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Fantastique/Merveilleux
widjet : Le garçon qui me suivait
 Publié le 06/02/08  -  26 commentaires  -  7544 caractères  -  38 lectures    Autres textes du même auteur

Aux confins du fantastique. Cette histoire de filature est aussi l'histoire d'une seconde chance.


Le garçon qui me suivait


Partout où j’allais, il allait. À chaque fois que je tournais la tête, il était là, à quelques mètres derrière.

Oh ! Il n’avait pas l’air méchant. Au contraire. Lorsque je me retournais, il me regardait avec un regard tendre et me souriait de ce sourire sans malice qu’ont parfois les enfants. Oui, c’était un enfant. Il devait avoir sept ou huit ans, guère plus.

Est-ce que je n’étais pas étonnée d’être suivie en permanence par un enfant ? Bien sûr que oui ! Au début, j’étais même inquiète et me demandais comment des parents pouvaient laisser un enfant si jeune errer seul dans la rue et à n’importe quelle heure.

Quand je sortais du cinéma ou que je quittais mon travail à des heures tardives, je le trouvais de l’autre côté du trottoir à m’attendre avec ce même sourire candide. Il portait toujours le même pantalon en velours beige trop grand pour lui et les mêmes chaussures de sport aux lacets défaits qui ne semblaient pas toucher le sol.


Depuis quand cette filature enfantine avait commencé ? Trois mois ? Six mois ? Je ne saurais dire. Si vous me demandez pourquoi je n’ai jamais été à sa rencontre, je vous répondrai simplement que c’était impossible. Dès que je marchais dans sa direction pour aller lui parler, il disparaissait aussitôt !

J’ai bien tenté une fois de tendre un piège à ce jeune détective en herbe. Je me promenais un soir dans les petites ruelles bordelaises lorsque je décidai de me cacher sous un porche afin de le surprendre. Après quelques instants, n’entendant toujours pas le bruit de ses pas, je surgis tel un diable hors de sa boîte et me trouvais subitement face à lui. Nullement surpris par mon intervention soudaine, l’enfant émit un gloussement amusé avant de disparaître en un claquement de doigts emportant la pureté de son rire avec lui. Je tentais de le poursuivre, mais il s’était volatilisé au coin d’une rue, comme par enchantement.


Pendant plusieurs jours, j’essayais d’autres subterfuges pour épingler ce jeune plaisantin mais aucun ne fut couronné de succès. Puis les semaines s’écoulèrent et les mois suivirent. Je commençais à m’habituer à la perpétuelle présence de cet enfant venu de nulle part, visiblement abandonné par ses proches. Toujours vêtu de la même façon, il continuait de marcher derrière moi et sans bruit. Sans même me retourner, je savais qu’il me souriait. C’était aussi palpable qu’un rayon de soleil qui vous chauffe la nuque et les épaules. De fil en aiguille, je me pris au jeu de cette « marche-poursuite ».


Qui était cet enfant ? Je l’ignorais. J’étais certaine de ne l’avoir jamais vu auparavant. Et pourtant, quelque chose en lui me rassurait. En dépit de son visage infantile, ce garçon inconnu dégageait une sérénité et une force incroyables.

Toutes les fois qu’il m’arrivait de me retourner et qu’il me regardait, je sentais quelque chose se passer en moi. Une infime sensation de bien-être et d’apaisement ; un peu comme quand on pose la paume d’une main tiède sur un front malade. Cette sensation bizarre mais réconfortante m’aidait à supporter les soirées trop difficiles et même, quelquefois, à trouver un sommeil qui m’avait longtemps abandonné.


L’hiver et ses toits enneigés avaient cédé la place au printemps. Puis, les rayons estivaux furent bientôt recouverts des tapis feuillus de l’automne. Une année s’était écoulée. Puis une autre, et encore une autre. « Mon petit espion » continuait de me suivre à la trace, toujours habité de son innocent sourire en bandoulière et de son regard bienfaiteur. Rien n’avait changé. Lui non plus n’avait pas changé. Portant inlassablement ce large pantalon en velours beige, il ne paraissait ni avoir grandi ni avoir pris le temps de faire ses lacets. Mais je m’étais habituée à cela aussi.

