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Poésie contemporaine
Angieblue : La Sainte Ampoule
 Publié le 17/01/21  -  14 commentaires  -  704 caractères  -  450 lectures    Autres textes du même auteur

Adaptation de la légende de la Sainte Ampoule.
La Sainte Ampoule est une fiole d'huile sacrée ayant servi à l'onction des rois de France. La légende raconte qu'elle aurait été apportée par une colombe le jour du baptême de Clovis et que son contenu était inépuisable.


La Sainte Ampoule



Une colombe vint le jour de ton baptême
T'apporter un royaume en guise de berceau.
Au lever du soleil, tu fus marqué d'un sceau,
Quand l'ange déposa le flacon de saint chrême.

Il te ceignit le front d'un riche diadème
Que le ciel éclaira d'un lumineux faisceau.
L'onguent miraculeux coula comme un ruisseau
Où tu vis des lys d'or dessiner ton emblème.

Dans son lit de vermeil trône la Sainte Ampoule.
Elle engendre les rois dont le règne s'écoule
Tel un fleuve éternel qui ne peut se tarir.

Vive les premiers fils de la race sacrée !
L'huile au parfum divin ne cessa de jaillir
Jusqu'à ce qu'un matin la fiole fut brisée.


 
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   socque   
3/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Des vers nets, une expression élégante sur un sujet qui ne me parle guère... Je m'étonne du présent ici :
Elle engendre les rois dont le règne s'écoule
Tel un fleuve éternel qui ne peut se tarir.
Tant l'époque évoquée me paraît révolue. Alors, le fleuve qui ne peut se tarir prend à mes yeux une nuance cruellement ironique.

Mon vers préféré est le deuxième, parlant pour moi, avec une belle envolée.

   Lebarde   
6/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Dès lors que cette légende évoque un sujet religieux et sacré à la gloire de la royauté, il y aura bien quelques commentateurs qui trouveront à redire; c'est comme cela.

L'huile sacrée inépuisable aurait donc suivi et oint tous les rois depuis Clovis
"Jusqu'à ce qu'un matin la fiole fut brisée"

mettant fin du même coup la royauté, je suppose.

Cette légende vaut bien celle de Merlin l'enchanteur!

Pour ma part je trouve ce sonnet classique magnifique, d'une écriture fluide, d'une grande maitrise poétique: belles rimes, mots simples mais bien choisis, au service de jolis vers bien rythmés.

Sainte Ampoule est en majuscules dans le titre, pourquoi pas le texte? Peut être aurez vous une explication?

J'ai bien aimé ce travail délicat d'une belle richesse.
Bravo et merci.

En EL

Lebarde

   Wencreeft   
7/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Sonnet impeccable sur un thème fort insolite ! Je ne connaissais pas du tout ladite légende de la Sainte Ampoule. Je vous remercie donc pour cette découverte. L'exergue est en ce sens très salvatrice.

Un style très direct, très pragmatique, très efficace donc. Mais c'est peut-être là qu'est l'aria : lier poème et culture gagne en efficacité là où cela perd en poésie.

Rien à dire sur la forme, si ce n'est cette rime pauvre jaillir / tarir qui prive sans doute l'erreur du classique.
Pour le reste, c'est du (très) bel ouvrage.

   dream   
17/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
On se laisse entraîner dans cette légende à la poésie si limpide, si délicate ; et au final, nous ne pouvons être que séduits, car l’auteure a su installer du ravissement et une véritable élégance ; de celles enfin qui ne s’affichent pas à coup de mots pompeux.

Beaucoup d’esthétique dans ces deux vers :

« Que le ciel éclaira d’un lumineux faisceau. »
« Où tu vis des lys d’or dessiner ton emblème. »

Et la chute, subtile, qui marque ainsi la fin de la Royauté :

« Jusqu’à ce qu’un matin, la fiole fut brisée ».

Royal !

Merci pour cette lecture dominicale si agréable.
dream

   papipoete   
17/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Angieblue
L'on naît de maintes façons ; le regard des parents comme seul présent ; dans la bouche une cuiller d'argent ; des bruits de bombes alentour et ici la " Sainte Ampoule " qui assure ce nouveau-né d'une couronne de roi sur la tête. Et cela dura tant que dure un Lys Royal...
NB un récit médiéval quand on avait la chance de naître du bon côté des remparts ; une huile sacrée dont l'ampoule pouvait se rompre, et arrêter à tout jamais ce fameux présage ! Je n'ose imaginer ce qu'il advint à celui qui la laissa au sol choir ! Surtout s'il n'était qu'un serviteur...
De nos jours, plus d'ampoule mais du " piston " peut propulser le débutant, tout en haut de l'affiche, mais gare à ce qu'elle ne se décolle !
Le récit comme narré par un trouvère, nous transporte auprès d'un berceau sacré certes, mais dont les yeux s'y plongeant, pouvaient être ceux d'un agneau, ceux d'un jaloux cruel...
Une ballade toute en dorures et fourrures de zibeline, jusqu'à ce dernier vers qui laisse présager un sinistre revers...
le premier tercet est mon passage préféré !
techniquement, vous optez pour la lecture en diérèse ( di/a/dème ), or le dernier vers ne la fait pas à ( fi/o/le )

