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Poésie contemporaine
Anje : La Seine à Vétheuil
 Publié le 22/02/18  -  8 commentaires  -  814 caractères  -  206 lectures    Autres textes du même auteur

Une rencontre au bord d'une boucle du fleuve et le même amour pour la peinture.


La Seine à Vétheuil



Aux sifflets du pinson qui repasse sa plume
Dans le matin d'hiver et sa grise froideur,
Lorsque s'évanouit son négligé de brume,
Elle s'épanouit de sylphide splendeur.

Sans sortir de son lit bordé de longs coteaux
Où tels des fantassins postés aux sombres boves,
En travers de l'à-pic droits comme des poteaux
Se dressent des plantons de blême roche en oves,

Elle tourne avec soin, elle adopte la pose,
Elle ondule, elle ondoie de tous ses apparats.
Comme sur une soie le parangon s'expose,
Au soleil délavé renvoie mille carats.

L'artiste au chevalet sur sa berge s'installe.
La presqu'ile pour fond avec sa nue rouvraie,
Sur la palette en bois la gouache en pétale.
Elle est après Monet l'égérie de Lauvray.


 
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   Provencao   
8/2/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Jolie poésie néo-classique, bien construite avec des quatrains soignés en rimes agréables à l'oreille.

J'ai beaucoup aimé en votre poésie, ce petit côté camaïeu de la réflexion:" sans sortir de son lit bordé de longs coteaux
Où tels des fantassins postés aux sombres Boves,
En travers de l'à-pic droits comme des poteaux
Se dressent des plantons de blême roche en oves,"
bien qu’il ne soit pas en mesure de nous donner avec certitude la réponse aux doutes qui nous envahissent, peut tout de même suggérer des magnificences qui élargissent le champ de notre pensée et délivre celle-ci de la monotonie.

Tout en poétisant notre certitude concernant la nature de ce qui nous entoure, elle accroît considérablement notre connaissance d’une réalité possible et différente: "l'artiste au chevalet sur sa berge s'installe.
La presqu'ile pour fond avec sa nue rouvraie,
Sur la palette en bois la gouache en pétale.
Elle est après Monet l'égérie de Lauvray." elle fait disparaître le dogmatisme quelque peu outrecuidant de ceux qui n’ont jamais parcouru le bord de la boucle du fleuve, de l'incompréhension libératrice, et elle garde intacte notre envie d'émerveillement en nous faisant voir les choses simples et belles sous un aspect chatoyant.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Hananke   
22/2/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Une bien originale et jolie boucle de la Seine.

De belles images : son négligé de brume, des fantassins postés,
de blême roche en oves, etc...

De mots que je ne connaissais pas : sombres boves, sa nue rouvraie.

Bref, tout ceci réuni donne un bel ensemble qui se lit avec plaisir.

   papipoete   
22/2/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Anje
un poème-peinture qui dessine les méandres de la Seine, fleuve paisible ici quand la pluie ne la fait pas déborder sur ses terres confisquées .
Elle louvoie à travers plaine et ville et inspire Lauvray que ce serpent n'effraie pas !
NB le 3e vers est délicieux et " comme sur une soie le parangon s'expose " est délicat aussi, et je m'instruis de nouveaux mots !
" boves " je n'ai pas trouvé son sens ?
" rouvraie " ne rime pas avec " Lauvray " ; est-ce la raison du " contemporain " ?

   PIZZICATO   
22/2/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
De belles images et musicalité pour nous présenter " La Seine à Vétheuil. "
" Elle adopte la pose " comme le modèle patiente pendant que le peintre l'immortalise.

" Elle tourne avec soin, elle adopte la pose,
Elle ondule, elle ondoie de tous ses apparats.
Comme sur une soie le parangon s'expose,
Au soleil délavé renvoie mille carats." Ma préférence est pour ce passage.

" Sur la palette en bois la gouache en pétale." Ne manque-t-il pas une syllabe à ce vers ?

   jfmoods   
22/2/2018
Ce poème est composé de quatre quatrains en alexandrins à rimes croisées, suffisantes et riches, majoritairement féminines.

Le cadre spatio-temporel (entête : "au bord d'une boucle du fleuve", indicateurs temporels : "Aux sifflets du pinson", "Dans le matin d'hiver", complément de temps assorti d'une métaphore : "Lorsque s'évanouit son négligé de brume") inaugure un grandiose lever de rideau.

