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Poésie libre
Arsinor : Les agitations
 Publié le 19/09/20  -  10 commentaires  -  623 caractères  -  180 lectures    Autres textes du même auteur

Hier...


Les agitations



Hier, au crépuscule, quand noircissait la ville,
Tu es rentrée. Pourtant, je ne t’attendais pas.
Tu es passée par les ruelles, les escaliers.
Je sais, tu ne peux venir chez moi plus souvent.

Tu as couru jetant tes yeux dans tous les sens,
Ouvert grand les fenêtres et chanté à tue-tête,
Opérant une danse, jambes droites, bras tordus,
Et la nuit a été une sorte de jour.

Tu as montré le plomb du matin qui se lève,
Les murs de la maison se dressant sur Harlaine ;
Avant de fuir, tu as ôté de mon berceau
La girafe en plastique et l’éléphant de laine.


 
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   socque   
7/9/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Demain dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne...
Ainsi commence un des rares poèmes de Victor Hugo que j'aime vraiment.

Le but du vôtre, me semble-t-il, est d'en écrire l'antithèse, presque terme à terme. Évidemment, l'exercice se voit, difficile de le faire oublier !... Ce côté exercice de style ne me gênerait pas trop si vous aviez poussé la démarche jusqu'au bout, or je n'ai pas l'impression que tel soit le cas.
En effet, pour avoir un pendant sympa, il me semble que vous n'auriez pas dû vous affranchir de la rime et de la métrique classique ("e" muets non comptés dans les syllabes)... Demeure après lecture, pour moi, un sentiment d'inabouti. Toutefois, j'ai apprécié
La girafe en plastique et l’éléphant de laine
à la place du bouquet de houx vert et de bruyère en fleur, j'y lis une fantaisie qui dépasse brièvement le pur exercice de style.

   Bellini   
19/9/2020
On ne peut pas évoquer le pastiche de Demain dès l’aube, puisque sans même parler d’une imitation de style, on a du mal à trouver plus d’un vers ou deux classiques.

Vous avez fait le bon choix, autant ne pas chercher la comparaison avec ce poème n°1 des français. Comment voulez-vous qu’avec un tel podium on soit bon en poésie classique ? Il était temps de lui régler son compte, au père Hugo.

Pour tout vous dire je préfère le vôtre. Je ne note pas parce que je n’aime pas les emballements du réveil.

Faudra quand même m’expliquer ce Harlaine (qui remplace le Harfleur de Hugo). En tapant le mot sur Google, je me suis retrouvé en Ecosse, avec un type qui voulait me vendre l’histoire de la famille. Vous seriez pas cet escroc ?
Bellini

   papipoete   
19/9/2020
bonjour Arsinor
Tu es entrée chez moi, sans crier gare ou plutôt non, tu n'as fait que hurler pour me dire que l'enfance, c'était fini !
NB voilà ce que j'interprète, avec cette furie qui débarrasse le lit de sa girafe et autre doudou. L'adolescence semble ici être la maîtresse des lieux, et désormais il faudra faire avec ! Adieu bisous de matin aux parents... bonjour la trogne et les paupières si lourdes quand il est l'heure de se lever !
comme je ne suis pas du tout certain de ma vision, je préfère ne pas noter...

   Stephane   
19/9/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Arsinor,

J'ai tout aimé de ce poème : de l'atmosphère un peu surréaliste à l'écriture soigneusement étudiée, en passant par ce (ou cette) Harlaine mystérieux(se) qui sort des villes (si s'en est une) que nous connaissons tous. Au moins celle-ci vaut le détour de par le mystère qui l'entoure (disons de par le mystère qui entoure ce terme). Car Harlaine pourrait tout aussi bien s'agir d'un prénom, dans le contexte...

En tout cas je me suis laissé porter par la noirceur des ruelles sombres de la ville : tout ce que j'aime !

Bravo et merci.

Stéphane

   Lulu   
19/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Arsinor,

Je ne crois pas avoir tout saisi de ce texte, mais j'ai trouvé intéressant que vous vous soyez inspiré du poème de Victor Hugo. Le fait que vous présentiez une autre forme que le sonnet m'a plu.

Les deux premières strophes m'ont semblé simples dans le sens positif du terme. J'ai effectivement parcouru cette partie de façon claire et intéressée jusqu'à ces images originales "jambes droites, bras tordus" qui donne à voir un regard singulier "Et la nuit a été une sorte de jour" ; un vers que je trouve magnifique dans sa transcription hugolienne.

