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Poésie libre
Ananas : Abysses
 Publié le 10/02/17  -  22 commentaires  -  1237 caractères  -  350 lectures    Autres textes du même auteur

“De l'argile, nous faisons un pot, mais c'est le vide à l'intérieur qui retient ce que nous voulons.”

Lao-Tseu - Tao Te King


Abysses



Panser les nuits à te pleurer
Saupoudrer le pain de vermicelles
Puis avoir envie de te serrer
Fort
Tellement longtemps que le temps disparaîtrait
Pour réapparaître plus jeune
Et moi aussi
Et toi…

Ta voix aux harmonies apaisantes
La douceur de ta peau
quand ta main…
dans la mienne

Passer tout son temps à regarder en arrière, ne pas voir ce qui se dresse devant, buter sur ses chimères puis se relever, ni plus fort ni plus grand, juste plus fatigué.
Oublier tes accents, tes parfums, tes éclats, ne plus du tout penser à toi ; croiser un effluve au détour du quotidien, un rire, un n’importe quoi, et voir tout refluer.

Le manque

Le rien

Tous ces souvenirs de toi que je cache, les mots que je garde pour les écouter avant de m’endormir, et tous ceux que je ne peux pas affronter… toujours pas.

Le vague à l’âme déferle, emporte tout

Soleil balayé
Tristesse ensevelie
Nostalgie déracinée
Avalanche de terreur

Éveil

Mes paumes sont vides
J’y sens pourtant encore
le poids de tes doigts

Dehors le soleil brille

Avec ou sans toi…


 
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   silvieta   
29/1/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Le titre est très attirant, la citation érudite... mais le texte ne tient pas toujours leurs promesses.

Ce poème dit l'absence, essaie de dire le regret du temps passé, essaie de dire l'ironie de cette nature qui poursuit sa course comme si de rien n'était, malgré le manque
( séparation ? deuil ? ) et c'est une idée très juste, sauf que le poème ne transmet pas toujours les émotions qu'il énumère.

Pourquoi?
1- A cause d'une notation incongrue : "panser les nuits à te pleurer/ Saupoudrer le pain de vermicelles". Joli surréalisme dans ce deuxième vers, mais il évoque la drôlerie, pas la tristesse et minimise la première ligne qui était évocatrice, émouvante et vraie.

2-parce que la phrase inachevée "quand ta main dans la mienne" est incorrecte : il manque le verbe.

Je suis partagée sur le sens de ce qui suit la très belle métaphore-jeu de mots "Le vague à l'âme déferle, emporte tout"
Ou bien celle-ci arbore un sens opposé à celui que l'auteur veut lui prêter du fait des
"Soleil balayé
Tristesse ensevelie
Nostalgie déracinée
Avalanche de terreur".
En effet "déferle et charrie..." ou "déferle et apporte ..." aurait été compréhensible dans ce contexte , mais si la vague emporte la tristesse, la nostalgie, la terreur eh bien cela signifie que le narrateur ou la narratrice est désormais heureux/se, que la douleur a été emportée au loin par la vague.
A moins qu'il ne s'agisse du rêve consolateur, et dans ce cas le choix de "emporte" est judicieux : la tristesse disparue n'est qu'une illusion, elle reviendra au réveil.

Quelques rimes, quelques assonances de temps à autre, même si l'on n'est pas à cheval sur le classicisme auraient tout de même prêté à l'ensemble un supplément d'âme.

   myndie   
30/1/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,
 
Tout me parle et me poigne dans votre texte, la forme autant que le fond.
Pas de doute c’est du vécu mais n’est-ce pas aussi le vécu de qui a aimé un jour, autant dire chacun de nous ?
Le thème que vous évoquez est tellement universel qu’il pourrait être lieu commun. Il n’en est rien ; le principal atout du poème en est la construction qui concourt à le rendre intensément expressif, sans maniérisme aucun, sans affèterie d’écriture. 