Il marchait toujours derrière, silencieusement. Pour ainsi dire, je n’avais presque plus besoin de me retourner tant son sourire parlait pour lui et témoignait de sa présence. Bien sûr, j’aurais voulu qu’il se rapproche un peu plus de moi et qu’enfin nous puissions échanger quelques mots. Mais l’enfant avait établi ses règles et je les avais acceptées. Nous ne nous parlions pas. Je me contentais de le savoir derrière moi et parfois de le regarder, le cœur nourri de ce sentiment détruit quelques années plus tôt. Et lui, une lune posée sur sa bouche, me transmettait un courage que je m’étais crue incapable de ressentir auparavant.


Lorsque je ne travaillais pas, nos journées étaient faites de balades diverses entrecoupées çà et là de cache-cache et de fous rires complices. Il m’arrivait d’aller dans les jardins d’enfants et, sous les yeux abasourdis des adultes, de m’envoler du haut d’une balançoire alors que « mon petit espion » me regardait faire l’imbécile. Juste pour entendre son rire saccadé, il m’arrivait encore de lui tendre des embuscades que je savais perdues d’avance.

Je détestais les moments où je devais rentrer chez moi. Je le savais seul dehors et cela me déchirait le cœur. Je me souviens des soirées pluvieuses ou de grand froid. Je le voyais du haut de ma fenêtre, en bas de mon appartement. La tête levée et le regard pointé dans ma direction, la pluie inondant son visage et ses cheveux balayés par le vent. Même dans ces moments-là, il souriait. Il souriait toujours. Ce gamin n’était jamais triste et son absence de peine me guérissait de mon propre chagrin. Oui, c’était une relation étrange et pure que celle qui m’unissait à ce jeune garçon.


Puis un matin, alors qu’il me suivait comme à l’accoutumée, il se passa un phénomène étrange. Nous marchions tous les deux, séparés par cette invisible frontière lorsque, pendant un très court instant, je ne sentis plus son éternel sourire derrière moi. Je me retournais brusquement. L’enfant me regardait comme il ne l’avait jamais fait jusqu’alors. Son regard était toujours teinté de tendresse et d’affection, mais il se perdait un peu au loin, comme absorbé par autre chose. « Qu’est-ce que tu fais ? » lui ai-je demandé.


Pour toute réponse, l’enfant se mit lentement à reculer sans détacher son regard du mien. Pour la première fois, je vis ses yeux briller et le trahir. Sans dire un mot, mais la gorge nouée, nous assistions tous les deux à nos adieux. Le jeune garçon tourna subitement les talons et s’enfuit.

Cela dura l’espace d’une seconde. Immédiatement, je me lançais à sa poursuite mais, au détour de la première rue, je rentrais de plein fouet dans quelqu’un et perdis l’équilibre.

J’étais encore un peu sonnée lorsque je sentis une main délicate me relever. « Vous allez bien ? » me demanda un homme, l’air un peu inquiet.


Les mois passèrent et le jeune garçon ne fit plus jamais son apparition. Les premiers temps, je me retournais constamment, le cœur battant, espérant le voir derrière moi, flottant dans l’air et dans son pantalon beige chaussé de ses baskets jamais lacées.

Plus le temps passait, plus l’image de cet enfant devenait floue. Peu à peu, chaque trait de son visage s’estompa de ma mémoire au point que certains jours, il m’arriva de me demander s’il avait réellement existé.


Nous sommes en plein mois de mai et nous nous promenons en forêt. Je pose les yeux sur l’homme qui marche près de moi et me tient le bras ; cet homme que j’avais bousculé ce matin-là. Ma tête sur son épaule et les yeux fermés, je me laisse guider par lui à travers les arbres et les feuilles parfumées. Et, dans un petit coin de mon cœur encore convalescent, un souhait, une envie tout juste murmurée, fait lentement son chemin : refaire un jour, peut-être, un enfant.


