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Poésie libre
Antinoos : Trompe-l'œil
 Publié le 30/09/17  -  15 commentaires  -  786 caractères  -  263 lectures    Autres textes du même auteur

"Le soleil rayonnait sur cette pourriture, [...]" Baudelaire


Trompe-l'œil



L'orvet gît dans l'herbe
cuit dans la fournaise
d'un beau jour d'été

Sa tête décline
comprimée dans le poing du soleil
relique de crâne
noircie
semblable à un grain de raisin
vidé de son suc

Une guêpe se pose
et
tout de suite
travaille la chair morte

Elle cisaille
découpe
et taille
l'esquisse de charogne
à coups précis de mandibules
puis s'y plonge
à l'essayage d'un costume de cuir
tout neuf
existence laborieuse
et minuscule
regonflant d'un souffle d'ailes
ce boudin de peau tannée

Alors
j'ai cru voir battre
des entrailles nouvelles
et tigrées
dans cette pourriture

comme une vie en trompe-l'œil


 
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   papipoete   
17/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
libre,
Dans une charogne, une guêpe s'y glissant, semble ressusciter la bête crevée .
NB tout sujet peut prêter à poésie, et le vôtre est remarquable ; vous m'évoquez " la charogne " de Baudelaire, et en même temps ces chevaux morts dans lesquels se réfugiaient d'infortunés soldats non loin de la Volga .
Vous animez cette relique d'orvet de belle manière, avec par exemple la guêpe Chanel " puis s'y plonge/à l'essayage d'un costume de cuir " et la dernière strophe est spectaculaire !
Un fameux talent d'observation, puis de mise en images !
papipoète

   Zorino   
30/9/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Antinoos,
Superbement écrit. J'adore ! Cette métaphore (révélée au tout dernier vers) avec l’être humain et ses multiples masques est tout simplement géniale. Et quelle poésie ! J'ai littéralement été happé par votre poème libre (libre dans tous les sens du terme).
Bravo, quel talent !
Merci pour ce très beau partage

   myndie   
30/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Antinoos,

Le titre à lui seul suffit à orienter le lecteur.
Votre poème m’apparaît comme un point de rencontre entre deux formes d’art autonomes et pourtant si proches par leurs correspondances et leurs caractères communs : la peinture et la poésie.
Votre poème est riche de ce qu’on peut trouver dans les tableaux naturalistes ou expressionnistes.
Pas d’esthétisme propre au romantisme mais l’esthétique du naturel, l’obscénité de la crudité.
Vos mots, vos images, traduisent la nature de manière juste et sincère ; vous avez le langage simple et le trait exact dans votre démarche de décrire la mort et ses corollaires : après tout, que sommes nous d’autre que de la viande, la même que celle qui nous nourrit et qui en nourrira d’autres après…
C’est cette même réflexion induite que je retrouve dans les tableaux d’un Francis Bacon, par exemple.
Je trouve que vous avez réussi admirablement à traduire les réalités des créatures vivantes et les vérités des processus de la nature, la vie et la mort.
Je trouve que vous nous offrez une belle œuvre de peintre.
J’aime beaucoup

   PIZZICATO   
30/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un profond réalisme dans cette poésie où se côtoient la mort et la vie.
Chaque mot a son importance et ajoute à la précision de ce tableau.

" puis s'y plonge
à l'essayage d'un costume de cuir
tout neuf " pour ne citer que ce passage.

   Vincendix   
30/9/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Un sujet original mais qui n’a rien de poétique, un « spectacle » que je n’ai pas envie de contempler, il y a tellement de belles choses dans la nature, je préfère voir les guêpes butiner les fleurs, les entendre bourdonner de plaisir en sirotant le nectar.
Ce texte ne me réconcilie pas une certaine poésie « libre ».
V.

   Hananke   
30/9/2017
Bonjour

Que la Vie naisse du fumier ou de la pourriture est une évidence et peut être racontée en poésie, rien ne s'y oppose
mais ce que je reproche à ce petit texte est surtout son manque
de poésie, justement.
Et même quelques images intéressante ( le poing du soleil, grain de raisin, costume de cuir) ne font pas oublier ce manque cruel.

L'incipit de Baudelaire aurait dû plus vous guider.

Pour moi, la mayonnaise n'a pas pris.

Par contre, n'étant guère spécialiste de la poésie libérée,
je m'abstiendrai de toutes appréciations.

   Robot   
30/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ce texte m'a remis en mémoire certaines lectures de l'entomologiste et Poète Jean-Henri Fabre.

Une observation précise, comme un document mais qui a le pouvoir de retenir le lecteur devant cette scène de la nature réelle.

