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Poésie contemporaine
Anje : Biribi
 Publié le 29/07/18  -  9 commentaires  -  1035 caractères  -  161 lectures    Autres textes du même auteur

Un jeu de hasard donna le nom à un établissement disciplinaire… La vie d'un chien, comme en connaît malheureusement trop, illustre ce mot.


Biribi



Une fine menotte étire le grillage,
Deux yeux émerveillés pleurent de passion ;
Derrière, une peluche à peu près du même âge,
Pour s'en aller enfin, voit sa permission.

Une boule de poils, en ce matin de chance
Et son lot de bonheur, quitte son cagibi.
Plus d'exiguïté, finie aigre pitance.
En outre un nouveau nom : ce sera Biribi.

Six mois évanouis, retour en solitude.
Comme un bannissement, un motif anodin
Puis un verdict abrupt et nu de gratitude
Expulsent l'animal tout au fond du jardin.

Avec quelques vieux ais, l'on bricole une niche,
L'on blasonne le nom du compagnon forclos,
Puis on ceint à l'étroit le cachot du caniche
Croyant résolument au luxe de l'enclos.

Huit ans sans plus d'amis sinon un hochequeue,
Qu'il fossoie en tournant autour de son gourbi,
Efflanqué tourniquet n'agitant plus la queue.
Du cavagnole au bagne, il était Biribi.


 
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   Eclaircie   
2/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Edit le 02.08.2018

Complètement hors sujet, j'efface mon commentaire, je laisse l'appréciation, le poème et Biribi le méritent.

   papipoete   
19/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
classique
On vint me chercher là où l'on n'a point d'ami, pour un endroit chaleureux, avec une maîtresse si douce .
Mais cela ne dura pas, et l'on bâtit au fond du jardin, une niche avec mon nom en gros " BIRIBI ", ce fut mon domaine, mais aussi ma prison sans compagnon hormis ce hochequeue ... et " feu " Biribi " dit-on aujourd'hui !
NB je crois comprendre que ce chien fut offert à un enfant, jusqu'à ce qu'un jour, une sentence tombe, et que l'on éloigne pour toujours Biribi, devenu " persona non gratta " !
Votre poème qui pourrait faire pleurer, ne tombe pas dans ce piège, et l'on sourit ...
Votre " classique " me semble sans faute, mais je crois me souvenir, que les rimes en diérèse ne sont pas appréciées ; je crois .
Mais c'est un beau texte !
papipoète

   PIZZICATO   
29/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'enfant est émerveillé par cette " boule de poils " qui voit enfin le jour de son adoption et son nouveau nom.

Mais ce n'est pas une peluche...
Six mois plus tard, pour un " motif anodin ", on décide de le reléguer au " fond du jardin ".

" Huit ans sans plus d'amis sinon un hochequeue,
Qu'il fossoie en tournant autour de son gourbi " sa seule occupation.

Le destin de Biribi reste, hélas, celui de milliers d'autres, tant que d'aucuns ne sauront pas faire la différence entre un jouet et un être vivant...

   Cristale   
29/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est trop triste ! Pauvre Biribi que l'on sort d'un chenil pour le plaisir d'un enfant et qui, une fois l'enchantement de la nouveauté disparu, l'on relègue au fond du jardin dans des conditions pires sans doute que celles du refuge. Ici plus d'espoir d'une autre adoption ...c'est l'oubli assuré et la mort de l'enchaîné pour seul horizon. Terrible histoire malheureusement réelle.

Mais que tout cela est bien écrit ! Ouf...je reprends un peu d'oxygène en respirant ces vers joliments travaillés. Les élisions, les diérèses, les hiatus, la variété, l'alternance des rimes en genre et en nombre, bref, n'ont plus guère de secret pour l'auteur.

Mais ...aïe ! "grillage" : rime à son ouvert, "âge" : rime à son fermé.
(Page 27 et 28 du traité de Sorgel) Adieu la catégorie classique.