 
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   Anonyme   
6/2/2008
 a trouvé ce texte 
Bien +
Une lancinante envie d'enfant.
Et ce petit imaginaire qui provoque la future rencontre de
ses parents... C'est cela que j'ai compris.
Un texte empreint de sensibilité, qui doit encore
plus parler aux femmes à mon avis.
Une belle idée, une écriture fluide.
Un bon moment de lecture.

   studyvox   
6/2/2008
 a trouvé ce texte 
Bien +
Au début, j'ai pensé à une nouvelle d'Edgar Poe, avec ce petit enfant qui surgit toujours près de l'auteur.
On est tenu en haleine pour connaître la signification de ce "double".
La fin est peut-être un peu ambiguë.
La sortie de maladie et la disparition de l'enfant au sourire donne l'impression d'une sortie d'état dépressif provoqué par le désir d'avoir un enfant, mou plutôt provoqué par la perte d'un enfant, mais je ne suis pas sûr que ce soit tout à fait l'idée de l'auteur.
L'écriture est agréable et le texte se lit bien, bien qu'il ne se passe pas grand chose d'autre que les tentatives de rencontre avec l'enfant.

   Anonyme   
6/2/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien
Ces deux phrases sont pour moi, la clef de cette nouvelle:

« Je me contentais de le savoir derrière moi et parfois de le regarder, le cœur nourri de ce sentiment détruit quelques années plus tôt. Et lui, une lune posée sur sa bouche, me transmettait un courage que je m’étais cru incapable de ressentir auparavant. »

Cet enfant serait comme un ange gardien venu réconforté cette femme sans doute… endeuillée ou trahie lors de son dernier amour. Un ange gardien… oui, puisque l’imminence du retour de l’amour, amène la fin de son gardiennage.

Encore une fois, bravo !!!

   clementine   
6/2/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien -
Magnifique ton récit.
Tendre, poétique à souhait.Magique.
L'écriture est fine, simple et agréable, j'ai lu sans m'arrêter et j'ai aimé.
Cette femme qui terriblement touchée par la perte d'un enfant et qui a décidé de ne plus risquer de souffrir aussi fort donc de ne plus en avoir et cet enfant fantôme, fruit de son inconscient désir ( car c'est cela, n'est ce pas? ) , est très émouvante.
Bravo.
Merci.

   nico84   
6/2/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien
Je te connais widjet, tu vas lire chaque interprétation en te disant parfois "tiens je n'avais pas pensé à cela, c'est pas mal" et en souriant a la la...

Moi, dés le début, je me suis dit que cet enfant était abstrait. Pourtant à la fin, je me suis dit "bof !" mais en relisant, j'ai compris que l'enfant était une idée, le désir d'une vie, une obcession qui va être assouvie dans peu de temps si je t'entends.

Bravo !

   nico84   
6/2/2008
A effacer (et arrête de rire notrac :( )

   jensairien   
6/2/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien -
la réalité et le songe mêlés mais sans affectation. J'aime beaucoup, comme dans "disparitions", cette façon de prendre son lecteur par la main et de l'emmener au bord du fantastique pour le ramener finalement à une réalité tangible.
Cette femme a-t-elle vraiment vu cet enfant ? ce n'est peut-être pas la bonne question, seul le principe littéraire compte, le voyage, et une vision philosophique et très fine de la vie.

   marogne   
6/2/2008
 a trouvé ce texte 
Bien +
Moi c'est la version triste que j'ai lue. Un espoir à la fin, mais quand on le découvre, on découvre aussi l'immensité de la peine. Bravo pour l'idée (même si mon interprétation est fausse), et merci pour l'ambiguïté.

J'aurais préféré sans doute qu'elle se rende compte plus tôt du coté fantastique, que l'on cesse plus tôt de croire que ce pourraît être un enfant de la vraie vie .... vers la fin j'étais presque peinée pour elle.

un bon moment de lecture, et de réflexion.

   Lariviere   
10/2/2008
 a trouvé ce texte 
Bien +
Le texte est bien écrit.

Il se déroule fluide autour de cette question : l'enfant ?...

Les actions narrées ne sont pas des scènes de combat à la Luc Besson ou à la Bruce Lee. Il n'y a pas non plus Chuck Norris...

