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Poésie contemporaine
Anje : Cœur de suie
 Publié le 02/05/18  -  8 commentaires  -  744 caractères  -  173 lectures    Autres textes du même auteur

On a parfois l'amour comme un vieux conduit de cheminée.


Cœur de suie



L'hiver sur mon vélin peint à l'encre de Chine
Les fleurs de notre amour aux pétales fanés
Pris dans les croix rouillées des serments profanés
Que le vent des remords à balayer s'échine.

Son calame en roseau crissant croque, dessine
Des cieux de nuées pesants et charbonnés,
Laisse la canitie aux cœurs abandonnés,
Colorie ton absence au lavis de bruine.

Quand à la fin trop sec il troue le parchemin,
Oubliant nos desseins au bord de son chemin,
S'engouffre l'aquilon pour souffler sa froidure

Sur la sombre aquarelle et brandir le damas
De la viduité. L'âme dès lors s'indure,
Puis disparaît, se noie dans les glacés frimas.


 
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   BlaseSaintLuc   
2/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Poème exigeant et bien écrit, difficile comme une femme indocile, c'est beau, c'est fort, le laisser prendre n'est pas évident.

   papipoete   
2/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Anje
l'amour aux pétales fanés, qu'une plume savante étale sur le vélin, allant même jusqu'à percer la trame car trop sec, sec comme le coeur du héros abandonné, serments bafoués .
NB que voici de belles lignes pour parler du feu éteint, les derniers brandons bientôt mourront !
Et un " français " parlé et servi de main de maître, grâce auquel je m'enrichis de " calame, canitie, lavis, viduité, indure " que je tenterai de placer dans de futurs écrits !
mon bémol va aux inversions, mais je les aurais faites moi-même !
le 6e vers ne mesure que 11 pieds " cieux " se dit en synérèse et justifie peut-être la forme " contemporaine " ?

   PIZZICATO   
2/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une façon originale de décrire l'amour fané : " Son calame en roseau crissant croque, dessine..".

Les métaphores et belles images abondent dans ce texte.
" Que le vent des remords à balayer s'échine."
" Que le vent des remords à balayer s'échine."

J'ai bien aimé le double sens de ce passage " Oubliant nos desseins au bord de son chemin "

Une seule me paraît un peu précieuse : " le damas
De la viduité ".

Un bel écrit.

   Robot   
2/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Anje,

Beaucoup de poésie dans votre texte dont j'ai apprécié les métaphores comme celle-ci:
"Les fleurs de notre amour aux pétales fanés
Pris dans les croix rouillées des serments profanés"

L'image du calame qui dessine et perce le parchemin est une belle idée.

J'avais lu votre texte en pré lecture où il avait été proposé en classique.
Il a été classé en contemporain car même pour le néo il n'était pas satisfaisant.
Je vous joins par MP pour vous donner quelques explications à ce sujet.

Mais en contemporain j'ai pris du plaisir à la poésie de ce texte.

   Hananke   
2/5/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour

J'ai bien du mal à apprécier ce sonnet contemporain, peut-être la faute
à la prosodie un peu torturée, aux métaphores quelque peu aléatoire.
Le premier quatrain est déjà difficile à comprendre avec la position
particulière du verbe s'échiner.
Dans le second, la diérèse de bruine qui ne s'impose pas en contemporain, n'est pas très heureuse à l'oreille.
Les deux tercets enchaînés sont du même tonneau : s'engouffre l'aquilon et les glacés frimas.

Trop d'acrobaties nuisent à ce texte, dommage.

   jfmoods   
2/5/2018
Ce sonnet en alexandrins est à rimes embrassées, suivies et croisées, suffisantes et riches, majoritairement masculines.

La fin d'un couple, évoquée dans ce poème, prend la forme d'une représentation picturale (champ lexical : "vélin", "encre de Chine", "son calame en roseau crissant croque", "dessine", "lavis", "trop sec", "parchemin", "sombre aquarelle").

Trois allégories ("L'hiver [...] peint [...] / Les fleurs de notre amour aux pétales fanés", "le vent des remords à balayer s'échine", "S'engouffre l'aquilon pour souffler sa froidure / [...] et brandir le damas / De la viduité"), trois métaphores ("les croix rouillées des serments profanés", "Des cieux de nuées pesants et charbonnés", "ton absence au lavis de bruine", "le damas / De la viduité"), une subordonnée de temps ("Quand à la fin [...] il troue") et une participiale (double sens : "Oubliant nos desseins" / Oubliant nos dessins) mettent en scène les phases d'une douloureuse séparation.

Assonances (an, i) et allitérations (t/d, r) soulignent la dureté du divorce amoureux.

Le rythme ternaire qui s'étend du contre-rejet du vers 5 à la fin du vers 8 et de l'hémistiche du vers 13 à la chute du sonnet appuie sur l'inéluctable de la situation.

De l'amour brûlant qui fut ne subsistent que les restes salissants d'une combustion (métaphore du titre : "Coeur de suie", comparaison de l'entête : "comme un vieux conduit de cheminée").

Merci pour ce partage !

   Cristale   
2/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Anje,

Les experts sont passés je m'abstiendrai donc de mettre de l'huile dans les rouages de ma moulinette mais je tiens à dire que l'auteur, que je suis (du verbe suivre...) depuis son entrée sur Oniris, va de progrès en progrès avec sérieux et persévérance.
Nul doute que bientôt les secrets de la versification ne seront plus qu'un jeu d'enfant et je l'encourage vivement dans sa quête du "bel écrire".
Ici, je constate avec plaisir une richesse de vocabulaire peu commune, un plaisir pour moi que de voir sortir de l'ombre des mots peu usités et pas seulement à la rime comme c'est souvent le cas pour nombre de poèmes.
Je pense que l'auteur détient naturellement un langage écrit soutenu.
La richesse de la langue ne doit pas s'étioler au détriment d'une simplification grammaticale et syntaxique trop souvent prônée.
Concernant la classification en contemporain, je pense que d'autres commentateurs avertis auront su vous expliquer les raisons d'un refus en classique.

Personnellement, j'éviterais la redondance des inversions. Une ou deux, pas plus. Je doute du jeu de rimes "damas" et "frimas". Et ces fripons de "e" muets non élidés, encore moins quand ils sont accrochés à un "s", je vous encourage à les mettre au pas...:) pour le classique cela va sans dire.

Vous avez mis des couleurs et de la musique sur un fond un peu tristounet, images et métaphores sont bien au rendez-vous, le tout imprègne ce sonnet de poésie et c'est là tout l'art du poète.

Merci et bravo pour ce partage Anje.
Cristale
je plussoie ce "j'aime beaucoup" avec mes encouragements.

   Anje   
3/5/2018


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