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Fantastique/Merveilleux
xuanvincent : Les trois messagers
 Publié le 11/01/10  -  14 commentaires  -  18517 caractères  -  125 lectures    Autres textes du même auteur

Il y a bien longtemps, le royaume des Sarpates était plongé dans un profond ennui depuis le jour où le roi Karuc avait décidé que ses sujets devaient comme lui s’ennuyer...


Les trois messagers


Ce conte a été écrit à quatre mains, avec, dans l’ordre d’apparition sur ces lignes :

Xuanvincent, Maëlle, Karellerig et Marogne.



Il y a bien longtemps, le royaume des Sarpates était plongé dans un profond ennui depuis le jour où le roi Karuc avait décidé que ses sujets devaient comme lui s’ennuyer. Pour se faire bien voir du souverain, il était de bon ton de s’abstenir de tout accès de bonne humeur. Les fêtes avaient pris une allure d’enterrement et tous les livres qui ne convenaient pas à l’humeur morose du souverain furent brûlés.


Un jour, le roi Jil, l’arrière-petit-fils du roi Karuc, vint à mourir au combat. Son court règne avait été marqué par une série de guerres désastreuses, aussi ne fut-il pas regretté. Il laissait une jeune veuve, la reine Lina et un enfant, le prince Paulin, âgé de seulement dix ans. Comme le voulaient les usages sarpates, la reine devint la régente, en attendant que le roi atteigne sa majorité. Dès lors, le peuple se mit à espérer que ce souverain serait différent des autres.


Le petit Paulin s’ennuyait. Il aurait aimé, comme ses anciens camarades de jeux, pouvoir s’amuser, jouer à colin-maillard, aux osselets, courir librement... Cependant son précepteur disait qu’à bientôt douze ans il n’était plus un enfant et qu’il devait s’appliquer, afin de devenir un monarque accompli. C’est alors qu’un chambellan vint les interrompre. Trois messagers, leur dit-il, venus des confins du royaume, demandaient à voir le roi. Ils insistaient pour être reçus par le souverain en personne. Le jeune roi, content à l’idée d’échapper à son ennuyeuse leçon, accepta de les recevoir sur le champ.


Un peu plus tard, les trois messagers se présentèrent devant le roi Paulin. Après avoir prié son précepteur de quitter la salle, Paulin leur demanda la raison de leur visite. Une belle jeune femme vêtue d’une robe aux couleurs chamarrées s’avança vers lui ; après lui avoir dit être la duchesse Mariella, elle lui demanda s’il aimait les contes. Le jeune roi lui expliqua que sa gouvernante ne voulait plus lui raconter de contes mais qu’il aimerait bien en écouter un. À la surprise du roi, la duchesse sortit d’une poche de sa robe un livre, à la couverture richement ornée. Et elle lui raconta cette histoire :




Trois cochons…

(Conte pornographique pour les moins de 7 ans)


Rimo était orphelin. À sept ans. Oui, monsieur, madame. De son parrain, il avait reçu deux choses : un conseil et ses trois cochons. Des cochons extraordinaires : l’un était couleur de lune, le second couleur d’étoile et le dernier couleur de soleil.


- Si tu les vends, avait dit le parrain avant de casser sa pipe, tu en tireras un bon prix. Mais si tu les donnes, alors, la chance te suivra où que tu ailles. En attendant, prends bien soin d’eux.


Rimo, seul au monde, se fabriqua près du gué une cabane perchée, avec, en dessous, la soue de ses cochons. Et il veilla sur eux avec soin.


Mélicie aussi était orpheline : comme souvent dans les contes, sa mère était morte en la mettant au monde. Et comme d’habitude, les mages du royaume s’étaient penchés sur son berceau. Sur son petit corps de bébé, ils virent, sur son talon, une lune. Derrière son genou, une étoile. Et… messieurs-dames… c’est bien la première fois que je raconte en si auguste compagnie, je n’oserais pas…


Il faut pourtant bien que je raconte. Je vous en prie, voilà : bouchez-vous les oreilles. Je vous ferai signe, quand vous pourrez écouter.


Et… sur la fesse un soleil.


Les mages du royaume avaient prédit que seul celui qui saurait deviner cette particularité pourrait épouser la princesse. Voilà comment se fabrique un secret d’État, mesdames et messieurs.


