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Humour/Détente
Zaku : Septième sans ascenseur
 Publié le 10/03/11  -  15 commentaires  -  12060 caractères  -  129 lectures    Autres textes du même auteur

Monologue autour d'un déménagement.


Septième sans ascenseur


Sur la petite voiture un matelas à rayures et des gros cartons sont posés. Moi, je souffle comme un bœuf. Je sais, c’est impressionnant. Mais pas la peine de me regarder comme ça, je vais pas mourir ! Seulement, cent quarante-huit marches et trois demi-paliers ça épuise. Surtout les bras chargés. J’emménage au septième sans ascenseur. Un escalier de service. C’est plus discret quand on est encombré. Plus petit aussi. L’ascenseur est réservé aux beaux appartements. Je n’ai pas encore les moyens. Je démarre tout juste vous comprenez. Mes parents m’ont donné le matelas, trop contents de se débarrasser de moi. Et puis ils m’ont dit débrouille-toi. Depuis deux ans la cohabitation devenait difficile. Après avoir raté mes études, j’étais en train de rater mon entrée dans la vie active. Ce petit boulot est arrivé à temps. La conseillère du pôle emploi m’a fortement incité à accepter. Je risquais la radiation. Intérieurement je n’étais pas prêt mais tout le monde a dit que c’était mieux comme ça. Qu’est-ce que vous auriez fait vous ? J’ai suivi la conseillère. Le premier jour j’avais mis une cravate bleue, ma chemise à carreaux que j’aime bien et un pantalon de flanelle gris. Papa disait qu’il fallait faire bonne impression. J’ai bêtement oublié la veste qui va avec. J’avais l’air ridicule. Les collègues ont été gentils. Ils n’ont rien dit. Mais j’ai compris. J’ai laissé tomber la flanelle pour le jeans. C’est plus décontracté. Plus dans le style. Pendant quinze jours je suis resté assis dans un bureau. Je m’ennuyais un peu. J’avais l’impression d’être à la fac, vous savez. Six mois de contemplation du plafond. Je connaissais toutes les fissures, je calculais le montant des réparations, pour le cas où je déciderais de changer d’orientation. Sur de grands tableaux, je pronostiquais qui de la mouche ou de l’araignée l’emporterait. Parfois un rappel à l’ordre me faisait inverser les chiffres et il me fallait alors reprendre à zéro mes savantes cogitations. J’ai échoué à l’examen mais globalement, je vous assure, je n’ai pas eu l’impression de perdre mon temps.


Dans le bureau, il n’y avait pas d’araignée ni de fissures. J’ai peaufiné ma préparation pour le jour J. Calcul mental, théorème de Pythagore, classement des meilleurs buteurs du championnat, générique des chiffres et des lettres. J’essayais de retenir la composition d’un carambar au nougat quand on est venu me chercher pour boire le café. Je ne bois pas de café, la caféine me déclenche des aigreurs d’estomac mais j’ai accepté par politesse. Normal non ? Il y avait une réunion de jeans autour de la machine. Je me suis senti à l’aise et j’ai raconté ma blague carambar. Tout le monde a ri. Par politesse. Normal aussi. Derrière moi un type a dit « Monsieur fait de l’esprit ». Je me suis retourné. Il portait un pantalon de flanelle gris. Je ne savais plus où j’en étais. Il l’a vu et m’a dit de le suivre dans son bureau. J’allais encore me faire virer. Il m’a dit on a besoin de gens comme vous ici et il m’a confié un poste à responsabilité. La préparation avait payé.


