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Poésie libre
Arsinor : Bon voyage
 Publié le 27/06/21  -  7 commentaires  -  979 caractères  -  153 lectures    Autres textes du même auteur

Arrivé par la route...


Bon voyage



Arrivé par la route qui mène à la vallée,
Je ne possédais rien qu’un manteau et mon arme.
J’ai frappé à la hutte, il y avait des femmes.

Contre quelques repas, j’ai rapporté du bois,
Des lapins et un cerf. J’ai réparé le toit,
J’ai refait la charpente et j’ai construit la table.

La plus belle, en passant, me caressa la joue.
Elle me parlait d’amour et sa mère, de mariage.
Je ne voulais rien d’autre : rester ici et vivre.

En mon absence ils sont venus chargés de rifles.
Pourquoi ces corps par terre ? Pourquoi ce sang partout ?
Arrêtez cette guerre, je veux rentrer chez moi.

Je suis parti par le chemin qui mène aux bourgs.
Je ne possédais rien qu’un manteau et mon arme.
J’ai frappé à des portes, on m’a dit de m’enfuir.

Pour maraude, la police me plaça en prison.
Pour désertion, l’armée me condamna à mort ;
Et pour traîtrise, mes parents furent humiliés.


 
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   socque   
27/6/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Trajectoire sobre et efficace, je trouve, pour cette dénonciation des sempiternels maux de la guerre et de la haine. J'apprécie l'ironie du titre, le début champêtre, porteur d'un doux espoir, et la rapide plongée dans l'horreur. Je ne suis pas sûre de l'utilité du dernier vers, il me paraît en deçà des deux précédents ; c'est un peu dommage, me dis-je, de terminer ainsi en retrait. À vous bien sûr, auteur/autrice, de voir.

En tout cas, j'ai repensé aux vieilles chansons pacifistes qui ont bercé mon enfance :
Que tu as de beaux champs d'orge
Giroflée, girofla
Ton grenier de fruits regorge
L'abondance est là
Dans la plaine l'on s'égorge
Giroflée, girofla...
L'canon les fauch'ra (bis)

(...)

Tant qu'y aura des militaires
Soit ton fils, soit le mien
Y n'pourra y avoir sur Terre
Pas grand-chos' de bien
On t'tuera pour te fair' taire
Par-derrière comme un chien...
Et tout ça pour rien (bis)

EDIT : Commentaire repris pour corriger un mot de la chanson citée.

   Lebarde   
27/6/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Doit on lire ce poème comme simplement l'histoire d'un déserteur vagabond rattrapé par la patrouille qui en temps de guerre, sans pitié, est emprisonné par la police, condamné par l'armée et banni par la société, lui et sa famille, ou doit on y rechercher un message subliminal que je n'aurais pas découvert?

En tous cas le texte est bien écrit pour qui aime le descriptif réaliste facile à comprendre.
Le propos est clair et limpide avec ses mots simples au risque de perdre un peu de sa poésie.
La lecture fluide, n'est pas déplaisante...alors c'est ce que j'aime assez sans m'enthousiasmer.

En EL

Lebarde

Ed: Mon commentaire « zappe » l’aspect évoqué par papipoete et c’est un tort.

   papipoete   
27/6/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour ARSINOR
Façon " retour à cold Mountain ", nous suivons le héros armé de son fusil, dont il ne veut pas se servir ! Il veut la paix auprès de qui lui tendra la main, contre quelque besogne domestique ; le gîte et le couvert pour survivre.
Mais le temps d'une absence, des fusils tueurs feront payer à ces hôtes d'avoir accueilli un " traître "
NB il en coûta au soldat de déserter ; il en coûta aux " complices " de cacher !
Un jugement d'un tribunal fantoche en condama des " garance " et même " vert de gris " à la sentence suprême ; la MORT
Votre récit est passionnant du début à la fin ; l'épisode où la famille est massacré, est mon préféré !

