la première gifle, elle tient le cheveu entre le pouce et l’index de sa main droite.
Donc on suppose qu’elle donne la gifle de la main gauche, et pourquoi pas ? Seulement il est dit que c’est la joue gauche du héros qui est atteinte. Alors on suppose qu’elle donne la gifle du revers de la main, mais non plus puisqu’il est encore dit que c’est la paume d’Olivia qui claque.

   Tchollos   
7/8/2008
Je trouve aussi, comme Notrac, que c'est du Widjet de haut niveau et pourtant je suis un peu déçu. Explications...

Au niveau de l'écriture. Tu es brillant comme toujours. Non, en fait, tu es encore plus brillant (rythme, tournure de phrases, métaphores), mais même le "brillant" on peut le transcender et tu peux encore faire mieux (je suis exigeant hein, héhé). Je vois bien tous les efforts que tu as fait pour maîtriser ta fougue dans ce texte mais tu peux aller plus loin, j'en suis sûr. Le style tu l'as! tu débordes de "Widjeterie" et tu pourrais sans aucun doute nous raconter le bottin sans nous ennuyer une seule seconde. Moi, j'aimerais que ça "claque" encore plus et que tu oses parfois un peu sortir de tes schémas et que tu te mettes en danger.

Sur le fond, rien à redire. Ce texte à un but précis : distraire, faire sourire. C'est gagné, pas de problème. C'est même franchement jouissif. En revanche, je trouve qu'en ce moment tu additionnes un peu les textes "passe-partout", ni très originaux, ni très profonds.

Je sais que je t'en demande beaucoup (peut-être que je me trompe) et tu peux déjà être très fier de toi.

Je sais que tu aimes le cinéma alors je vais tenter une comparaison un peu bizarre. Pour le moment, tu es Tom Hanks dans "vous avez un message". On ne peut rien critiquer, rien lui reprocher, Hanks joue incroyablement bien, il est hyper juste, hyper sympa et sensible...Mais moi, j'attends de te voir en DeNiro dans Raging Bull ! Euh, tu vois? Il y a l'excellent et il y a le transcendant.

Je fais des considérations qui sortent franchement de ce texte (qui est vraiment très très bon) et je m'en excuse mais je sais que tu sais que nous savons hein?

   Adraboz   
7/8/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien +
Une nouvelle proprement bluffante, un style impeccable avec une richesse et une minutie dans les descriptions qui me laissent pantoise !

   Melenea   
8/8/2008
 a trouvé ce texte 
Bien
Très bien écrite, cette scène qui dure, jusqu'à la bascule dans l'univers du cinéma... et je ne m'y attendais pas :)
par contre pour moi, certaines longueurs dans la description, ralentissent les effets de gifles et de la crise....
Nous y sommes en plein dedans et les descriptifs me déconnectent un peu...

Mél

   Athanor   
9/8/2008
 a trouvé ce texte 
Bien +
Alors je suis un peu déçu. Non pas par la construction de cette nouvelle. La qualité narrative est là, c'est certain. L'évolution de la scène est emballée et c'est très bien.
Les deux acteurs sont bien campés. Latmosphère est bien rendue.
Le vocubulaire et les envolées de l'auteur m'ont plu.

Non, je suis déçu car lorsque j'ai lu les paroles de Pierre Doris, je me suis dit : "j'vais me marrer". Ben non !

Et puis je regrette un peu le passé simple, qui est venu inopinément, comme ça, dans la première partie de la nouvelle.

Ceci dit, on reconnaît bien le style de l'auteur et ça c'est très bien.

   Anonyme   
9/8/2008
 a trouvé ce texte 
Bien +
Je n'ai pas du tout senti venir le tournage, c'est bien mené, bien que ça fasse un peu theâtre de boulevard, et que je ne suis pas fan du genre. Et les atouts charnels et sulfureux de la plus que belle Olivia me laissent de marbre ( moi ? Jalouse ? Que nenni ! ) Elle en a même trop.
Et le pauvre narrateur n'a qu'une " tête de cul "
C'est un peu trop dans l'opposition, à mon goût. Ca aurait pu être un poil plus nuancé, plus équilibré, ( mince, il doit bien avoir une autre qualité que celle d'être maso ) et j'aurais été satisfaite.
pour le positif, la richesse de ton vocabulaire, widjet, m'impressionne, ainsi que le nombre impressionnant de genre que tu ose aborder. Alors, c'est plus que bien.

