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Poésie libre
Arsinor : Après avoir retiré...
 Publié le 01/09/20  -  5 commentaires  -  418 caractères  -  205 lectures    Autres textes du même auteur

Chiffres.


Après avoir retiré...



Après avoir retiré mon chèque auprès du cosmos,
Voilà quelques années maintenant,
Il a pleuré devant ma porte.

Ses lettres sonnaient juste
Et donnaient un joyeux méli-mélodrame
Plein de pluies de bonbons et sucreries.

Dégage Pépé, ai-je dit de mes lèvres chaudes,
Dans l’agence bancaire dont tu es digne.
Tu n’as qu’à les harceler, tes chiffres, on verra bien.


 
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   socque   
19/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Voilà plusieurs fois que je reviens sur ce poème en Espace Lecture, il me laisse une impression bizarre et durable.

Le bizarre vient en partie de la profonde rancœur que je crois percevoir dans le dernier tercet, la violence que j'entends dans ce "Dégage Pépé". Le narrateur revoit un aîné qui, après l'avoir maltraité (j'imagine dans son enfance) ou foutu à la porte, vient pleurer misère auprès de lui.
Une autre cause du bizarre provient je pense des associations décalées : c'est quoi, un chèque sur le cosmos ? Pourquoi les lèvres du narrateur (avec ce ton qui ne cherche pas à dissimuler sa hargne j'imagine un homme) sont-elles chaudes ? Que signifie "harceler des chiffres" ?
Enfin, je suis frappée par l'espèce d'obsession pécuniaire qui parcourt le texte : chèque, agence bancaire, chiffres, on n'est pas dans l'éthéré poétique.

Et alors, le deuxième tercet opère une rupture complète : le quémandeur, cherchant sans doute à attendrir, parle de choses douces et sucrées, de souvenirs embellis. C'est dit avec une belle économie de moyens.

Un poème expressif, efficace, avec une rage contenue plus percutante que des hurlements... Déstabilisant et bien vu, dirais-je.

   Vincente   
1/9/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
"Chiffres" en exergue, brrr !!!, cette rigueur sèche en terre poétique ! Un coup de froid pour moi avant d'entrer ici.

"Après avoir retiré…". Deuxième repoussoir virtuel, mais heureusement viennent ces points de suspension qui, ménageant la curiosité du lecteur, l'invite à l'intrigante proposition.

Ensuite, l'on voit, dans le graphisme mesuré, équilibré, qu'un comptable donneur d'ordre a inscrit sa saisie : trois strophes de trois vers semblent se suffirent à elles-mêmes et, l'on suppose, ne s'en laisseront pas compter…

J'ai bien aimé la première strophe, les chiffres ont pris leur envol, en quelques lettres de noblesses surréalistes, ils se réinventent sur un "chèque auprès du cosmos", et "pleure devant ma porte"…

Dans la suivante j'aime beaucoup ce "méli-mélodrame" qui produit une créativité mignonne et inspirée.

Le problème, mon problème, cette déconvenue terrible dès le début de la dernière ; ce "Dégage pépé" est plus qu'un retour sur terre, c'est une descente aux enfers poétiques ! Le ton grossier, argotique, de cette injonction déplacée, agacée, est agaçante pour le lecteur qui se sentait plutôt conquis malgré ce préalable peu amène ; d'autant que la suite de cette strophe ne viendra pas sauver le lecteur que j'ai été de cette mauvaise impression d'une "inappropriation" des différents ingrédients narratifs entre eux. J'imagine pourtant que l'auteur a délibérément placé ces embûches textuelles pour secouer un peu la "bien-pensance" d'un lecteur préférant une fluidité des enchaînements ajustée. Pour ma part, je n'ai pas apprécié cette façon de jouer avec outrance de contrepieds, ici de véritables croche-pieds poétiques.

La syntaxe de la première strophe me paraît un peu "bâtarde", il manque après le "après avoir…", le sujet qui s'y rapporterait ; l'on devine que c'est un "je" subliminal, mais pourtant c'est un "il" se rapportant au "chèque" ou au "cosmos" qui se présente ensuite…
Je n'ai pas compris la formule "lèvres chaudes", enfin vu que je suppose qu'elle vient évoquer la colère du narrateur, elle me semble assez déplacée par rapport au sens commun, de lèvres bavardes qui parlent à veux-tu en voilà ou, mais on serait encore plus loin, de lèvres pleines d'un sensualité exacerbée… ? ; étonnement donc à nouveau !

   Provencao   
1/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Un texte fort, dérangeant dans la colère, où les mots frappent au coeur, des mots qui bousculent...avec un poème qui bute.

Les mots fusent, paralysent, ramenant dans les abîmes du déséquilibre. A sa place, vous nous balancez la grogne, comme un relais de la communication, un " dégage pépé " qui ne se dit pas, qui ne se trouve plus, sans qu’il y ait de peine...

"Tu n’as qu’à les harceler, tes chiffres, on verra bien."
Avec ce vers la colère prend une grande place dans votre poème. Un cri, frappé dans cette douloureuse vérité.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Bellini   
1/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J’ai d’abord cru à la guéguerre entre Zeus et son père Cronos (Jupiter et Saturne, dirait l’autre, pour ceux qui préfèrent la botte à la cothurne). Mais comme ce dernier s’est retiré en Italie pour y créer l’Age d’or, j’ai abandonné cette idée trop pénétrante, qui ferait un peu antithèse avec votre sujet. A propos, quel est-il le sujet ?

Pour commencer, le sujet grammatical du premier vers, celui qui introduit le grand mystère cosmique ? Si j’étais Grévisse je dirais que le fils a fait un chèque au père à la naissance ou à l’enfance, que celui-ci est allé l’encaisser dans une agence du cosmos, disons celle de La Défense, puis s’est fait la malle. Parce que, prosaïquement, c’est bien ce que dit la phrase. Mais comme je me méfie des pirouettes un peu chichiteuses de la poésie, allez savoir si le chèque n’est pas simplement la vie que le cosmos accorde à tous les nouveaux-nés.

Le texte pourrait aussi prétendre à un symbolisme plus transcendant, mais mon intelligence n’ayant jamais dépassé la préface de l’ontologie phénoménologique de Heidegger ou de Sartre, j’ose à peine envisager qu’on parle bien ici d’Etre et de Néant.

Je vais donc garder l’idée d’un père indigne, mesquin dans la prodigalité de son porte-monnaie et de ses sentiments. Ce père devenu pépé, qui tente de reprendre contact avec son fils, en singeant les friandises douces de l’enfance qu’il n’a jamais prononcées. Et là j’admire cette rancune tenace de l’enfant devenu adulte, compactée dans cette expression détachée Dégage Pépé, qui induit plus de malheur qu’une longue diatribe. Le fils renvoie le père à ses chiffres, à ses priorités du passé qui l’ont négligé.

Je vous trouve finalement assez magnanime. Si c’est moi, le papy, je lui donne à bouffer les miettes de mon colibri. Vous n’êtes pas pardonné, vous êtes soutenu.
Bellini

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4/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Ce curieux poème me laisse penser que le narrateur a choisi les "richesses du ciel" impliquant sans doute une certaine spiritualité (ce que me laisse entrevoir les deux premiers vers) plutôt que la basse et vulgaire richesse matérielle (assez présente de par son champ lexical).
Il en ressort un dualisme : ciel - aïeul, et aussi peut-être, la vraie question de l'héritage.
Je ne sais pas mais j'aime bien.


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