Le 1er vers à lui seul est une formidable trouvaille, que dis-je : le 1er mot du 1er vers ! A lui seul, il dit tout, la douleur de l’abandon, la solitude et le temps qui passe mais rien n’efface… 

Autre force de frappe, le rejet de ces mots cruciaux :
« fort »
« et moi aussi
Et toi »
« quand ta main…
Dans la mienne »
« Le manque »
« Le rien » 

Il y a aussi ces longs, très longs vers hachés qui viennent entrecouper le rythme litanique de la tristesse, semblables en cela à l’idée fixe, envahissante, obnubilante, possessive qui submerge tout: la volonté, la pensée raisonnée, l’espoir, la vie quoi… 

Et cette conclusion qui assène une évidence, une vérité implacable  mais si belle ! 
J’ai adoré votre poème, mélopée douloureuse à la douceur incomparable.

myndie

   Michel64   
30/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup aimé ce poème qui a résonné en moi.

Quelques bémols toutefois:

Pour le premier mot, je ne sais pas si "panser" est voulu ou si ce sera corrigé en "passer" plus évident.
De même cette deuxième phrase:
"Saupoudrer le pain de vermicelles" que je ne comprends absolument pas. Est-ce une expression qui m'est inconnue?

J'ai un doute aussi, ici:
"Tellement longtemps que le temps disparaîtrait
Pour réapparaître plus jeune
Et moi aussi
Et toi…"
Le temps ne peut "rajeunir", même en rêve, mais on peut le remonter (en rêve toujours).


Pour le reste, j'ai tout aimé et surtout ce :

"Mes paumes sont vides
J’y sens pourtant encore
le poids de tes doigts"

qui contient, je crois, tout le poème.

   Zorino   
10/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Ananas,
Avec ce vague à l’âme qui à l'instar d'Alex mon postier, est venu brutalement frapper à ma porte ce matin - certainement influencé par un temps nuageux pour ne pas dire pourri - j'ai bien failli me jeter par la fenêtre en vous lisant. Je vous rassure, j'habite au premier.
Blague à part, je trouve votre poème sous forme de lettre, très touchant et profond. Il se lit d'une manière très fluide et m'a convié à utiliser une voix intérieure à la fois langoureuse et monotone, m'imbibant ainsi davantage de vos mots. Le vocabulaire est très approprié au contenu, donnant ainsi plus de profondeur aux très belles images évoquées.
En revanche, je n'ai pas bien compris si vous vous adressiez à un amour lointain ou qui n'est plus. Avec précaution, j'ose opter pour la solution la plus dramatique. C'est le "Et toi..." qui me porte à croire que vous parlez d'une personne qui de manière imagée, est restée éternellement jeune suite à sa disparition. Si mon raisonnement est erronée, veuillez m'en excuser.

J'ai beaucoup apprécié ce passage :
"Tellement longtemps que le temps disparaîtrait
Pour réapparaître plus jeune
Et moi aussi
Et toi…"

L'auteur fait ici une belle métaphore entre la jeunesse et le temps, en faisant allusion à l'intensité de ses songes qui fait inéluctablement réapparaître cette personne telle qu'elle l'a connue jadis. C'est du moins ainsi que je l'ai perçu. Une belle trouvaille !
Merci pour ce partage

   PIZZICATO   
10/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Tout est vrai dans ce texte, dès l'instant où l'on a connu ou connaît, subi cet état d'âme.

" Passer tout son temps à regarder en arrière, ne pas voir ce qui se dresse devant, buter sur ses chimères puis se relever, ni plus fort ni plus grand, juste plus fatigué.
Oublier tes accents, tes parfums, tes éclats, ne plus du tout penser à toi ; croiser un effluve au détour du quotidien, un rire, un n’importe quoi, et voir tout refluer."
Pour moi, ce passage traduit exactement ce qui se passe psychologiquement dans cette situation.

