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Poésie classique
Beaufond : Labyrinthe des songes
 Publié le 12/11/18  -  10 commentaires  -  2061 caractères  -  265 lectures    Autres textes du même auteur

Poème du recueil de poésie en cours d'écriture, "Les danses noires".


Labyrinthe des songes



Vaporisation de mes nuits nébuleuses
À page blanche, à rêve obscur, confusément
Me dévore les yeux comme noir diamant
Mort dont l'opalescence a rages pluvieuses.

Vite me perds-je là dans la folie alors ;
Et les regards mouillés de pleurs me sont feuillage
Contemplant la beauté tragique du naufrage,
Ennuyés de rosée où va mon âme ; et — hors

De tout — les êtres vont, flore folle et superbe,
Vomir bave à mon cœur en leur satiété.
L'Autre semble de sève, et la vaste cité
Des hommes devient jungle — ou bataille de l'herbe…

Aux fruits de zététique entravant mon pouvoir
J'invente pure fleur qui jamais ne se fane ;
Et le tronc, et la mousse, et la longue liane
Naissent du rêve, ainsi qu'au miroir un miroir.

Mots perdus, bégaiement, morsure de la langue,
Brûlent de fleuraison en les nuits sans sommeil —,
Hurlements violets — clarté ? Défunt soleil.
Les parfums sont moisis sur une chair exsangue,

(Panthère rôde ?) bleue à laquelle fuyons !
Le corps ne se ressent qu'au travers de ses glaires,
Et, le quittant, la vie épuise des lumières
Ténébreuses dont nul n'a capté les rayons.

Encre de désespoir, trou ! pensée anarchique,
Art du rien, mon royaume aux secrets hivernaux,
Je te tiens ! je te tiens par l'oubli des fanaux
Hauts et mystérieux à la flamme mystique.

Vif jazz d'ombre muet, accomplissement du
Vide chez l'avalanche étendue et troublante
De l'absence — ô l'absence ! unique qui me hante
De ce qui m'a manqué, de ce que j'ai perdu !

Et ma vie à genoux devant toi, riche en songe,
S'éteint. Vieux pendentif, rare amulette, prends
Mon esprit de démon sous tes feux apparents ;
Entends mon cri mortel par-delà le mensonge !

Griffe mon souvenir vague te recréant,
Infâme allégorie ! abrège mes souffrances,
Déverse dans mes vers le charme des silences,
Et donne à mon écho le souffle du néant.


 
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   Gemini   
28/10/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Dommage qu’il n’y ait pas d’exergue. Non pas que le texte soit (très) hermétique, ni que le titre soit obscur (bon choix qu’Oniris pour le présenter), mais on le sent bâti dans un réel confus, aux limites du conscient, dont on aurait aimé savoir plus.
Alors, en s’accrochant au titre, j’ai vraiment apprécié cette prise à rebrousse-poil de la syntaxe (notamment les ellipses) pour l’écrit, et l’étirement limite de la prosodie pour faire, sans doute, peut-être, je gage, qui sait ? ressentir au lecteur le trouble de ce moment intime et particulier que sont les rêves : de leur création à leurs égarements, en passant par leur recherche permanente à la croisée des chemins qui les fait ressembler à un homme (poète) s’avançant à tatons dans un labyrinthe.
De la « page blanche » v2, en passant par « Encre de désespoir » v25, jusqu’à « Déverse dans mes vers le charme des silences » v39, il s’en passe des choses chez ce poète qui hésite entre rêve et doute pour plonger (merci pour la zététique). Sacrée bataille entre les muses et Morphée, dont on ne sait qui sort vainqueur. Déchirements entre la pensée et le songe, l’inconscient et le réel, dans un sommeil nommé, bien justement, paradoxal.
Votre poème m'a fait penser aux textes de la grande rhétorique où Clèves, entre autres, exerçait des torsions sur la langue et la prosodie. J'ai l'impression d'un même exercice de virtuosité poétique, et je pense, crois, dis, proclame qu’il est plutôt bien réussi. Si je n’avais qu’une remarque à faire, je dirais que j’ai trouvé cette forme en quatrains bien ordonnés bien plus rigide que l’univers clair-obscur qui les compose.
PS : Si j’en avais une deuxième, j’aurais peut-être mis un « s » à « ombre » v29.