   Bellini   
27/6/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Arsinor,

Comprenne qui pourra ou qui voudra le massacre tarantinesque du quatrième tercet :

En mon absence ils sont venus chargés de rifles.
Pourquoi ces corps par terre ? Pourquoi ce sang partout ?
Arrêtez cette guerre, je veux rentrer chez moi.


Ennemis, armée, police…Le contexte de ce massacre est assez difficile à cerner. Les femmes ont-elles payé leur main tendue à un déserteur ? Qui sont les bourreaux ? Vous avez fait le choix de conceptualiser la Guerre.

Décidément, votre palette stylistique a des variations étonnantes. Arturo Brachetti est un nain à côté de vous. Difficile de s’y retrouver dans votre démarche d’auteur, mais bon, je ne suis pas votre éditeur, de quoi me mêle-je ?
Ici, vous me donnez envie de relire Charles Ferdinand Ramuz, ce poète et romancier vaudois de la première moitié du 20e, qui a frôlé deux fois le Nobel. Voici un de ses poèmes, la dramaturgie en moins :

Le taupier

Il va, sa hotte sur le dos,
un bâton d’épine à la main :
il boite bas sur les chemins
comme quand on sonne une cloche.

Sa blouse bleue à broderies
s’est toute déteinte dans l’air ;
sa barbe est grise dans la peau grise,
il fume une pipe de terre.

Il est pauvre, il dit : « On me donne
deux sous par taupe que je prends ;
en faut-il prendre et tout le temps !
et puis, l’hiver, qu’est-ce qu’on prend ?...

On ne pourrait pas avec ça
s’offrir des habits de fin drap,
ni se payer des redingotes ;
eh bien ! quand même, voyez-vous,
trois décis par jour et vingt sous
de burrus bleu chaque semaine,
je dis quand même que ça mène
un homme content jusqu’au bout. »

Il se met en route quand les oiseaux chantent
il prend en travers des luzernes,
il est salué par le merle
et reconnu par les mésanges.


Et comme j’aime beaucoup, il n’y a pas de raison de ne pas vous le dire.
Bellini

   Ombhre   
27/6/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Arsinor,

j'ai été emporté par ce poème au rythme de balade, empli d'une poésie discrète, de mots simples pour des choses simples et tellement essentielles.
Ce texte est plein d'humanité, et c'est ce qui m'a touché: des gens ordinaires qui partagent, échangent, s'entraident, jusqu'à l'arrivée de la réalité de la guerre, là aussi évoquée sans fioriture.

Une petite déception pour la strophe finale à qui manque, selon moi, la musicalité des cinq premières strophes, et perd cet aspect "balade" qui m'avait séduit. Peut-être est-ce voulu, pour bien marquer la cassure avec ce qui précède, mais cela a pénalisé ma lecture et rompu le charme.

Merci pour le partage.

Ombhre

   Arsinor   
29/6/2021

   ericboxfrog   
26/7/2021
 a aimé ce texte 
Un peu
Trop confus, un grand mélange. Ça commence en toute beauté et puis ça dégringole (Elle me parlait d’amour et sa mère, de mariage.

Je ne voulais rien d’autre : rester ici et vivre.) = j'aurais gardé le passé simple (elle me parla d'amour) rester ici et vivre= ça gène ... (rester et vivre ici, peut-être ? Ça sonne mieux, le rythme est respecté... Description de "l'homme à tout faire" habile de ses mains, mais qui abandonne pourtant la maison, pourquoi ? Puis après, c'est le désastre, l'horreur, la violence de la guerre et la mort. Dommage, pourquoi avoir changé de sentiments et d'ambiance ? Ça dérange, ça déçoit, ce n'était pas nécessaire.

(Je suis parti par le chemin qui mène aux bourgs.) = Je repris le chemin, celui qui mène aux bourgs - Je préfère. (Et pour traîtrise, mes parents furent humiliés.) = cette dernière phrase sonne mal aussi, j'aurais mis: Les prenant pour des traîtres, on humilia mes frères et toute ma famille.



Ce n'est qu'une appréciation...


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