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Poésie classique
Alexandre : Mémoire d'outre-tombe
 Publié le 30/04/17  -  21 commentaires  -  835 caractères  -  405 lectures    Autres textes du même auteur

Nous n'en eûmes qu'un seul, il dort à Colombey…


Mémoire d'outre-tombe



Mon cher et vieux pays, te voilà de nouveau
Au bord de la chienlit, plongé dans la tourmente,
Victime sans défense au cœur d’une tournante
Et moi, comme un couillon, coincé dans ce caveau !

Entends-les, Marianne, ameuter le troupeau,
Promesses du grand soir et lendemain qui chante,
Pour vendre leur salade à la foule bêlante
Et la mieux préparer à porter le chapeau…

De tous ces prétendants à la charge suprême,
Qu’il soit ce jour sans tache ou frappé d’anathème,
Je n’en vois guère un seul redorer le blason,

Passablement terni, d’un peuple en déshérence
Déclamant à l’envi la funèbre oraison
Du rêve européen de paix et tolérance…

Bougres de songe-creux, qu'ont-ils fait de ma France !



** CdG… Colombey, mars 2017


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   papipoete   
14/4/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
classique
Je comprends que le Grand Charles se retourne dans sa tombe, à voir tout ce qui agite la campagne électorale ; mais à son époque, ( on ne se souvient pas ) je pense que la mascarade devait être aussi la règle !
NB le choix des alexandrins n'est pas désuet, pour parler du temps présent, ( le 3e est fort )
La forme classique est respectée .
papipoète

   TheDreamer   
30/4/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un sonnet quinzain. Forme créée et popularisée en son temps par le poète symboliste Albert Samain.

Le thème se veut politique. La campagne électorale pour les présidentielles 2017. Vaste sujet dont on peut parler sans plus finir.

Le poème se lit sur un souffle et sans heurt du fait d'une musicalité linéaire sans changement de rythme apparent. C'est un peu dommage. Reste une idée que je partage les promesses de la veille ne sont que rarement les actes du lendemain.

"Chienlit" comme l'aurait dit le général. Le terme n'est pas excessif. Le "front républicain" bat de l'aile et le pays se trouve scindé en deux par deux candidats dont les programmes ne peuvent qu'approfondir le ressentiment et la haine.

   Vincendix   
30/4/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Alexandre,
Un sonnet tout à fait dans l’actualité, les hommes (et les femmes) politiques intègres sont rares. Pour la majorité l’intérêt personnel (gloire et fortune) prime, celui du pays et des habitants est accessoire.
Je ne veux pas développer ce sujet, ce n’est pas vraiment l’endroit mais j’adhère pleinement à ta « réflexion ». Il faudra se contenter d’un pis-aller en espérant que le sectarisme ne triomphe pas.
Naturellement, je salue la qualité de l’écriture, la fluidité du texte, la justesse des mots employés !
Bon dimanche et joyeux muguet
Vincent

   Arielle   
30/4/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Et moi, comme un couillon, coincé dans ce caveau !"

ON est quelques milliers à partager la même situation et ce sonnet tout chaud pondu dit bien la triste réalité de l'omelette qu'on se prépare !
Bravo pour cette belle réactivité, Alexandre !

Je m'interroge juste sur l'utilisation du mot "guère" dans
"Je n’en vois guère un seul redorer le blason"
N'aurait-il pas mieux valu Je n’en vois pas un seul redorer le blason ?
guère me paraîtrait mieux employé suivi de que (qu'un seul) mais je ne pense pas que c'est ce que tu voulais dire.

   PIZZICATO   
30/4/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Alex.
" Bougres de songe-creux, qu'ont-ils fait de ma France ! "
Voilà bien résumée la grande préoccupation du moment.

" Entends-les, Marianne, ameuter le troupeau,
Promesses du grand soir et lendemain qui chante,
Pour vendre leur salade à la foule bêlante
Et la mieux préparer à porter le chapeau… "
Et dire que c'est nous, cette " foule bêlante " qui, parle le biais des urnes, les envoyons... là haut !

J'ai bien aimé.

   Cristale   
30/4/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Et moi comme lectrice
Derrière mon écran
Je lis admiratrice
Ces vers nés à l'estran
Du lointain bout du monde
Où le Grand Général
Fait toujours d'une ronde
Son tour de l'arsenal
Dans l'âme d'une aronde*.

(*hirondelle)

Rien à jeter, tout à garder, pour moi c'est parfait et le ton tristounet, nostalgique, de ce quinzain sied à l'ambiance d'aujourd'hui.

Fluidité, rythme, rimes, tout est là pour le plaisir de mes yeux
et la musique à mes oreilles.

Merci Alexandre, chez vous l'Histoire se marie avec le présent dans la plus parfaite harmonie.