Le dernier quatrain m'a paru pertinent dans ce vingt-et-une siècle, le siècle précédent ayant marqué le monde et nos regards à une échelle si particulière. "le plomb du matin qui se lève" m'a donc fait penser à un siècle situé derrière nous, mais présent dans nos mémoires.

Je n'ai pas compris "Harlaine". Peut-être nous donnerez-vous une explication ou une piste pour comprendre sur le forum ?

Les deux derniers vers me paraissent aller vers une interprétation peut-être bien différente de celle que j'ai ressentie en lisant les deux premiers quatrains, mais sans doute ne sommes-nous pas loin de l'expression d'un retour à une réalité difficile à vivre, finalement ? En place de la douceur vécue ou escomptée au temps de l'enfance, la confrontation à une réalité qui a pu connaître le pire.

Ainsi ai-je lu votre poème...

Au plaisir de vous relire.

   Myo   
19/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je retiens cette phrase " et la nuit a été une sorte de jour"

Cette présence quelle qu'elle soit, est positive même si elle semble clandestine.
Elle est désirée aussi car il y a ce fatalisme pointé de regret dans le 4e vers.

Une visite source de vie, de chant, de lumière, de dynamisme.
Est-ce un rêve, est-ce un parent trop absent, l'espérance ?
Mais son départ renvoie a une réalité sombre avec " le plomb du matin" et la fin de l'insouciance de l'enfance.

La forme est libre mais l'écrit garde une belle souplesse et musicalité. L'interprétation peut aussi être multiple ce qui fait la richesse de ce poème.

Vos mots m'ont conquise.

   Vincente   
19/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↓
En lecture de poésie, je pense que nous empruntons la proposition de l'auteur au gré d'appropriations opportunes. Ainsi une perception première pleine, sans retours en arrière, sans perturbations particulières, quand bien même elle ne serait pas "explicative" ou même parlante, peut se suffire en elle-même et nous satisfaire tout simplement, entièrement.
Y retourner peut répondre à une envie d'en retrouver les saveurs restant vives, mais aussi, éventuellement pour satisfaire les éclaircissements d'une optique introspective.
Ainsi, il n'est pas rare que se révèlent dans cette phase exploratoire des richesses ou des sens importants qui remettront en cause l'appréciation première, la complétant ou présentant d'autres voies de cheminement.

Ce que je regrette dans ce poème-ci, c'est que plusieurs abords m'ont plu, attiré ou intrigué, mais à chaque fois, le plaisir naissant s'est distrait dans une "bizarrerie" qui l'a égaré. Les voici :

Après le titre et le préliminaire en un mot à pointillés, qui situe un déroulement à venir, une action, va se raconter la visite d'une personne féminine chez une autre, plutôt masculine et a priori sédentaire, peut-être même vieille ou handicapée. Dans cette arrivée que l'on suit des yeux du narrateur habitant, l'on s'étourdit avec lui de ce personnage intrusif, apparemment là pour faire le/du bien, mais comme sans se soucier du calme rassurant du lieu qui se bouleverse par elle. Jusqu'à la fin du deuxième quatrain, j'ai trouvé que le ton, l'écriture (bien que d'un phrasé un peu sec, plutôt factuel, et le vers "Et la nuit a été comme une sorte de jour" bien peu recherché avec son "comme une sorte" qui avoue que l'auteur n'a pas jugé bon, en poésie contemporaine d'éviter un "comme" si convenu, ni une "une sorte de" sans quérir une image plus "argumentante"), emplissait bien la scène.

Le dernier quatrain m'a cassé ce que j'avais déjà eu un certain mal à intégrer. Ce v9 n'est ni bien inspiré, ni bien éclairant (il y a disons du gris lourd dans l'expression en accord avec l'évocation, mais cela reste assez déroutant). Ensuite quid du "Harlaine", pourquoi cette convocation très identifiée pour qui comprendrait à quoi elle se rapporte et pourquoi ce qui m'a semblé être une sortie de route lexicale et tonale ?
Pour finir, un "berceau", une "girafe en plastique" et un "éléphant de laine"…!!! Oui, d'accord, viennent ici des éléments d'une prime enfance qui sont "ôtés" de l'endroit rassurant, métaphore de l'appartement, par l'intrusion évoquée mais dans le poème ils sont lourdement intégrés à l'énonciation déjà peu aisée à suivre dans cette dernière strophe.