En attendant, Mélicie s’attelait à rendre la vie aussi difficile que possible à ses bonnes, gouvernantes et répétiteurs. Sa méthode préférée consistait à s’enfuir et se cacher. Elle revenait, radieuse, toujours pour le dîner. C’est en échappant à la surveillance de sa bonne qu’elle aperçut Rimo promenant le cochon couleur de lune. Elle l’aborda aussitôt.


- Oh, le joli cochon ! Garçon porcher, je le veux. Combien le vends-tu ?

- Je ne le vends pas.

- Je suis la princesse. Je t’ordonne de le me le vendre.


Mélicie tapa du pied, menaça, cajola, offrit des chevaux et des perles du Japon mais rien n’y fit. Le soir tombait et le cuisinier faisait des crêpes, alors elle fila. Elle revint le lendemain. Et le surlendemain, et ainsi de suite. Au quatrième jour, elle partagea son goûter avec Rimo. Au cinquième, elle lui demanda gentiment :


- S’il te plaît, j’aimerais tant avoir ton cochon couleur de lune.

- Tu le veux vraiment ?

- Oui.

- Alors je te le donne.


Mélicie sauta sur ses pieds, embrassa Rimo. La rivière était basse. Elle ôta ses chaussures pour passer le gué, et le garçon vit, sur son talon, la petite tache en forme de lune.


La princesse venait un jour sur deux voir son ami. Un jour elle le trouva en train de brosser le cochon couleur d’étoile.


Je ne vais pas vous faire languir, mesdames et messieurs : vous devinez bien ce qui se passa ? Non ? Eh bien, la princesse promit, menaça, tempêta, se calma, embrassa, et traversa le gué.


Nous étions au tout début de l’automne. L’eau étant un peu haute, la fillette dut soulever sa jupe pour pouvoir passer. Rimo vit, sur son genou, la petite tache en forme d’étoile.


Allez savoir si Rimo avait pris goût aux baisers de la princesse, mais elle ne tarda pas à apercevoir le cochon couleur de soleil. Ce qui devait arriver arriva. La princesse l’embrassa, traversa… Ou du moins, essaya.


L’eau avait fort monté en cette fin d’automne. Elle eut de l’eau aux chevilles, aux mollets, aux genoux, puis vint le moment où elle ne pouvait remonter sa jupe davantage. Et… oh, pardon, mesdames… Pourriez-vous vous boucher encore les oreilles ? Juste un instant. Elle se déshabilla. Je veux dire, toute nue. Et là Rimo put voir que les filles étaient autrement faites que les garçons. Et que Mélicie avait… hem un soleil sur la fesse droite.


Mélicie rentra avec le troisième cochon. Et ne revint plus guère : il faisait trop froid. Rimo se prit à la regretter – ou peut-être était-ce les cochons, et à roder près du palais. C’est ainsi qu’il apprit que la princesse allait se marier. À sept ans ! Eh oui. Pourquoi non ? On en a marié plus jeune, croyez-moi bien.


Sauf que le roi était bien embêté, avec cette histoire de destinée. Pas un prince, ni même un duc, ou un baron, pour deviner le secret de la princesse. Mélicie en riait aux larmes. On l’avait créditée de fausses dents, de pouvoirs magiques, d’un don pour l’espagnol, et d’une jambe de bois. Au point que les écuyers, même, tentaient leur chance. Et même… devinez : un garçon porcher.


Vous pensez bien, mesdames et messieurs, que Rimo s’en tira haut la main. Le roi devint rouge, violet, puis bleu. Il essaya de négocier. Notre héros ne se laissa pas démonter :


- Monsieur le roi, je trouve que sept ans, c’est un peu jeune pour se marier. Alors, oui, si ça vous arrange, je veux bien renoncer… Mais à une condition, et une seule.


Toute la cour était suspendue à ses lèvres. La princesse fit la moue : tant qu’à être mariée, elle préférait ce prétendant-là !


- Alors, voyez-vous, si Mélicie acceptait de me donner, de son plein gré, trois cochons qu’elle a…


Mélicie tapa du pied par terre, hurla :


- Pas question ! Donné, c’est donné, je les garde !


