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Poésie néo-classique
Annick : Écrire un sonnet
 Publié le 28/05/20  -  15 commentaires  -  749 caractères  -  300 lectures    Autres textes du même auteur


Écrire un sonnet



Pour écrire un sonnet, il faut savoir compter
Les mètres et les pieds, orchestrer la parade,
En être le major, tenir une brigade,
Rythmer, tambour battant, le pas à emboîter.

Le peloton défile en rang sans s'arrêter,
Chaque vers des quatrains se perd en embrassades,
Chaque tercet charmant s'égare en accolades :
Ces soldats sont sans arme, ils marchent pour chanter.

Mon cœur vibre et s'accorde aux notes qui frissonnent ;
Au tempo balancé, les consonances sonnent.
Quel est donc ce transport doux et fort à la fois ?

Quand on clôt un sonnet, il faut de la constance,
Aiguiser son archet comme on pointe une lance
Pour atteindre la cible et l'âme quelquefois…


 
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   papipoete   
4/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
néo-classique
" alors, aujourd'hui nous allons étudier le sonnet ", et l'auteur donne un cours magistral sur ces vers, que l'on doit habiller des meilleures rimes comme beaux souliers, et tel un bataillon de soldats pacifiques, aucun pied n'est autorisé à dépasser !
NB sur le mode " régiment ", l'auteur apprend à son bataillon comment se tenir au " garde-à-vous ", quand le général CLASSIQUE passe les forces en revue !
l'ultime tercet est mon passage préféré !
je reprocherais ( j'ose ) à l'auteur de n'avoir point écrit un parfait classique ( 4e vers ... hiatus à... à/emboiter )
rimes en " ade " au singulier, puis au pluriel
mais ce " néo-classique " est plaisant à lire !
papipoète

   Miguel   
7/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Si ce poème n'était pas charmant d'un bout à l'autre, il suffirait du vers 8 pour le sauver. C'est le genre de vers qu'on se reproche de ne pas avoir trouvé. Génial. Le reste ne démérite pas à côté de cette trouvaille admirable, et il faut avoir dans sa vie sué sang et eau sur un sonnet pour retrouver ici, dans la bonne humeur, ces gênes exquises" dont parle Valéry. Bravo.

   Corto   
28/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Venant d'un auteur plutôt à l'aise avec les règles du classique ce poème est plaisant. Autrement on aurait pu l'interpréter comme une satire du carcan de la prosodie inventée au fil des temps anciens.

C'est presque un plaisir que d'apprécier les images et envolées militaro/combattantes, même pour un lecteur réticent au pas cadencé.

Une réflexion s'impose néanmoins: quel est le but de ces exercices où d'abord "il faut savoir compter Les mètres et les pieds, orchestrer la parade" ?
"Ces soldats sont sans arme, ils marchent pour chanter" évoque une prestation de musique militaire rarement enthousiasmante.

Le dernier vers
"Pour atteindre la cible et l'âme quelquefois…"
arrivera (espérons-le) à rassurer les poètes.

Ce poème est une aventure.
Merci Annick.

   eskisse   
28/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Annick,

Bel éloge du sonnet: la métaphore filée militaire est appropriée et le rythme et la musique donnent à l'ensemble un air de fête.

J'aime beaucoup le pacifisme du vers 8:
"Ces soldats sont sans arme, ils marchent pour chanter."
et le final qui renvoie à l'âme.

Merci pour ce partage

   Harvester   
21/6/2020
 a aimé ce texte 
Un peu
Je suis un peu chiffonné par quelques détails qui ne relèvent pas nécessairement de la technique du sonnet mais du signifiant, du "vrai" en poésie en quelque sorte.

Le premier quatrain est parfait (enfin selon moi...)

En revanche :

"Le peloton défile en rang sans s'arrêter",
Je pense que la marque du pluriel s'impose à "rang" dans ce cas, surtout s'il s'agit d'un peloton qu'on ne peut imaginer défiler sur un seul rang sauf exception.
La même remarque pour "arme" dont la marque du singulier me semble là encore erronnée et devrait porter la marque du pluriel. On conçoit bien que chaque soldat ne porte qu'une arme mais les soldats pris en tant que groupe ont bien plusieurs armes et non une seule pour l'ensemble.

C'est un peu "pinailler" mais on m'a dit en forum de dire des choses "constructives" donc je me lance. :)

L'emploi de "se perd" et "s'égare" me semble abusif et même erroné pour qualifier les rimes embrassées ou accolées puisque précisément cet ordonnancement est une marque de rigueur de l'écriture tout à l'opposé du signifiant de ces verbes. Cela donne le sentiment d'avoir usé de "chevilles" pour caler l'hémistiche mais ça ne convainc pas vraiment.


En ce qui regarde les tercets j'avoue ne pas être transporté et la pointe du dernier vers me semble très faible.

En ce qui concerne le second hémistiche du vers 10, après "consonances" on comprend bien que vienne aisément à l'esprit ce qui suit mais c'est pure facilité voire un rien de paresse vous en conviendrez ;-)

Je ne sais si cela est dû aux finales sourdes ( fois, quelquefois ) où à l'organisation du dernier tercet (EED) mais quelque chose ne fonctionne pas pour moi dans le cas présent.