Donc, de cette gêne passagère mais dont la situation finalisante et le contre-pied vraisemblablement délibéré, auraient pu n'être qu'une étape signifiante en les amenant différemment, j'ai perdu la sympathie naissante que j'envisageais pour ce texte. Sentiment qui aurait pu se passer d'une clarté plus présente, pour peu que la poésie nous emporte magiquement dans ce microcosme agité.

J'ai donc tenté, à défaut d'en rêvasser, une imprégnation-interprétation du propos qui me parlerait ; en fait j'en ai trois qui "fonctionneraient" :
- Un vieux monsieur semi-grabataire est "visité" sporadiquement par sa fille pleine de vie mais peu empathique, elle vient en coup de vent maintenir les bribes d'un lien affectif qui malgré tout reste en elle.
- Un handicapé reclus dans son logement voit le passage éclair d'une sœur, ou d'une proche un peu plus jeune qui de temps en temps se soucie de lui et vient l'aider mais aussi lui faire la morale, au point de tenter de lui "éviter" ses enfantillages affleurant du bord de sa sénilité.
- Une amante erratique, en bonne santé, vient passer quelques instants charmants et aidants chez son ami handicapé ou plus vieux, enfin ayant changé de catégorie sociale en devenant dépendant. Son lit abrite désormais des êtres fantasmatiques, voire des jouets de substitution comme une poupée gonflable… qu'elle lui assure n'être pas satifaisants !

Bon à mon sens, si le lecteur se trouve dans des errances telles (car d'autres aussi restent plausibles), je dirais par provocation : "à quoi servent les vers qu'il vient de lire, s'ils ne sont qu'un décor interchangeable à loisirs, une sorte de kit dans lequel chacun peut placer ce qui lui semble. Ne le prenez pas mal, votre poème n'est pas à ce point perturbant, je dis cela avant tout pour lever la question.

   Davide   
19/9/2020
Bonjour Arsinor,

De prime abord, j'ai eu l'impression d'une réécriture modernisée de "Demain, dès l'aube" (impression qui s'est confirmée dans les lectures suivantes), mais dans un principe constant d'opposition vis à vis du poème original, à tel point que toutes les expressions de ce poème trouvent le contrepied des images délicatement choisies par Victor Hugo :
- "Demain, dès l'aube" donne "Hier, au crépuscule" ;
- "blanchit la campagne" donne "noircit la ville" ;
- "Je partirai" donne "Tu es rentrée" ;
etc.

Il en résulte un exercice de style déroutant, à l'aspect bien trop fabriqué pour moi, car trop collé à l'original, avec en prime, une extravagance paroxysmique entre les murs de cette dernière strophe (et particulièrement le dernier vers).

Je n'ai pas aimé du tout, mais pour autant, j'apprécie de voir publier ce genre de fantaisies, car il faut bien un brin d'humour et un grain de folie pour parodier l'un de nos plus grands poèmes, l'un de nos plus grands poètes. Et moi, j'aime l'humour et la folie.

   Gouelan   
19/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Pour l'exercice, la forme, je ne peux pas juger ça ne m'intéresse pas trop.
Pour le fond j'ai imaginé :
Une maman qui a abandonné son bébé, ou n'en a pas la garde. Elle entre comme une furie pour un dernier adieu dans l'appartement.
Pour l'enfant, sa mère semble danser. Cela me rappelle un souvenir. On peut croire que les adultes dansent, se battent pour jouer alors que non, c'est pour de vrai. Les cris sont du désespoir, de la colère que l'enfant préfère interpréter autrement pour se protéger.
Elle emporte avec elle deux jouets.
Puis elle s'en va pour toujours laissant un avenir de plomb.

Une poésie qui laisse l'imagination courir en même temps que les souvenirs propres à chacun.

Merci.

   Yannblev   
28/9/2020
Bonjour Arsinor,

J'avoue n'avoir pas bien saisi l’intérêt ou le motif de ce contrepied hugolien ? quelques comptes à régler peut-être avec ce brave Totor ?

Cela dit on doit aussi saluer l’exercice qui n’est jamais évident en
l’occurrence et il est ici mené avec maîtrise. La chute un tantinet déjantée évite la lourdeur qui aurait pu finalement marquer l’impression puisqu’il est quand même assez difficile de savoir (en ce qui me concerne) ce qu’évoque l’auteur dans cette description ou domine tout du long le processus ayant motivé l’écriture.


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