Rimo se tourna vers le roi et lui dit, d’un air désolé :


- Alors, c’est tout… il faudra bien que je l’épouse… ce que femme veut… même à sept ans !


* *

*


À la fin du conte de la duchesse Mariella, le jeune roi Paulin partit d’un grand éclat de rire.


- Un livre peut-il donc être amusant, madame ? interrogea Paulin, qui n’avait connu pour tous ouvrages que les manuels ennuyeux de son précepteur.

- Bien sûr, sire. Mais qui se souvient du temps où l’on pouvait raconter des histoires drôles ?


Le jeune roi, enchanté, pria Mariella de lui raconter encore de belles histoires. Modeste, elle préféra passer la parole à l’homme à sa droite, un dénommé Jeannot, tailleur de pierre de son état. Il sortit de sa besace un petit livre relié à la couverture ocre et raconta au roi cette histoire, venue d’une contrée lointaine :




La poisse…


- Ma mie, j’arrivons au bout de not’ chemin, et j’te voyons près de moi !


La voix du Édouard était de plus en plus faible, presque inaudible. La Simone tenait la main de son vieux compagnon. L’obscurité dans la masure donnait à ce lieu, malgré l’épouvantable chaleur aussi insolite qu’inattendue de cette fin d’octobre, une très douce atmosphère de paix et de sérénité.


- Avez-vous souvenance que quand j’revenions de Roscasguen avec l’host d’Olivier de Clisson, crotté et couvert de boue, j’en avions tellement, que tu ne me reconnus point au bout du chemin. Et pourtant tu étais là qui m’attendions.

- Oh oui Édouard, je m’en souviens ben, des dents de janvier * pendaient aux créneaux de la tour Broërec’h. La mare était prise par la glace depuis au moins quinze matins. Personne ne passait plus sur le pont Jehanne La Flamme couvert de glace, même que le vieux Corentin n’avait pu arrêter son chargement de bûches et avait péri noyé avec ses deux bœufs !


Lentement, la porte d’entrée à double battant s’entrouvrit et le chat sauta sur le grabat. Il resta un long moment à regarder Édouard puis il s’enroula dans la boucle de sa queue en ronronnant. Simone le laissa faire et n’eut vraiment aucune envie de le chasser.


- Quand j’étions ben mal en point après cette satanée guerre contre l’armée de ce Charles de Blois, tu m’as soutenu.

- Ben c’est ben normal !


Le ronronnement du chat s’interrompit et soudainement un grand vent se mit à souffler.

Un grondement sourd et lointain se fit entendre, le vent se mit à souffler encore plus fort et un pieu mal attaché se mit à battre contre le mur d'ajoncs entremêlés de bouse de vache.


- Lorsque j’avons tout perdu dans l’incendie de notre chaumière, nous l’avons remise debout ensemble, jonc après jonc !


Simone tendit l’oreille. Le grillon à qui on avait renouvelé son bail entre les grosses pierres de la cheminée de l’unique pièce était devenu étrangement silencieux. La voix d’Édouard était de plus en plus faible. La Simone se pencha vers le visage tant aimé.


- Ensuite quand tous nos petiots sont morts de la peste, j’avons ben eu de la peine et tu étais toujours là !


Simone à cette évocation, jeta un bref regard embué par les larmes, aux larges fortifications qu’elle apercevait par la basse ouverture faisant office de fenêtre.


- Et maintenant que j’achevons not’ longue route, tu es encore là ! Tu sais quoi ? Je peux ben te le dire maintenant : je crois ben que tu me portes la poisse... !


(* stalactites de glace = parler gallo de la Bretagne non bretonnante)


* *

*


À la fin de l’histoire, le roi Paulin était tout triste.


- Les livres, monsieur, peuvent donc faire pleurer ? Les manuels de mon précepteur ne m’ont jamais ému.

- Bien sûr, sire. Autrefois il y avait des livres qui pouvaient vous faire pleurer à chaudes larmes.

- Mon précepteur m’a donc menti, les livres ne sont pas ce que je croyais ! Avez-vous d’autres histoires à me raconter ?