Tout cela n'est pas bien grave, le poème dans son ensemble est une réussite fond et forme et cela suffit à mon bonheur de lectrice.

Merci et bravo Anje !
Cristale

   jude-anne   
30/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Anje,
J'ai beaucoup aimé le sujet de ce poème.
Il y a tant d'animaux maltraités qui une fois adoptés le sont de nouveau.
un texte engagé qui mérite d'être souligné.
Le titre, nom de l'animal est vraiment bien trouvé.
Le texte est fluide et se laisse lire facilement.
J'ai pourtant eu du mal à rentrer dedans du premier coup. c'est surement du à la structure des phrases parfois un peu compliquée.
Au plaisir de vous relire

   jfmoods   
30/7/2018
Ce poème est composé de 5 quatrains en alexandrins, à rimes croisées, suffisances et riches, tour à tour masculines et féminines (avec un glissement assonantique au vers 3).

Le jeu des périphrases suffit à montrer le passage du coup de coeur pour le caniche (strophe 1 : "une peluche", strophe 2 : "Une boule de poils") à sa réclusion forcée (strophe 4 : "compagnon forclos", strophe 5 : "Efflanqué tourniquet n'agitant plus la queue").

Au regard du court attachement éprouvé envers le jouet sur pattes ("Six mois"), sa condamnation sans appel à l'exil ("un verdict abrupt", "tout au fond du jardin") pour une futilité ("un motif anodin") représente bien une éternité ("Huit ans").

Ainsi se déroule, d'un enfermement à l'autre ("exiguïté", "on ceint à l'étroit le cachot"), l'existence de l'animal domestique contemporain.

Dans une société du prêt à jeter, il est choisi par pur caprice (hyperbole grinçante assortie d'une diérèse : "pleurent de passion") et abandonné pour la moindre broutille. On peut se donner le beau rôle, celui du maître magnanime ("Croyant résolument au luxe de l'enclos"), il n'y a là que sécheresse abyssale du coeur ("nu de gratitude").

Ce poème donne au lecteur une belle leçon d'humanité.

Merci pour ce partage !

   Hananke   
30/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour

Bien triste cette histoire de chien mais c'est quelques fois une dure
réalité, malheureusement.

Quelques bricoles de prosodie :

j'aurais écrit : finie l'aigre pitance, le hiatus obligatoire pour l'élision
du e muet de finie ne s'imposant pas. ( si nous étions en classique).

Par contre j'aurais supprimé les 2 l' du quatrain 4 . D'ailleurs vous
l'avez fait pour le verbe suivant : ceint. Ces l' ne s'imposent pas.

Malgré ces quelques bricoles, ce poème reste plaisant à lire
et d'une triste réalité.
J'avais, moi-même écrit un truc sur les refuges à une époque lointaine.

   Donaldo75   
30/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Anje,

A la période où des vacanciers abandonnent leur animal domestique sur des aires d'autoroute, ou les refourguent à la SPA, ce poème résonne encore plus fort. Au-delà de la forme très maitrisée, ce sont les images qui frappent, parce qu'elles représentent exactement ce qu'on peut voir dans beaucoup de cas, les humains prenant les animaux domestiques pour des objets, marrants ou intéressants un temps puis gênants par la suite, souvent pour un prétexte fallacieux.

Évidemment, la référence à Biribi ajoute du drame à l'ensemble.

Bravo !

Donaldo

   leni   
30/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est triste triste Les bonnes intentions s’arrêtent au portillon de l'indifférence Peluche ou boule de poil C'est l'animal jeu

Huit ans sans plus d'amis sinon un hochequeue,
Qu'il fossoie en tournant autour de son gourbi,
Efflanqué tourniquet n'agitant plus la queue.
Du cavagnole au bagne, il était Biribi.

Cette finale est effroyablement triste
BEL écritSALUT AMICAL LEnI


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