   Francis   
10/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ces mots sont parvenus à créer une réelle émotion dans le cœur du lecteur. Une vague a tout emporté : "soleil balayé, la vague à l'âme déferle, nostalgie déracinée... Alors, des souvenirs comblent le grand vide : une voix harmonieuse, la douceur de ta peau, ta main dans la mienne...
Et, quand la nuit s'efface en emportant ses fantômes: " mes paumes sont vides mais j'y sens le poids de tes doigts". J'aime beaucoup cette allusion à une aube nouvelle. Le soleil brille. La vie continue.... "avec ou sans toi".

   hersen   
10/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Ananas,

Dès le début, je suis conquise par des formules que je n'arrive même pas à leur cheville (les deux premiers vers) Je me prépare, l'intellect affûté qui se mettra au service de méandres que pour l'instant, je n'en suis encore aux deux premiers vers, je ne peux même pas imaginer.

Et puis, et puis, je n'ai plus tant de surprise, le poème est beau, certes, touchant sans doute, mais mon attente en enraye le fil.

J'aurais tant aimé du vermicelle en pluie partout partout.

Mais c'est votre faute, Ananas, à revenir dans des chemins plus sages
tu me déconcertes !

mais n'allez pas croire, je viens de lire un beau poème, une expression du manque abyssal qui est loin de laisser indifférent;

Merci pour cette lecture

hersen

   Cat   
10/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
« Panser les nuits… » Il n’en faut pas davantage pour emballer mon petit cœur tout mou, qui subodore la blessure d’amour, une des plus étourdissantes qui soit !

Après, il suffit de laisser faire vos mots, vos respirations, vos envolées, et me voilà transportée au cœur d’une passion qui s’est éteinte, laissant des braises se consumer inéquitablement.

Les « vermicelles » modernisent cette affaire vieille comme le monde. Ils ont remis à l’heure la pendule, ancré le vif du sujet.

Le troisième paragraphe "Passer tout son temps à regarder en arrière, ne pas voir ce qui se dresse devant, buter sur ses chimères puis se relever, ni plus fort ni plus grand, juste plus fatigué.
Oublier tes accents, tes parfums, tes éclats, ne plus du tout penser à toi ; croiser un effluve au détour du quotidien, un rire, un n’importe quoi, et voir tout refluer." m’a emportée dans sa spirale. Enfin, le troisième paragraphe a été bien aidé par le premier, le deuxième...

Merci, Ananas, pour cette inspiration ardemment, tendrement, menée


Cat
in love, toujours

   Ludi   
10/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Ananas,

Mon appréciation globale est satisfaisante, mais devant tant de ressources poétiques, je me permets de tirer quelques grimaces.

Le passage « Passer tout son temps à regarder en arrière…. et voir tout refluer » me semble un fragment poétique inabouti, une prose cursive, comme on couche une idée sur le papier, pour ensuite la travailler, élever les sentiments à leur dimension intemporelle (« Pour réapparaître plus jeune »). Ici on digresse dans un mouvement tranquille et explicatif, où la tension du vers libre retombe.

Idem pour « Tous ces souvenirs de toi que je cache, les mots que je garde pour les écouter avant de m’endormir, et tous ceux que je ne peux pas affronter… toujours pas. »
C’est beau, mais la fin de la phrase m’aurait suffi. Tout ce qui précède n’en est que la périphrase.

Si je glane des miam-miam, je vais trouver :
« Saupoudrer le pain de vermicelles »
Et la fin, après « Eveil » (sans l’adverbe pourtant), dont l’ambigüité sublime le thème de l’absence.

Mais « Ta voix aux harmonies apaisantes » me semble un délayage trop décoloré.

Je sens qu’il en manque peu, quelques dissections par ci par là, pour faire basculer ce texte dans ma perception de la poésie.

Du bon au sublime, il n’y a parfois qu’une pincée d’épices.

Ludi
épicier à Bombay

   Pouet   
10/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Slt Ananas,

Ben un poème clair comme de l'eau de roche quoi...

C'est assez touchant.

Pas de grandes envolées, pas d'énormes surprises, à part peut-être ces "vermicelles" dont on se demande bien ce qu'ils peuvent foutre là... (enfin moi bien sûr).

Sinon je vais pas dire que c'est sirupeux hein, avec le dernier poème que j'ai publié ici... :)

Non.