C’est alors que le plus âgé des messagers, Marlon, un homme vêtu d’une longue tunique blanche, s’avança vers le roi. Il sortit précautionneusement d’un coffret un livre à la couverture dorée et lui raconta cette histoire :



Le chevalier érudit


C’était il y a si longtemps que l’on ne sait plus exactement comment les choses se sont déroulées. On dit seulement que le jour de sa naissance, la guerre commença. D’aucuns ont vu un lien entre ces deux événements, mais c’est sans doute pure fantaisie. Quant à lui, il n’eut pas vraiment conscience de ce qui se passait avant son huitième anniversaire. Arnold était trop jeune quand son frère aîné partit, trop insouciant quand le deuxième fut appelé et ce ne fut que lorsque son compagnon de jeu, le troisième fils de la famille, s’en alla un jour de novembre, tout chargé d’armes, qu’il comprit que quelque chose de grave se déroulait. Quand son quatrième frère fut appelé à son tour il décida de l’accompagner, curieux de ce qui pouvait bien se passer dans le monde. Il n’avait que douze ans.


Son jeune âge fit qu’il devint la mascotte de la petite troupe qui se battait sous la bannière du roi Reinold. Son enthousiasme était tel que celui-ci le remarqua et en fit son écuyer, puis l’instruisit dans les arts nobles de la guerre. Arnold était si fort et si courageux qu’il devint le chevalier le plus craint des guerres que se livraient les rois. Il ne savait toujours pas pourquoi il devait plonger son épée dans le corps de ses adversaires, mais il y trouvait du plaisir, et cela plaisait aux filles. C’est d’ailleurs une femme qui fut la cause de sa brouille avec le roi. Il fut découvert au lit avec sa maîtresse, et il n’évita l’exécution que parce qu’il décapita toute la garde du roi, et le roi lui-même d’ailleurs. Son fils, le prince héritier, en fut ravi. Il pourrait prendre la tête de l’armée et continuer la guerre alors que son père avait été sur le point de faire signer un traité de paix. Il fit néanmoins mine de lui en vouloir, et Arnold dut aller se mettre au service d’un autre belligérant.


À partir de ce moment Arnold changea fréquemment d’allégeance. Ce n’était pas par goût de la trahison, mais parce qu’au bout d’un certain temps il était las de batailler aux côtés des mêmes hommes. Le changement lui procurait le piquant dont il avait besoin ; il adorait voir dans les yeux de ses camarades d’hier l’incompréhension, la peur, la fureur, la haine mêlées avant qu’ils ne deviennent vitreux Cette attitude, au départ appréciée par ceux qu’ils rejoignaient, finit par ennuyer. L’ami que l’on accueillait un jour serait celui qui vous couperait la tête un peu plus tard avec d’autant plus de plaisir qu’il vous connaissait. On comprend que certains hésitassent à lui tendre la main.


Même s’il n’était pas ouvertement rejeté, il était bien trop fort, il sentit que les choses avaient évolué et décida de changer de vie ; bien opportunément, car, bien qu’il ne le sût jamais, il était arrivé à unir les belligérants contre lui, et cette coalition l’aurait sans doute emporté et mis fin à la guerre.


Un jour, alors qu’il était dans les montagnes du nord, il arriva à un monastère. Il avait été attiré par une grande tour qui brillait au soleil et qui se voyait à des lieux à la ronde. C’était une bibliothèque qui contenait tout le savoir du temps. Arnold, qui n’avait jamais ouvert un livre de sa vie, décida qu’il devait combler cette lacune, et se donna comme objectif de lire tous les ouvrages qui s’y trouvaient. Mais celle-ci avait une particularité qui avait découragé des générations de lecteurs, et poussé à la mort les autres. En effet, à l’intérieur de cette tour ronde avaient été construits deux escaliers en spirale le long desquels avaient été placés les rayonnages. Quand on se trouvait sur un escalier, on voyait l’autre en face, mais on ne pouvait pas le rejoindre sans avoir gagné soit le haut, soit le bas de la construction. De plus on ne pouvait les emprunter que dans un sens, l’un pour monter, l’autre pour descendre.