Un examen à la loupe qui n'a pas négligé les expressions poétiques pour en atténuer la morbidité:
"comprimée dans le poing du soleil"
"puis s'y plonge
à l'essayage d'un costume de cuir
tout neuf"
"regonflant d'un souffle d'ailes"

Le "beau" n'est pas uniquement dans la contemplation béate des charmants petits zoziaux et de l'abeille sur la fleurette. Vous avez su le trouver dans cette scène tragique que le choix du libre a permis d'imager.

   luciole   
30/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Je trouve que ce poème est riche d'images tout à fait saisissantes.
J'ai vraiment aimé ces petits coups de pinceau inspirés qui nous dépeignent si bien cette scène.
Ce poème est classé en libre mais j'y vois pour ma part une poésie en prose.

   Solal   
30/9/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,
Je ne vais pas tergiverser. J'adore votre poème jusque dans sa présentation. Oui, vous suivez bel et bien une tradition baudelairienne.
Pour moi, le véritable poète est celui qui s'est faire naître et partager la beauté là où personne d'autre n'aurait pu la voir.
Un grand merci.

   BRH_CORP   
30/9/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

Une scène de mort et de vie très bien décrite. Le titre se prête à merveille au thème décrit et la description elle-même est sublime.

Désolé pour la répétition du verbe décrire mais je n'ai pas su m'exprimer autrement.

Une poésie très pure.

BRH_CORP

   jfmoods   
2/10/2017
L'entête (antithèse à visée ironique : "Le soleil rayonnait sur cette pourriture, [...]" Baudelaire) invite le lecteur à considérer qu'au fond de la laideur peut germer l'ébauche de la beauté d'un monde gracié.

Un cadre spatio-temporel se dessine ("sur l'herbe", "un beau jour d'été") au sein duquel la mort, d'abord fortement suggérée (constat : "L'orvet gît", ambiguïté du verbe au présent / au participe passé : "cuit dans la fournaise", métonymie : "Sa tête décline"), impose au lecteur l'évidence de sa présence (métaphore : "comprimée dans le poing du soleil", groupe nominal élargi : "relique de crâne / noircie", comparaison : "semblable à un grain de raisin vidé de son suc").

Une prédatrice arrive sur les lieux ("Une guêpe se pose"). Prédatrice bien étrange en vérité qui nous est montrée non en destructrice, mais en créatrice industrieuse ("travaille"), pressée ("tout de suite"), en couturière inspirée et appliquée ("Elle cisaille / découpe / et taille", "à coups précis de mandibules / puis s'y plonge / à l'essayage d'un costume de cuir / tout neuf") transcendant le matériau grossier laissé à sa disposition (groupes nominaux : "la chair morte", "l'esquisse de charogne", démonstratifs : "ce boudin de peau tannée", "cette pourriture"). Figure épique, héroïque ("existence laborieuse / et minuscule / regonflant d'un souffle d'ailes"), la guêpe endosse ensuite, en actrice consommée, le costume du défunt, donnant ainsi l'illusion d'une résurrection ("j'ai cru voir battre / des entrailles nouvelles / et tigrées", "comme une vie en trompe-l'oeil").

Ce poème se présente comme une allégorie de l'artiste dont le travail consiste à reconstruire ce que le réel détruit. Il s'agit de recréer, de réinventer la beauté à partir de la décomposition.

Merci pour ce partage !

   Absolue   
4/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La vie et la mort s'enlacent dans ce poème...
J'ai pu voir un appareil photo zoomant au maximum pour capturer la scène de l'abeille essayant son "costume" de cuir et se confondant avec lui...
Très bonne description macroscopique!

   Lylah   
5/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Voilà un texte qui sort de l'ordinaire et qui m'a séduite dès la première strophe...

Un grand bravo pour ce tableau d'un réalisme qui pourrait sembler repoussant et qui, au final, est une poésie indiscutable.

J'ai particulièrement aimé la première strophe qui campe le décors et dans la quatrième :

" à l'essayage d'un costume de cuir
tout neuf
existence laborieuse
et minuscule
regonflant d'un souffle d'ailes
ce boudin de peau tannée"

Du grand art ...

   Curwwod   
6/10/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Quid de la poésie de çette scène plutôt répugnante? Est ce un baudelairisme mal digéré? J'ai beaucoup de mal à imaginer qu'on puisse trouver une esthétique, une poétique, une symbolique à ce genre de spectacle, alors lui consacrer un poème!
L'écriture ne me paraît ni assez originale, ni assez aboutie pour sauver quoi que ce soit de cette tentative littéraire.
Désolé.

   Antinoos   
6/10/2017


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