   Anonyme   
6/9/2008
Oh que je suis déçuuuuuuuuuuuuuuu

Une scène de jalousie qui manque de piment.

Bon d'accord on reconnait du widjet.
mais trop justement. Peu de variation dans la manière de traiter le genre..

Assez ennuyeux les détails inutiles.. ici et là dans le texte, du genre , l'écriture pour l'écriture..

non widj. tu te répétes, tu bafouilles là..

"mou d’la bite !"

Mouaih !!!

un peu mou oui tout ça

ta scène de jalousie ressemble à un cours d'anatomie pour gamins de CE2

Navré d'être sincère

Pas de note.

   violoncelle   
11/8/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien
Je découvre Widjet.

Une plume qui glisse comme on parle sous la lune après un bon diner entre amis... Alerte, sereine, drôle, tonique...

Ca donne presqu'envie de te voir sur scène pour un One-Man Show d'enfer.

Du talent c'est sûr !

Amitiés

Violoncelle

   Anonyme   
14/8/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien
Une scène de jalousie très réaliste, la plume est bien trempée, elle sert l'histoire. L'Italie ? Mais c'est ça, le sud, je sais de quoi je parle, ça se passe souvent comme dans ce texte qui au passage ne manque ni d'humour ni de recul.

[passage modéré]

   Anonyme   
19/8/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien
Style très sympa,
Bravo

   Azurelle   
23/8/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien +
Un récit vivant plein de fougue, de claques( ouille ouille), de dynamisme et un dénouement surprenant. Qui aurait dit que cette scène n'était que du cinéma franchement j'adore. Ta plume est agréable à lire; un nouveau sens émerge de ce dénouement bien joué ! Quand on arrive à la fin on a envie de relire ^^.

   Val   
30/8/2008
 a trouvé ce texte 
Moyen +
bon, et bien widj... bof !! dirais-je !! J'aime ta manière d'envisager nos petits tracas du quotidien, toujours avec sensibilité, intelligence et humour, qui pour moi est "le" coktail de quasi perfection... Pourtant, je dois t'avouer qu'il y a des paragraphes qui m'ont semblés longs... précisément de "c'est un phénomène étrange... jusqu'à... j'en passe et des meilleures"... Là, je me suis demandé, tout en m'ennuyant à les lire, pourquoi tu avais besoin de nous pondre de la "li-té-ra-tu-reu" (à prononcer de la manière la plus pompeuse possible !! lol) au milieu d'une histoire dont l'intelligence et l'esprit n'a, me semble-t-il pas besoin d'alibi littéraire pour être reconnue... c'est comme-ci tu t'excusais d'être drôle, un peu trivial voire carrément vulgaire... Bon... sinon, tu m'as chopée sur la fin... pour ça tu as l'art des rebondissements c'est sûr !!.
Mais du coup widj pas très convaincue sur ce coup-là !!

   marogne   
2/9/2008
 a trouvé ce texte 
Bien +
Et bien je me suis remis à lire des nouvelles (après les vacances), et je commence par du solide....

Bein évidemment c'en est! mais j'ai été retenu dans mon plaisir par la "violence" décrite. Sans doute parce que j'ai lu "Rose Madder" sur les conseils de Strega, et bien que ce soit ici la femme qui maltraite l'homme, on ne peut, je ne pouvais pas m'enlever de l'idée que parfois c'est comme ça que ça se passe, que certains/certaines, par amour sans doute au début, se laissent malmener de la sorte. Mais bon, faut pas exagérer, le recul suffisant y est; peut être un peu trop d'ailleurs, car on ne peut s'empècher de garder le sourire, attendant la farce.

J'ai trouvé la fin un peu longue, mais ma femme (remarquer le pronom possessif) me reproche la briéveté des miennes, donc pourquoi pas ici.

Une construction bien bâtie, sur de bonnes fondations, et avec des caprices architecturaux amusants; un bon moment de lecture pour cette fin de soirée.

ps: peut être quelques détails de syntaxe parfois, mais rien de dramatique.

   Bliss   
16/9/2008
 a trouvé ce texte 
Bien
Salut Widjet!