Il était vaillant et appliqua la même détermination et la même violence à lire que celles qu’il avait développées pour occire ses amis. Il mit néanmoins quelques années pour en arriver au bout. Il dut passer plusieurs fois au-dessus des corps desséchés et entremêlés de lecteurs qui s’étaient disputés à propos de telle ou telle thèse défendue dans les ouvrages qu’ils venaient de lire. Cela le convainquit que les guerres n’étaient pas quelque chose de bien, et ensuite, que les livres en étaient la cause. On y trouvait en effet tout et son contraire, et les discussions ne pouvaient que tourner à des affrontements. Il décida alors de choisir un livre, un seul, qui deviendrait la vérité pour les hommes, et de brûler tous les autres. Il pensait ainsi pouvoir arrêter le conflit qui durait depuis tant de temps ; il ignorait alors qu’un cessez-le-feu était en place depuis une dizaine d’années. Le feu dura des mois. Il ne resta que cendres du contenu de la grande tour d’ivoire qui devint le symbole de la Vérité unique.

Arnold vécut encore longtemps, persuadé d’avoir fait un acte salvateur. Ce fut la dernière victime de la guerre. Le pays avait été décimé par les batailles qui avaient repris après l’incendie de la bibliothèque. Les derniers survivants de la grande bataille finale, écœurés, se rendirent au monastère pour en finir avec celui qui avait ruiné le pays. Arnold, bien que très âgé, était encore vaillant, ils s’entretuèrent proprement.


D’aucuns ont vu dans la mort d’Arnold la raison de la fin de la guerre, mais ce n’est que pure spéculation, il n’y avait alors plus personne pour se battre.


On ne sait pas si tout cela s’est réellement passé. C’est une histoire que l’on se raconte le soir, devant la cheminée, quand le vent dehors fait pleurer les arbres et que l’on préfère frissonner des exploits d’Arnold plutôt que de trembler devant le lendemain.


* *

*


À la fin du conte de Marlon, le jeune roi était émerveillé.


- Se peut-il donc, vieil homme, que les livres aient un tel pouvoir ?

- On l’a un peu trop oublié, pourtant ils peuvent changer la vie des hommes.


Le souverain, troublé, pria les trois messagers de le laisser un moment seul.



* * *



Le lendemain, à la surprise des membres du Grand conseil, les trois messagers entrèrent dans la salle, leur livre à la main, et s’assirent à la droite du roi Paulin. Le roi déclara que tous trois étaient désormais ses conseillers attitrés et étaient mandatés pour faire construire des bibliothèques dans tout le royaume. Et ce n’était pas tout, ce même jour, le jeune roi ajouta qu’il ne voulait plus que ses sujets affichent en sa présence un air ennuyé mais qu’il souhaitait qu’ils s’amusent et s’instruisent comme bon leur semble. Les anciens conseillers du roi marquèrent leur étonnement cependant l’histoire retient que rarement parole de roi fut si bien accueillie !



 
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   Pat   
3/1/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Cette histoire est surtout agréable à lire au début (l'histoire des cochons est assez réjouissante). Le dernier conte est un peu long et donne envie de décrocher (le rythme est trop lent, les descriptions un peu trop détaillées pour le genre), le deuxième conte renvoie à une blague connue, ce qui est un peu dommage, même si cette contextualisation est assez humoristique (un peu difficile à lire, malgré tout, avec la syntaxe bretonnante).

Les styles sont assez différents, mais comme ils sont énoncés par différents interlocuteurs, ça n'est pas un problème très grave, même si j'aurais préféré plus d'harmonie entre eux.

En ce qui concerne les thèmes, je trouve dommage que le dernier conte n'ait pas exploité cette histoire de « Vérité Unique » qui aurait donné plus de force au récit (en élaguant le début et se concentrant sur ce thème). Du coup, on n'a pas un message clair comme avec les deux autres contes. Et on reste un peu sur sa faim.

Il y a quelques maladresses d'expression (peu, quand même. C'est globalement bien écrit).

[quelques exemples :

- "Les anciens conseillers du roi marquèrent leur étonnement cependant l’histoire retient que rarement parole de roi fut si bien accueillie !" (ponctuation) ;
- « sa gouvernante ne voulait plus lui raconter de contes » (répétition) ;
- « c’est bien la première fois que je raconte en si auguste compagnie, je n’oserais pas… » (manque un cod) ;
- « L’obscurité dans la masure donnait à ce lieu, malgré l’épouvantable chaleur aussi insolite qu’inattendue de cette fin d’octobre, une très douce atmosphère de paix et de sérénité. » (syntaxe) ;
- « Son jeune âge fit qu’il devint la mascotte de la petite troupe qui se battait sous la bannière du roi Reinold. « (syntaxe un peu lourde)]

J'ai , malgré tout, lu ce texte avec plaisir.