Après maintes relectures j'ai mieux ressenti l'intérêt qu'aurait présenté un tercet organisé en EDE (peut-être au prix d'une modification mineure le cas échéant)

Une pointe finale avec l'avant-dernier vers me semblerait plus appropriée.

Toutes mes excuses pour cette incursion un peu sabre au clair, n'y voyez nulle malveillance de ma part.

Merci à vous.

   Hiraeth   
28/5/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Il y a de bonnes trouvailles dans ce sonnet méta sans prétention, que l'auteur dut prendre plaisir à écrire. J'aime bien la métaphore filée de la marche militaire en écho avec le sens technique du mot "pied" en poésie. Dommage que l'emploi de ce terme soit fautif quand il s'agit de la langue française : une syllabe n'est pas un pied...

J'aime bien le vers 8, moins la strophe qui le contient : je ne vois pas trop pourquoi les vers se perdraient ou s'égareraient, d'autant plus que le texte vient d'établir une métaphore militaire où règnent l'ordre et l'harmonie.

Belle image également que l'archet (l'archer ?) semblable à une lance. Oui, la poésie peut se faire aiguisée et pénétrante... C'est moi ou il fait tout d'un coup plus chaud ici ?

Bref, pour parodier Ovide : "Militat omnis poeta". C'est vrai en un sens.

Merci à l'auteur pour ce joli morceau.

   Ascar   
28/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
beaucoup de rythmes dans ce sonnet ce qui rend sa lecture fluide et bien agréable.
La métaphore filée entretenue par le vocabulaire militaire est une belle trouvaille.

j'ai bien aimé

merci

   Davide   
28/5/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Annick,

Très élégant. Outre l'aspect décalé didactique ou recette de cuisine, j'ai bien aimé la métaphore militaire, de la fanfare, avec, entre autres, le double sens des "mètres" et des "pieds" (même si les puristes vous diront qu'on parle de "syllabes" et non de "pieds" !) ainsi que le figuralisme des embrassades (v6).

J'ai trouvé plus faibles les tercets, en images comme en rythme, mais ils restent toutefois sympathiques. En revanche, la comparaison finale, avec l'apparition de l' "archet", me laisse un peu perplexe, bien qu'il y ait parfois des violons (ou d'autres instruments à cordes frottées) dans les fanfares.
Au v10, le passage "les consonances sonnent" fait très pléonasme, non ?

Sur la forme, ravissante, je reproche juste le choix d'avoir fait rimer ensemble, quasi exclusivement, des mots de même nature (en particulier les quatre verbes des quatrains) plus deux mots de la même famille ("fois"/"quelquefois").

Quand on clôt un commentaire, il faut de la prévenance : merci Annick !

   Eclaircie   
29/5/2020
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Annick,

Un poème "courageux" pour s'attaquer à l'écriture en général et au sonnet en particulier, tant a été écrit sur le thème. Et personnellement, je trouve un peu "masturbatoire" d'écrire sur ce que l'on écrit.

Alors entrons dans ce sonnet qui n'est pas vraiment un sonnet au sens du classique pur et dur.

J'avoue que je ai été agréablement surprise par le ton du texte.
Si je n'apprécie pas beaucoup les deux premiers vers, les deux suivants rachètent l'ensemble du quatrain.
Le second quatrain avec ces deux "chaque" sonne bien à l'oreille à la suite de l’évocation de l'armée, mais à l'œil, il ne sont vraiment pas discrets, donc pas très beaux.

Le premier tercet est harmonieux, il se calque à mon avis un peu trop à la composition d'un tercet par cette question au troisième vers. C'est à dire que s'il n'était pas fluide on pourrait dire qu'il est uns parodie du style.

Le dernier tercet ne me convainc pas vraiment, non plus
le "quand"....."il faut" relève un peu de l'injonction. le mot "comme" dans le vers suivant fait un peu tâche aussi.
J'ai bien aimé le dernier vers.

Un ensemble solide pour un travail scolaire, ou un défi que l'auteur se lance, mais pas (c'est mon avis perso) un poème de poésie.

Merci du partage,
Éclaircie

   Myo   
29/5/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Pour la forme, un travail de qualité malgré quelques passages qui auraient mérité une autre approche.

"se perd en embrassades" " s'égare en accolades" me semble redondant

"Quand on clôt un sonnet " un peu lourd à mon oreille

J'aime beaucoup les 2 dernier vers.

Pour le fond, ce côté militaire ne me semble pas des plus judicieux.
La poésie surtout classique n'est-elle pas comme la danse ?
Les meilleurs danseurs sont ceux qui semblent glisser sur la piste sans effort, sans contrainte.

Les règles du sonnet sont là pour se mettre au service des mots et ne sont pas, à mon avis, un défi à relever "tambour battant".

Heureusement, le 8e vers se fait plus léger.