J'ai pas mal aimé, j'ai beaucoup rit quand notre pauvre Stefano se lamente sur sa dure et longue vie d'insulté...
Mais je trouve que la chute est un peu "facile" j'ai envie de dire...
J'aurais préféré une vraie scène de ménage avec un rebondissement à la Widjet (pas un meurtre hein! pas à chaque fois, j'ai bien vu que c'était classé en humour!)

Mais bon, malgré ça, pas mal dans l'ensemble!

   nico84   
21/9/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien -
Moi non plus, je n'ai pas senti venir cette sc"ne de théatre et j'étais enervé car sentir une personne passive (homme ou femme) à la violence d'un(e) autre pendant la majeure partie du texte me mettrtait dans la vie reelle hors de moi.

Alors je me demandais ce que voulais montrer widjet et je me suis fais encore avoir et ca te fais rire ?

eh bien ris, ton texte est bon, la fin caractéristique. Bravo !

   Flupke   
23/10/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien +
Cette nouvelle m'a fait beaucoup rire. Classée en catégorie humour/détente j'ai trouvé qu'elle était efficace dans son intention. On s'appitoie facilement sur le héros (hey you know what ? I am the hero !) et cela donne un effet levier à l'humour.
On se régale en fin gourmet pendant la seconde lecture de tous les détails / appels de phare que Widjet a plantés ici et là pour nous prévenir (c'est du cinéma).

J'ai trébuché sur: OC a bien voulu être serrée dans mes bras et d'être ... j'aurais préféré OC a accepté d'être serrée dans mes bras et d'être ...

L'idée de la réplique ratée (t'as vu sa gueule) est excellente aux deux niveaux de lecture.

Par contre au niveau qualité de chute, dès qu'il est révélé qu'il s'agit du tournage d'une scène, je me suis dit oh le pauvre, pourvu que le réalisateur ne la fasse pas recommencer. Donc la deuxième chute a été moins surprenante pour moi.
J'étais étonné des sentiments amoureux de Stéfano et pendant la première partie j'avais pensé à une mise en scène sado maso.

J'ai beaucoup aimé cette saine nouvelle car j'ai beaucoup ri, ce qui est très sain. Je l'ai faite lire à ma femme et je l'ai observé rire sur le canapé, ce qui ne peut que me conforter dans mon jugement. Objectif efficacement atteint donc.

Merci Widjet !

   Anonyme   
29/10/2008
 a trouvé ce texte 
Exceptionnel
Génial.
Merci tout d'abord à Flupke de m'avoir signalé ce petit bijou.
C'est un véritable régal.

Comme j'ai sottement commencé ma carrière de commentateur en sur-notant outrageusement (ce que m'a d'ailleurs fait remarquer widjet avec son élégance coutumière), je me demande ici comment faire.
Il faudrait inventer des échelons supplémentaires. Quelque chose comme "hyper-exceptionnel +"
Mais ce n'est pas prévu par le logiciel.

Je me contenterai donc d'un modeste "exceptionnel", en précisant que cette appréciation est sincère et réfléchie.
Qu'elle n'est pas le fruit d'une impulsion dont je suis, hélas, trop souvent coutumier.

Comme je le disais à Flupke, déjà cité, il est bien plus difficile de faire rire que de faire pleurer.
Widjet réussit à merveille dans ces deux exercices.

Je suis tellement jaloux que me vient l'irrésistible envie de l'insulter.

   Anonyme   
29/10/2008
Tiens, je ne l'avais pas encore lue celle-là ... !

Bon, j'ai lu mieux, bien mieux de toi (à mon goût), mais ce petit divertissement a quand même quelques chouettes surprises à offrir. A commencer par la chute bien évidemment : perso, je me suis laissée cueillir, je ne m'attendais pas du tout à ça. Moi aussi, j'ai passé tout un moment à me dire "bon dieu, elle a bien raison de le traiter de mou de la bite, qu'est-ce qu'il attend pour réagir ce couil-biiip-lon". Amoureux d'accord, mais quand même ...
Et puis cette fin qui vient tout éclairer, le côté théâtral de la scène tellement téléphonée en même temps que la passivité de l'amoureux transi, vraiment amoureux, même si la scène est factice. L'air de rien, c'est bien ficelé, cet enchevêtrement de sentiments réels et de sentiments simulés.

