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Poésie libre
Atom : Des bouteilles et des sacs sans fond
 Publié le 10/10/21  -  13 commentaires  -  1093 caractères  -  183 lectures    Autres textes du même auteur

Prosaïque.


Des bouteilles et des sacs sans fond



La rancœur en veille
elle s’installe en face.

Il y a la vaisselle cassée d’hier
qui jonche encore un coin
l’œil au beurre noir…
et puis tout le reste.

Mais elle tend le verre
Et… tend le verre
il se sert et la sert
se ressert et la ressert
ils n’ont au fond rien perdu
de leur complicité.

Ils ne se disent rien
et semblent captivés
par les tournesols
de la toile cirée
comme s’ils cherchaient une erreur
quelque part
entre les vieilles auréoles pourpres
incrustées.

Déflagration
en arrière-fond
un type se fait sauter le caisson
à la télévision.

Il n'y a que le gamin qui lève la tête.

Puis le calme
à nouveau
où l’on croirait entendre
les morceaux se recoller.

Tant qu’il y a des bouteilles
à vider
les sacs restent pleins.

C’est quand il secouera la dernière
que le père
sera déjà plus sensible
au bruit que fait le jouet du gosse
pour commencer…


 
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   Gemini   
2/10/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Prenant.
Le vice qui sert de canne à la stabilité du ménage et les conséquences de ce vice, sont présentés dans une parfaite crudité, mais aussi, hélas, dans une parfaite humanité. Même si elle ne dure que l'instant où l'on s'y adonne.
J'ai mis un certain temps à deviner l'expression "vider son sac". Le double sens de vider sac et bouteille est fin.
La présence (très discrète au départ) de l'enfant qui ne prête l'oreille qu'à des sons nouveaux, se cristallise à la dernière strophe, et rajoute à l'horrible de la scène, qui laisse imaginer la suite au lecteur.
Je trouve beaucoup de simplicité vraie dans ce texte qui raconte la terrible simplicité de vies dont on se doute qu’elles existent sans en connaître le nombre.
Froid dans le dos.

   Vero   
10/10/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Atom,

Scène de vie qui ne devrait pas exister et qui fait froid dans le dos .
L'alcool fait des ravages, quand à ceux qui ont le vin mauvais...on le retrouve trop bien, hélas, dans cette poésie réaliste, et qui décrit parfaitement la scène.
Une forme libérée adaptée pour la circonstance.
Que dire de plus? Rien.
On n'ose même pas imaginer la suite.

   Robot   
10/10/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une présentation trés réaliste de l'alcoolisme, sans effet de manche. Un texte qui par la concision des descriptions donne à la scène sa vérité effarante et effrayante.

   papipoete   
10/10/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Atom
Scène banale de la vie pour un couple d'ivrognes, avec des accès de folie d'un côté de la table à l'autre, puis " morne plaine " un instant.
Le silence se fera quand vides, tous les litrons seront... alors, on pourra entendre : " vroum ; t'as vu papa comme elle roule bien mon auto ? " parmi les tournesols de la toile cirée...
NB eh oui, bien banal est cet épisode, une page tournée et froissée, de l'emploi du temps de picolos, sous les yeux d'un rejeton... qui poussera droit ou tordu ; c'est l'avenir qui en décidera !
La troisième strophe dont j'eus à connaître le scénario, me renvoyant dans la cour des miracles de mon petit frère, n'a pas besoin de plus de détails ; elle parle d'elle-même...

   Cat   
10/10/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La force de cette poésie libre, c'est la dignité. Aucune plainte ne déborde de nulle part, pourtant l'horreur s'installe crescendo. À coup de touches poignantes de réalisme le rideau s'ouvre sur une scène de misère, effroyable quotidien de l'enfant, innocent qui subit les affres de parents tombés dans la déchéance de l'alcool et de la violence, piètre acolyte.

Il n'y a rien à ajouter. Seulement dire que l'émotion, grâce aux mots tellement parlants et si bien placés, sans conteste, est passée.

Ah, les tournesols sur la nappe !...


Cat

NB : Il va sans dire que ce que j'apprécie ici, c'est la mise en forme.

   ericboxfrog   
10/10/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Salut Atom,
des scènes de ménage dues à l'alcool qui s'évapore et nous remet lamentablement les idées en place dans une cuisine ou ailleurs remplissent le quotidien de tant de couples... Le fait de l'avoir écrit une fois de plus et si clairement est une trace indélébile qui pourra en faire réfléchir plus d"un, avant d'ouvrir une bouteille. Bien pensé Atom !

