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Poésie en prose
Ananas : Conte défait
 Publié le 10/11/17  -  14 commentaires  -  599 caractères  -  355 lectures    Autres textes du même auteur

“Mais qu'est-ce qu'un conte, sinon une vision différente de la réalité ?”
Jean Van Hamme : Thorgal - La forteresse invisible


Conte défait



Ouvre les yeux…

les fleurs en mots n’ont jamais été des cadeaux, on les contemple le temps de jeter l’Ô quand la prose se fane, que les vers s’envolent de bouches en mouches en rimes embrassées jusqu’au sonnet du monde ; il fut un temps puis une abeille tout un essaim pour nous croquer – dards d’art pour peintres sots sans douleurs vives – les esquisses ne sont pas des baisers d’esquimaux, si le paradis se gomme les sextines s’effacent et les bleus aux croquis de nos larmes fondent dans leurs sillons...

poésie
roses et dessins
ne sont pas tes princes charmants.


 
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   Brume   
28/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

Joli poème, sensible, léger.

Les mots apportent un bien-être éphémère.
J'aime le message et la manière dont vous l'avez exprimé.
Vision cinglante dite avec une douce tonalité.
Court poème avec de belles trouvailles comme :

-"on les contemple le temps de jeter l'Ô quand la prose se fane" - une merveille

Ou encore:

-"les esquisses ne sont pas des baisers d'esquimaux " - magique

Vous osez les expressions singulières. Désabusées et grâcieuses.

Beau moment de lecture.

   bipol   
10/11/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Je dois dire que la prose me déconcentre et me déconcerte

je ne commente pratiquement jamais cette forme

il faut dire que je me mets peu à peu à la poésie qui est une étrangère pour moi

je trouve que ton texte est très intéressant comme une découverte

j'ai l'impression de m'y promener en découvrant

et pourtant il est très court

et j'ai beaucoup aimé la balade

   Quidonc   
10/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjours

J'ai beaucoup aimé les nombreux jeux de mots tout emprunt de mélancolie. Il s'y dégage une nostalgie et un spleen assez déroutant.

J'ai entre autre aimé
"il fut un temps puis une abeille"

et aussi beaucoup aimé
"les bleus aux croquis de nos larmes fondent dans leurs sillons..."

La référence à la bande dessinée est un plus ;-)

Bravo

   papipoete   
10/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Ananas,
Quand je songe aux textes que j'écrivais avant ... ils mesuraient des km sans que j'arrive à faire ouvrir la porte du secret à mes " courageux lecteurs " ! Puis un jour, je compris que réussir à dévoiler mon message en 4 lignes, était autrement singulier, mais ô combien difficile !
<< ouvre les yeux, ne rêve plus au prince charmant ; les bouquets de fleurs comme les colliers de mots, ne durent que le temps de jeter l'ô ... >>
Ici point de rimes riches ou en guenille, mais des lignes teintées à l'encre bleue, prise " aux larmes qui s'en vont fondre dans leurs sillons " . Et je ne relève pas les jeux de mots fort bien trouvés ( " sans douleurs vives )
Un " bémolino " de ma part ; j'aurais mis une virgule après " gomme ", mais l'auteure peut ne pas être de mon avis !

   hersen   
10/11/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
vraiment un très beau travail sur le sons !

Il se dégage une sorte de nostalgie jouissive, comme un abandon maîtrisé.

Une excellente lecture !

hersen

   Fowltus   
10/11/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Je trouve vraiment les ficelles un peu gosses et surtout trop nombreuses. C'est une succession de jeux de mots ou de glissements lexicaux qui s'y apparentent.
Je reconnais que cela doit être ludique à écrire mais publié ainsi, dans un format aussi court, je ne vois dans votre texte que des 'facilités' et au final, peu de poésie.

