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Poésie classique
Beaufond : Le doute
 Publié le 25/06/14  -  18 commentaires  -  1261 caractères  -  427 lectures    Autres textes du même auteur

Poème du recueil de poésie en cours d'écriture, "Les danses noires".


Le doute



Et si je me trompais ? Si les règles antiques
Désignaient le seul cap pour transpercer l'azur ?
Si mon rêve sans lois n'était qu'un rêve impur
Sans beauté, sans magie et sans danses mystiques ?

Si le chemin céleste était déjà tracé
Et que jusqu'à présent je faisais fausse route ?
La raison ne ment pas, et cependant je doute
Lorsque je vois le pli des grandeurs du passé…

Si mes vers ne s'ouvraient qu'au rebours de la rose
Et fanaient sans parfum avant que de fleurir ?
Si seule quelque épine au lieu de dépérir
Se développait là, comme une horrible prose ?

Ah ! Déchirez mon cœur et brûlez-moi les yeux
Si vous voyez le laid dans ces nuits éternelles !
Je voulais découvrir des lumières nouvelles,
Mais le soleil suffit peut-être sous les cieux.

Que le regard palpite au sein même des rimes !
Qu'embrasse chaque mot ceux qui tournent autour !
Je veux savoir mourir placide sous le jour
Et pouvoir m'écrier dans les instants ultimes :

Il est temps de partir, je rends mon âme, adieu !
Et si j'ai cru trouver l'immensité future
En plongeant au profond de ma sombre nature,
J'ai quelquefois écrit à la place de Dieu.


 
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   Hananke   
23/5/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un très joli poème classique sur le doute...Et Dieu sait
que le doute s'insinue partout.

De très beaux vers :
Désignaient le seul cap pour transpercer l'azur ?
Lorsque je vois le pli des grandeurs du passé…
Mais fanaient sans parfum avant que de fleurir ?

Entre autres.

Deux remarques cependant :
Si mes vers ne s'ouvraient pas ainsi que la rose :
Je trouve que la césure décalée de ce vers en rompt l'harmonie.

Et j'ai du mal à accepter les mots : seule quelque épine
au singulier même si je comprends la métaphore.

Malgré ces deux broutilles, cet écrit demeure
un très beau poème.

   Anonyme   
27/5/2014
 a aimé ce texte 
Un peu
"Qu'embrasse chaque mot ceux qui tournent autour !".

C'est la seule image, le seul vers qui m'a parlé de toutes ses forces parce qu'il résume, à mes yeux, de façon très nette, ce que signifie ce terme indéfinissable, cette recherche permanente qu'est la poésie.

Je le volerais volontiers à son auteur comme signature sous mon pseudo. Merci, en toute sincérité.

Je ne veux retenir que cela de ce poème dont le ton
("Que le regard palpite au sein même des rimes !")
et la grandiloquence, la démesure excessive (pléonasme volontaire) ("Ah ! Déchirez mon cœur et brûlez-moi les yeux
Si vous voyez le laid dans ces nuits éternelles !")
et, le recours à des images vraiment convenues
(Si mes vers ne s'ouvraient pas ainsi que la rose
Mais fanaient sans parfum avant que de fleurir ?")
m'ont quelque peu agacé.

   Miguel   
30/5/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Cette querelle des Anciens et des Modernes "sous un crâne", comme dirait Hugo, ne manque pas de charme, même si parfois elle est un peu difficile à suivre. Quant à écrire à la place de Dieu, c'est une jolie trouvaille, ça donne un vers au souffle puissant, une belle chute, mais c'est un peu un de ces péchés antiques qui valurent de lourdes punitions à Prométhée, Sisyphe, etc.

   Lulu   
25/6/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un mouvement ascendant vers les hautes sphères. J'aime assez cela.

J'aime particulièrement la fin :

"Je veux savoir mourir placide sous le jour
Et pouvoir m'écrier dans les instants ultimes :

Il est temps de partir, je rends mon âme, adieu !
Et si j'ai cru trouver l'immensité future
En plongeant au profond de ma sombre nature,
J'ai quelquefois écrit à la place de Dieu."

   Anonyme   
26/6/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Beaufond, bonjour ! L'écriture classique est parfaitement respectée... Un texte un poil grandiloquent par moments mais aussi de très jolis vers comme ceux-ci :

Si mon rêve sans lois n'était qu'un rêve impur
Sans beauté, sans magie et sans danses mystiques ?

Pour ce qui est du thème, le doute, je ne saisis pas très bien s'il s'agit d'un poète classique qui doute de ses vers ou si le poème traite du doute en général... Ce n'est pas très clair dans mon esprit.

J'ai moi-même un doute concernant le vers qui suit...

Qu'embrasse chaque mot ceux qui tournent autour !

Embrasse ne devrait-il pas être au pluriel ?

Pour moi la phrase est celle-ci :
"Que ceux qui tournent autour embrassent chaque mot" et l'inversion n'y change rien... à moins que je la comprenne de travers !