   Anonyme   
6/1/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Excellent, j'ai vraiment aimé! Certes le style a quelques faiblesses (un peu trop d'adjectifs à mon goût et parfois une baisse de régime), mais franchement j'ai aimé cette magnifique parabole autour des livres et de leurs pouvoirs.

On peut dire bien sur qu'il y a des choses à revoir notamment dans le second conte, et que le troisième n'est pas assez aéré, mais ce sont pour moi des broutilles.

Bref, enchanté par cette lecture.

   Anonyme   
7/1/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Une nouvelle qui repose presqu'entièrement sur les trois récits des messagers.

Dommage que la fin soit aussi vite envoyée, zut.
Le fond est sympa mais Diantre! Pourquoi???
La fin!
Zut!

Je n'ai pas grand chose de plus intéressant à dire, je trouve que c'est bien écrit, le début et la fin, moins, je trouve le style plus hésitant, alors que j'aurais justement insisté sur ces deux parties pour mettre le reste en évidence, un bel écrin en satin pour mettre en valeur le bijou, au lieu d'une certes bien mignonne petite boite en carton!
Dommage donc!

Mais de jolis contes, bravo!

Merci et bonne continuation.

   Andre-L   
9/1/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Sympathique, cette histoire, un vrai conte de notre enfance avec des rois et des fées.
Il est vraiment dommage que le second conte soit digne des blagues éculées de cour de récré, même le parler gallo ne le sauve pas.

   Anonyme   
11/1/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonsoir,
J'apprécie le point de départ l'ennui dans le royaume, cela donne envie de savoir ce qu'il va se passer pour changer l'atmosphère...
On comprend que les messagers vont avoir un rôle dans ce changement (alors déjà le suspense est moins fort ...)
Le premier conte est délicieusement coquin ...je me suis un peu plus ennuyée au second et en partie au troisième ...bien sûr la bibliothèque, les livres, le livre unique bref cela m'a réanimée !
Mais déçue par la fin trop prévisible ...
Autrement le style globalement est agréable.
L'écriture est belle ..
Peut être que le rythme aurait pu être plus soutenu ...un peu lent ...
Bonne continuation

   Anonyme   
12/1/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Une jolie parabole bien contée sur le pouvoir des livres ou des mots...c'est d'ailleurs ce qui est très curieux pour moi dans ce conte : Parler du pouvoir des livres alors que le conte (mais d'après ma perception personnelle ) a plutôt une tradition orale.

J'ai beaucoup aimé le premier conte malicieux et frais.
Le deuxième est un peu trop connu ... Son pouvoir de faire pleurer m'a un peu surprise il devrait plutôt faire rire non?
J'ai aimé le troisième même si au final je n'ai pas vraiment tiré de "morale" de ce conte puisque l'acte de brûler les livres postérieur au cessez le feu semble vain (d'accord il "ranime " les batailles mais on ne voit pas pourquoi et surtout celles ci semblent bien vite tourner court)

Une belle impression d'ensemble

Merci

Xrys

   florilange   
12/1/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'aime bien l'ensemble de la nouvelle, dont la morale est selon moi, qu'il faut prendre ce qu'on peut dans les livres, tout en continuant à vivre le réel en riant, en pleurant, en cherchant ses amis plutôt que ses ennemis, en leur restant fidèle, sans tenter de contraindre qui que ce soit en quoi que ce soit.
La relation est, en général, soignée, sauf le 2e conte, 1 peu + faible. Cela n'empêche pas la lecture d'être agréable, quoiqu'1 peu longue.
Merci de cette lecture,
Florilange.

   veldar   
12/1/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Merci aux auteurs
Quelques remarques au cours de ma lecture :
La dernière phrase de l’entame serait à alléger à cause de « s’il aimait les contes, plus lui raconter de contes, et elle lui raconta »

Premier conte
Je note ce « oui monsieur, madame » et ensuite « messieurs-dames » avant ce « mesdames et messieurs ». J’eusse préféré une uniformité car dans les contes, ce genre de répétitions emphatiques et hypnotiques prête à sourire – dans le bon sens du terme – et à se pelotonner pour écouter la suite et s’y fondre.