   Gabrielle   
30/10/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
L'auteur, dans ce "Labyrinthe des songes" nous entraîne dans une danse macabre où suinte une fibre poétique particulièrement brillante.

Le lecteur est emporté par le tourbillon des mots et allégories et se prête volontiers au jeu..

La chute du poème est superbe.


Merci à vous pour ce délicieux partage.

   lucilius   
30/10/2018
 a aimé ce texte 
Pas
Je me demande si pour partager ce labyrinthe des songes, il me faut puiser dans l'anisette ou narco-traficoter mes narines tant me semblent touffues et impénétrables ces confusions vaporisées dans des nuits nébuleuses (je n'invente rien). Et le souffle allégorique, presque dithyrambique, de la dernière strophe, titille mon stoïcisme.

Résumons avec des mots simples : je n'y comprends rien et ce n'est pas faute d'avoir timidement essayé.

   PIZZICATO   
12/11/2018
Malgré plusieurs lectures, je ne suis pas parvenu à cerner véritablement ce que l'auteur a voulu exprimer. Le doute, sûrement.
Questions sur le chemin d'existence déjà parcouru ? Bilan sombre ? ...

Bien que le sens de bon nombre d'entre elles m'ait échappé, j'ai apprécié la force des images dans ce texte, ainsi que l'écriture que j'ai trouvée assez inhabituelle pour du classique.

   sympa   
13/11/2018
Bonjour,
Une belle écriture à n'en pas douter.
Quand au fond, mes arguments seront proportionnels à la compréhension que j'ai eu de votre poème.
Je m'abstiendrai donc de noter.
Bonne journée.

   HTFelize   
13/11/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Ce poème aurait pu être très prometteur, dans la lignée d'un Lautréamont, d'un Poe (bien que le style s'en éloigne considérablement) ou d'un Baudelaire dans sa noirceur.

J'aime ce genre de poème, hélas, car je ne peux pas me réjouir entièrement de son écriture, le style est trop décousu, Est-ce un fait exprès de jeu rhétorique pour souligner la confusion mentale du narrateur et je le conçois ; Cela me chagrine, il y a des phrasés qui arrivent à bras raccourci sans crier gare, jetant pèle-mêle des bouts de textes les uns à la suite des autres, oubliant l'harmonie du texte, on s'essouffle à la lecture, on reprend par moment espoir, puis le soufflet versifié se reperd à nouveau dans les méandres de l'imperfection.

Il y a une belle trame, de belles phrases, mais il manque le liant qui en ferait un poème majestueux presque romantique.

   emju   
13/11/2018
 a aimé ce texte 
Pas
J'ai relu plusieurs fois ; désolée je n'ai rien compris. Sans doute ai-je un sens critique trop cartésien, j'aime la logique et la clarté.

   Hiraeth   
13/11/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Votre poème a suffisamment éveillé ma curiosité pour me donner envie de lire vos autres textes, que j'ai beaucoup admirés malgré leur esthétisme très fin du 19e (esthétisme qui est remis en question cependant dans "Le doute", sans doute mon préféré malgré son dernier vers dont j'aurais nuancé l'idée).

On sent chez vous l'influence extrême de Mallarmé. Certains de vos vers égalent à mes yeux son génie, et j'en retiendrai sûrement quelques uns ici (les mots perdus qui brûlent de fleuraison...). Mais combien de lecteurs perdez-vous au passage ? J'admire la modenisation stylistique du propos dans un cadre parfaitement classique, mais cela donne aussi l'impression que vous vous regardez écrire.

