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Sentimental/Romanesque
widjet : Les framboises
 Publié le 23/02/08  -  19 commentaires  -  7568 caractères  -  20 lectures    Autres textes du même auteur

Se souvenir des framboises.
... Et oublier l'essentiel.


Les framboises



Lundi 17 mai. L’hiver n’est plus qu’un lointain et mauvais souvenir. Comme chaque année depuis la nuit des temps, l’éternelle résurrection est en marche et la Vie reprend goût à la vie : l’eau est en mouvement, l’air devient plus caressant, le ciel est élégamment vêtu et la terre enfante à nouveau. Couleurs et parfums se mélangent harmonieusement et les peaux, enfin libérées de leurs lainages commencent à narguer les premiers rayons printaniers.

Assises sur un banc à l’ombre d’un arbre immense, deux femmes discutent. Ou plutôt une femme, d’une soixantaine d’années parle en faisant de grands gestes alors que l’autre, beaucoup plus jeune, se contente de sourire en acquiesçant la tête.


- Incroyable, je vous dis ! fit-elle en roulant les yeux et en se tapant les mains sur ses cuisses.


Autour des deux femmes, il y a peu d’agitation. Quelques enfants se courent après ou derrière un ballon en mousse, foulant une herbe bien verte et revigorée. Quelques promeneurs arpentent paisiblement les allées fleuries de coquelicots sous le regard bienveillant des imposantes statues miraculeusement épargnées par les pigeons.

Ici, en Bretagne, loin du chaos parisien, tout est calme et le temps prend son temps.


- Tenez, dit la jeune femme en tendant une grande barquette de fruits sortie d’un sac en plastique.


En voyant la barquette, l’autre femme fit joindre ses deux mains qu’elle rapprocha de ses lèvres :


- Des framboises ! dit-elle, ravie, vous m’avez apporté des framboises !


Puis elle se saisit de la petite boîte qu’elle ouvre avec la même précaution que si cela contenait des émeraudes.


- Le meilleur fruit du monde ! s’exclament les deux femmes en chœur.


Les épées jaunes du soleil pourfendent les feuilles du grand chêne et semblent leur construire une cage intime et dorée. Un petit vent frais et farceur fait frémir les canards du lac, mais ne manque pas d’agacer les bouquineurs qui voient les pages de leur livre se tourner toutes seules. Perchés sur les arbres, quelques mainates colorés continuent d’exercer leur talent d’imitateur.

Oui, le mois de mai offre son plus bel après-midi.


- Voulez-vous que je vous raconte l’histoire de la framboise ? demande la femme en dégustant le fruit rouge avec un bonheur enfantin.

- J’aimerais beaucoup, répond expressément la cadette.


La femme prend une profonde inspiration et commence à raconter avec une ferveur extraordinaire, l’histoire du fruit délicieux :


- Il faut savoir qu’en Europe, la framboise a pour origine une espèce sauvage, encore très abondante dans toutes les régions tempérées. Cette espèce a été nommée « Rubus idaeus » par un grand botaniste suédois du XVIIIe siècle nommé Carl von Linné… Vous connaissez ?


La jeune femme fait une moue confuse.


- Moi non plus, dit la conteuse en haussant les épaules.


Ainsi, elle raconte dans les moindres détails tout ce qu’elle sait sur l’histoire de la framboise, faisant de grands moulinets avec les bras et répondant aux questions incessantes de son auditrice visiblement captivée par le récit. Régulièrement, elles piochent dans la barquette pour se délecter des bijoux framboisés. Très rapidement, la boîte est dépouillée de son trésor fruité. En guise de consolation, les deux gourmandes lèchent le bout de leurs doigts, la mine honteuse en s’étouffant d’un même rire adolescent. Si un photographe avait immortalisé l’instant sur pellicule, le cliché aurait montré deux visages lumineux et d’une ressemblance frappante. Par moments, la femme interrompt subitement son récit. Le front plissé elle reste sans parler et fixe d’une étrange façon le visage de la personne qui lui fait face. Il lui arrive de lever sa main qu’elle approche avec précaution près de la joue de sa compagne. Sa main reste ainsi, suspendue en l’air, pendant plusieurs secondes avant de se baisser lentement. Puis la femme s’excuse et retrouvant son sourire, elle reprend le fil de son histoire avec autant de passion. La jeune femme ne semble pas se formaliser de ces instants d’égarement et reste suspendue aux lèvres de sa narratrice.