Je note également une répétition de « bonnes » dans le paragraphe d’entame consacré à Mélicie, répétitions qui cette fois-ci auraient pu être avantageusement remplacées.
« Rimo se mit à la regretter – ou peut-être était-ce les cochons » je vois bien les tirets, mais sont-ce les cochons qui la regrettaient ? Non, bien sûr, mais la formulation prête à l’arrêt. Peut-être est-ce une forme d’humour… Je ne sais.

« L’eau avait fort monté en cette fin d’automne. Elle eut de l’eau aux chevilles », répétition de eau qui casse le rythme ; elle en eut ? ou toute autre formule qui permettrait à ce moment –là de jeter un soupçon d’angoisse ou d’inquiétude sur le récit d’autant que le moment est propice à cela. Mélicie va-t-elle se noyer ? etc…

« Au point que les écuyers, même, tentaient leur chance. Et même… devinez » : même.
Je remarque que depuis un moment l’auteur en reste à « mesdames et messieurs » ce qui me convient parfaitement.
Ce premier conte m’a bien plu. Le rythme est enlevé, le ton léger, amusé, rieur, coquin et l’histoire se tient bien.

Deuxième conte :
Première remarque :
L’utilisation du patois ou du parler local devrait se contenter des dialogues et ne plus réapparaître dans le corps du texte. Je pense à cela en lisant « la voix du Edouard » ;
L’écriture, très différente de celle de l’auteur du premier conte a quelque chose de ronflant, de chaleureux, est très agréable à l’oreille et dans la rythmique des articulations des phrases.
Ronronnement, grondement, trop proches font « grogner « le texte. Dommage. Le vent se mit à souffler, deux fois, répétitions lourdes car trop proches.

La fin de ce second conte est percutante, surprenante et joliment troussée. Très campagnarde donc .

Troisième conte
Je me suis laissé porter par l’écriture de ce troisième récit et j’ai lu en oubliant totalement de commenter ce qui est fort bon signe mais cette phrase : « il adorait voir dans les yeux de ses camarades d’hier l’incompréhension, la peur, la fureur la haine mêlées… avant qu’ils ne deviennent vitreux » m’a réveillé. Les yeux sont vivants, intenses, il passe beaucoup de choses dedans et puis d’un coup, brutalement, ils sont vitreux. Question de rythme sans doute l’image passe mal et le terme vitreux dans un conte est un peu dur.

Joli clin d’œil à ce fameux escalier en colimaçon existant réellement dont j’ai pu visionner les secrets de l’architecture à la télévision. On sent que l’auteur se documente, c’est excellent.
« Persuadé d’avoir « fait » un acte salvateur ? première faute que je relève dans cette écriture qui a de la puissance et de l’épaisseur.

« Écœurés » me laisse perplexe car je me rappelle, la fin du texte aidant , que je lis un conte. Or tout le long de ce troisième récit, j’ai totalement oublié que j’étais dans un conte mais plutôt dans une histoire de chevalerie. C’est peut-être le défaut de ce troisième texte, mais uniquement dans le contexte du conte.
Ce qui me fait dire qu’il est donc très difficile, d’écrire à plusieurs mains sans trahir sa propre personnalité, ce qui fait sans doute l’intérêt de la chose surtout quand l’histoire est continue. Ici, par chance, l’histoire est construite de telle sorte que chacun à sa voix.

La fin globale est intéressante mais elle manque de vivacité, de cette joie qui sait si parfaitement clore un conte. « Les anciens conseillers du roi marquèrent leur étonnement cependant l’histoire retient que rarement parole du roi fut si bien accueillie ! » outre la répétition de roi, j’aurais aimé ressentir à ce moment là davantage l’étonnement des conseillers, leur colère peut-être (ils ont pris de longues mauvaises habitudes ) et que les autres, heureux du dénouement, se lèvent ; s’agitent et peut-être trépignent de plaisir ;

Quant au contenu général de l’histoire et à l’agencement qu’en fait le quatrième auteur, fil conducteur de ce long mais très agréable conte, j’ai apprécié la sagesse et la tranquillité de ton qui transparait dans cette écriture.