Grâce à mon premier salaire j’ai trouvé cette chambre de bonne. Le loyer n’est pas trop cher. Quatre cent cinquante euros avec les charges. Pour neuf mètres carrés c’est correct. Il me reste presque six cents euros. Il faudra que je compte évidemment. C’est le prix de l’indépendance hein ! J’ai récupéré à droite à gauche de quoi meubler. Deux chaises pliantes en bois tout juste chapoté, une table de verre parfondue, un four à micro-ondes, une bouilloire électrique et une vieille télé faisant office d’épidiascope. C’est pas un palace vous allez me dire mais ce sera douillet. Un petit chez moi où je pourrai recevoir le samedi après-midi. Des amis ou une amourette. Bien qu’avec les filles je sois assez timide et je rougisse facilement. L’autre jour, vendredi, en rentrant du travail, j’étais content et détendu parce que c’était la fin de la semaine et que le boulot avait bien marché. Une jeune femme m’a arrêté dans la rue. Elle voulait savoir pourquoi je lui souriais. Est-ce qu’on se connaissait parce qu'à son avis on avait pas gardé les cochons ensemble. En pleine montée chromatique, je lui ai dit que je ne lui souriais pas particulièrement à elle mais que je souriais en général à cause du travail. Le travail vous fait sourire ? J’ai bien vu qu’elle ne me croyait pas. Elle a dit que si je continuais elle appelait la police. J’étais rouge comme un coupable. D’un seul coup j’ai eu envie de pleurer et j’ai acheté un journal pour ne plus regarder personne. Si je veux trouver quelqu’un il faut que j’arrive à me maîtriser. Je ne pourrai pas grimper les sept étages en illuminant la montée comme un soir de Noël rien qu’à l’idée de nous frotter l’un contre l’autre. La première fois les voisins s’inquièteraient. Y a le feu à l’immeuble ! Les pompiers sont dans l’escalier. Et puis une fois ou deux, après m’avoir croisé accompagné, je les entendrais ricaner grassement derrière leur porte à chaque passage du gyrophare.


Est-ce que vous aimeriez vivre avec quelqu’un rouge du matin au soir vous ? Rouge au petit déjeuner, rouge au déjeuner, rouge au dîner. C’est pour ça que je ne m’affectionne pas trop. Ça évite les problèmes. D’après monsieur Chalumet, mon médecin de famille, la tonalité évolue selon le degré d’émotion et l’âge du patient. D’un rosissement léger à un rouge lie-de-vin prononcé, d’un abricot printanier à un sombre grenat, d’empourpré à sanguin, de rougeaud à couperosé. Ces changements de couleurs s’accompagnent souvent de transformations profondes. Je peux passer en l’espace de quelques instants du coq à l’écrevisse, du coquelicot à la tomate. Ma mère ne supporte pas cette éreutophobie maladive. Elle me dit que je finirai seul. J’espère qu’elle se trompe.


J’imagine une femme délicate, artiste peintre ou agricultrice dont je serais tous les matins la source d’inspiration. De grandes monographies garance, carmin, cerise mariant les audaces du cinabre avec l’incarnat, habilleraient notre chambre d’amoureux. Je bricolerais quatre jardinières suspendues à la lucarne dans lesquelles mon aimée bistournerait une fougère écarlate, quelques « Rose de Berne », trois cosmos chocolat, un lilas Red Imperator. Du printemps à l’hiver notre foyer resplendirait de mille feux. Vous voyez le tableau ? Monsieur Chalumet prétend que la fréquentation des salles d’exposition ou des jardins d’acclimatation pourrait changer ma vie. Je n’ose pas encore mais l’idée fait son chemin. Dans les moments de solitude, je grimpe sur mon mât de cocagne. Un, deux, trois enfants. Avec nous deux ça fait un virgule huit mètre carré par personne. Il faudra sûrement envisager de trouver autre chose d’un peu moins juste. Des garçons, que des garçons. Les garçons c’est bien pour porter les cartons.