Pourtant, on est quand même, en tant que lecteur, emmené par la main, emporté sans heurt dans cet univers entremélé de fantastique et de banalité (apparente)...

C'est la qualité du thème choisi, mais aussi de l'intrigue et de la maitrise du déroulement narratif de l'auteur qui réussit cela...

L'écriture flirte en permanence avec le fantastique, dans une veine très réaliste (Prosper Mérimée ?), qui est bien adapté a saisir ce contraste entre le psychologique du personnage et la nécessité de garder pour le lecteur une intrigue crédible.

Néanmoins je regrette aussi, que le réalisme de l'écriture ne cède pas plus facilement au fil des lignes, à un univers plus riche, plus dense, sur le ressenti subjectif de la femme...
Je pense, que cela aurait permis de donner une profondeur intéressante à cette histoire.
Le thème (agréablement singulier) le permettait amplement.
Le thème, est excellent et subtil.
Il aurait pu s'enrichir donc, de cette vision intérieure, renforçant le coté fantastique en teintant un peu plus la nouvelle de surréalisme, de songes éveillé, de pulsions inavouées, d'intérrogations à demi mots, de la part de la femme.

C'est vrai, par exemple, personnellement, je me suis posé quand est tombé le fin mot de l'histoire, une fin terrible comme un double couperet (celui du lecteur et de l'enfant) sur la femme, de multiples questions sur sa façon d'avoir vécu intérieurement les évènements :
Est elle consciente de ses troubles et de ces "illusions" ?... Quelles sont vraiment ces souffrances ?... A quoi pense t'elle vraiment ?... Comment à t'elle perdu son enfant ?... Dans quelles circonstances ?... Les deux dernières questions me semblaient particulièrement interéssantes...

Voilà, je suis conscient que toutes ces questions auraient pu désavouer l'intrigue, et je pense que le style réaliste, donné pour créer le contraste, est tenu à propos pour éviter justement ce genre de maladresse...

Le voile laissé sur les agissements intérieur de la femme, renforce l'aspect mystérieux, tout en préservant le suspens, puisque dans sa tête, le lecteur ne sait pas ce qu'il se passe vraiment... On pourrait en conclure qu'il ne se passe rien, et ainsi, l'auteur peut dérouler son intrigue jusqu'au bout...

Mais je reste convaincu que ce genre d'approfondissement psychologique, mené en filligrane, forcant un peu plus sur le fantastique, tout en allusions, sur l'aspect presque onirique du ressenti de l'héroïne, était possible.

Le sentiment étrange, l'ambiguïté que cela aurait pu créer pour le lecteur, tout en lui donnant d'avantage de points de repères, de clefs pour comprendre, aurait pu être intéressant pour renforcer le caractère tragique, fantastique et au final, profond et captivant de l'oeuvre...

J'en suis persuadé, vu la maitrise d'écriture de Widjet, cela aurait pu être fait par lui, sans léser aucunement l'intrigue du récit...



Il ne l'a pas fait... C'est dommage... pour moi.

En résumé une nouvelle bien écrite, qui préserve une intrigue originale et puissante en jouant sur l'écriture et sur la juste tenue entre réalisme rhétorique et imprégnation fantastique.
J'aurais pour ma part aimé, pour une densité plus forte, mais aussi une distribution de cléfs aux lecteurs peut être plus évidentes, voir l'aspect psychologique et fantastique du récit être développé d'avantage...

   Cassanda   
10/2/2008
 a trouvé ce texte 
Bien +
Je vais finir par devenir fan ! lol
J'aime beaucoup le thème original de cette nouvelle. Je suis un peu comme clémentine, j'ai assez vite pensé à un petit ange qui veille sur la jeune femme. Je rejoins Larivière sur le fait que tu aurais peut-être plus développé le côté psychologique de ton personnage et donc nous entraîner bien plus dans cette histoire car c'est comme "disparitions", tu esquisses, laissant le lecteur se débrouiller pour le reste. Du coup, tu perds un peu en intensité.
Pour l'écriture, j'adhère encore !lol
Bref, un très bon moment mais que tu aurais pu développer un peu plus :)

Merci encore

   Anonyme   
6/9/2008
Belle histoire, émouvante.
Mais cette courte nouvelle mérite d'être retravaillée.

