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Poésie contemporaine
Atom : Jardin continuel
 Publié le 01/12/21  -  17 commentaires  -  325 caractères  -  253 lectures    Autres textes du même auteur

Instant.


Jardin continuel



dans un jardin où le regard se déshabille
un moine ratisse un lopin de dissonance
cultivant les remous paisibles du gravier
sans chercher à marier ou à contrarier

il sait déjà depuis longtemps
que les étoiles qui scintillent
au-dessus du monde flottant
ne sont pas disposées en rangs


 
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   EtienneNorvins   
14/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très belle et juste évocation Zen, et avec sa chute en haïku. Tant de présence en si peu de mots... J'admire. Chacune de mes mains applaudit de son côté, pour que vous ayez double dose d'applaudissements.
Bravo !!!

   socque   
15/11/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ah, oui. « Instant », le chapeau dit tout. L'ambiance de votre poème a quelque chose d'asiatique, je trouve, le moine je le vois en train de tracer des lignes dans un jardin de sable zen.

La deuxième strophe en prise de hauteur, élargissement du propos, m'intéresse, mais je la trouve un peu à côté dans la perspective « sagesse millénaire de l'Orient profond » que j'ai adoptée : ce n'est pas l'objet, que le moine sache, cela introduit à mon avis de l'intellectualisme, comme une rupture avec le monde qui n'aligne pas ses étoiles. Cette notation du moine qui sait depuis longtemps casse selon moi la sérénité de l'ensemble.

   Virou64   
21/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un bien bel instantané, visuel et mystique à la fois, de la vie de ce moine qui, s'inspirant du désordre apparent de la voûte céleste, s'évertue à ne pas trop discipliner les graviers qu'il a pour tache de ratisser.
A part le "lopin de dissonance" que j'ai moins goûté, de superbes images, tout particulièrement dans les vers 3 et 4
.

   Marite   
22/11/2021
 a aimé ce texte 
Un peu
Les deux quatrains composant ce très court poème m'ont séduite par les images qu'ils évoquent mais, entre les deux, il me reste une impression d'inachevé ... ou de manque ... dommage car le ressenti transmis est insaisissable pour moi, j'aurais aimé que cet "Instant" offrît une continuité qui persisterait à la fin de la lecture.

   Donaldo75   
22/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce poème est très court ; j’ai l’habitude d’évaluer des formats aussi courts sur l’impact qu’ils ont généré lors de ma lecture et dans le cas présent il est réel, j’ai ressenti une force poétique dans ces huit vers. Les images sont picturales et sonores en même temps, elles ne véhiculent pas du convenu mais forcent habillement le lecteur à entre dans cet univers où la poésie mélange les sens et provoque l’émulsion des neurones. A cet égard, c’est une vraie réussite et je ressors conquis par cet ensemble sans avoir à me poser indéfiniment la question du sens, sans laisser à mon cerveau analytique le champ libre pour itérer autour du pourquoi du comment parce que finalement ce n’est pas là l’essentiel.

Bravo !

   Miguel   
1/12/2021
 a aimé ce texte 
Bien
J'avoue, reconnaissons nos limites, avoir eu besoin de lire les commentaires précédents pour être sûr de tout comprendre ; déjà cette incertitude ressentie me faisait augurer positivement du poème : j'éprouvais la même chose que devant les textes de poètes comme René Char, Jean Follain et quelques autres : un peu de perplexité (c'est ma structure mentale classique, on ne se refait pas). Je me disais donc : ça vaut bien les autres.
Mais les commentaires m'ayant un peu aidé, je trouve en effet ce court poème plein de charme et de sens. La zénitude des moines dépasse le bouddhisme et a une dimension universelle. Cette vision du monde transmet son calme et sa paix au lecteur.

   papipoete   
1/12/2021
 a aimé ce texte 
Un peu
bonjour Atom
Autant, écrire au kilomètre semble facile, autant le faire au centimètre relève de gageure !
Mais la spiritualité qui sourd de vos deux strophes, me rend sceptique !
Pour avoir ratissé ma cour de graviers, je sais qu'il fallait recommencer chaque jour parce que mon chien y dérapait à loisir ! mais dans celle d'un monastère, je doute que le gravier fut souvent chamboulé...
NB les étoiles du ciel qui sont aussi nombreuses que les grains d'un gravier, ne sont comme lui pas " disposées en rang " , ça je le conçois mais le sel de votre écriture me pique les yeux... je reste perplexe.
techniquement, une forme résolument " contemporaine "

   hersen   
1/12/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ici, l'épure, même si elle est dans la forme, est surtout dans l'idée.
Exactement ce qui parle, et je prends ce poème comme éloge à la diversité.

Je suis très très touchée par ce genre d'écrit, plus percutant pour moi que trois quarts d'heure de discours. car ici, ce qu'on lit, c'est l'essence même de l'idée, c'est à la fois seulement ce qu'il peut en rester en même temps que l'évanescence.