   emilia   
13/11/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un univers auquel je n’ai pas accès comme beaucoup mais qui m’interpelle par « la beauté tragique » de son écriture ; j’ai tenté modestement de suivre le fil d’Ariane à travers le cheminement tortueux du labyrinthe (« nuits nébuleuses/ rêve obscur, confusément… »), lieu de perdition et d’errance dont le parcours symbolique favorise l’introspection, la traversée d’une épreuve douloureuse (« souffrances/ encre de désespoir/ hurlements violets… »), la lutte contre « l’esprit démon », une forme de « folie »/ pensée anarchique » explorant l’inconscient d’un « je » face à « l’Autre » et sa majuscule, ce « je » qui selon Rimbaud est (aussi) un autre… comme dans cette métamorphose avec le végétal (« feuillage, tronc, mousse, liane, sève… »), dans une langue qui aime chercher la raison des choses, affronter le chaos intérieur et sa mise en mots (« mort/ défunt soleil/ vie(qui) s’éteint/ cri mortel… »), une langue « mordante » qui « dévore » et bouscule le réel, « invente », griffe l’âme du poète « hanté » par le « vide », « l’absence » (« l’art du rien/ le souffle du néant »), confronté au « diamant noir » à la fois mystérieux et rare, au pouvoir fascinant (« à genoux devant toi… »), ciselant des figures de style récurrentes (allitérations, assonances, ellipses, allégories et oxymores tels que « lumières ténébreuses »…) et une rythmique dont la sonorité peut parfois heurter de façon volontaire eu égard au travail sur la langue comme dans ce vers : « Vite me perds-je là dans la folie alors… » reflétant un sentiment de dérision (comme dans l’expression où cours-je ? / dans quel état j’erre ? …) et pour lequel le lecteur ne peut exclure de s’être fourvoyé à l’image de « ces lumières ténébreuses dont nul n’a capté les rayons »… ; merci à vous pour ce beau partage incitant à la réflexion et bonne continuation de votre recueil…

   jfmoods   
17/11/2018
Ce poème en alexandrins est composé de dix quatrains à rimes embrassées, suffisantes et riches, très majoritairement consonantiques, masculines et féminines s'encadrant tour à tour.

Une certaine vigueur est à l'oeuvre, tant au niveau de la ponctuation (tirets, parenthèses, point d'interrogation, points d'exclamation), que des effets stylistiques (enjambements, rejets et contre-rejets), du rythme (4/4/4, 2/4/6, 6/6, 6/2/4, 3/3/6, 4/8, 3/9, 2/4/5/1) ou de la palette des échos sonores (allitérations : b/p, f/v, s/z, m ; assonances : a, en, é/è, o, on).

L'univers intérieur, vaste (complément de manière : "en leur satiété", comparaison : "L'Autre semble de sève", énumération assortie d'une comparaison : "Et le tronc, et la mousse, et la longue liane / Naissent du rêve, ainsi qu'au miroir un miroir"), fuyant (gradation hyperbolique : "la vaste cité / Des hommes devient jungle", chiasme : "va mon âme" / "les êtres vont", oxymores : "noir diamant", "lumières / Ténébreuses dont nul n'a capté les rayons"), impossible à canaliser, se déploie dans toutes les directions à la fois, matérialisant l'impuissance du poète à produire (champ lexical de la déroute : "Labyrinthe des songes", "Vaporisation", "confusément", "me perds-je là dans la folie", "naufrage", "perdus", "l'oubli des fanaux", synesthésie : "Hurlements violets", parallélisme : "mes nuits nébuleuses / À page blanche, à rêve obscur", énumération : "Mots perdus, bégaiement, morsure de la langue", oxymore : "Brûlent de fleuraison", constat délétère : "Les parfums sont moisis sur une chair exsangue", métaphore : "Encre de désespoir").

L'écriture est un combat au corps à corps avec le texte (anaphore : "Je te tiens ! je te tiens", impératif : "prends / Mon esprit de démon sous tes feux apparents"), l'assaut toujours renouvelé d'une citadelle, d'un bastion intime (gradation : "pensée anarchique, / Art du rien, mon royaume aux secrets hivernaux"), le comblement d'un vide fondateur (personnification : "Défunt soleil", métaphore : "l'avalanche étendue et troublante / De l'absence", gradation : "De ce qui m'a manqué, de ce que j'ai perdu", impératif : "Déverse dans mes vers le charme des silences, / Et donne à mon écho le souffle du néant"). Elle figure l'indispensable talisman (métaphores : "Vieux pendentif, rare amulette") qui allège le fardeau des jours (impératif : "abrège mes souffrances").

Merci pour ce partage !


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