Dans celui-là, j’ai emmené quelques livres indispensables. Un dictionnaire des mots rares et précieux enrichi du volume synonymes, ma collection d’annuaires, Ali Baba et les trente-sept voleurs, une version collector et Comment réussir vos projets par le professeur Ernest Jacob Delaffon. Je sais pas si vous êtes comme moi mais y a des choses qu’on aime garder près de soi. J’ai jeté le reste dans un bac à ordures parce que je pensais aux sept étages sans ascenseur. Sur le couvercle de la poubelle j’ai quand même écrit un petit mot avec la liste des ouvrages, des fois que quelqu’un soit preneur. Pour lire ou caler une armoire. On ne sait jamais.


L’autre carton est vide. Pour le plaisir de le monter sans me fatiguer. Je vais en avoir besoin. Gnôthi seauton comme dit mon père chaque fois que j’hésite. Il sait trois mots de grec suite à un voyage organisé par son comité d’entreprise. Festina lente, hâte-toi lentement, in medias res, au milieu des choses, et le fameux gnôthi seauton, connais-toi toi-même. Il aime bien les placer à la moindre occasion. Selon les visiteurs, il alterne avec for ever, et all right, collectés aux alentours de Buckingham Palace. Les grands soirs il lance l’Internationale. Chi io sa ? Qui le sait ? Et se habla español, on parle espagnol. La première fois, ça fait grande impression. Maman s’est lassée depuis longtemps. Moi avec.


J’ai jamais aimé les langues c’était pas mon fort. J’aurais aimé pourtant en posséder plusieurs. Avec mes nouvelles responsabilités ça aurait été bien pratique. Je colle des étiquettes. À l’éponge. Je suis trop juste en salive. Des adresses à l’étranger. Dans le monde entier. J’inonde la planète d’adresses. Et je ne dois pas me tromper. Sinon il faut recommencer et l’adresse est perdue. Une adresse de perdue c’est de l’argent foutu a dit mon supérieur. Alors il faut vraiment que je fasse attention. Que je colle au bon endroit, que je mette sur la bonne pile, que je fourre dans le bon casier. Toutes les adresses perdues sont retirées sur mon salaire. C’est vous dire comme je dois faire attention. C’est sûr, je gagnerais du temps si je possédais plusieurs langues. Je pourrais aller plus vite. Plus j’irais vite et plus je gagnerais d’argent. À raison de douze centimes les mille adresses, avec deux langues je multiplierais une fois et demie mon salaire, avec trois langues je le doublerais presque. Plus je gagnerais et plus je pourrais apprendre de langues. J’ai calculé que si je maîtrisais douze langues je gagnerais quelque chose comme huit mille trois cent soixante euros et quinze centimes soit un milliard trois millions deux cent dix-huit mille adresses. Au-delà il faudrait être deux il me semble. C’est mes parents qui n’en reviendraient pas. Je pourrais me payer des déménageurs et garder l’ensemble de ma bibliothèque.


Tout ça me donne le tournis. En attendant la consécration il me reste du travail. Au minimum deux allers-retours. Cinq cent quatre-vingt-douze marches et douze paliers. Un pour le carton de livres, un pour le matelas. Le carton vide compte pour du beurre. C’est surtout le matelas qui me fait peur. Seul je vais en baver. Il faut peut être que j’envisage de bivouaquer une nuit ou deux entre la cinquante-huitième et la soixante-cinquième marche. Cela me semble plus raisonnable. En aplomb au-dessus du compteur électrique ou suspendu à la main courante. Pour ne pas gêner. Le coin est tranquille. Un couple de personnes âgées. Plus d’enfants et probablement pas de scène de ménage. La télévision sera peut-être forte. J’ai de quoi m’occulter les pavillons. Je crains surtout une avalanche de gosses ou des locataires éméchés qui se tromperaient de palier. Mais un lundi soir, le risque est moindre.