   Cristale   
17/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Comme dirait quelqu'un, débarrassons-nous des fâcheuses choses.
Et hop! Alternance, alternance...quand tu nous lâches et passe d'un quatrain au tercet en double file, comment ne pas te maudire de nous exclure des salons classiques ?
Mais l'auteure a si bien préparé son ouvrage que, comme beaucoup d'entre nous s'attachant à des petits détails pour éviter la moindre erreur, elle a commis la bourde fatale, de celle qu'on ne reproduira jamais ^-^ La correction devrait être assez facile.
Je suis un peu étonnée du changement de temps du premier tercet.

Passons à ce qui console : la fluidité des vers confère à ce sonnet son élégance, les rimes sonnent bien malgré l'uniformité familiale des mots. L'ensemble est de bonne tenue, bien qu'un peu rigide, et les alexandrins sont sans faille.

Ici Sorgel a la priorité quant à la synérèse de "fiole" qui fait partie des exceptions avec "pioche" "mioche" "kiosque" , Littré l'annonce en diérèse : Sorgel emporte le match :)

Nul doute que l'auteure gagnera en poésie, en ne comptant pas ses heures, penchée sur le métier.

Cette légende qui m'était inconnue est fort bien contée.

Mes félicitations et mes encouragements les plus sincères.

Cristale

   myndie   
17/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Angieblue,

Je ne suis pas fan des sujets historiques, légendes ou autres, car souvent, à moins d'aborder le sujet traité sous un angle mêlant originalité, délicatesse, émotion, d'en faire un plaidoyer ou que sais-je.., ils impliquent trop le narratif aux dépens de l'émotion.
C'est ce qui me manque ici : un vibrato, une exaltation, une virée hors des sentiers battus. Je cherche l'émoi et ne le trouve pas.

Mais je crois que tu as les moyens d'y remédier et de nous emmener vers plus d'inattendu car ton écriture augure de remarquables textes à venir. Ton style est fluide, tes alexandrins ne suintent pas l'effort, on sent l'aisance et la belle écriture poétique. Je paraphraserai Wencreeft en ajoutant que c'est du bel ouvrage et que j'ai trouvé ton poème néanmoins plaisant à lire.

   ANIMAL   
17/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très joli poème équilibré, fluide et harmonieux. Le thème est peu courant et bien exploité. On croirait un conte de fées et, en quelque sorte, c'en est un. Baptême, royaume, berceau, sceau, ange, diadème, lumineux, miraculeux, or, emblème, vermeil, trône... le vocabulaire riche est parfaitement choisi pour illustrer cette légende/croyance de "faiseur de rois".

Même s'ils ne règnent plus car la fiole fut brisée, ces rois bénis sont éternels de par leur lignée du moment qu'ils ont encore une descendance. C'est ce que je retiens de ce texte.

Une agréable lecture, très visuelle.

   sympa   
17/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Angieblue,

Je ne connaissais pas l'histoire de cette Sainte -Ampoule et c'est avec plaisir que je découvre l'origine et les particularités de cette huile .

Un sonnet contemporain agréable et que j'ai lu d'une traite, grâce à la belle fluidité des alexandrins, et non sans intérêt pour l'historique de cette fiole sacrée .

Merci pour le partage.

   framato   
17/1/2021
Bonjour Angieblue,

vous nous présentez là un texte dont la forme est vraiment excellente. Le rythme y est également parfaitement maîtrisé. Je le trouve par contre terriblement peu imagé (descriptif en diable), sans aucune surprise puissant éveiller mon intérêt. D'autre part, la nostalgie d'un temps béni / ancien / royal qu'il évoque me gonfle au plus haut point.

Etant un poil béotien en matière d'histoire française (je suis non Français), j'imagine en outre que la "brisure" de la fiole émane de la révolution (que l'on dit du peuple, mais qui est en fait une révolution "bourgeoise") des années 90 (1700).