Cristale

   Marite   
30/4/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Hello Alexandre ! Une véritable prouesse que d'avoir réussi à faire un portrait réaliste de la situation actuelle de ce "cher et vieux pays", et ce, en alexandrins si équilibrés et rythmés que nous n'avons même pas l'impression qu'il s'agit d'une poésie classique.
Quatrain ou tercet, chacun évoque clairement l'actualité qui se déverse en avalanche sur nos esprits.
" Un peuple en déshérence" et pourtant, un peuple avec une si longue histoire ...

   Robot   
30/4/2017
Une opinion sur un ancien président qui appartient à l'auteur comme la vision de l'échéance électorale prochaine par semble-t-il les mânes du Général. (texte qui n'a pu être écrit qu'avant le résultat du 1er tour de la présidentielle française.)

Je ne sais pas s'il est très honnête de faire parler les morts. Et, à l'encontre de l'extrapolation politique que d'autres feront de la situation actuelle à partir de ce récit, je dirai que je ne partage pas l'idée du tous pourri que peut laisser entendre ce texte qui de ce point de vue manque de nuance. D'autant que ce sont ceux qui se réclament de la mémoire de ce grand homme qui semblent le moins en respecter la probité.

Je ne partage pas totalement le fond (notamment le tercet sur l'Europe) car le personnage cité n'a jamais eu un véritable enthousiasme vis à vis d'une construction européenne fédéraliste abandonnant la souveraineté politique des états nations. Je ne suis pas certain que ce farouche défenseur de l'indépendance et du libre choix de leur politique par les états aurait partagé la vision actuelle d'une Europe rangée aux puissances de la finance mondialisée.

Je pense que le titre est une allusion aux livres du disparu: Mémoires de guerre et mémoires d'espoir et qu'il n'a rien à voir avec Chateaubriand.
(des ouvrages qui méritent d'être lus et qui selon moi ne sont pas en adéquation avec la vision orientée du poème. Beaucoup en parle, peu les ont réellement lu. Pareil d'ailleurs pour les mémoires d'Outre-tombe de Chateaubriand.*)

Un récit cependant bien écrit, avec conviction, même si on est pas obligé d'en partager le contenu. Mais quand on abandonne l'humour en Histoire l'exactitude rigoureuse ne doit pas être négligée. Car ce que certains verront comme un abord réaliste peut aussi n'être qu'une approche dicté par un parti pris.

Je suis bien conscient d'être en décalage avec d'autres visions exprimées sur texte. Donc Je préfère ne pas évaluer pour ne pas mélanger avis littéraire et convictions.

*On pourrait faire le même constat sur la lecture du capital de Marx sur lequel beaucoup de gens glosent sans avoir dépassé les dix premières pages.

   leni   
30/4/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour mon Ami Alexandre
c'est écrit simplement sans effets spéciaux et c'est mis dans le mille
de tout notre sensible
Y ades mots qui pèsent leur poids de vérité

ameuter le troupeau
Pour vendre leur salade
le n'en vois guère un seul
et le rêve européen

Moment de rogne de grogne____

Merci Amitiés LENI

   Michel64   
30/4/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Alexandre.
Un grand cru celui-ci, à la forme impeccable, agréable en bouche et oreille. Seul l'enjambement entre le premier et le deuxième tercet me gène un peu, mais je sais que ça reste valable, c'est juste que j'ai du mal à m'y faire.
Pour le fond, qu'aurait dit le grand Charles ? Je n'en sais rien, c'était une autre époque mais je crois que l'on peut se risquer à dire que dans un second tour tel que celui-ci il serait allé voter...sinon pour au moins contre. En tous cas il me plait de le penser.

Au plaisir, Alexandre. Passe une bonne soirée.
Michel

   corbivan   
1/5/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Sur la forme c’est bien écrit, et il y a une verve certaine.

Sur le fond je ne suis pas convaincu, en particulier par cette habitude, partagée par tous les hommes politiques en vue, d’aller chercher de grands hommes ou femmes du passé pour en faire la référence ultime. Vaudrait mieux chercher dans le temps présent, tous nos contemporains n’ont pas baissé les bras, certains tâchent de construire, de proposer, réfléchissent à demain, et pas à demi…

Donc que ce soit Jeanne d’Arc pour les uns, Charles de Gaule ou Mitterrand pour d’autres, pour ma part c’est surtout caractéristique d’une incapacité à voir que les événements suscitent les vocations, dit autrement : il n’y a pas de grands hommes sans de grands événements, sans de grandes souffrances aussi, et dans le temps présent que peut le poète à part ressusciter de vieilles rengaines ou évoquer des fantômes ?

Peut-être écrire un chant nouveau pour aujourd’hui quitte à se fourvoyer.