J’appréhende aussi il faut bien le dire les rayures du matelas. Même avec un drap j’aurai l’impression de dormir en prison. Je suis parfois claustrophobe et sujet aux cauchemars. Pour un peu que le bois craque ou la rambarde grince, je suis capable d’imaginer tout un monde fantastique niché dans les recoins de l’escalier, sous les éclats du vieil enduit, entre les poils du tapis. Une horde de cloportes affamés, des vampires en armures, toute une batterie de crabes tambour, un régiment de caïmans, un contingent de rats sournois à l’affût de l’imprudent agrippé aux barreaux, clamant son innocence, face à cette armée sanguinaire. Les boîtes aux lettres n’ont pas d’adresse ! Les boîtes aux lettres n’ont pas d’adresse ! Des milliards d’étiquettes balayées par le vent. Un drap de flanelle grise qui s’avance en hurlant. Mon supérieur, la gardienne des cochons, un tribunal en jeans. Vous êtes viré ! Le bourreau accourt. C’est mon amoureuse ! Elle a la tête de ma mère. Elles tranchent les cordes. Je disparais sur mon matelas dans l’ombre de la cage d’escalier de ce septième sans ascenseur…


Non, n’ayez pas peur, je suis un garçon qui a beaucoup d’imagination alors j’ai pris mes somnifères. Et puis avant de partir j’ai laissé un numéro de téléphone à mon travail. Au cas où quelqu’un aurait voulu m’aider dans cette expédition. Personne n’est venu. En ville ils n’aiment pas trop l’aventure. Demain, si j’ai trop de retard, ils pourront déclencher les secours.


 
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   Anonyme   
1/3/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Très amusant. J'ai passé un très bon moment. Ah, les fantasmes autour de la chambre de bonne ! Et ce personnage qui a la tête de Romain Durris dans L'auberge espagnole ! Enfin, moi je l'imagine comme ça.

Bref, ça m'a plus et avec ça c'est plutôt très bien raconté !

   victhis0   
3/3/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
alors là chapeau bas !
tout y est : le style, hyper original, travaillé sans besogne ni artifices inutiles...Un texte truffé d'humour, de trouvailles, d'intelligence et de singularité : çà m'ennuie d'être dithyrambique, çà fait un peu flatteur et un peu médiocre mais tant pis, j'assume. Rien à redire, je vous envie...
bravo et merci

   doianM   
3/3/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Le narrateur est amusant, il pratique en général un humour assez discret. Du moins, à mon avis, il n'annonce pas: attention, vous allez vous tordre de rire...
Il devient vite sympathique car s'il emet des critiques envers les autres il ne s'en prive pas envers soi-même.

On peut lui reprocher qu'il ne garde pas une ligne narrative précise. Mais je pense que ce n'était pas son but.
Si on arrive à comprendre qu'il est si timide qu'il rougit au point d'éclairer le sombre escalier d'une lumière rouge qui affole les voisins et fait venir les pompiers, il n'insiste pas sur cette idée. Sauf pour la bien aimée qu'il souhaite dans un ensemble de couleurs chaudes.
En fait c'est un portrait d'un jeune pas trop heureux mais qui préfère rire de ses sept étages sans ascenseur et des nombres d'adresses qu'il faut coller sans en perdre sous peine de sanctions sur son salaire.

Le passage du domaine "langues étrangères" à sa langue utile à coller des étiquettes est amiusante. Le calcul des nombres de langues nécessaires pour faire un travail "extra" semble, en échange, lourd. Par rapport à l'économie générale du texte.

L'écriture est alerte, bien adaptée au contenu.
Ici et là quelques négligences ( accord, ponctuation ).

Une lecture agréable

   Pascal31   
10/3/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une nouvelle qui part dans tous les sens, comme pour bien souligner que le héros, malgré ce qu'il dit, est quand même pas mal perturbé.
Un texte qui aurait pu devenir rapidement ennuyant sans ces notes d'humour distillées tout le long du récit.
J'ai aussi apprécié l'écriture, simple et efficace.
Un bon moment de lecture.