J'ai moi aussi regretté un peu le passage descriptif sur "l'aimant à insultes", un peu longuet et qui vient comme une cheveu sur la soupe (c'est le cas de le dire...). Ca coupe le rythme, ça essouffle.

Une petite erreur de syntaxe déjà relevée plus haut dans la phrase "Olivia Calvero a bien voulu être serrée dans mes bras et d’être ma femme, et puis cette phrase "cet hypothétique Seigneur qui n’en finit plus de se faire languir. où l'emploi du verbe est erroné ; on ne "se" fait pas languir --> on se languit de quelque chose, où on fait languir quelqu'un. Ici donc, il faudrait dire "cet hypothétique Seigneur qui n'en finit plus de me faire languir" ou "de se faire attendre".

Un agréable petit moment donc, sans plus, sans prétention.

   victhis0   
29/10/2008
 a trouvé ce texte 
Bien
ce qu'il a de sympa chez widget c'est la jouissance qu'il prend à écrire et qu'il fait partager à ses lecteurs : c'est assez rare qu'un tel plaisir soit à ce point communiquant. Félicitations pour ça. Effectivement, c'est écrit avec brio et la trame est distrayante.
Je me permets un bémol professionnel : je suis producteur et je n'ai jamais - jamais - vu un réalisateur aussi improbable que celui que tu décrits. Des anxieux, des hésitants, des cérébraux, des prétentieux, oui, tout ce que tu veux. Mais des pitres au stylisme aussi ridicule ferait fuit le plus téméraire des producteurs. A part cette digression non littéraire, j'ai bien aimé cette nouvelle.
Mais je pense aussi que tu devrais prendre plus de risques, plutôt que de te laisser porter nonchalamment par tes facilités : c'est dans la difficulté qu'on progresse, non ??

   FILOMENE   
31/10/2008
 a trouvé ce texte 
Bien
beaucoup de talent mais un zeste de trop ...tranquille.

   Kaos   
3/11/2008
 a trouvé ce texte 
Moyen -
Pas convaincu. Ce n'est pas le style, que j'apprécie encore, mais le fond. C'est trop, c'est "bling-bling" , bourré d'artifices qui finissent par lasser.

Certes c'est du cinéma, mais dans ce cas le réalisateur n'a jamais eu à faire à une femme trompée. Ce n'est pas réaliste pour moi, pas du tout.

Et puis je ne vois pas (pourtant je ne suis pas du genre pudibond!), l'utilité des insultes et de leurs explications.

Bref ça manque de vie tout ça.

   Menvussa   
7/2/2009
 a trouvé ce texte 
Bien -
J'ai un peu été déçu par la fin, cette scène tournée au lieu d'une véritable "tragédie" bon, en réalité ça n'enlève rien mais ça m'a donné l'impression de jouer les prolongations.

Il ya des tournures qui m'ont semblé maladroites, j'ai pas tout relevé, mais ça reste du W.

   Maëlle   
9/2/2009
 a trouvé ce texte 
Bien
Je me suis demandé pourquoi il transpirait autant une bonne partie de ma lecture. J'ai la réponse.

Très mis en scène. Ca s'imposait.

   wancyrs   
26/10/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien +
Bon bon, me voilà en train de lire du widjet ! un texte en cache un autre je dirais.
histoire de cheveux, histoire de femme ! je peux vous assurer que j'en ai connu moi aussi, et des histoires de parfums aussi qui n'étaient pas le mien, mais qui empestait mon costar.
Je ris encore en redigeant ce commentaire et le texte est tellement fluide, la presentation assez espacées et claire que je n'ai rien eu à me mettre sous la dent.
J'ai embarqué dans le recit, et imaginez mon étonnement lorsque je me suis retrouvé en pleine scène de tournage...
Je ris encore de l'insatisfaction d'Olivia, et la demande de reprise de la scène ; alors je me dis : ayoye ! je n'aimerais pas être à la place de Stéphano pour tout l'or du monde.

Merci Widj, et rendez-vous pour une autre bataille.

Wancyrs

   Ambroisine   
29/3/2010
 a trouvé ce texte 
Très bien
J'ai adoré. C'est drôle, plein d'humour. C'est tellement ça la jalousie à l'italienne ! Je ne m'attendais pas à ce que ce soit du cinéma, mais je suis comme le metteur en scène (en moins dodue), j'applaudis et je dire : "encore" !

 

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