Il y a de nombreuses lourdeurs ou même des incorrections dans le style qui pourtant reste léger..
Difficile de tout relever. A titre d'exemples:
"Est-ce que je n’étais pas étonnée "
"Quand je sortais du cinéma ou que"
"les yeux abasourdis "
etc..

   Bliss   
1/3/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien -
Magnifique!!!
Au début, j'ai un peu comparé ce petit garçon à Damien du film La Malédiction.
Et puis, quand, peu à peu, je me suis rendue compte qu'il ne voulait pas de mal à cette femme, je me suis prise d'affection pour lui, en me demandant toujours qui il était, jusqu'à avoir une boule dans la gorge à la fin de ta nouvelle...
Très émouvant, idée originale, j'aime beaucoup!

   Anonyme   
14/3/2008
 a trouvé ce texte 
Bien +
Dès l'abord, j'ai pensé que ce petit garçon ne pouvait être qu'un ange veillant sur la narratrice. Mais sa disparition a réduit cette hypothèse en miettes !

En résumé, une nouvelle très attachante et à l'écriture simple et coulante qui nous laisse à la fin un arrière-goût de nostalgie.

   Jedediah   
23/3/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien -
Un petit garçon bien étrange... Qui m'a tout d'abord fait penser à une fin tragique.
Autant dire que j'ai été plus que surpris par le final de cette nouvelle ! Je m'attendais presque à une 'banale' histoire de fantôme, mais j'ai été agréablement surpris de constater qu'il n'en était rien.
L'histoire est écrite dans un style fluide et agréable, mais il est vrai qu'il ne se passe pas grand-chose, si ce ne sont les rencontres avec le garçon.
Bravo et merci pour cette nouvelle.

   Maëlle   
5/6/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien
L'auteur arrive à nous prendre au jeu avec quelque chose de trés simple. Et la chute ouvre une interprétation du texte qui me parle vraiment.

Mettrais-je un bémol? le petit échantillon de romance était (trop) prévisible.

   xuanvincent   
10/6/2008
 a trouvé ce texte 
Bien +
Je relis avec plaisir cette histoire de widjet.

Etonnant gamin...

Beaucoup de choses pertinentes ont déjà été écrites. Je me contenterai donc de dire que l'histoire, tant par son style que son thème, m'a bien plu.

   victhis0   
22/10/2008
 a trouvé ce texte 
Bien
il ne laisse pas insensible, ce texte (il y a qu'a voir la cohorte de commentaires) et c'est mérité; Très original à mon goût, bien écrit, fluide et léger : c'est un beau et bon moment de lecture qui mérite des compliments sincères.
Un truc m'a cependant gêné : un mère qui aurait perdu son enfant ne rirait pas avec lui à son image ; elle pleurerai/se sècherait à son évocation, qui ne lui réchaufferait nullement le coeur (je suis malheureusement un peu au courant, pas très loin de moi) mais je dirai que c'est cet environnement "personnel" qui me fait minorer mon enthousiasme pour ce beau texte

   Anonyme   
13/12/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien
Sensible et bien écrit. Il est difficile d'intéresser son lecteur dès les premières lignes, voire les premiers mots.
Et tu sais faire. Tu laisses aussi de la place à l'imaginaire du lecteur susdit. Ce qui est appréciable.
Un texte poétique.

   coquillette   
7/2/2009
J'aurais préféré "Bien sûr que si !" au "Bien sûr que oui !", question d'oreille. (Je chipote)
Les participes passés sont de vraies chausses trappes... Je suis certaine... donc c'est une fille qui parle. (Je lis et je commente la nouvelle au fur et à mesure) et là "le sommeil m'a bandonné" é.
J'ai du mal à lire les auteurs qui travaillent un texte en se mettant dans la peau d'un personnage du sexe opposé. Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus, contre ce constat, y'a malheureusement pas grand chose à faire.
J'ai été surprise par la fin, ce "refaire" un enfant. Ca interpelle. Elle en avait déjà un ? Quid ?
Autrement, c'est fluide, très agréable à lire.

