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Poésie classique
Beaufond : La mort du rêve
 Publié le 11/01/17  -  10 commentaires  -  1830 caractères  -  398 lectures    Autres textes du même auteur

Poème du recueil de poésie en cours d'écriture, « Les danses noires ».


La mort du rêve



Rêve, monstre mystique envenimant les yeux,
Étoile imaginaire, extase illucescente,
Folie harmonieuse, infinité fuyante,
Mélange de parfums exquis et gracieux,
Foudre dans le néant, illusion, hantise,
Ô rêve, tu m'étais la dernière raison ;
Mon âme t'adorait loin de la foule grise
Et t'aimait pour tout monde et pour seul horizon.

Mais tout meurt d'exister même dans le mensonge.
La poésie, hélas ! ne serait rien sans toi
Qu'un écho vain, sans art, poussant avec effroi
Le cri muet de vivre en l'absence d'un songe.
Tu ne reviendras pas, et pourtant, je t'aimais
Comme on ne peut aimer qu'outre son existence ;
Tu sais que je suis mort, que je t'aime à jamais
Et que j'ai fait de toi mon éternelle danse…

Alors, sois mort pour moi, console les vivants !
Ici, rien ne veut rien, tout disparaît, doux rêve :
Les arbres s'éteindront de n'avoir plus de sève,
Le désert deviendra figé loin de tes vents,
Et le soleil ira se mourir sur la dune ;
L'ennui seul restera quelque chose de vrai ;
Les loups ne hurleront plus jamais à la lune ;
Tu ne reviendras pas, et moi, je t'attendrai.


 
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   Francis   
11/1/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un rêve brisé, une absence qui laisse un vide immense et la vie qui semble s'arrêter comme un cœur qui a cessé de battre. Plus rien ne sera comme avant. Des vers magnifiques décrivent la disparition de cette raison de vivre:
"Tu sais que je suis mort, que je t'aime à jamais
Tu ne reviendras pas, et moi, je t'attendrai "
Un hymne à l'amour que j'ai lu et relu en appréciant la qualité du texte.
Merci pour ce partage

   Hananke   
11/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

Une belle évocation fantastique du rêve et de sa perte même
si je pense que le rêve ne peut mourir.

Deux belles strophes, bien imagées, surtout la première.

J'aime moins la troisième que je trouve plus laborieuse
dans sa construction même si les évocations des arbres, du désert
et du soleil reste fortes malgré leur imposition par la rime.

Au final, un très bon texte comme souvent chez l'auteur
même s'il brise toujours l'anonymat avec son incipit.

   luciole   
11/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup aimé cette méditation poétique qui comporte de très beaux vers, des vers qui justement font... rêver.
Merci et bravo.

   HadrienM   
11/1/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
La danse macabre est réussie.

Le veuf inconsolé prend la plume et rassure les vivants. Il personnifie avec maestria le rêve, ce "monstre mystique envenimant les yeux". Formule qui me marque.

L'écriture est assurément lyrique, mais n'en fait pas trop. Le lecteur entre dans le désert du lyrique. Je marche sur du sable chaud ; ce sable hurle la vie du narrateur.

La vie lourde. La vie nécessaire par le poétique, "La poésie, hélas ! ne serait rien sans toi". L'onirique, c'est le poétique. La consécration d'un homme.

"Les loups ne hurleront plus jamais à la lune" mais toi, le Poète, tu inscris ces mots comme le testament d'une vie.

Comme une brillante prophétie. Que la liberté soit offerte aux hommes. Pourvu qu'ils aient le rêve avec eux.

"Le cri muet de vivre en l'absence d'un songe" : on ne pouvait écrire avec davantage de brio.

Félicitations, Chancelier.

Bien à toi,

   papipoete   
11/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Beaufond,
Ô rêve, non cauchemar, tu étais ma dernière raison d'être ; à travers toi je vivais, humant les parfums exquis, et croyais être au milieu du bonheur .
Ô rêve, tu n'étais que chimère, je me suis réveillé ... et tu t'es enfui pour ne jamais revenir, et j'ai retrouvé mon véritable compagnon, l'ennui !
NB qui n'a pas traversé les chemins de velours d'un songe, et s'est retrouvé soudain ( le carillon, le téléphone ) dans son lit, simple mortel !
le 12e vers est très parlant " le cri muet de vivre en l'absence d'un songe "

   Anonyme   
11/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Beaufond... Comme pour vos précédentes prestations, la technique classique est ici parfaitement maitrisée.
Pour ce qui est du fond, heureusement que le titre nous guide car je me suis demandé si c'était à l'être aimé ou plus simplement au rêve que s'adressait cette tirade.
Deux premières strophes de qualité, une troisième moins élaborée et un peu floue à mon goût.
Je ne ferai pas l'autopsie complète de ce poème mais on y trouve de très beaux vers, quelques diérèses bien amenées, des rimes de qualité, etc.
Bel ouvrage... Merci !