On ressent une belle sincérité, du "vécu" même si ce n'est peut-être pas le cas, on le renifle en tout cas.

Voilà, pas grand chose à dire de particulier. Si, c'est bien écrit tout de même. Les deux derniers vers aussi tombent bien, même si le fond est assez commun ("La Terre tournera toujours sans... "etc) et la répétition de "soleil" est me semble-t-il un poil rapprochée...

A plus.

   framato   
10/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonsoir Ananas,

vous savez que je me fais rare en commentaire, mais je tenais à revenir sur ce texte...
Je le trouve super beau. J'aime la fluidité et le rythme très bien marqué par l'alternance des vers tres court et de la prose. L'effet est bien construit. Je pense néanmoins que dans ce texte la ponctuation introduite dans les vers longs retire un peu de liberté de lecture.
Les premiers vers sont vraiment très fort, par contre je pense que le puis qui introduit le troisième est dommage. (il prend le lecteur un peu par la main en lui imposant un ordre "chronologique" inutile.

Le vague à l'âme déferle, emporte tout est un vers presque inutile, suivi de soleil balayé qui se suffit me semble-t-il.

Les cinq derniers vers sont vraiment superbes !

Une petite facilité tentante : l'opposition regarder en arrière ne pas voir devant... (sauf si ce qui se dresse en vaut vraiment la peine !)

Un fort bon texte, avec un zeste à trancher, mais un zesteke, hein !

   Robot   
10/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
En fait, un mélange de prose et de vers qui permet la catégorie libre.
Les vers découpés donnent de la vigueur à l'expression, par exemple:
"Puis avoir envie de te serrer
Fort"
Le renvoi à la ligne remplace aisément une virgule et souligne l'adjectif "fort" si on marque un temps d'arrêt après "serrer" en déclamant.

Un texte qui se prête bien à l'oralité

   jfmoods   
11/2/2017
La mise en forme du poème matérialise l'étirement, la discontinuité du temps intérieur. La présence prédominante de l'allocutaire / l'allocutrice (pronoms personnels : "te" x 2, "toi" x 4, adjectifs possessifs : "ta" x 3, "tes" x 4) sur le locuteur / la locutrice (pronoms personnels : "je" x 2, "j'", "moi", adjectif possessif : "mes") avalise la cristallisation de la pensée sur la douleur du deuil amoureux (personnification : "Panser les nuits", jeu des participes passés : "balayé", "ensevelie", "déracinée", nominalisations : "le manque", "le rien"). De manière assez caractéristique, le champ lexical des sens se déploie (toucher : "serrer fort", "douceur", "peau", "main", "paumes" ,"sens", "doigts", la vue : "disparaîtrait" "réapparaître", "regarder", "voir" x 2, ouïe : "voix", "harmonies apaisantes", "accents", "un rire", "écouter", odorat : "parfums", "effluves", goût : "pain", "vermicelles"). La personnification assortie d'un conditionnel présent ("le temps disparaîtrait / Pour réapparaître plus jeune"), l'antithèse ("regarder en arrière" / "ne pas voir... devant"), les hyperboles ("tout son temps", "tout refluer", "Tous ces souvenirs", "tout ceux", "emporte tout"), le parallélisme ("Et moi", "Et toi") et le paradoxe ("Mes paumes sont vides / J’y sens pourtant encore / le poids de tes doigts") manifestent la puissance indéfectible de l'attachement. La diversité des constructions syntaxiques (phrases infinitives, nominales, verbales) illustre la complexité du rapport à la vie. Les points de suspension apparaissent comme autant de points de fuite d'une histoire intime qui tourne en boucle (connecteur logique : "puis" x 2) et dont on entrevoit qu'il faudra bien, par la force des choses, sortir un jour (constat : "Dehors le soleil brille / Avec ou sans toi"). Si le titre du poème ("Abysses") pose la détresse comme ligne d'horizon inéluctable, la citation de l'entête ("De l'argile, nous faisons un pot, mais c'est le vide à l'intérieur qui retient ce que nous voulons.”), formulation elliptique de Lao-Tseu, semble suggérer que désir et frustration sont les deux faces d'une même pièce, que l'on ne pourra par conséquent ici se libérer de l'absence obsédante qu'en réalisant cette gageure pour l'heure impossible à concevoir : cesser de désirer l'Autre.