Je remercie les auteurs qui m’ont chacun permis de passer un agréable moment.

Veldar

   Anonyme   
13/1/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
L'introduction est d'assez bonne longueur alors que la conclusion est un peu abrupte.

J'aime les contes, ceux-ci m'ont conquise tous les trois. J'ai ri et sourit en grande fille que je suis.

L'univers transposé dans cette nouvelle des merveilles sonne juste. Les styles et les différentes écritures se sont alliées dans une parfaite osmose.

J'ai passé un excellent moment au pays de l'enfance.

   Anonyme   
16/1/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai beaucoup apprécié ces contes merveilleux. L'harmonie entre les différents styles est une des raisons sans doute mais, surtout, j'aime voyager et cette nouvelle a parfaitement réussi à me transporter. La fin, rapide c'est vrai, ne m'a pas dérangée, au contraire. Dans les conte la moral est toujours exprimée en peu de mots.

Bravo pour la cohérence, la coordination toujours délicate dans une écriture à plusieurs mains et merci, pour ce bout de rêverie.

Electre

   Anonyme   
18/1/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le premier conte est somptueux.
Malheureusement, la barre est placée si haute dès l'entame que la suite du récit en patit et semble ne pas être au même niveau. J'ai dut m'accrocher pour aller au bout du troisième conte, qui est beaucoup moins "aérien" que le premier;

la fin n'est pas à la hauteur du début, mais l'ensemble se lit plutôt agréablement.

   MissGavroche   
19/1/2010
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai vraiment apprécié, l'histoire est jolie et place le livre à la place d'honneur je ne peux qu'être séduite.
Placer trois histoires en une est un exercice original que je salue d'autant plus que c'est bien fait, même s'il est vrai qu'en cours de lecture on peut avori envie de décrocher. Mais on veut connaitre la chute alors on tiens bon.

   zorglub   
10/4/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'histoire en elle-même est excellente, et un excellent réconfort quant à la valeur et à l'utilité des livres.

Le premier conte est un délice, réjouissant, coquin et léger à souhait. Si l'histoire drôle qui fonde le deuxième est connue, sa mise en scène ici est superbe, agrémentée de très nombreux détails de contexte.

Le troisième conte est bien sûr le plus important, puisque c'est lui qui relie le pouvoir des livres dans l'imaginaire, au réel du Prince, il est plus touffu que les autres, et il m'a laissé une impression plus étrange. Je n'ai pas vraiment réussi à cerner Arnold.

La fin est assez attendue, mais l'ensemble est très réjouissant, et j'ai beaucoup aimé la mise en abyme.

   placebo   
1/5/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
pas mal, ça donne envie d'écrire à plusieurs :)

léger problème pour moi quand on parle de "l'arrière petit-fils" : je croyais que l'ancêtre était toujours vivant. Peut être rajouter ''ancien'' avant "roi Karuc" ?

pour le premier conte, la couleur d'étoile ne renvoie à rien de précis, il existe de nombreuses couleurs. Enfin bon, c'est surement métaphorique... ''comme souvent dans les contes'', la "pornographie" : plus pour les adultes mais franchement drole ;)

le deuxième m'a un peu gêné au début pour le style, mais j'ai relu rapidement et l'ensemble était très bien. il semble que ça soit une blague connue d'après des commentaires, et la réaction du Prince est un peu décalée, mais je comprends qu'il faille montrer tous les attraits des livres.

pour le troisième, (Marogne ? rien contre toi, hein...) j'ai trouvé le style lourd, cela pourrait se résoudre très simplement en enlevant les que/qui/quoi et en reformulant/allégeant les phrases dans cette optique. je l'ai trouvé un brin cynique, pas un reproche, mais ça et le mystère du début (on attend un peu de voir ce qui va se passer) fait qu'il sort du conte enfantin proprement dit. Il reste correct cependant.

fin un peu brève comme remarquée, je cherche une idée, je cherche... ah non, c'est le boulot de l'auteur ^^

bonne continuation à tous,
placebo


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