   Menvussa   
7/2/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
"L’hiver et ses toits enneigés avaient cédé la place au printemps." À mon avis, y a quelque chose qui cloche dans cette tournure, les toits enneigés qui cèdent la place au printemps ! Je ne suis pas sûr qu'il faille mettre au futur, je ne l'accorderait qu'avec hiver, mais peut-être suis-je dans l'erreur.

Alors, un ange gardien un petit Cupidon, une prémonition, le visage de son enfant futur... j'opte pour une sorte d'ange gardien teinté de Cupidon.

   Claude   
19/2/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
J'aime beaucoup ce côté faussement fantastique.
On a l'impression d'évoluer dans le monde normal, mais, petit à petit, l'inexplicable est distillé goutte à goutte, jusqu'à ce que le lecteur comprenne qu'il a pénétré dans le cœur du narrateur. Cet enfant, il est le seul à le voir, c'est tellement évident que ce n'est pas dit. Mais alors, qui est-il ? Que fait-il là ?
La réponse se fait attendre jusqu'à la fin, jusque dans les derniers mots.
J'aime beaucoup.

   calouet   
19/2/2009
 a trouvé ce texte 
Bien -
Peut-être tout faux, le calouet, mais je n'ai pas pris ça pour une histoire de deuil, l'histoire d'une mère qui aurait perdu un gosse et se le réinventerait dans sa tête...
Moi, j'y vois plutôt le désir de n'être plus seule, le besoin de se sentir aimée, sécurisée par quelqu'un... Et aux confins de la folie (parce qu'à un moment elle saute toute seule en riant d'une balançoire quand même!), elle se créé ce petit machin imaginaire, qui comme par hasard s'évapore dès lors que l'âme soeur future pointe le bout de son nez dans sa vraie vie...

Alors oui, l'idée (telle que je l'ai comprise) est jolie, et c'est plutôt très bien maitrisé dans l'ensemble... Mais comme tu pouvais t'en douter il y a un mais : je trouve que ton style est très convenu dans cette nouvelle, avec des descriptions qui frisent parfois le désuet (les saisons, par exemple). Des broutilles que je n'avais pas le souvenir de retrouver dans tes textes, comme ces "ruelles bordelaises" : ça fait artificiel, à mort. Soit tu nous donne plus de détails pour appuyer le fait que ça se passe bien dans une ville précise, que c'est important, soit tu t'abstiens de le situer aussi précisément, car pour le coup ça n'apporte strictement rien.

Aussi, comme l'a dit je crois larivière, ce type de trame se prêtait bien à plus d'envolée sur les sentiments, sur les impressions, les sensations du narrateur. Je reste un peu sur ma faim.

Enfin, je me suis demandé d'emblée pourquoi cette narration au féminin. Et au final, sur ce que j'ai cru comprendre, bah je me demande si c'était le bon choix. Ou alors, je n'ai rien compris. Possible.


Bon allez, je fais mon difficle, mais c'était quand même plutôt bien. moins bien que dans mes souvenirs widgettiens, mais très correct.

   Lohengrin   
9/5/2009
 a trouvé ce texte 
Bien
Bon, une fois de plus, j'adore. Il y a un côté Maupassant, je trouve, et ça me rappelle confusément une nouvelle que j'avais lu, mais laquelle, je ne parviens plus à m'en souvenir.

J'aurais préféré que la femme n'ait pas perdu d'enfant auparavant (car c'est ce que j'ai cru comprendre), pour rester tout à fait dans le fantastique. Et puis, je ne sais pas.
Cette sorte de folie est intéressante, aussi.

   jaimme   
9/9/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
J'allais dire... peu importe, ou presque l'histoire.
Moi ce qui m'a plu c'est l'écriture. Tellement fluide, tellement chargée de plaisir de lire qu'à un moment je me suis surpris à dire: "peu importe l'histoire, je prends plaisir à lire". C'est rare.
Et puis, quand même, en plus, en cadeau, il y a l'histoire.
Merci W.