- Il faut dire que jusqu’au milieu du XIXe siècle, la framboise n’était pas considérée comme un fruit de table.

- Ah bon ! fit l’autre, étonnée, à quoi servait-elle, alors ?


L’aînée esquisse un sourire malicieux, fière de pouvoir apprendre tant de choses à sa jeune voisine.


- À l’extraction de parfums, à la fabrication de boissons ou encore de médecines.


Le climat se rafraîchit et la jeune personne se permet de proposer son gilet à son aînée qui accepte volontiers et lui presse délicatement la main en guise de remerciement. Le vent rapporte quelques senteurs sucrées et les deux femmes en profitent pour respirer à pleins poumons ses arômes bienfaiteurs qui parfument le petit parc paisible de Ploufragan.

La conteuse reprend, enthousiaste :


- Le plus passionnant est la fameuse légende sur la couleur du fruit.


Après s’être assurée de la totale attention de sa voisine, elle poursuit :


- Saviez-vous qu’avant, toutes les framboises étaient blanches ?


Sa jeune auditrice secoue la tête.


- Racontez-moi, supplie-t-elle le regard brillant.

- Je vais vous le dire, glousse la femme en sautillant sur son banc. Un jour que Jupiter, qui n’était encore qu’un enfant, faisait retentir les échos de la montagne de ses cris furieux, la nymphe Ida, fille de Mélissos, roi de Crète, voulut, pour l’apaiser, lui cueillir une framboise.

- Que s’est-il passé ensuite ?

- Tout bêtement, elle s’égratigna le sein aux épines de l’arbuste et le sang de la nymphe teignit à jamais les fruits d’un rouge éclatant. C’est aussi simple que ça !


Peu à peu, l’après-midi touche à sa fin. Le soleil est encore assez haut dans le ciel, mais ses rayons sont bien plus cléments. Les chiens essaient tant bien que mal d’échapper à leur laisse, les bébés grimacent en retournant dans leur poussette tandis que leurs parents embrassent leurs parents.

Un homme au visage juvénile vêtu d’une blouse blanche vient à la rencontre des deux personnes et s’adresse à la plus jeune d’entre elles.


- Comme vous le savez, Marie, les visites se terminent à 18 heures.


Marie ne semble pas avoir entendu. Elle tourne la tête vers toutes ces personnes qui se disent au revoir et quittent peu à peu le parc. Au loin, son regard se porte sur un homme grand et de forte carrure. Ses bras robustes enveloppent une femme d’un certain âge à laquelle il dépose un baiser délicat sur le front. Marie sent sa poitrine se contracter un peu. Visiblement, son cœur n’a pas encore pansé toutes ses plaies. Comme le sein de la nymphe Ida, il est encore égratigné.


- Je m’en vais, dit-elle au jeune homme en se levant du banc.


Alors qu’elle s’apprête à partir, la femme se lève à son tour et se tient devant Marie :


- J’ai vraiment été ravie de discuter avec vous, Mademoiselle, dit-elle en lui tendant la main. C’est la première fois que quelqu’un vient me rendre visite.


Cela se termine toujours ainsi. Ces mêmes paroles sans mémoire et cette main anonyme, innocente et assassine. Marie laisse quelques secondes s’écouler et inspire profondément. Il y a peu de temps encore, elle aurait fondu en larmes en repoussant cette main tendue pour pouvoir serrer dans ses bras ce corps aujourd’hui étranger.


- Cela m’a fait plaisir, répond-elle enfin.


Puis, maîtrisant le léger tremblement de ses doigts, Marie serre la main de la femme en lui promettant de revenir bientôt.



 
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   Anonyme   
23/2/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien
Mais ma parole, Widget, tu excelles dans tous les registres. Un autre beau texte à ton palmarès.

J’avoue que ma première lecture m’avait laissé perplexe jusqu’à ce que, vers la fin du texte, je comprenne enfin qu’on était dans le parc d’un centre d’accueil spécialisé et que c’était une jeune femme qui rendait visite à sa mère malade de l’Alzheimer. Je n’ai lu la description de ta nouvelle qu’après coup. Ma seconde lecture a été beaucoup plus enthousiaste.

On a vraiment l’impression à la lecture du texte, que nous sommes en présence de deux amies qui profitent tout simplement des chauds rayons d’un soleil printanier, dans un quelconque parc public. La surprise était encore au rendez-vous, comme d’habitude.