   Vincendix   
10/11/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Poésie en prose ? Je veux bien, mais je considère plutôt ce texte comme une sorte d’élucubration truffée de jeux de mots sans grand relief.
Je n’y trouve pas mon compte, il ne me fait pas d’effet, c’est d’ailleurs ce qu’indique le titre.
Vincent

   PIZZICATO   
10/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien
certains passages m'ont intéressé comme :
" les fleurs en mots n’ont jamais été des cadeaux "
" il fut un temps puis une abeille tout un essaim pour nous croquer ", encore que, " croquer ", pour des abeilles ...
" le paradis se gomme " .
Tout est beau dans les contes, mais la vie a le temps de planter ses "dards " et de ne pas nous faire trop croire au pays des merveilles.

Pour le reste, non, vraiment.

   Alcirion   
11/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Ananas,

j'ai plus été marqué par le fond que par la forme (jeux de sonorités et allitérations très réussies, hormis le dard d'art qui sonne un peu cliché), qui déroute à la première lecture comme dans la plupart des textes surréalistes.

Le poète, en particulier débutant, sera toujours tenté par la belle forme, les jeux de sonorités, ce qui est une forme de facilité innocente. Il s'apercevra au fil du temps qu'il faut mettre de la matière derrière la belle formule pour échapper la vacuité ou à la vanité et comprendra pourquoi "les fleurs en mots ne sont pas des cadeaux".

Il y a dans ce texte une affirmation doctrinale, une réflexion sur le beau, l'esthétique et les ressources classiques dont dispose la poésie pour en rendre compte (l'Ô, les rimes embrassées, les envolées lyriques...).

Une réflexion un peu désabusée, plutôt cérébrale, sur les conditions de formulation de la poésie.

C'est ce qui m'est apparu en tout cas :)

   Asrya   
13/11/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
J'aime assez la ponctuation dans l'ensemble (même si j'en aurais rajouter à certains endroits "si le paradis se gomme les sextines s'effacent" par exemple mais sinon je trouve que le rythme est plutôt bien donné.

Mais... pas grand chose de plus.
Les mots sont simples, bien emboîtés, mais ça ne me touche pas.
Je ne trouve pas le texte chantant. Les sonorités ne font pas écho ; ça ne me donne pas envie.
Je ne m'y retrouve pas.
J'ai l'impression d'avoir un étalage, de jeux de mots, qui vont ensemble ou ne vont pas, qui une fois associés tentent de donner un charme à un écrit dont je ne trouve pas le sens ; le conte défait ?
Bon... je ne suis pas réceptif, mais les mots sont jolis.

Merci pour la lecture,
Au plaisir de vous lire à nouveau,
Asrya.

   Ananas   
13/11/2017

   Louis   
14/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Le texte commence par une injonction faite au lecteur : « ouvre les yeux ». Un appel à la lucidité, une invitation à la clairvoyance. Il faut sortir d’un aveuglement, d’une illusion.
Lesquels ?

Sur un ton péremptoire, claque une négation :
« Les fleurs en mots n’ont jamais été des cadeaux » :
Les bouquets de mots n’ont rien à offrir, il n’y a rien à attendre des mots fleuris, est-il asséné.
Mais que sont ces floralies linguistiques inutiles, et que peut-on attendre en général des mots ?

Nous donnons aux fleurs une fonction ornementale ; par leurs couleurs et leurs formes, elles apparaissent « jolies » et constituent un motif de décor. Elles reçoivent aussi une valeur symbolique, au point que l’on a pu affirmer l’existence d’un « langage des fleurs ».
Les mots fleuris, dans le texte, désignent alors les expressions décoratives, celles qui ont pour fonction de « faire joli », oubliant le symbolique.
Ils sont l’objet d’une contemplation : « On les contemple le temps de jeter… ». Ils ne répondraient donc pas à ce que l’on peut attendre d’eux. L’auteur laisse entendre que les mots ne sont pas un décor, que leur fonction est autre qu’ornementale. Les mots auraient essentiellement à dire, ils devraient donc s’effacer, se faire oublier, se « planquer » en quelque sorte, pour ne laisser place qu’à ce qu’ils désignent.
Une telle idée est négatrice de la littérature, qui est travail sur la langue et sur les mots, qu’elle ne peut oublier dans leur matérialité linguistique.