Merci du partage.

   hersen   
29/5/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Un poème un peu trop manu militari pour moi, qui malheureusement renforce l'idée que certains mettent en avant sur la "belle" poésie, celle qui est "noble" : au carré.
J'aurais aimé lire que la poésie ne se "contient" pas dans un calcul, qu'elle est aussi ailleurs, et qu'un bel agencement ne fait pas tout, je veux dire un agencement auquel on ne doit pas échapper pour écrire un sonnet.
Le tempo proposé ici me rappelle le rigide de certains propos à ce sujet, et c'est dommage.
Peut-être qu'en mettant ce rythme militaire au second plan, et parler de ce qui fait la poésie dans un sonnet, j'y aurais mieux trouvé mon compte (d'auteure de libre, il est vrai, donc mon com est à relativiser, bien sûr)
J'aime assez peu le fond, mais je vois un travail méticuleux réussi.

   jfmoods   
29/5/2020
La poétesse procède à une mise en abyme de son travail ("Pour écrire un sonnet, il faut savoir compter / Les mètres et les pieds", "Chaque vers des quatrains se perd en embrassades, / Chaque tercet charmant s'égare en accolades", "Quand on clôt un sonnet").

La composition d'un sonnet est assimilable à l'exercice militaire appelé "ordre serré" ("la parade", "En être le major, tenir une brigade", "le pas à emboîter", "Le peloton défile en rang sans s'arrêter", "il faut de la constance"). Chaque membre du groupe doit se fondre dans un même mouvement collectif. C'est un travail qui exige une longue pratique et une rigueur absolue. Le moindre manquement est impitoyablement sanctionné par le sous-officier responsable : "Ça roule !"

Cependant, cette discipline de fer ne s'inscrit pas ici dans un contexte guerrier ("Ces soldats sont sans arme"). C'est un cheminement artistique qui la dicte ("ils marchent pour chanter"). Il s'agit d'une mélodie intérieure que l'on défriche obstinément ("orchestrer", "Rythmer, tambour battant", "Mon cœur vibre et s'accorde aux notes qui frissonnent", "Au tempo balancé, les consonances sonnent"). C'est un périple qui suscite une émotion particulièrement dense (paradoxe : "ce transport doux et fort à la fois"). Il y a, en effet, une véritable jubilation à trouver sa liberté dans une forme aussi corsetée, aussi contraignante.

Un sonnet réussi tend immanquablement vers sa chute (comparaison : "comme on pointe une lance / Pour atteindre la cible"). Celle-ci exige une mise en forme particulièrement soignée (métaphore : "Aiguiser son archet") et la poétesse / le poète doit toujours rester modeste quant à l'ambition de toucher sa lectrice / son lecteur (adverbe de fréquence : "atteindre [...] l'âme quelquefois").

En lisant ce texte, j'ai repensé à ce sonnet de Paul Valéry où le choix de l'octosyllabe rend le tour de force de la composition encore plus impressionnant...

Les grenades

Dures grenades entr’ouvertes
Cédant à l’excès de vos grains,
Je crois voir des fronts souverains
Éclatés de leurs découvertes !

Si les soleils par vous subis,
Ô grenades entre-bâillées,
Vous ont fait d’orgueil travaillées
Craquer les cloisons de rubis,

Et que l’or sec de l’écorce
À la demande d’une force
Crève en gemmes rouges de jus,

Cette lumineuse rupture
Fait rêver une âme que j’eus
De sa secrète architecture.


Merci pour ce partage !

   Annick   
30/5/2020

   Donaldo75   
30/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Annick,

Je ne vais pas bouder mon plaisir devant un sonnet qui claque aussi bien et que je trouve également pertinent dans le fond. Le dernier tercet rappelle au passage le principe même de la poésie qui va au-delà de la technicité, des règles en usage ou érigées en principe.

"Pour atteindre la cible et l'âme quelquefois"

C'est ce que je retiens de ce poème, parce qu'il se lit sous plusieurs perspectives.

Bravo !

Donaldo

   Angieblue   
21/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bravo! c'est très mélodieux. Il y a de belles allitérations.
J'aime beaucoup l'image du défilé au pas rythmé et chantant. C'est très visuel et ça illustre parfaitement le thème.

Mes vers préférés sont:

"Chaque vers des quatrains se perd en embrassades,
Chaque tercet charmant s'égare en accolades :"

et

"Aiguiser son archet comme on pointe une lance"
Très belle image!

Je trouve moins bon le vers 11:

"Quel est donc ce transport doux et fort à la fois ?"

Il y a le hiatus qui rompt l'harmonie, mais aussi le sens et l'image qui ne sont pas du même niveau que le reste.

Et pour le dernier tercet, hélas, la cible est manquée de peu.
Le mot "constance" est discutable. Pour moi, la chute doit monter en puissance.
Le "quelquefois" est également un peu faible. Il faudrait une fin plus zélée.

En somme, encore bravo! C'est d'un très bon niveau!

Une question: Est-ce la version définitive ou allez-vous retravailler le texte et proposer une version modifiée en tenant compte des commentaires?


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