   Lunar-K   
10/3/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup aimé ce monologue intérieur qui part un peu dans tous les sens, au gré des associations d'idées de l'auteur. Un humour sans excès, jamais lourd (sauf peut-être lors du passage sur le rougissement du narrateur...), plein d’auto-dérision.
Un texte très bien écrit, et surtout très crédible comme transcription des pensées un peu flottantes du héros.
Bref, j'ai passé une excellente lecture !

   Selenim   
10/3/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
Ahhhh l'humour. Tellement subjectif.

Mon gros soucis avec ce texte c'est qu'il est soutenu par son humour. Et malheureusement, je l'ai trouvé un peu plat. Je ne voudrais pas paraitre pédant et annoncer la vérité sur l'humour mais dans ce monologue je ne vois pas où se situe la drôlerie.

Le narrateur affiche son petit côté paumé, gentil, il traverse la vie recouvert d'une couche de téflon, tout lui glisse dessus. Ce qui m'a le plus ennuyé, c'est le manque de risque. On a droit à un quotidien plan-plan : les parents, l'appart', le job, la fille. Je déplore un manque d'imagination, autant sur le fond que la forme.

Je vais m'autoriser une seconde lecture au bistouri pour peut-être déceler un message caché ou un pentacle inscrit en creux.

Selenabientôt

   DouglasLejeune   
10/3/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↓
A la deuxieme lecture le texte m'a paru vraiment tirer sur le "sketch": un monologue raconte par un personnage pittoresque sur un sujet cocasse, qui se veut comique. On va d'astuce en clin d'oeil. On peut tres bien imaginer quelqu'un monter sur scene et raconter ca. A partir de la l'enjeu c'est: on rit ou pas. Mais a la lecture c'est difficile de rire, parfois un leger sourire en coin...par moment de l'agacement car on insiste trop (l'histoire du rouge dans l'escalier est vraiment trop forcee).
D'un autre cote, a partir du moment ou on accepte le genre, la forme me parait pratiquement irreprochable. C'est tres bien fait.

   toc-art   
10/3/2011
Je ne vais pas discuter l'humour ou non de ce texte, je connais mes limites ou exigences en ce domaine et là je me suis copieusement ennuyé mais c'est vraiment une affaire de goût j'imagine.

question écriture en revanche, un vrai souci avec les virgules qui manquent très souvent.

bonne continuation.

   placebo   
10/3/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
Hmm…
Un jour, faudra que je m'achète une pipe où que je fume le cigare. Désolé, réflexion à moi-même ^^

Manque des virgules :p
Pas trop aimé le coup sur les langues, ça me parait assez cliché ''je possède des langues'', encore que l'auteur arrive à sauver les meubles.
Idem pour la rougeur qui tire un peu en longueur.

Le début était composé de phrases vraiment courtes, j'ai eu un peu de mal à rentrer dedans. (moui, c'est moi qui dit ça… ^^) Le plus paradoxal, c'est que sur la fin de ce paragraphe le rythme était trépidant, puis que tout s'est perdu sur la suite et que j'ai eu du mal à terminer.

Quelques jeux de mots, passage d'une idée à l'autre :p j'aime bien ce genre de construction un peu libre, mais ici elle n'est pas vraiment au service d'un but précis (typiquement, en apprendre plus sur le personnage, tout est au début). Après, il lui arrive des trucs, c'est relativement bien tourné, mais j'ai l'impression que le narrateur pourrait continuer très longtemps. Pas une boucle mais une spirale :)

Et, tout au centre de la spirale ? Je ne vois pas. Trop loin.

Des ''alors'' qui m'ont surpris, parfois, la liaison entre les idées n'est pas nette. ''Non, n’ayez pas peur, je suis un garçon qui a beaucoup d’imagination alors j’ai pris mes somnifères.''