On reproche aux mots en fleur d’être justement comme… des fleurs. Aussi éphémères que sont les fleurs, ils ne sont pas des « cadeaux », et pourtant on offre des bouquets de fleur, en sachant très bien, s’il s’agit de fleurs naturelles, qu’elles ne dureront pas.
La prose ainsi se « fane », la prose ne dure pas plus que la rose. Elle serait donc à « jeter », elle et son « Ô ». La prose fleurie se fane, elle meurt. Mais comment meurent les mots ?

Ils meurent de ne pas perdurer dans la mémoire du lecteur, meurent de ne rien dire de profond, d’intense, de bouleversant, de ne pas marquer inoubliablement le lecteur.
L’Ô, comme l’eau vive, fait vivre temporairement les fleurs, leur donne un éclat provisoire, et emphatique, de courte durée. En le jetant, on jette tout ce qu’il introduit, on jette le bébé avec l’ô du bain.
« Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie ! »
« Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille »

Non seulement, il y a une mortalité de la prose, mais des vers du poète aussi :
« … que les vers s’envolent de bouche en mouche »
On comprend de quelles mouches il s’agit. Ainsi la poésie finit par se faire bouffer par les vers.
Dans ce « conte défait », il y a quand même, en fait, des ogres et des croquemitaines.
Et des essaims pour nous « croquer » et des « croquis ».
La référence, cette fois, porte sur la « poésie peinte », comme disait Eluard, et pas seulement sur la poésie écrite.

D’un d’essaim, une « abeille » nous croque. « L’abeille » : c’est aussi le nom que l’on donnait à un écrivain. Un écrivain mielleux ?
Dessins, esquisses : que sont-ils chez le poète et le peintre ? Des images sommaires. En croquis très « digest ». De simples copies d’une réalité observable, une simple répétition du visible.
De même que les « fleurs en mots » ne sont pas des « cadeaux », les « dessins » ne sont pas des baisers, pas des baisers d’ « esquimaux », terme qui fusionne « esquisse » et « maux ». Maux pour mots. Ou alors, il faut entendre : « des baisers d’exquis mots ».
Ces dessins, eux aussi, comme les vers des "sextines", s’effacent, ils sont « gommés » par le temps.
S’agirait-il de dire simplement que les œuvres d’art, comme toutes choses, ne sont pas éternelles, que leur existence n’échappe pas à l’impermanence universelle ?
Il ne semble pas.

Au bout du conte, l’auteur écrit :
« poésie
Roses et dessins
Ne sont pas tes princes charmants ».

Ni les mots en fleurs ni les images-copies ne pourraient donner du charme à la poésie. Et si celle-ci est la belle endormie, au bois dormant de notre siècle, le prince charmant ne pourra la réveiller, ne pourra la sauver avec des roses et des « dessins ».
Et si la poésie a aujourd’hui l’allure d’une Cendrillon, le prince charmant devra faire un essai de chaussures de « vers », sans dessin, et sans qu’elles soient parfumées à la rose.

Le titre annonce « un conte défait ».
Il faudrait régler son « conte » à une certaine poésie. Il faudrait défaire le conte de fée sur la poésie, pour lui substituer un conte de faits. Conte de faits, plutôt que d’illusoires sornettes ? Pourtant le texte ne parle pas des « faits », c’est-à-dire de l’observable, mais de norme, de ce que devrait être la poésie.

Le texte joue sur les mots, sur les homonymies et les homographies. Pourquoi ce procédé pour dire ce qu’il a à dire ? Pourquoi des calembours ?

Le texte, pour être cohérent, doit éviter ce qu’il dénonce, et s’offrir en modèle d’écriture sans « fleurs » ni « dessins ».
La composition du texte ne s’accorde pas avec l’idée d’un effacement des mots, et ce ne n’est peut-être pas là que voulait en venir l’auteur.
Elle manifeste plutôt un travail sur la langue, un jeu sur la signification, un détournement du sens des mots, et de la perception normalisée du réel, la recherche des fulgurances et de l’insolite.
Mais elle le fait de façon brève, trop brève.
La brièveté plutôt que les logorrhées !
Ce commentaire un peu long risque alors de déplaire. Mais ce n’est qu’un commentaire. Et l’on sait que les commentaires sont sans fin.