J’ai noté que tu avais utilisé le terme « Benjamine » pour qualifier la plus âgée des deux femmes. Il aurait été préférable d’utiliser le terme « Aînée » à la place, à moins que tu n’ais voulu délibérément essayer d’induire le lecteur dans la confusion, en supposant que cette sexagénaire était en fait, la cadette des personnes hébergées dans ce centre spécialisé.

Encore une fois, très beau texte, agréable à lire et contrairement à la nouvelle précédente, la fin est excellente et décrit bien l’émotion de cette fille, bouleversée par la vision de sa mère qui la considère désormais à chaque fois, comme une parfaite inconnue.

   strega   
23/2/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien
Et bien widjet, j'ai failli ne pas lire juste parce que c'était classé dans 'sentimental romanesque"... Quand je vous dit que je suis bête...

Lire cela un dimanche matin, lendemain de fête, ça remet vite les idées en place. C'est incroyable avec quelle facilité le décor est planté, les caractères des personages décris. L'athmosphère également est parfaitement palpable. Tout y est... pour faire croire au lecteur que tout va bien.

Le fond devient malheureusement tout ce qu'il y a de plus commun, mais toi tu ne tombe pas dans le pathos, et ça, c'est très fort.

Isatis a raison, tu excelle dans tous les genres. Serais-tu capable de mettre tout ce talent dans une nouvelle, une seule, qui serait révolutionnaire, dans le fond et la forme? Bon je te pousse là, défi ridicule, quoi qu'il en soit grand bravo et merci pour tout ce talent. Vraiment.

   nico84   
23/2/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien
J'aime l'écriture de widjet, et ne loupe aucun de ses textes, (enfin je pense). Encore une nouvelle que j'ai adoré tant autour de la framboise, tu tisses des émotions, des instants de joie, ponctués d'anecdotes.

Tu nous implique dans l'histoire, on est sensible et gourmand et on sent l'odeur des framboises. Et puis, cette fin si triste, on est trop prés, on est touché, bravo pour ton texte, le rythme et ta maitrise de l'écriture.

   plume   
24/2/2008
Widjet, (...) sache qu'une benjamine est une personne jeune, la plus jeune personne d'une famille par exemple et il me semble que tu te sois emmelé les pinceaux ce qui rend la comprehension de ton texte fort difficile ... (...)

commentaire modéré

   colette   
24/2/2008
Moi aussi je trouve que les framboises sont les meilleurs fruits du monde.
Ton texte m'inspirerait bien une illustration. Si tu es d'accord envois moi un MP ;)

   aldenor   
25/2/2008
 a trouvé ce texte 
Bien
L’atmosphère est bien créée, et l’histoire est dite avec retenue et sensibilité.
Mais je trouve certaines maladresses dans l’écriture.
D’abord les concordances de temps avec des sauts du présent au passé simple qui me heurtent ; il faudrait tout garder au présent. (fait-elle au lieu de fit-elle, rapproche au lieu de rapprocha, etc…)
« Si un photographe avait immortalisé », là aussi ca cloche puisque le récit se déroule au présent ; peut-être « venait à immortaliser… le cliché montrerait…».
Ensuite certaines tournures me dérangent :
« …se courent après ou derrière un ballon… », il faudrait mettre ou « courent derrière… ».
Je ne crois pas qu’on dise « fit joindre ses deux mains », mais « joignit ses deux mains », sans compter que ca devrait être au présent.
« - Voulez-vous que je vous raconte l’histoire de la framboise ? demande la femme… ». Laquelle ? Il faut attendre la réplique pour le savoir, ca ne va pas.
En général la manière d’appeler les deux personnages me parait arbitraire et mal maîtrisée (comme dans « Hold-up »):
La paire aînée/cadette n’est pas appropriée au contexte.
Auditrice/conteuse : pourquoi la « jeune » auditrice et pas la « vieille » conteuse par exemple ? La « jeune personne » : pourquoi a ce stade du récit devient-elle « personne » au lieu de « femme » ?
Je ne prétends pas être une référence en la matière, je me trompe peut-être sur toute la ligne, je dis seulement les choses qui ont gâché ma lecture, comme je les ai ressenties.
Belle illustration ! Une premiere sur Oniris...

   Anonyme   
25/2/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien -
Je vais simplement parler de l'histoire, du ressenti...

Très intéressant. Un petit rien fruité qui laisse les papilles
rêveuses... L'histoire de la couleur des framboises, très
originale...