   AlexisGarcia   
10/10/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Atom,
Le choix d'une poésie libre convient bien à l'univers en décomposition de l'ivrognerie. La beauté est réservée à la nappe aux tournesols. Ne riment que les mots qui répètent l'infini terrible de la scène. Et bien sûr, l'unité du vers ne mérite pas ici la majuscule. Dommage cependant qu'il n'y ait une envolée au moment d'évoquer l'enfant.
Bonjour,

   Lebarde   
10/10/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Atom

Les verres de vins frelatés ou pas, avalés par habitude, sans joie, vautrés autour d'une table recouverte d’une toile cirée « aux tournesols « (remarquable image!), dans une apparente et sordide connivence, n'ont vraiment rien de conviviaux et ne feront pas oublier, n'éviteront pas et même provoqueront la vaisselle cassée, les bleus et les coups du soir ou du lendemain.

L'horreur sans fin, sans solution, dans sa plus "horrible" expression jaillissant d'une écriture sobre, percutante, terriblement efficace qui dérange et assomme le lecteur et convient tellement bien au sujet.

Pas un mot de trop dans ces vers simples et directs qui créent une atmosphère brutale et pesante, criante d'une vérité insoutenable qu'on ne voudrait pas connaitre ni entendre.

Bravo.
Magnifique poème dont le propos hérisse le poil et fait froid dans le dos.

Lebarde tout retourné.

   Virou64   
10/10/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Les deux premiers vers donnent le ton...
Ces deux-là, malgré les disputes, malgré les coups, l'absence de communication, ne se sépareront pas. Quelque chose de fort les lie: la haine, la nécessité, l'habitude, la peur de la solitude?
L'enfant assurément. Et l'alcool, qui leur sert à la fois de ciment et de béquille.
L'atmosphère pesante de ce huis-clos familial est parfaitement rendue.
Je n'apprécie guère habituellement la poésie dite libre (que je connais peu, à vrai dire). Ce type de texte serait susceptible de commencer à m'en donner le goût.

   Queribus   
11/10/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Un texte terrifiant par sa simplicité, ses mots choisis sans grandiloquence, d'où encore plus de force; la forme libre, de plus, convient bien à cet univers en déliquescence où existe quand même une complicité entre deux êtres que le vice réunit; j'ai bien aimé aussi "ces tournesols sur la toile cirée"qui contrastent si bien avec la noirceur du reste. Je pense qu'hélas, ce texte reste très d'actualité (les faits divers des journaux pourraient en témoigner). Même si le sujet n’invite guère à la bonne humeur, vous avez très bien fait d'en parler.

Bien à vous.

   Raoul   
11/10/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,
Ce texte me plaît bien, pour son thème - pas simple, bien que le couple alcool/poésie ne soit pas des plus originaux... - et son traitement.
Pas de pathos, la crudité toute nue dans une écriture blanche.
J'aurais juste bien lu : se recoller les morceaux plutôt que " les morceaux se recoller" pour plus de fluidité et d'équilibre.
De même, je trouve que la présence des points de suspension est un peu trop ostentatoire et du coup pointe trop ce qu'ils sont sensés induire.
Une description au scalpel qui dit peut-être plus qu'elle n'évoque.

   Ombhre   
12/10/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Atom,

Votre poème m'a fait penser à un tableau, plein de détails sous-entendus, comme ces peintures des maîtres Flamands où tant de choses se découvrent quand on cesse de tenir son regard en laisse. Ou à la chanson de Brel "chez ces gens là", dont la force est dans l'incroyable simplicité des mots choisis pour décrire un quotidien qui n'a rien de reluisant.

Ce texte est une peinture sociale terrible dans son dénuement, une situation dont on entend parfois parler aux informations quand un drame vient rompre la fausse quiétude de ces vies dont on ne parle jamais. Et vous avez su l'aborder comme un spectateur - presque - détaché. Sous votre plume, l'horreur se fait banale, la violence sous-jacente presque sans importance. Mais pourtant, sans le dire, elle reviendra, car la violence est tenace.

Bravo pour ce très beau texte, empli d'humanité, dont le sujet aurait facilement pu vous faire sombrer dans du mauvais Zola, mais que vous décrivez et écrivez avec une plume faussement légère et des mots justes.

Ombhre

PS: je n'ai pas mis "passionnément" car l'image "les sacs restent pleins" m'est restée étrangère et m'a semblé tomber de nulle part. Mais c'est une remarque à la fois très mineure et très personnelle.

   Myo   
13/10/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Toute la tristesse de la misère sociale dans ces quelques lignes.
L'exergue le dit, "prosaïque" , loin de toute poésie et pourtant vous avez réussi à décrire cette scène avec tous ces sous-entendus qui font la poésie.

Bien sûr le sujet est rude mais la forme lui sied à merveille.

Merci


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