   Cristale   
31/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Prosodie correcte, bel enchaînement des vers, une écriture harmonieuse sur la palette de la technique et des émotions.

L'onirisme est prédominant, ce poème garde sa part de secrets.

Merci Beaufond.

Cristale

Edit : en relisant moins "à chaud" je regrette la répétition, 4 fois, du verbe aimer, dont 3 dans la deuxième strophe.
Les strophes ne respectent pas l'agencement du huitain, les structures ABABCCCB ou AAABCCCB seules admises en classique mais bon, l'auteur ne précise pas qu'il a composé des huitains.

   Michel64   
12/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Dès le premier vers, cet "envenimant les yeux" m'a laissé une mauvaise impression. Je ne saurais dire pourquoi.
De même je pense que le cinquième vers est bancal avec cet "illusion" que je ne sais lire autrement qu'en trois syllabes ce qui donne un vers de 11 pieds. Mais je me trompe peut-être vu la qualité d'écriture de l'ensemble.
Mais ceci dit, j'ai été emporté avec plaisir tout au long du poème, et cette réflexion sur le songe contient de très beaux passages comme :
"Ô rêve, tu m'étais la dernière raison ;
Mon âme t'adorait loin de la foule grise
Et t'aimait pour tout monde et pour seul horizon."
ainsi que ce dernier vers qui clôture à merveille ce bel ensemble.
Au plaisir de vous relire

   Miguel   
14/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Des images fortes comme on dit, et des vers superbement frappés, un souffle, un texte véritablement inspiré. Je ne vais pas reprendre tous les éloges déjà faits, mais j'y souscris. Bravo Beaufort.

   jfmoods   
14/5/2017
Ce poème est composé de trois huitains en alexandrins, à rimes embrassées et croisées, suffisantes et riches, égalitairement réparties entre masculines et féminines.

L'oxymore situé à mi-parcours de lecture (vers 12 : "Le cri muet de vivre") met en exergue l'enjeu profond du poème : celui de l'utopie comme force motrice fondamentale de l'individu (apostrophes : "Rêve", "Ô rêve", "doux rêve", énumération exaltée des vers 1 à 5, métonymie avalisant la vastitude d'un réceptacle : "Mon âme", hyperboles : "la dernière raison", "pour tout monde et pour tout horizon", "je t'aime à jamais", complément de manière : "Comme on ne peut aimer qu'outre son existence", adverbe d'intensité : "même dans le mensonge", impératif : "console les vivants !"), d'un individu qui est ici un poète (complément de lieu étayant le statut électif : "loin de la foule grise", conditionnel présent assorti d'une locution restrictive : "La poésie, hélas ! ne serait rien sans toi / Qu'un écho vain, sans art... / ... en l'absence d'un songe").

Quatre imparfaits ("tu m'étais", "Mon âme t'adorait", "t'aimait","je t'aimais") signalent l'aspect désormais révolu d'une quête incessante : celle des mots (cette "danse" du vers 16 qui structure d'autres poèmes du recueil et se retrouve au pluriel dans son titre). Le constat, sans appel, qui s'affiche dans une anaphore construite au futur ("Tu ne reviendras pas") et dans deux hyperboles ("tout meurt d'exister", "tout disparaît"), repose sur la perte de l'inspiration (déduction logique : "Tu sais que je suis mort", "Alors, sois mort pour moi", tautologie : "rien ne veut rien", suite de métaphores liées à la nature : "Les arbres s'éteindront de n'avoir plus de sève, / Le désert deviendra figé loin de tes vents, / Et le soleil ira se mourir sur la dune", animalisation : "Les loups ne hurleront plus jamais à la lune"). Le poète, voué à présent à une existence engluée dans le temps ("L'ennui seul restera quelque chose de vrai"), continuera, contre toute attente, à défaut de pouvoir s'éprouver autrement dans le monde, à croire à une impossible résurrection de l'illumination artistique (paradoxe : "Tu ne reviendras pas, et moi, je t'attendrai").

Merci pour ce partage !


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