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Poésie contemporaine
Atom : Ancre
 Publié le 03/08/20  -  6 commentaires  -  624 caractères  -  164 lectures    Autres textes du même auteur

Du port à la mort
juste une lettre.


Ancre



Amarré à l’ennui et à peu près spectral
j’égrène sur le dock les restes de la nuit
quand l’aube bat de l’aile au-dessus des cent pas
perdus dans la grisaille où rouillent grues et bittes.

Des chimères flottées, ballottées par la mer
battent contre le quai où s’écaille l’ailleurs…
où des cœurs corrodés virent au vert-de-gris
suffoquant dans la brume, en manque d’horizon.

Les plaintes d’un goéland agonisent au large
– résonances de ports où rien ne lève l‘ancre –
vers le sud on dirait… Vers le sud on dirait…
Mon âme dodeline en attendant le vent.


 
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   Eclaircie   
18/7/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour,

Si ce n'était ce premier vers aux hiatus tellement visibles, j'apprécierais pleinement ma lecture.

Sur un sujet assez universel, le texte se détache nettement de ce que beaucoup donnent à lire, dans cette catégorie, ici. L'expression est là, moderne, sortie du vocabulaire XIX, début du XX siècle. Avec des images contemporaines (dans le sens de notre époque).
Bien sûr "l'âme" est évoquée, seule concession cependant à nos ancêtres (poètes).

Merci du partage,
Éclaircie

   eskisse   
24/7/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai aimé l'atmosphère de corruption qui se dégage de ce paysage portuaire où tout s'en va ( " s'écaille" ), se transforme ( "virent au" ) , disparaît ( " agonisent", " rien" ) .

J' ai aimé ces vers : " battent contre le quai où s'écaille l'ailleurs" , " où des coeurs corrodés virent au vers-de-gris" qui installent une sorte de mélancolie presque déshumanisée.

Et le vers final amène une touche plus légère.

   papipoete   
3/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Atom
Un coeur en peine a jeté l'ancre dans ce port, port de l'ennui que les cris de goélands, rendent aussi gris que ses pensées parties au fil de l'eau.
NB atmosphère bien rendue que ces prises de vue, ces prises de son mettent à l'unisson pour faire un poème bien sombre, enrobé de grisaille...
la seconde strophe et son " ... où s'écaille l'ailleurs " est ma préfèrée !
techniquement, des dodécasyllabes " hiatussés " qui perdent " pied " au 9e vers, mais un texte qui se lit avec plaisir !

   Davide   
4/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Atom, et bienvenue sur Oniris,

Tout d'abord, le jeu de mots dans l'exergue ne me semble pas utile.

Un poème glacé et glaçant, où le sentiment de déréliction corrode le cœur du narrateur, resté à quai, prisonnier d'une grisaille intérieure persistante. Beaucoup d'images surréalistes comme renforçant la perte du sens et des sens ; parmi elles, j'ai bien apprécié "l'aube qui bat de l'aile" (et tout le vers 2, superbe) quand "s’écaille l’ailleurs…" et ses cœurs "en manque d’horizon".

Belle métaphore où le "port" symbole devient la manifestation d'une "mort" intérieure/psychologique : un coup du "sort" ? ;) Il faut alors attendre que le vent se re-lève et dissipe la brume...

Seul point noir dans cet ensemble assez juste : je n'ai pas aimé le premier vers, en particulier "et à peu près spectral", dont le sens me semble assez fumeux. Qui plus est, beaucoup de hiatus dans ce vers d'entame.

   solo974   
5/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Atom,
Un poème sombre et noir, comme l'annonce l'exergue.
Tout suggère la tristesse - sinon le désespoir du narrateur : "Amarré à l’ennui", "l’aube bat de l’aile", "perdus dans la grisaille", "virent au vert-de-gris", "en manque d’horizon", "agonisent au large".
Le vers qui m'a le plus plu est le suivant :
"vers le sud on dirait… Vers le sud on dirait…"
J'ai aimé, en effet, cette répétition et l'emploi du conditionnel, qui renforce l'impression que tout est éphémère, incertain.
Merci pour le partage et excellente continuation sur le site !

   Arsinor   
6/8/2020
Bonjour, votre pseudo s'accorde bien avec le sujet du poème, lui-même bithématique : l'ennui et le quai d'un port. La grisaille est elle-même économique et météorologique. Le premier vers de votre dernière strophe fait 13 syllabes sans que ce soit justifié. Le verbe dodeliner tombe comme une respiration de dernière minute, le vent de l'espoir, et sauve le poème de l'étouffement. L'herbe sera-t-elle plus verte au sud ?


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