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Poésie néo-classique
Anje : La mare
 Publié le 04/07/18  -  9 commentaires  -  733 caractères  -  195 lectures    Autres textes du même auteur

L'âme d'une muse s'y serait-elle réfugiée puis transformée, attendant le baiser du poète ?


La mare



Au bout de la prairie un vieux saule morose
Épand en longs scions ses larmes sur l'étang.
Dessous, tordu mais fier dans le scirpe flottant,
Un pauvre banc de bois craquette son arthrose.

S'étalant à ses pieds, un beau bouquet sclérose
Tandis qu'un gros bouquin offre au souffle d'autan
Ses feuilles racornies, exquis vélin d'antan
Désormais boursouflé de souvenir cirrhose.

Fasciné par le bal de plats et gris stratus,
Épié par des yeux affleurant du lotus,
Allongé sur le banc, un troubadour rêvasse.

La charmeuse oasis fouie entre les joncs
Où, remuant le fond, serpentent deux goujons,
Dissimule un secret. La raine du Parnasse...


 
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   Hananke   
23/6/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour

Déjà, sur la forme, si ce poème est accepté par le C.E. d'Oniris,
il ne le pourra qu'en néo : exquis ne pouvant élider le pluriel
du mot précédent : racornies.
Sur le fond, c'est un mélange d'images bien jolies comme
ce pauvre banc qui craquette son arthrose et d'autres plus enfantines
comme ces yeux affleurant du lotus.
De la belle fluidité aussi, par endroits comme dans le premier quatrain, laisse la place à des formes plus tortueuses comme dans le second.
J'aime pas trop non plus les plats et gris stratus, ce cumul de deux adjectifs fait remplissage.
Et le dernier tercet me semble aussi un peu tortueux.

Au final, un texte qui ne manque pas d'attraits mais qui mériterait
aussi d'être retravaillé.

Hananke en E.L.

   papipoete   
23/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
classique
une oasis de tranquillité que cette mare, auprès de laquelle un troubadour rêvasse, et écrit avec délicatesse ce que voient ses yeux, et ce que son coeur ressent .
NB le décor se prêterait à merveille à la méditation, avec ses couleurs, ses bruits silencieux " affleurant du lotus ", mais " allongé sur un banc " n'est pas la meilleur position pour admirer cette aqueuse toile !
Des mots " savants " garnissent votre poème ( scirpe, fouie, raine ) et m'instruisent davantage qu'hier !
Le dernier vers clôt " spirituellement " ce sonnet !
Au 7e vers, " racornies " me sure combien de pieds ?
papipoète

   Vanessa   
4/7/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,
L'atmosphère qui se dégage de votre poème me plait beaucoup.
Tout d'abord la tristesse représenté par ce saule et ce pauvre banc. Puis, ce troubadour qui apaise par sa sérénité et qui nous amène à découvrir cette vie cachée.
Et tant, qu'il y a de la vie...
:-)
Votre sonnet est pour moi, vraiment réussi,même si je ne m'attache pas trop aux détails qui mènent à la perfection.
Bravo et merci pour ce très bon moment passé sur les bords de votre mare.

   Robot   
4/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Trouver sa muse au fond d'une mare ce n'est pas commun. Mais c'est joliment exprimé avec beaucoup de fraîcheur. Des métaphores parlantes: "Un pauvre banc de bois craquette son arthrose."
Je vous pardonne "souvenir cirrhose" au singulier pour tenir la rime avec sclérose. En effet, s'il est boursouflé, il doit avoir plus d'un souvenir.

   Vincendix   
4/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
Un tableau un peu tristounet, cette mare sans diable semble condamnée à une sécheresse irréversible, je m’ose imaginer ce que vont devenir les deux goujons ?
La grenouille s’en sortira peut-être, si le troubadour n’a pas envie de la transformer en brochette.
Un sonnet sympa et sans prétention que je trouve agréable à lire
Vincent

   PIZZICATO   
4/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
De belles images, très visuelles, brossent ce tableau, dans une atmosphère mélancolique.
" un gros bouquin offre au souffle d'autan
Ses feuilles racornies ".
Cette " raine " serait-elle " l'âme de la muse " qui attend le baiser du poète ? Lui, "rêvasse " allongé sur le banc.

" un beau bouquet sclérose " Le verbe employé sans complément m'a un peu surpris.

   Cristale   
4/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Anje,

L’image est parfaitement rendue au premier quatrain. L’on visualise ce vieux banc sous les longues franges d’un saule penché sur son étang.