Le dialogue de ces deux femmes semble léger,
comme un duvet de framboise... Puis la réalité reprend
ses droits, dérange, comme les petites graines de framboises
qui se fichent dans nos molaires...

Très réussi, pour moi...

   jensairien   
25/2/2008
Ma foi je serais assez d’accord avec Aldenor qui a bien pointé certaines faiblesses de ce texte.

« les épées jaunes du soleil » par exemple est une image bien terne. La femme plus âgée aussi qui « parle en faisant de grands gestes ». Ces grands gestes ne correspondent pas à la conversation paisible que est dépeinte. Voilà entre autres, quelques petites remarques.

Pour moi enfin, Ce texte, un peu trop adolescent dans la forme, manque simplement de caractère. Je ne trouve pas dans cette nouvelle Widget au Sommet de sa forme.

Et sinon on y trouve toujours l'originalité du thème et du traitement propres à cet Onirien de haute volée

   Bidis   
27/2/2008
 a trouvé ce texte 
Bien +
C'est le dessin qui m'a attirée vers la lecture de ce texte. Voyant que ce dernier était signé Widjet, je m'attendais à un excellent petit moment de lecture. Eh bien, que l'auteur me pardonne, mais j'ai été un tantinet déçue...
Je dirais que c'est un texte "correct" sans plus.
J'aurais mieux aimé plus de détails sur le goût de ce fruit que j'adore, peut-être enrobé de souvenirs d'enfance à la manière de la madeleine de Proust (peut-être l'Alzheimer permet-il de ces réminiscences liées aux impressions...). Que la vieille dame soit fort prolixe à propos de ce fruit n’est pas très vraisemblable parce qu’il n’y a pas beaucoup plus à en dire qu’il n’en est dit dans le texte même – il serait plus judicieux de dire qu’elle s’étend sur le côté culinaire et commencer l’une ou l’autre recette suivie de quelques points de suspension pour ensuite décrire la conteuse comme étant intarissable.

   David   
19/5/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
Bonjour Widget,

C'est écrit avec délicatesse, je reste étonné à la fin des questions que je ne me suis pas posées au cours de ma lecture: qui sont-elles, pourquoi cette aventure d'une barquette de framboise...c'est l'intérêt de la plus jeune pour les anecdotes qui m'intrigua un peu, les liens et le drâme arrivent tout doucement à la fin, une pudeur bien transcrite de ne pas écrire mère ou fille, maladie ou le nom de celle-ci, bravo.

Edit : test pour voir si ça remonte...

   Zinaza   
29/2/2008
Extra ! (Comme tous les autres l’ont répété, j’en suis sure, même si je n’ai pas encore lu les commentaires) Ca me donne l’impression d’un film, et je peux me construire tout ce que je veux comme relation entre les deux personnages (avant de lire les dernières phrases de la nouvelle), mais un peu plus de descriptions des personnages m’y aurait aidé. Et c’est qui m’impressionne le plus c’est le fait qu’il y a beaucoup d’émotions transmises sans que tu aies utilisé des adjectifs. Tu décris simplement, et le lecteur le vis. Chapeau !
Un hic : le « fit joindre » ne me plait pas (mais si ça te plait, pas de problème, on le garde…)
(Il y a vraiment des gens qui ne connaissent pas Carl von linné??  )

   Anonyme   
28/3/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien -
Délicat et tragique à la fois.

Que deviennent ceux qu'on aime quand ils ne nous connaissent plus? Et que devenons-nous sans eux quand ils sont pourtant encore un peu là?

   Bliss   
1/4/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien -
Eh oui! Encore une oeuvre magnifique!
Très joli texte sur la "dégradation" inéluctable (désolée pour ce terme, à l'instant ou j'écris ce commentaire c'est le seul mot qui me vient à l'esprit) de nos aînés, qu'il nous faut protéger comme nos enfants...
Très émouvant, très intime rencontre entre 2 générations...

   Anonyme   
6/9/2008
Tu sais widget, je vais avouer

j'ai le pénible défaut de lire et d'écrire en même temps.. Et ce tout le temps...à chaque phrase
Quand c'est moi ce n'est pas bien grave (une seule idée génère tant de possibilités que je me lasse ..) mais c'est l'autre que je lis, le même problème me rend trop critique.

