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Poésie néo-classique
Angieblue : La sorcière bleue
 Publié le 16/02/21  -  9 commentaires  -  847 caractères  -  269 lectures    Autres textes du même auteur


La sorcière bleue



La ville tanguait de silence
Et la nuit profonde berçait
Ton ombre qui se déplaçait
Filant sur le sol en mouvance.

Et tu vis la sorcière bleue
Qui descendait du firmament
Quand l'aube pointa fièrement
Tel un paon déployant sa queue.

Sous cet éventail flamboyant
Se dessinait sa silhouette
Arborant une cigarette
Qu'allumait le ciel rougeoyant.

Elle te traîna sur du verre,
Te mit des chaînes de diamants
Servant à ceindre ses amants
Pour les mener dans son repaire.

Tu te vautras dans les abysses
De ses yeux verts d'ange perdu
Où même le temps s'est pendu
Pour satisfaire ses caprices.

Tu lui forgeas une couronne
D'or et de lapis-lazuli,
Et la dague en argent poli
Qui perça son cœur de Madone.


 
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   socque   
30/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je trouve ces vers superbes. Tout simplement. Le ton évolue habilement : menace sourde, asservissement, déchéance, violence meurtrière. Le mouvement et le propos sont nets, l'expression ample et belle sans fioritures superflues. Très bel équilibre à mon avis.
D'emblée, avec cette ville qui tangue de silence, je suis face à un subtil décalage du sens que j'apprécie tant en poésie. La suite est à l'avenant, c'est pas tous les jours qu'on tombe sur des sorcières à la cigarette qui traînent les gens sur du verre !
De bonnes rimes aussi à mon avis, ce qui ne gâche rien ; abysses/caprices, ça en jette !
En toute franchise, j'estime que Baudelaire aurait pu écrire ces vers ; il est contemporain de la popularisation de la cigarette (merci Google), donc pas d'anachronisme. Et le sujet, pile ça.

Pourquoi choisis-je de ne pas évaluer votre poème au plus haut du plus haut de l'échelle onirienne ? Eh bien, parce qu'en toute franchise j'estime que Baudelaire aurait pu écrire ces vers. J'attends aussi de la poésie une manière inédite de dire des choses propres à notre époque...

   Dugenou   
1/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

D'après le titre, je pensais à une variation de la fée bleue de Pinocchio revu par Disney... eh bien non, ici, il s'agit bien d'un ange fatal pour le coeur... ou la libido... de celui à qui s'adresse le texte. Sans parler de cette aube complice et un tantinet phallique de la deuxième strophe...

Je ne sais pas bien compter, mais la plupart des vers me semblent bien être en octosyllabes. Pour le classement : je ne vais pas citer toutes les rimes, juste "silence/mouvance", qui me semble expliquer le classement en Contemporain. Il y en a de nombreuses autres.

Ce poème m'a tout l'air d'être un chant d'amour, dans lequel la sorcière, bien qu'elle parle d'elle à la troisième personne, relate la perdition de son amant... ainsi que sa flamme passée pour ce dernier.

En EL.

   inconnu1   
4/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Techniquement, du travail ciselé qui aurait justifié de la catégorie néoclassique voire classique si les diérèse sorci-è-re et silhou-ette avaient été gérées de manière uniforme. Il aurait suffit de dire "Tu vis la sorcière bleue" et pas "Et tu vis la sorcière bleue". A moins qu'il y ait d'autres éléments que je n'ai pas notés.

Sur le fond, quel est de rôle de cette sorcière? Une rencontre au petit matin avec une péripatéticienne? On le saura sans doute

Du joli travail. Merci à vous

   Hec4   
16/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
On pourrait y voir plein de choses, comme dans tout bon poème. Et mon humeur du moment a envie d'y lire simplement l'amour.
Celui qui vient faire flamber le ciel qui jusqu'alors était gonflé de nuit, qui éblouit, nous emprisonne, nous soumets, nous torture, nous attise... jusqu'à ce qu'on s'y abandonne et quand enfin il semble acquis... c'est le coup de couteau final.

Et puis tout le monde sait qu'entre Hécate et les sorcières y a du passif. J'allais forcément m'arrêter par ici. ;)

"Où même le temps s'est pendu" j'aime ce genre d'image. Simple dans ses mots, avec une musicalité familière, qui, à une lettre près aurait pu finir en cliché, et qui pourtant à tellement de sens. Quand même ce qui ne peut-être suspendu finit par se prendre...

Et pour finir sur une note un peu plus formelle, tu as, je pense, un sens du rythme naturel. De ce que j'ai lu de toi, rares sont les vers où le mètre semble forcé. Jusqu'à présent je n'ai pas eu besoin de savoir si tu avais appliqué telle règle ou non pour savoir comment te lire.
Et si je t'en parle ici, c'est parce qu'exceptionnellement, il y en a un où j'ai trébuché.