Le deuxième quatrain est un peu moins lumineux :
« un beau bouquet » « un gros bouquin » présentent une sonorité chatoyante mais deux adjectifs sur deux vers qui se suivent alourdissent l’ensemble.
Pour éviter le manque du pluriel j’aurais peut-être écrit : « ...d’un souvenir cirrhose ».
Les rimes en « rose » étant souvent redondantes, j’apprécie la recherche sur le verbe scléroser, « sclérose » et le mot « cirrhose », tellement difficiles à placer dans un poème évoquant la nature, mais point trop n’en faut.
J’apprécie le soin particulier dans la variété des mots à la rime, vous faites harmonieusement danser les noms, adjectifs, verbes etc...à part un ou deux inévitables. Je remarque également la maîtrise si difficile de l’emploi des diérèses.

Les tercets sont de belle qualité, j’aime l’image vivante : « Épié par des yeux affleurant du lotus, » et l’essence poétique : «  La charmeuse oasis fouie entre les joncs ».

J’ai compris que vous aviez présenté votre sonnet dans la catégorie classique et je suppose qu’il est publié en néo-classique à cause de ces détails  que je me permets de souligner tout en connaissant votre désir de critiques constructives :
Les rimes des deuxième et troisième vers : « étang » « flottant » ne sont pas valables selon les règles qui stipulent que si la lettre finale n’est pas la même, elle peut être acceptée s’il s’agit d’une lettre équivalente à savoir : le « g » de « étang »  ne peut rimer qu’avec un mot finissant par c, k, q (bouc et joug, franc et rang...) le « t » de « flottant » ne peut rimer qu’avec la lettre « d » (flamand et aimant, sert et perd…)
Ces deux mots donc « étang et flottant » ne peuvent rimer entre-eux, pas plus qu’avec les rimes du deuxième quatrain. « autan » « antan ». Il aurait fallu ces 4 rimes avec l’équivalence admise ce qui, je le reconnais, est assez difficile.
L’autre petit couac est l’emploi d’un « e » muet suivi du pluriel ( racornies-exquis ) empêchant l’élision à l’hémistiche du septième vers.

Beaucoup de belles choses sont dites en seulement quatorze vers, le vocabulaire est riche.

Saurons-nous un jour si la raine de la mare recevra le baiser du poète qui délivrera enfin l’âme de sa muse ?

Merci Anje et bravo pour l’élégance de votre plume.
Avec mes encouragements,
Cristale

   sympa   
5/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poeme original et maitrisé avec de belles images.
Pour la forme tout a été dit , la prosodie classique c'est compliqué, je n'y parviens pas moi même mais ca viendra surement...
J'ai une préférence pour les deux quatrains .

   jfmoods   
6/7/2018
Ce sonnet en alexandrins est à rimes embrassées et suivies, suffisantes et riches, majoritairement masculines.

Le décor, situé dans un cadre naturel, marqué par un jeu filé de personnifications, n'offre aucune perspective. Il se trouve enkysté, marqué par une tristesse sans nom ("un vieux saule morose / Épand en longs scions ses larmes sur l'étang", "le bal de plats et gris stratus"), par une irrémissible usure ("tordu [...] Un pauvre banc de bois craquette son arthrose", "un beau bouquet sclérose", "Ses feuilles racornies", "boursouflé de souvenir cirrhose").

Trois éléments renvoient au monde de la littérature ("un gros bouquin", "un troubadour", "Parnasse").

Tout se joue au coeur du poème, là où se rencontrent l'avant et l'après (jeu antithétique à la jonction des vers 7 et 8 : "d'antan" / "Désormais"), l'épanouissement et le flétrissement.

Le troubadour ne rêve pas : il "rêvasse". Ce regard dépourvu de vigueur et de profondeur signale la vacuité. On pense forcément, par contraste, aux "merveilleux nuages !" de Baudelaire, ce formidable appel vers un ailleurs.

L'homme garde les yeux fixés sur un ciel vide, incapable de saisir que c'est en contrepoint, dans l'eau, que se trouve l'illumination (métonymie pouvant désigner la muse : "des yeux affleurant du lotus", adjectif qualificatif et verbe : "La charmeuse oasis fouie entre les joncs [...] Dissimule un secret", imaginaire poétique : "remuant le fond, serpentent deux goujons"), que sous cette surface close ("La mare", "l'étang"), allégorie possible de l'inconscient humain, fermente l'inspiration.

Au fil du poème, un jeu d'allitérations (s/z) suggère ce point de fuite inéluctable.

Métamorphosée en grenouille ("La raine du Parnasse"), la muse attend - en vain - le baiser du prince...

Merci pour ce partage !


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