   Alexandre   
1/5/2017

   Zorino   
1/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Alexandre,
C'est avec la voix (dans la tête) du Général De Gaulle que j'ai lu votre sublime sonnet. J'apprends, lentement mais sûrement.
Merci pour ce beau partage

   Somnium   
1/5/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un sonnet quinzain parfaitement maîtrisé, pour mon plus grand bonheur. Je ne reviendrais pas sur les références déjà évoquées dans les différents commentaires, mais le propos est très habilement mené. Les grands hommes se perdent et redorer le blason, comme vous le dites si bien, n'est pas pour demain, malheureusement.

   emilia   
2/5/2017
Je découvre à mon retour votre sonnet engagé… Vous honorez la mémoire d’une grande figure historique reconnue sur le plan international et qui a dû faire face en son temps à cette guerre douloureuse qui avait conduit notre pays à la défaite, l’occupation, jusqu’à sa libération pour laquelle il a, avec beaucoup d’autres, dépensé toute son énergie et appelé à la résistance.
Confronté à cette actualité brûlante de la présidentielle, vous avez le courage de vos convictions pour dénoncer cette pente glissante qui menace un pouvoir exécutif manquant de stature, sujet aux compromissions et plutôt déboussolé dans ce contexte si difficile et inquiétant, car au-delà du rêve, « la paix et la tolérance » demeurent essentielles… ; merci à vous…

   Eccar   
3/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Rebonjour Alexandre,
Je viens commenter ton excellent poème, non pas pour donner corps ou suite à mes soi-disant "emportements" sur le fil de ton remerciement, mais juste pour dire mon sentiment sur ses qualités.
J'ai beaucoup aimé les images très parlantes " victime... jusqu'à... caveau", " vendre leur salade .... jusqu'à.... chapeau", " peuple en déshérence... jusqu'à... tolérance."
Qu'on aime ou n'aime pas le grand homme, il est vrai que l'on retrouve bien là son langage, sa verve, et son désespoir.
Bravo, cher Alexandre, de l'avoir un chouia réveillé pour qu'il vienne un peu nous botter l'arrière train-train quotidien ( qui sent un peu mauvais en ce moment, je dois dire...).
J'ai beaucoup apprécié.

   BeL13ver   
4/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Alexandre,
Ce texte montre un réel recul pris sur l'actualité. Il est plaisant à lire, et sans parti-pris. Il est vrai que ce bon vieux général doit bien se retourner dans sa tombe !
Sous la forme d'un sonnet auquel vous ajoutez un vers unique, vous montrez la pauvreté de la hauteur des débats face à la hauteur de l'enjeu en usant de rimes pauvres. L'ensemble est plutôt bien inspiré, même s'il est difficile d'apprécier les gros mots en poésie, pour ma part. Je plussoie le huitième vers, qui m'évoque "après moi, le Déluge".
Ça tombe bien que ce poème soit publié la veille de l'un des pires, si ce n'est le pire débat, de l'histoire de la Ve... Il paraît prémonitoire dans ce sens-là !

   Donaldo75   
8/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Alexandre,

Comment ai-je pu passer à côté de ce poème, surtout en pleine période électorale ?

Tout y est:
* L'humour, dont n'était pas démuni le vieux général
* Le mépris, une caractéristique bien ancrée chez celui qui ne se voyait pas commencer une carrière de dictateur à son âge
* La grandiloquence, comme si Marianne avait jamais existé ailleurs que dans le cerveau embrumé des révolutionnaires avinés de 1789
* Le constat, car les Français, et ce n'est pas difficile à démontrer, se complaisent dans la plainte et le "c'était mieux avant" parce que la nouveauté leur fait peur.

Le fond peut être interprété différemment, selon le lecteur, parce que justement la référence au vieux général est aujourd'hui utilisée à toutes les sauces, par la gauche, la droite, les extrémistes, bref tous ceux qui ont oublié qu'il était le père de la Cinquième République, le gars capable un temps de cohabiter avec les communistes puis, vingt ans plus tard, d'envoyer les CRS sur la jeunesse rebelle.

Bravo !

Et dire que je croyais qu'il était difficile de publier des textes politiques sur Oniris.

Donaldo

   Curwwod   
8/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un sonnet caudé plein d'amertume, dont la forme me semble sans reproche, qui traduit sans doute la désillusion de l'auteur face au spectacle grand guignolesque donné par nos prétendues élites. Ils ont été si nombreux à se réclamer de la stature historique du "grand Charles" alors qu'ils ne l'ont connu que quand ils étaient en culottes courtes et depuis ont constamment trahi son message et son idéal. Vous à votre âge, vous avez le droit de lui prêter votre voix, surtout quand elle sonne si bien. Espérons simplement que le pessimisme du général sera démenti par l'émergence d'une nouvelle génération porteuse d'idéal.

   AUDEVAL   
20/5/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Vous avez réussi à mettre de la poésie dans une campagne électorale d'une pauvreté sans nom. C'est déjà un tour de force. Votre poème est agréable à lire. Merci pour ce partage.

   antonio   
29/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien
De Chateaubriand à Colombey, comment ne pas adhérer et aimer.
Moi j'ai chanté votre sonnet sur une musique de Jean Ferrat :
" Ma France"
Bravo, merci


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