   Pouet   
16/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bjr,

Je me suis laissé avoir par la sensibilité qui se dégage du texte.

Bien évidemment le travail sur les sonorités est fort appréciable et les jeux de mots sont réussis, je trouve.

On est en entre du "joyeux-ludique-sautillant" comme par exemple " que les vers s’envolent de bouches en mouches en rimes embrassées jusqu’au sonnet du monde ;" et de la poésie très pure, mélancolique, presque désespérée avec "si le paradis se gomme les sextines s’effacent et les bleus aux croquis de nos larmes fondent dans leurs sillons..."

Bref, du tout bon.

Au final un jeu sur les mots qui n'en devient plus un et qui pousse à la réflexion.

J'aurais bien aimé en lire plus, preuve que j'ai apprécié...

   Lariviere   
19/11/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Ananas,

Voilà un texte que je trouve très abouti.

Je trouve qu'il n'y a rien à enlever ou à rajouter, en dehors peut être de cette atmosphère si intime qui fait que chaque image se construit sur une singularité que l'on sent empreint de référence personnelle et que... non, en fait, il ne faut surtout pas toucher à cette atmosphère si intime, cette singularité empreint de référence personnelle, car ici, tout fonctionne, personnellement... oui, le charme opère, l'auteur et le lecteur sont (peuvent être) en phase, on rentre et on partage cet univers fait à la fois d'urgence et de douleur à dire, à réaliser l'analyse de l'instant et du temps passé, à déposer les affects sur les changements d'affects, les modulations de sentiments accompagnant le questionnement sur l'expression, ses formes "fixes", ses possibles modélisations, pour mieux appuyer sur la métamorphose du monde et du narrateur, en proie, comme le monde, à un certain bouleversement de forme, à un certain constat d'échec dans sa capacité à s'enchanter ou à se réenchanter, au bout du "conte" ...

Ici, tout est saturé de sensibilité, de belle sensibilité et si le message rationnel n'est pas décortiqué au scalpel de la pensée logique, on devine le sens général et les sources captées par cette belle envolée, servi avec percussion et élégance. J'aime les nombreuses audaces stylistiques (construction, paragraphe "galop de fourmis", et surtout, cette image superbe autant dans son audace syntaxique que dans son mouvement et sa symbolique : "il fut un temps puis une abeille tout un essaim pour nous croquer"")...

Je crois que j'ai apprécié toutes les images sur l'ensemble.

Je les trouves belles, singulières, parlantes, sensibles ou sensuelles, très impactantes, très suggestives.

Agencées telles quelles, comme le souffle d'une mèche allumée, dans un flot sentencieux qui sent autant la poudre, le soufre que l'amertume, elles prennent tout leur sens, grâce à leurs évocations, leur rythme saisissant et leur harmonie phonétique, avec des jeux de mots assez réussis car assez discrets, et des sons alternant consonances, rimes internes et allitérations, tantôt fluides, tantôt plus rêches, qui servent, selon moi, la réalisation d'une prose poétique d'une haute tenue.

Je dirai en conclusion qu'il n'y a rien à revoir sur la forme.

Je ne peux qu'adhérer à la profondeur entraperçu du fond et au ton de ce texte.

Il se dégage de ce court format quelque chose d'intense, de fragile et de mature à la fois ; de très prégnant, personnellement.

Je trouve l'ensemble fond/forme d'une cohérence et d'une qualité assez exceptionnelle.

Les impressions de lectures sont présentes, se précisent ou se renforcent, se redéfinissent avec intensité à chaque nouvelle lecture.

Pour moi, c'est aussi ça, qui fait un poème, un vrai.

Et ce que tu nous offres là, c'est un vrai poème.

Vraiment, je suis conquis.

Merci beaucoup pour ce beau moment de lecture, Ananas !

Je te souhaite une bonne continuation et encore toutes mes sincères félicitations...


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