Edit: désolé si ça ne se fait pas, mais là il faut que je réponde à Jphil. Il est clair que ce texte fait appel au registre du fantastique. Si on ne se laisse pas porter par ce paramètre essentiel, on passe complètement à côté du ressenti et même de l'intérêt du texte.
Mais bon, Widjet est assez grand pour se défendre s'il en a envie. Moi je défends ici mon ressenti et mon comm.

   jphil   
9/9/2009
 a trouvé ce texte 
Faible
Bonjour,

édit : je mets l'édit. ici car j'ai du mal à redescendre, ça saute. Ok, j'avais pas vu la catégorie, merci Jaimme. Donc, pour le côté crédible, il n'est certes pas nécessaire... pourtant, ben j'aurais quand même préféré. Merveilleux doit-il forcément être synonyme de "tartignole" ?

alors là, non, moi je n'ai pas aimé et j'ai même du mal à croire que ce soit toi qui as écrit ça...
bon, l'histoire déjà : vraiment quelqu'un peut croire un instant à l'argument de départ ? ce gamin qui suit une femme ? C'est embêtant dans la mesure où ton récit tient beaucoup au fait qu'on y croie justement, sinon tout s'effiloche. Et comme tu es conscient de cela, tu en fais des tonnes pour essayer de rendre le tout crédible ou du moins attendrissant. Ah ce sourire du gamin ! non, c'est pas possible, on a envie de le baffer !
Comme il n'y a pas beaucoup de matière, tu brodes et tu insistes, sur le sourire, sur la poursuite, sur le jeu du je t'ai vu, tu me fuis... sans emporter l'adhésion, et très honnêtement, j'ai l'impression que toi-même tu n'y crois pas.
Et tout est de cet ordre, que dire de la fin, sinon que ce happy-end est d'un ridicule achevé ? Mais bien sûr, on est censé s'attendrir sur ce désir d'enfant et cette douleur de mère "orpheline", j'ai l'impression d'y trouver toutes les ficelles racoleuses de certaines émissions télé dégoulinantes d'une chantilly trop sucrée.
Maintenant, parlons du style. Bien écrit ? Non, sûrement pas, surtout quand on compare à certaines de tes productions. Mais je crois que ça tient en fait toujours à ton manque de conviction sur cette histoire.
D'abord la concordance des temps, toujours aléatoire, le passé simple se faisant allègrement bouffer par un imparfait affamé. Tu le sais et je crois que tu t'en fous un peu, mais quand même, il serait bon je pense que tu te penches sérieusement sur ce problème qui gêne la lecture (ça c'est un argument qui peut te toucher). Je rappelle qui si tu utilises mentalement la seconde personne au lieu de la première, tu éviteras un maximum de fautes.
Peu de ces trouvailles dont tu es généralement si friand et certaines, malheureuses :
"Et lui, une lune posée sur sa bouche" ben voilà, tu as transformé ce gamin en un smiley, c'est malin !
Ensuite, les expressions souvent lourdes, ou bien niaises, ou les deux d'ailleurs. Quelques exemples significatifs :
"Depuis quand cette filature enfantine avait commencé ? " j'aurais préféré "avait-elle commencé"
"Puis, les rayons estivaux furent bientôt recouverts des tapis feuillus de l’automne", ça y est là, on s'en prend à la poésie, est-ce bien raisonnable, franchement ?...
"En dépit de son visage infantile, ce garçon inconnu dégageait une sérénité et une force incroyables. " c'est moi ou c'est d'une banalité consternante ?
et je passe sur "surgis comme un diable de sa boîte" ou "comme par enchantement"...
Tout cela me conforte dans mon sentiment que tu as traité ce récit sans grande conviction et avec un soin moins exigeant que d'habitude. En tout cas, c'est ainsi que je l'ai ressenti.
Bon, tu comprendras que je n'ai pas apprécié. J'ai vu que c'était un récit plus tout jeune maintenant et je serais très curieux de connaître ton propre sentiment dessus aujourd'hui...

   NICOLE   
1/12/2009
 a trouvé ce texte 
Bien +
J'ai aimé que peu de choses soient dites, et qu'on me laisse deviner le reste. J'ai aimé aussi cette écriture, où rien m'accroche jamais, comme épurée.
Un bon moment, vraiment.

 

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