Merci pour ce partage !

   Ananas   
11/2/2017

   Proseuse   
12/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Ananas,

Le texte est tout à fait bien mené à mon sens et la forme sert bien le contenu, en vous lisant ( je n' ai pas pris connaissance ni des autres commentaires, ni du retour que je crois vous en avez fait ! ) je sens là, la narratrice entre le bonheur de l' enfance et cette "présence" ( peut-être un grand-père ? ) qui lui était si douce et la nostalgie qui dans le coeur de sa mémoire ' d' adulte, lui font vivre le "manque" et l' absence avec toujours, la même force et le même poids .. d' avant, celui de l' amour peut-être ?
Enfin, il est bien possible que je me trompe, l' interprétation d' un poème est si "personnelle" .. je m' en vais lire et les commentaires et votre réponse à ceux-ci et je verrai bien si mon ressenti est un peu juste ou un peu juste .... à côté, voire même loin !:-)
Merci pour ce partage et à vous relire bien sûr !

   Alcirion   
13/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Beaucoup d'émotion dans ton texte, limpide, sans fioritures.

Les ruptures de rythme donnent un élan non démenti, ça sonne bien, certaines images sont plus réussies que d'autres, mais l'impression générale est vraiment plaisante.

C'est le registre qui te convient le mieux, à mon sens, mais tu peux aussi jeter mon avis au vent mauvais, lol !

A te relire !

   klint   
13/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Le début me fait penser (et non panser) à Canoë Rose de Viktor Lazlo

Il est très travaillé avec des formules originales (panser la nuit, les vermicelles). Ensuite cela devient plus convenue mais avec toujours des surprises (quand ta main dans la mienne... j'ai beaucoup apprécié)

Le fin est plus décevante c'est dommage car le rythme m'évocait une vague qui apportait les souvenirs puis refluait.

   Lulu   
17/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Ananas,

c'est avec grand plaisir que j'ai parcouru ce texte que j'ai trouvé très fort dans l'expression des sentiments. L'autre est là, pas là... Comment dire le manque, la présence, l'absence... ? Vous y êtes parfaitement parvenue ici, je trouve. Il y a à la fois les mots et le rythme de ces vers libres que j'ai particulièrement aimés. Il y a un vrai souffle dans l'ensemble... et parfois un peu plus au détour de certains mots, du fait du rythme que vous avez choisi de poser.

Ainsi, j'ai été très touchée par ce passage :
"Soleil balayé
Tristesse ensevelie
Nostalgie déracinée
Avalanche de terreur"
il résonne dans un flux de paroles, de façon ténue et forte.

Mais tout le reste me plaît aussi...

Bravo, et bonne continuation.

   Lariviere   
1/3/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Ananas,

Je peux dire d'ores et déjà que c'est un des plus beau poème que j'ai lu de vous.

J'avais déjà beaucoup apprécié "Vagues Alternatives" lors de sa parution, mais ici vous réussissez dans ce qui est votre marque de fabrique, l'intuition émotionnelle...

Ce qui ne veut pas dire pour autant que tout est hasardeux, que les mots se mêlent et s'emmêlent tous seuls, que les émotions se libèrent involontairement, que la mélodie ou la comptine triste s'animent par seule magie, sans analyse, sans maîtrise et construction de votre part...

Disons que votre registre est l'affect pur, brut de décoffrage... Les maux qui ne se cachent pas derrière les mots, mais qui les habitent d'une certaine intensité, d'une certaine force émotionnelle qui nourrit et qui construit votre poésie.

Je trouve qu'ici, en plus d'exprimer un thème personnel tout à fait crédible, vous arrivez à lui donner cette dose d'universalité qui manque parfois à vos textes, et cela sans enlever du percutant, de l'impact poétique, à l'ensemble, malgré son thème pourtant très intime, très poignant.

