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Poésie classique
Beaufond : Adresse entropique
 Publié le 17/10/18  -  9 commentaires  -  944 caractères  -  258 lectures    Autres textes du même auteur

Poème du recueil de poésie en cours d'écriture, "Les danses noires".


Adresse entropique



Bientôt, l'ultime voyage,
Au sombre temps du naufrage,
Par un vent royal,
Annoncera — dernier juge —
L'avènement du déluge
Hautain et fatal.

Le plus obscur de tes charmes
Infusera dans tes larmes
Sa terrible aura ;
Et ton regard si lucide
Aux couleurs du suicide
Me délectera.

Pendant qu'à chaque seconde
L'éternité fuit le monde
Dans un jeu mortel,
Enivre-toi de folie,
Et, sans espoir, ne supplie
Aucun dieu cruel.

Vois l'univers disparaître,
Ressens la fin de tout être,
Et le vide épais ;
L'essentiel se déchire,
La mort n'aura rien de pire,
Alors, danse en paix.


 
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   Provencao   
26/9/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
"Vois l'univers disparaître,
Ressens la fin de tout être,
Et le vide épais ;
L'essentiel se déchire,
La mort n'aura rien de pire,
Alors, danse en paix."

J'ai bien apprécié ce versant assez autonome du vivant face à l'inerte qui pourrait apparaitre comme un recul et une réflexion temporaire, une illusion d’indépendance, face à cette fin qui malheureusement finit toujours par gagner...

Belle écriture pour un thème assez difficile à mon sens.
Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Willis   
26/9/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Deux éléments me chagrine : "suicide" avec sa diérèse qui vient casser le rythme, et "danse" qui sors de ce contexte de fin des temps (pars, peut-être aurait été mieux).
Adresse Entropique : non déterminée ? Je ne comprends pas le rapport au texte.
Le poème (sa forme me fait penser à des haïkus regroupés) est bien écrit, mais dans un style qui n'est pas assez "enlevé".

   Miguel   
28/9/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Je ne comprends pas "L'essentiel se déchire" ; mais j'aime cette tonalité lucide et résignée, empreinte d'un désespoir qui invite à vivre. Une philosophie sage et grave, condensée dans des vers brefs et forts.

   izabouille   
30/9/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Voilà une bien belle façon de voir la fin du monde. C'est très beau et vraiment bien écrit.
"Le plus obscur de tes charmes
Infusera dans tes larmes
Sa terrible aura ;
Et ton regard si lucide
Aux couleurs du suicide
Me délectera."
Cette strophe est juste magnifique.

Merci pour ce bon moment de lecture.

   papipoete   
17/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Beaufond
Continuons comme cela, nous les " puissants " de la terre, à la bafouer, à l'user jusqu'à la corde, l'affamer et lui porter le coup de grâce, et cela en sera fini de la vie ici-bas !
Toi le " blond peroxydé, toi le magnat du pétrole, toi, toi et toi ", surtout n'écoutez pas les augures, ni les cris de ceux qui luttent en vain, mais au jour du grand naufrage alors que le peuple se noiera, il se trouvera bien un canot pour vous sauver la mise !
Au milieu de ta cour, de sourds, vas-y danse !
NB en 7 et 5, l'auteur nous égrène la litanie des pires commandements " tu tueras, tu commettras le vol ... " et l'on secoue la tête de dépit ...
Mais j'extrapole, me fais mon scénario !

   PIZZICATO   
17/10/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un nouveau déluge " Hautain et fatal " qui viendra clore la boucle ?
Pourquoi pas... << Rien ne m'est sûr que la chose incertaine >> (Villon)

" L'éternité fuit le monde "

" Vois l'univers disparaître,
Ressens la fin de tout être,
Et le vide épais " Il est vrai que point n'est besoin d'être visionnaire
pour admettre cette réalité.

" Enivre-toi de folie" " Danse en paix ". Oui, s'il n'y a pas mieux à faire...

Un texte intéressant ; une réflexion sur ce monde déboussolé qui ne veut pas avoir les yeux en face des trous.

   Cristale   
17/10/2018
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Je me suis un peu ennuyée sur ce rythme 7/7/5/7/7/5 sans difficulté majeure en 4 quatrains. Les vers plus courts soulignent assez faiblement les tercets qui constituent ces sizains rendant la lecture monotone.
Un mètre plus long que l'heptasyllabe aurait peut-être donné plus de vigueur au discours. Les mots à la rime, formés majoritairement d'une ou deux syllabes, accentuent cette monotonie.
J'ai apprécié le jeu des rimes "si lucide/su-i-cide", pour cela je plussoie ma notation.
L'encre noire du dernier sizain est plaisante si ce n’est l’atonie provoquée par le faible mouvement du 7/5
Un discours et une construction sans grandes surprises. Dommage, le sujet mériterait une écriture un peu plus nerveuse.

Cristale

   emilia   
18/10/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ce poème semble vouloir respecter l’invitation de Verlaine à son « Art poétique » : « De la musique avant toute chose, / Et pour cela préfère l’impair… », dans une variation 7/7/5 que l’on rencontre rarement et qui évolue en tournoyant à la manière d’une valse à trois temps qui commence et s’achève telle la vie… ; face à la fin du monde annoncée, « la mort n’aura rien de pire », à l’évidence, « Alors, (tant que la vie est présente) danse en paix ! » comme une autre forme de « carpe diem »… en quelque sorte… ; merci à vous pour ce partage…

   jfmoods   
20/10/2018
Ce poème est composé de quatre sizains à rythme impair, à rimes suivies et embrassées, suffisantes et riches. Dans chaque strophe, les vers 1, 2, 4 et 5 sont des heptasyllabes à rimes féminines, les vers 3 et 6 des pentasyllabes à rimes masculines.

Le champ lexical du tragique innerve le texte ("l'ultime voyage", "naufrage", "dernier juge", "fatal", "Sa terrible aura", "suicide", "'à chaque seconde / L'éternité fuit le monde", "un jeu mortel", "sans espoir", "disparaître", "la fin de tout être", "le vide épais", "La mort"). Il s'agit ici de considérer le destin commun à tout humain.

Cette échéance à venir, tracée par le poète (adverbe : "Bientôt", futur : "Annoncera", "Infusera", "délectera", "n'aura"), n'est cependant nullement teintée de désespérance.

Ultime et grandiose défi de l'existence (lexique : "un vent royal", "L'avènement", "Hautain"), la mort est une épreuve à affronter avec détermination (superlatif soulignant la douleur à surmonter : "Le plus obscur de tes charmes / Infusera dans tes larmes", verbes de perception invitant à l'imprégnation : "Vois", "Ressens", marqueur d'intensité : "ton regard si lucide"), sans l'attente illusoire d'un quelconque sursis (impératif : "ne supplie / Aucun dieu cruel").

Il faut simplement vivre et laisser vivre (impératifs : "Enivre-toi de folie", "danse en paix") car la fin du chemin vient en son temps (comparatif : "L'essentiel se déchire, / La mort n'aura rien de pire").

Le titre du poème ("Adresse entropique") se présente comme une invitation à ce carpe diem nourri d'un jeu subtil d'allitérations (d/t).

Merci pour ce partage !


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