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Poésie contemporaine
Angieblue : Nuit d'ivoire
 Publié le 23/09/20  -  9 commentaires  -  836 caractères  -  219 lectures    Autres textes du même auteur

Écoute les sonorités du gros temps...


Nuit d'ivoire



Écoute au loin le vent, le ciel qui se déchire,
L'appel de l'empyrée qui crache sa colère.
Écoute son écho dans l'eau se réfléchir,
Des chevaux délirants fuyant sous le tonnerre.

Écoute le tourment des vagues qui s'enroulent,
Qui terminent leur course en explosion d'écume.
Écoute l'océan, courroucé par la houle,
Se dresser fièrement dans son linceul de brume.

Et tu l'as entendu chanter son requiem,
Embraser les récifs de ses embruns d'argent.
Dans la nuée marine et sous la lune blême,
Tu t'es laissé glisser dans son gouffre émergent.

L'œil d'azur a chassé la folle nuit d'ivoire,
Mais les soirs de gros temps, quand la mer en sanglots
Fait tanguer les bateaux, l'on peut apercevoir,
Haranguant la tempête, une ombre sur les flots.


 
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   socque   
12/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Je ne déteste pas la décontraction affichée dans ce poème par les rimes qui n'hésitent pas, à l'occasion, à s'afficher transgenres. Par exemple, j'aime beaucoup requiem/blême, le "ton sur ton" des termes (un requiem blême, c'est plutôt bien vu) me paraît ici servir l'expression.

Alors, l'expression, justement. Tempête nocturne, convulsions océanes, puis un dernier quatrain apaisé et inquiétant. J'apprécie l'ombre qui harangue.
Mais la partie tempétueuse me semble en demi-teinte, pas assez percutante à mon goût. Les vagues s'enroulent ? J'ai l'impression de regarder un spot de surf à Biarritz. Le ciel se déchire, d'accord, c'est bien le moins, mais l'écho se réfléchit, et là je trouve qu'on est dans du plan-plan : moi lectrice, quand on me propose une scène aquatique où intervient le verbe "réfléchir", cela ne m'évoque pas du tout de la tempête, mais au contraire des eaux étales...
L'océan est courroucé : ouh, il fronce les sourcils, j'ai peur ! À mon avis, le terme "courroucé", de nos jours, n'évoque pas la fureur mais l'irritation policée. Bref, j'ai le sentiment que cette tempête s'applique à ne pas déborder du verre d'eau, et je déplore ce qui m'apparaît comme une timidité dans l'expression. Et puis "gouffre émergent", je n'ai pas compris.

   Myo   
16/9/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un écrit qui nous emporte au gré de ses flots tourmentés sous le fracas de l'orage.
On l'entend s'approcher, on ressent cette chape noire des nuages.
Puis il y a ce côté fantasmagorique en fin de poème. L'ombre sans doute, du dernier noyé...

Tout me plait dans les descriptions proposées.
L'atmosphère est superbement rendue, le ressenti est puissant.

Un grand bravo.

Myo

   papipoete   
23/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Angieblue
dans le ciel en colère, le " bon dieu " roulait ses tonneaux, nous disait notre mémé... au-dessus de la mer en furie, ça roule dans tous les sens et fait trembler les vagues qui se rebiffant, écument de rage et vont se fracasser aux brisants. Nul ne prend la mer, ne l'aurait prise sauf toi qui jamais ne revins !
Il faut oser regarder les flots aujourd'hui, par nuit d'ivoire...ton ombre parait alors, tel un gladiateur affrontant son destin...
NB un récit épique d'où l'on ressort trempé, tant nous sommes au coeur du monstre des eaux ! ça secoue et le bruit d'enfer résonne à faire éclater les tympans d'un sourd !
la deuxième strophe est à ce titre spectaculaire, et la dernière touche le lecteur dans une dernière colère, ce cri d'un marin en détresse...
je ne vois pas pourquoi ce texte ne figure en " néo-classique ? "

   Hananke   
23/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour

Quelques belles envolées dans ce poème contemporain comme
Ces chevaux délirants fuyant sous le tonnerre,
Se dresser fièrement dans son linceul de brume,

Mais d'autres choses que j'aime moins ou que je n'ai pas comprises :

J'aurais mis sur l'eau se réfléchir
J'aurais supprimé le l' devant on peut apercevoir,
Pas saisi non plus le gouffre émergent ni cette ombre sur les flots
qui haranguent la tempête.

Mais au final, un texte qui se laisse lire.

   Davide   
23/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Angieblue,

Je me suis questionné sur le sens de cet "ivoire" dans le titre, car, accolé au mot "nuit", il m'évoque automatiquement le "noir d'ivoire", un pigment de couleur très noire utilisé en peinture. Mais à l'opposé, l'ivoire désignant un blanc pur en poésie, peut-être l'auteure fait-elle référence à la nuit blanche, une nuit de tempête passée sans dormir, postée devant la fenêtre de sa chambre... ?

Un poème aux allures d'apocalypse bien rendues, malgré quelques notes un peu dissonantes à mon sens dans les deux premiers quatrains, dont cet "empyrée" (v2) et cet "écho" (v3) de la "colère" qui "se réfléchit" (deux images trop "lyriques" dans cette première strophe tumultueuse !), l'océan "courroucé par la houle" (v7) alors que la houle serait davantage une manifestation de sa colère, que l'on regarde se "dresser fièrement" (parle-t-on des vagues scélérates, qui se lèvent, formant un mur d'eau ?).

J'ai beaucoup aimé le troisième quatrain, quoique le terme "requiem" m'évoque davantage une procession funèbre, une marche lente et solennelle, tout en retenue. Toutefois, en musique, il est des mouvements frénétiques et débridés dans la plupart des requiem de nos plus grands compositeurs (je pense à Mozart, par exemple !)...

Beau final, où cette "ombre sur les flots", tel un gouffre émergent, rouvre sa gueule de fin du monde à l'approche d'une nouvelle tempête. Les choses se répètent : après la pluie, le beau temps ; après le beau temps, la pluie...

J'apprécie le soin apporté à l'écriture, au rythme, aux fracas des mots (dont cette exhortation au lecteur ("écoute" en anaphore) à plonger dans cette tempête poétique). En somme, un beau contemporain aux alexandrins fluides et déchaînés.

   Miguel   
24/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
De belles images et un souffle puissant tout à fait en rapport avec la colère des éléments ; une belle harmonie imitative, et cette mystérieuse ombre sur les flots apporte, si je puis dire, une dimension surnaturelle à la nature.

   Angieblue   
24/9/2020

   AUDEVAL   
26/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est superbe !
J'aurais volontiers ajouter quelques éclairs, à moins qu'ils ne soient dans le ciel qui se déchire.
Je suis au bord de l'océan les oreilles assourdies.
La force du vent me fait plisser les yeux et je vois, au loin, cette ombre. elle est inquiétante. Cherche-t-elle à calmer la tempête ou à l'encourager ? Tout est possible...

   Yannblev   
28/9/2020
Bonjour Angieblue,

C’est toujours une forte impression que les tempêtes océanes et en effet ces boucans qu’elles font n’y sont pas étrangers. Vous les retracez avec talent et persuasion. On ne doute pas un instant que tous ces bruits, ces sons, ont bien la dimension que vous dites… comment douterait-on alors qu’une sorte de maître d’œuvre, de chef d’orchestre de ce concert dantesque mène le bal ? son ombre est bien là !

Merci de la croisière.


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