Bonne continuation,
placebo

   alvinabec   
10/3/2011
Votre texte, bien écrit, est très drôle. On ne s'y ennuie pas, c'est rythmé et il y a de vraies trouvailles sémantiques. Restez vous-même, ne surchargez pas en termes savants inutiles qui alourdissent votre propos. A vous lire bien vite...

   Anonyme   
10/3/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Salut
J'ai apprécié la dérision et l'auto-dérision que vous avez utilisé dans votre texte, ni trop peu, ni trop. Un bon mélange qui laisse une légèreté qui se marie bien à toutes ces petites anecdotes et mini réflexions.

   Charivari   
11/3/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai trouvé le ton du texte vraiment très bon, humoristique, mais pas hilarant, il retranscrit très bien ce personnage, timide et paumé, trop naïf et enfantin encore pour faire vraiment de la dérision. C'est d'ailleurs ce que je préfère dans ce texte : à plusieurs reprises, quand il raconte sa blague de carambar, ou alors quand il sourit dans la rue sans raison, on sent ce décalage entre l'enfant qui a vieilli et les "grandes personnes sérieuses". Du coup, ce personnage, on le sent vraiment vivre. Sinon, il y a de belles trouvailles, comme le coup des langues étrangères, ou comment on rougit en fonction de l'âge.

Les seuls bémols, pour moi :
-Problème parfois de ponctuation. Il manque des virgules et des guillemets. (mais problème minime)
- Un passage que je n'ai aps bien compris : "Je ne pourrai pas grimper les sept étages en illuminant la montée comme un soir de Noël rien qu’à l’idée de nous frotter l’un contre l’autre. La première fois les voisins s’inquièteraient. Y a le feu à l’immeuble ! Les pompiers sont dans l’escalier. Et puis une fois ou deux, après m’avoir croisé accompagné, je les entendrais ricaner grassement derrière leur porte à chaque passage du gyrophare." A mon avis, ce fragment n'est pas très bien négocié.
-Et puis surtout, il nous manque une histoire. Le texte ne se tient que par le style, et effectivement on ne s'ennuie pas, mais il manque un petit quelque chose au niveau narration (peut-être que ce n'est pas forcément l'histoire, peut-être faudrait-il renforcer le ton grinçant de la fin, pour que le lecteur se rende un peu mieux compte, derrière l'humour du narrateur, du profond malaise de ce gossse qui est un peu à l'image de la jeunesse actuelle)

   Anonyme   
13/3/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je me suis beaucoup amusée à suivre les pérégrinations mentales de ce garçon qui, c'est le cas de le dire, déménage un peu.
j'ai particulièrement aimé le suivre dans ses obsessions (celle des nombres surtout... mais je n'ai pas vérifié ses calculs !)
Ainsi que ses bons mots, un peu poussifs, à l'image des blagues carambar.
Jusqu'à l'avant dernier paragraphe, où il a l'air de partir en live : un vrai plaisir... Alors j'ai trouvé vraiment dommage que l'on soit averti par ce :
"Non, n’ayez pas peur, je suis un garçon qui a beaucoup d’imagination"
Pour ma part, j'aurais préféré rester dans le flou un peu délirant quant à son état mental.

Une chose m'a gênée aussi par endroit : la ponctuation... J'ai du m'y reprendre à plusieurs fois pour lire certaines phrases. C'est vraiment dommage.

Mais globalement, une lecture bien agréable !

joceline

   socque   
13/3/2011
Non, je n'ai pas accroché, désolée. L'humour m'a paru laborieux, lourdingue, le délire de la fin forcé. Et puis quoi, l'aliénation au travail on a déjà beaucoup lu là-dessus ! Je n'ai pas l'impression que le genre soit renouvelé ici...

Une remarque : "Le bourreau accourt", et non "accoure".

[Merci pour la coquille. C'est corrigé. Pat]

   Perjoal   
16/3/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Là j'ai passé du bon temps ! Voilà comment se mettre de bonne humeur le matin. merci.

Belle construction avec un style sympa.


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