Par exemple:

"la Vie reprend goût à la vie : l’eau est en mouvement, l’air devient plus caressant, le ciel est élégamment vêtu et la terre enfante à nouveau..."

devient...

la vie reprend goût à l'essence des choses: le mouvement de l'eau, la caresse plus délicate de l'air, l'élégante parure du ciel, la terre à nouveau mère..

ou bien...

"Assises sur un banc à l’ombre d’un arbre immense, deux femmes discutent. "

se transforme en

A l'ombre d'un arbre monumentale, assises, deux femmes. Elles discutent...

Et ceci tout le long de ma lecture.. :)

Bref. Tu comprends pourquoi je commente peu les nouvelles.

[EDIT: Et puis aussi, très souvent plongé dans des lectures ou relectures d'auteurs prégnants (la liste serait un peu longue) forcément je compare.. Par exemple récemment j'ai relu 'La nuit fantastique' de Sweig... je suis resté abasourdi un bon bout de temps.]


Je ne dis pas que le style n'est pas bon. Le style est toujours cette chose personnelle qui est notre signature certes, mais qui est toujours perfectible.. (Attention je n'ai pas dit aussi que le mien était parfait.. lol loin s'en faut)

C'est cette recherche permanente de cette 'perfection' qui plombe mes lectures et aussi mon écriture..

Tout ça pour dire que cette nouvelle, dasn le fond m'a beaucoup plu bien sûr..
L'idée de cette femme, folle, dans un ailleurs qu'elle bâtit, ce monde de l'inconnaissable, et sa fille, les framboises et cette phrase comme une énigme "Visiblement, son cœur n’a pas encore pansé toutes ses plaies. Comme le sein de la nymphe Ida, il est encore égratigné"... qui semble être le coeur du récit...

Tout est plein du sens profond, du sensible aussi que tu sais avec ton talent indéniable, donner aux choses et aux êtres.

   Athanor   
7/8/2008
 a trouvé ce texte 
Bien +
"...se contente de sourire en acquiesçant la tête..." Y'a pas une tit' faute là ? Y manque pas un "de" ?
Je n'ai pas bien saisi le rapport entre les deux femmes : aînée, cadette... c'est un peu mystérieux pour moi.
L'arrivée inopinée du passé simple m'a un peu étonné.

Nonobstant, je trouve ce texte très sympathique, presque une légende à l'instar de celle de la framboise.
Cette dernière est très intéressante, d'ailleurs. J'ai appris quelque chose.
Légers sont les mots, pas de fioritures, un certain respect et une affection transpirent ici.

J'ai apprécié ce moment de lecture.

   marogne   
11/11/2008
 a trouvé ce texte 
Bien +
Une belle idée, un thème accrocheur (trop ?) qui ne peut qu’intéresser et pousser au respect ; un peu facile que de jouer avec les sentiments des lecteurs ?

Mais même ainsi on ne peut que louer l’efficacité du texte et la délicatesse avec laquelle cette maladie, et les souffrances des proches, sont évoquées. Du grand art.

Quelques détails que j’ai déjà relevé dans d’autre nouvelles de Widjet, et qui me semblent diminuer la qualité d’ensemble. Il s’agit des « bons mots », ou des « belles images » que l’auteur disséminent facilement dans ses textes, et qui font si précieuses, si artificielles, … Et ici, on ne peut même pas les prendre au deuxième degré, le sérieux du thème l’empêche – ou alors quel cinisme ?! , et elles sont encore plus apparentes :
• .. ; secourent après ou derrière un ballon ….
• … ciel élégamment vêtu …
• … épées jaunes du soleil …
• … bijoux framboisés …
• ….

   coquillette   
16/2/2009
"commence à raconter avec une ferveur extraordinaire", je comprends bien le sens mais je trouve que c'est un peu hors de propos vu qu'il ne s'agit que de framboises...
En ce qui concerne les framboises, c'est un peu... trop.
La fin de la nouvelle est très belle mais elle l'aurait été encore plus si la jeune femme avait parlé... à sa mère, ou a sa tante, bref à quelqu'un qu'elle connaissait.

   Flupke   
23/3/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien -
Joli texte, émouvant. Une très bonne idée cette pudeur qui laisse le soin au lecteur de deviner Alzheimer et la relation familiale entre les deux femmes sans préciser cette dernière, juste la suggérer. L'impact émotionnel n'en est que plus fort.

   liryc   
12/4/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
Infiniment humain, tout en délicatesse et sensibilité. Bravo.

 

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