A propos, sur votre style, celui-ci est toujours le même ; les nerfs à vifs et à fleurs de peau, mais votre écriture a gagnée en concision, en précision d'évocations. Vos phrases ont aussi de plus en plus de facilité à trouver leurs rythmes justes, à coller avec l'atmosphère de votre sujet et de vos intentions "affectives"...

Au sujet de l'affectif, le thème sur le fond réussi, grâce au registre sémantique judicieusement employé à rendre le propos universel malgré le ton très personnel de ce "chant de l'absence" et de son vide immense, proche de celui des abysses...

On devine, plus qu'on n'apprend, que le sujet de la narration est celui d'un être cher, qu'il s'agit d'un être aimé, désormais absent et pourtant toujours présent, un être proche qui manque et qui se rappelle à vous, à vos souvenirs, parfois, souvent, tout le temps...

Sur le fond et par rapport aux éléments d'informations distillés dans les strophes, j'ai d'abord pensé à un amant, un amoureux, un amour passé que l'on regrette et que l'on n'a pas oublié... "Plaisir d'amour ne dure qu'un instant, chagrin d'amour dure toute une vie", paraît-il, d'après les poètes...

Mais en relisant mieux :

"Saupoudrer le pain de vermicelles
Puis avoir envie de te serrer
Pour réapparaître plus jeune
Et moi aussi"

J'ai pensé à un enfant homo sapiens sapiens devenu grand qui pense à sa maman...

Ce que j'aime ici, c'est que l'émotion pourtant livrée telle quelle sans fioriture n'entrave pas la poésie grâce à ses images bien exploitées et ne sombre pas dans le pathos vulgaire grâce à son fond réflexif, sa prise (relative) de recul et surtout, son axe de traitement qui vient enrichir l'impact de lecture par la mise en parallèle d'événements du quotidien assez parlant, assez réaliste pour tout à chacun, qui viennent s'agglutiner, se mêler aux souvenirs de la narratrice, tout en rentrant en écho au thème principal, très personnel, mais qui peut ainsi rentrer en résonance avec l'intimité de chacun et atteindre par la même occasion, chose rare, finalement, une part assez large d'universalité.

La construction sur l'ensemble est convaincante. Les petits bémols sont sur quelques détails précis :

"Ta voix aux harmonies apaisantes"

Je trouve ce vers trop explicite, trop prosaïque, trop plat.

Et puis dans les dernières strophes :

"Soleil balayé
Tristesse ensevelie
Nostalgie déracinée
Avalanche de terreur"

Pour les mêmes raisons, je pense qu'il faudrait revoir ce passage, voire le supprimer, car le rythme n'est pas mauvais d'après moi sans cette strophe "répétitive". Il y a aussi la possibilité de déplacer la strophe et de l'introduire après "le poids de tes doigts"...

Tout est possible !... ;)

En espérant que ce commentaire puisse vous aider, chère Ananas, je vous souhaite une bonne continuation dans votre démarche d'écriture et je vous remercie sincèrement pour cette belle et émouvante lecture !...

   Anonyme   
8/3/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Panser les nuit à te pleurer
Saupoudrer le pain de vermicelles
Puis avoir envie de te serrer

Dès les premier vers, je suis bouleversée, puis happée, je pense au temps qui nous enlève tout, mais pas le moment d'éternité, jamais. Je suis très touchée par votre écrit. Merci pour ce partage commun si justement tourné. Merveilleuse authenticité...Magie de la poésie..

   Hareng   
8/3/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime bien ce texte. Je ne suis pas trop commentaires.
Très sensible et vécu.

   MonsieurF   
7/8/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
C'est fluide, ça se lit tranquillement. Je regrette un peu l'absence d’images très fortes, à l'exception de "buter sur ses chimères", le propos s'y prêtait pourtant.
Il reste néanmoins un beau texte, au titre très évocateur.


Oniris Copyright © 2007-2017