"Elle te traîna sur du verre"

J'ai pris un rythme de lecture très marqué sur les 3 vers précédents qui se fait casser, juste là, par ce "Elleeeeeeee te" (qui en plus decale ta césure et s'assure que tu te tordes le pieds).

Tu postes en néo, ose faire taire ce -e. Je suis sûre qu'il y a mille fin de vers à 4 syllabes qui se prêteront bcp mieux à ton texte, sauveront la musique et sembleront moins forcées.
En tout cas pour moi.
Je suis un peu une psychorigide de la régularité (surtout sur des octos.. ils sont courts, plein de symétries.. et j'aime quand c'est paire.. 2/6 4/4 6/2 ... mais j'ai une allergie presque systématique au 5/3.. ne m'en tiens donc pas rigueur s'il te plaît ^^)

Ceci dit on pourrait aussi dire que ça sert le fond. J'ai trébuché sur le vers où ton "tu" se fait écorcher sur du verre. Va falloir sortir la boîte à pansements.

Hâte de te relire.

   papipoete   
16/2/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Anjie
Ma façon de commenter est d'interpréter ce que le poète a voulu tracer du bout de sa plume...
Et comme Madame Soleil, je vois, je vois Phoebus se lever à l'est d'une immense rosace de verre ; et peu à peu y peindre une scène machiavélique dont l'héroïne est sorcière des temps modernes, la clope au bec...
NB pas de phyltre empoisonné, si de doigts crochus, mais le mal tenant le mâle entre les couleurs flamboyantes de sa queue de paon...
Je suis sûr ( ignare que je suis ) que la scène représente un tableau célèbre, ou statue... mais lu sous mon idée, je vois une fresque enivrante, dans feue Notre Dame ?
toi qui cherches à t'approcher du classique, la synérèse de ( dia/mants ) t'en prive ; c'est trop bête !

   Robot   
17/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un conte en vers dont les images frappent l'imagination. Une métaphore aussi d'une relation amoureuse tragique.

Six quatrains aussi éloquents qu'une longue nouvelle.

   Angieblue   
17/2/2021

   jfmoods   
20/2/2021
Pour ce citadin qui fait la tournée des bars et se noie dans l'alcool (images de l'ivresse : "La ville tanguait", "le sol en mouvance"), l'obscurité prend l'apparence d'un cocon protecteur (personnification : "la nuit profonde berçait / Ton ombre").

Cependant, une femme (métaphore inquiétante qui donne son titre au poème : "la sorcière bleue") vient le hanter, s'imposant brutalement à lui (passé simple : "tu vis") dans un cadre sublime ("descendait du firmament"), marqué par la clarté et la magnificence (personnification : "l'aube pointa fièrement", comparaison : "Tel un paon déployant sa queue", métaphore : "cet éventail flamboyant").

À peine esquissée (inversion du sujet : "Se dessinait sa silhouette"), la créature, brune ou blonde incendiée (personnification : "Arborant une cigarette / Qu'allumait le ciel rougeoyant"), se révèle redoutable incendiaire. Il s'agit d'une maîtresse femme, cruelle ("Elle te traîna sur du verre"), sûre de son pouvoir de séduction. C'est une enchanteresse démoniaque (métaphore : "te mit des chaînes de diamants"), une insatiable croqueuse d'hommes (circonstancielle de but : "ceindre ses amants / Pour les mener dans son repaire"). Son regard promet la damnation (métaphore mortifère : "les abysses / De ses yeux verts d'ange perdu"), une damnation à laquelle nul ne saurait se soustraire (personnification : "même le temps s'est pendu / Pour satisfaire ses caprices"). Est-ce la Lola de Sternberg ? La Djemila de Guidoni ("une démone rentrant du sabbat / nimbée de sortilèges") ?

Cette femme, vénérée ("Tu lui forgeas une couronne / D'or et de lapis-lazuli"), infiniment toxique, seule la mort peut nous en délivrer ("la dague en argent poli / [... ] perça son cœur de Madone"). Mais son fantôme, lui, ne cessera jamais de nous obséder. La fée verte (l'absinthe) ne saurait nous libérer de l'envoûtement de la sorcière bleue.

Merci pour ce partage !

   Miguel   
20/2/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Je viens commenter ce poème avec un peu de retard, mais ce n'est pas plus mal pour moi car j'ai pu lire des commentaires et explications qui m'ont éclairé. Je l'avais déjà lu précédemment. Je ne suis jamais tout à fait à mon aise avec ces univers oniriques, psychédéliques, un peu "gothiques", où l'on n'est pas sûr de son interprétation (esprit classique, quand tu nous tiens). Mais j'ai aimé, comme les autres, la fluidité et le caractère très mélodieux des vers.
On a justement évoqué Baudelaire (encore que chez lui on ait en général de clairs indices spatio-temporels, un lien avec le réel qui n'est pas tissé ici) ; je pense aussi au dernier album de Brel, et à une chanson qui commence par "La ville s'endormait j'en oublie le nom".


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