La Seine, dans son écrin (métonymie : "son lit bordé de longs coteaux"), impératrice protégée par sa garde prétorienne (personnification : "Se dressent des plantons de blême roche en oves", comparaisons : "droits comme des poteaux", "tels des fantassins postés aux sombres boves"), se révèle danseuse sensuelle consciente de ses charmes (personnifications : "elle s'épanouit", "Elle tourne avec soin", "elle adopte la pose", "Elle ondule, elle ondoie", comparaison : "Comme sur une soie le parangon s'expose").

Faisant briller ses atours (jeu antithétique à la rime : "grise froideur"/"sylphide splendeur", hyperboles à la rime : "tous ses apparats", "renvoie mille carats"), elle éclipse l'astre du jour lui-même (métaphore : "soleil délavé").

Il n'en faut pas plus pour que l'oeil du peintre ("L'artiste au chevalet", "Monet") succombe à ce charme envoûtant ("l'égérie de Lauvray"), qu'il cherche la perspective la plus enchanteresse ("sur la berge", "La presqu'ile pour fond avec sa nue rouvraie") pour y puiser son inspiration (métaphore : "Sur la palette en bois la gouache en pétale").

La rythmique du poème est appuyée par le jeu des labiales (b, p) et des fricatives (f, v) tandis que les allitérations en s soulignent la lascivité du fleuve.

Merci pour ce partage !

   Cristale   
22/2/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Joli ! Je suis particulièrement sensible aux nuances sonores et visuelles de votre palette poétique.
Les allitérations s et p du premier vers nous font entendre le frigottement du pinson « Aux sifflets du pinson qui repasse sa plume », celles en l et p « Elle s'épanouit de sylphide splendeur. » laissent une impression d’écoulement, de fluidité évoquée par l’évanescente sylphide, image métaphorique de la brume qui s’évapore au dessus des flots.
Pour encenser la Seine et son eau, rien de mieux que la voyelle éclatante « o » que l’on retrouve dans une majorité des vers habillant la coquette danseuse d’une robe ondulante.

C’est vrai qu’il aurait été judicieux d’utiliser une rime féminine au premier vers du deuxième quatrain de façon à pratiquer l’alternance et cela d’un quatrain à l’autre. Vrai aussi que « gouache » se compte en deux syllabes, la diérèse était tentante et je l’aurais certainement tentée avant vérification. Les mots à la rimes mériteraient un peu plus de variété dans les genres, un petit panaché de verbes, adjectifs, noms propres, noms communs, avec le vocabulaire particulièrement riche de l’auteur et sa volonté de faire toujours mieux, je pense qu’il lui sera facile de travailler ce détail. Au troisième quatrain les mots : ondoie, soie, renvoie, présentent une assonance identique à l’hémistiche, ce qui n’est pas souhaitable (en classique le « e » muet à l’hémistiche doit être élidé)  mais je doit souligner qu’avec le mot « soin » à l’hémistiche du premier vers l’ensemble de ces assonances présente une certaine harmonie. Vrai encore que rouvraie-Vauvray ne font pas de bonnes rimes, l'auteur s'en explique sur le forum. Ceci est dit parce que je sais que l’auteur attend des commentaires constructifs.

Une poésie sensuelle qui rend hommage à la Seine que semble connaître intimement l’auteur. Vivantes, féminines, des images délicates sur une partition harmonieuse, un langage soutenu, coloré de douceur, que j’aimerais lire plus souvent ici et ailleurs. Quand un auteur possède une telle richesse d’expression, un tel ramage (oserai-je dire) je n’ai aucun doute sur l’obtention présente et future d’un élégant plumage.
Un "j'aime passionnément" serait mérité pour avoir su transcrire si poétiquement cette passion presque amoureuse de l'auteur à l'encontre de "La Seine à Vétheuil".

Bravo et merci Anje pour cette toile aux couleurs chatoyantes, au plaisir d’autres publications.
Cristale, avec tous mes encouragements.

   Anje   
2/3/2018

   EricD   
2/3/2018
"boves/oves", "rouvraie", "Lauray" sont inhabituels en fin de vers : cet effort de renouveler la rime est à saluer, tout comme l'esquisse d'abord cotonneuse puis chatoyante que l'auteur fait d'un cours d'eau qui lui est cher.


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