Merci pour cette lecture !

   Vincente   
1/12/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Ce poème propose l'ascèse de son économie comme support au "déshabille[ment] du regard" auquel il invite le lecteur.

Il n'y a rien d'autre à voir qu'un mouvement… qui ratisse des grains, le suggestif est total, il demande de considérer, le creux des sillons autant que la vastitude insaisissable de l'espace, "ce monde flottant" "au-dessus des étoiles", qui trouve une toute petite place dans le final en guise d'ouverture… de l'esprit, de la compréhension, de l'espoir, laissant de la place pour tout le reste qui dort sous ces mots.

"Le regard se déshabille", superbe !
"Cultiver les remous paisibles du gravier", également…

Et ce dernier vers, " ne sont pas disposées en rangs", en contrepied face à l'opiniâtreté amène et sage du moine qui ratisse sans volonté de contenir, mais juste pour épouser le mouvement et offrir les volutes et les ondes des graviers animés par sa pensée. Pas plus que les étoiles ils ne seront alignés, mais ils appartiennent cependant à une main…

   Annick   
1/12/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le locuteur semble avoir capturé un instant d'éternité dans le "jardin continuel".
Matérialité et spiritualité fusionnent. Le regard perçoit au-delà du jardin, à la fois regard extérieur et intérieur.
Le moine ne ratisse pas pour égaliser les graviers. Il semble seulement suivre le mouvement de "dissonance". Comme un acte gratuit, apparemment inutile. En réalité, le moine entre en résonance avec les étoiles, miroir de ce qu'est le jardin, microcosme du monde. Ne rien faire qui puisse contrarier cette logique-là.

Merci.

   Provencao   
1/12/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'ai beaucoup aimé ces vers presque libres, compris entre le lire et l'élaboration. Ces vers relèvent à mon sens une signature mystique dans une écriture très centrée sur le regard sur soi. ..

"il sait déjà depuis longtemps
que les étoiles qui scintillent
au-dessus du monde flottant
ne sont pas disposées en rangs"

Serait-ce un fantasme? Votre idée et concept de cette poésie semblent mesurer les forces et les faiblesses qui viennent de l'intérieur et de l'extérieur de ce moine, jusqu'à céler le lien des troubles harmonisés.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Pouet   
1/12/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut,

un bonze qui ne bronze pas sous les étoiles, il cultive le Temps.
Tout n'est que rectitude dans ce chaos de l'âme à l'œil tourné vers une sécheresse intérieure que la patience irrigue avec une méticulosité de marée au ressac du doute dépecé.
(La jeunesse dans la main et des outils rouillés)

Bien sûr qu'en dire un peu moins permet de ne pas en dire trop comme disait le poseur de palissade.

   Myo   
1/12/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Voici ce que j'appellerai un poème sage, ce qui explique sans doute ce choix du moine.
De cette sagesse qui sait que tout ne se contrôle pas et qu'il faut parfois accepter le désordre apparent, s'en accommoder au mieux car c'est souvent dans l'imprévu que naissent les plus belles émotions.

C'est joli, intime, mais ça manque à mes yeux un peu de coffre.

Myo

   Anonyme   
2/12/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Atom,

Vous m'avez transportée dans un jardin zen japonais où l'économie est de rigueur. Économie de mots, d'effets, de matière aussi, mais où le soin apporté à placer chaque élément invite le lecteur-spectateur à la "zénittude", la réflexion.
(un détail le "ou à" du vers 4 n'est pas très harmonieux à l'oreille, "ni à" me plairait mieux).
Merci du partage,
Éclaircie

   Yavanna   
2/12/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
pureté, simplicité, sobriété... l'essentiel en peu de mots parfaitement bien placés, et l'évocation est puissante.

   assagui   
4/12/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir ONIRIS,
Ce poème sonne en moi car, depuis quelques temps déjà, je me suis penché du côté du Levant.
Car le gravier , ici, est l'onde de l'océan, l'éternité du temps et nulle tempête ne peut , ne doit le perturber.
C'est, par exemple plus proche de nous, le jardin d'Erik BORJA et plus précisément devant sa demeure "où le regard se déshabille" ( magnifique).
C'est la nudité même que nulle poussière ne doit venir contrarier.
Dans le second quatrain, c'est l'esprit qui s'interroge...sur l'ordre du monde!
Le premier et surtout la chute du dernier vers sont mes préférés.
Sans prétendre en être... un clin d'œil au haïku, façon jardin.

   Raoul   
21/12/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir,
Un poème qui tend à et atteint la sérénité sans facilités dans le choix des mots et des images. Pas japonisant pour deux yens, on regarde ce "moine" faire avec application les gestes qui doivent être fait.
La pureté/simplicité du langage, son évidence/justesse sont de toute beauté.
Bravo.


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