Et ça, non, ça ne passe pas (pour moi).

Quel dommage de mettre un tel talent à ce genre de propos.

   Angieblue   
17/1/2021

   Bellini   
18/1/2021
Bonjour Angieblue,
Lucky Luke en face de toi n’aurait pas le temps de bouger son p’tit doigt. Ton poème le matin, ton forum l’après-midi… Du coup t’as déjà défloré pas mal de sujets.

Il parait que l’humanité n’aurait jamais survécu sans mythes ni légendes. Je me demande si à bien réfléchir on ne doit pas tout aux colombes. Depuis le jardin des Hespérides elles transportèrent l’ambroisie jusqu’à la bouche en cul de poule de Zeus enfant, lequel décida finalement de ne plus manger que ça pour l’éternité, avec juste un p’tit coup de nectar aux anniversaires. Ici les colombes offrent à Saint Rémi la fiole divine de saint chrême. Il n’y a que dans mon jardin qu’elles viennent chier.

J’aime assez l’Histoire racontée en vers. Pourquoi pas celle d’un roi belge (Clovis est né à Tournai en 466), premier roi de l’Histoire converti au Christianisme. J’adore les blagues belges. Le style de ton poème est élégant mais le thème un peu plan-plan dans sa pédagogie. C’est ton choix. J’attendais qu’il soit relevé par un trait d’esprit qui n’est jamais venu, un truc du genre : « Donne-lui tout de même à boire, dit mon père ». Heureusement, le tintouin cérémonial de la Sainte Ampoule est un peu perturbé par quelques vices prosodiques peu canoniques :)) Clovis, c’était un baptême ou une excommunication ?

Pour finir, je suis rassuré que ton poème soit un défi, parce que j’ai été un peu triste de te voir écrire : « Oui, je me suis sentie bridée par la forme du sonnet… » L’écriture est une délivrance, pas une prison. Si je souffre en écrivant, c’est que la forme choisie n’est pas la bonne ou tout simplement que je n’ai rien à dire. Je parle pour moi. La difficulté n’a rien à voir avec la souffrance. Souffrir pour être belle est un proverbe de Miss, pas de poétesse.
Bellini

   Miguel   
18/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un beau sonnet à la forme impeccable, aux vers bien balancés, où le mythe et l'Histoire concluent un mariage d'amour. Cette pérennité de l'objet sacré semble devoir devenir une éternité, d'où la violence de la fin, qui me conforte dans ma détestation de la Révolution française (lisez "Les origines de la France contemporaine, de Taine). Le bris de la fiole apparaît ici comme le sacrilège suprême, et pour un sonnet une telle chute est une réussite. Bravo.

   Annick   
19/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Beaucoup de poésie dans ces vers délicats.

Dans le premier quatrain, on retrouve le thème du roi d'origine divine, surnaturelle :
"Une colombe vint le jour de ton baptême/Quand l'ange déposa le flacon de saint chrême."

J'aime beaucoup le parallèle entre le royaume et le berceau ainsi que l'empreinte sacrée représentée par le sceau.

Le second quatrain est de la même veine où pouvoir royal s'allie au surnaturel, au Divin :
"L'onguent miraculeux coula comme un ruisseau/Où tu vis des lys d'or dessiner ton emblème...

Les éléments naturels comme le soleil et le ciel magnifient le royal événement :
"Au lever du soleil, tu fus marqué d'un sceau,"
ou bien :
"Que le ciel éclaira d'un lumineux faisceau"

Tout comme le caractère précieux de la naissance qui est marqué par l'or, le vermeil, ou encore un riche diadème.

Dans le dernier quatrain, j'aurais remplacé "race" par lignée. Mais le mot "race" est plus fort.

Le premier tercet montre que la sainte Ampoule est la matrice qui "engendre les rois dont le règne s'écoule" comme une évidence :
"Tel un fleuve éternel qui ne peut se tarir."

Les deux derniers vers du dernier tercet sont puissants, notamment par le contraste, le mouvement ascendant et descendant entre le verbe "jaillir" et le participe passé "brisée".

Le dernier vers vient défaire, comme dans un claquement de doigt, l'envoûtement, la magie, le merveilleux sortilège.

J'ai beaucoup aimé les diverses périphrases représentant la sainte Ampoule, tout au long du poème :
le flacon de saint chrême/L'onguent miraculeux/L'huile au parfum divin.

J'ai vu quelques rares erreurs que d'autres Oniriens ont relevées mais je n'en tiendrai pas compte puisque le poème est classé en contemporain.

Bravo pour ce poème à la fois simple et envoûtant.


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