Bref, un bel exercice d'écriture classique avec toutefois quelques zones d'ombre... à mon goût.

   emilia   
25/6/2014
Un souffle classique d’une belle envolée poétique à l’ambition pour le moins élevée… :"écrire à la place de Dieu, même quelquefois"...Avant d ‘être shakespearien, le doute est un sentiment très humain ; alors, classique ou libérée, ancienne ou nouvelle, le plus important c’est qu’elle existe, cette poésie au cœur des rimes, au cœur des mots où l’émotion « palpite »…

   Anonyme   
25/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut c'est TOTO

Il n'y a pas que l'auteur qui doute, lorsque TOTO voit que cet
excellent poème classique ne réunit que si peu de commentaires
alors que certains poèmes en vers libérés, totalement incompréhensibles, voient leurs lectures démultipliées simplement
parce qu'ils sont écrits par des icônes du site, TOTO doute
fortement.
Ah copinage quand tu nous tiens !

L'auteur résume toute son interrogation dans ses deux premiers vers.
Dommage pour lui, il mérite mieux que cette indifférence et
la poésie aussi.

   myndie   
25/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Beaufond,

Ah, le doute ! Que de sens peut revêtir ce mot ! Pris comme un échec personnel, il peut conduire au pessimisme, mais c'est aussi un moteur qui porte à la réflexion, à la créativité et qui fait avancer.

Le doute que vous exprimez ici, qui d'entre nous ne l'a pas un jour éprouvé et n'a pas eu envie de suspendre sa plume ?
Mais tout se défend, il n'y a que d'inutiles querelles.

Vous nous avez en tout cas offert un poème lyrique dans toute sa splendeur, avec ses comparaisons et ses métaphores, ses interjections et ses interrogations qui donnent une vraie force à l'expression de vos sentiments personnels.
Tout y est, la forme est belle, l'alexandrin ciselé, les rimes embrassée impeccables ; jusqu'au souffle d'exaltation dont vous habillez vos vers , à la manière d'un Lamartine, ce que d'aucuns, modernes, taxeraient d'emphase peut-être...

Je vous envie ce savoir-faire:-D et vous remercie pour ce partage

Ah ! Pour faire suite à la remarque d'Alexandre sur ce vers :
"Qu'embrasse chaque mot ceux qui tournent autour ",
j'ai pensé moi qu'il faut lire:
« que chaque mot embrasse ceux qui tournent autour »
car ici l'inversion évite l'inélégante répétition du son « se »

Mais peut-être que je me trompe?

myndie

dubitative

   Francis   
26/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'écriture est là, belle et parfaitement maîtrisée ! Cependant, celui qui tient la plume ou le pinceau doute. Le créateur s'interroge souvent sur le sens, la qualité de son œuvre. Le déluge ne permit-il pas à Dieu d'effacer la sienne ? Vous traitez ce sujet avec un réel talent et j'ai aimé vous lire.

   margueritec   
30/6/2014
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai beaucoup de mal avec la poésie classique ou néo classique.
Mais là j'avoue que je me suis laissé prendre par le fond (doute, écriture/nature) et des images intéressantes :

"Lorsque je vois le pli des grandeurs du passé"

"Si mon rêve sans lois n'était qu'un rêve impur"

"Si seule quelque épine au lieu de dépérir
Se développait là, comme une horrible prose ?"

"Que le regard palpite au sein même des rimes !"

J'ai particulièrement aimé les deux derniers vers

"En plongeant au profond de ma sombre nature,
J'ai quelquefois écrit à la place de Dieu."

qui me rappelle (un peu) une chanson de Jacques Brel,
toi si t'étais le bon Dieu.

   Robot   
1/7/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Si j'admire l'écriture de ce texte, j'avoue n'avoir pas été entraîné dans sa grandiloquence et pas franchement convaincu sur le fond par la chute du dernier quatrain.

   Anonyme   
8/7/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très joli poème. Je me reconnais totalement en le lisant. Sans cesse dans l'introspection, cette manière de se remettre en question constamment imaginant se tromper sur tout ce qui nous entoure.
Notre monde nous berce d'illusions et malgré une lutte de tous les instants, impossible de savoir où se trouve la vérité.
Superbe.

   leni   
16/11/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Beaufond
j'arrive en retard car je viens de faire un tour suggéré à l'académie française
Le doute est le fruit de notre réflexion Nous l'avons tous rencontré un jour Il est fort joliment exprimé dans ce texte que j'ai trouvé en première lecture un "chouia" grandiloquent Après plusieurs lectures
J'étais dans le ton Tous les mots forts ont été cités Néanmoins je cote ce dernier vers que je truuve superbe

J'ai quelquefois écrit à la place de Dieu.

Merci à vous Salut cordial

Leni

   Anonyme   
16/9/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Je vous ai lu et relu, parce que le titre "Le doute" est venu me chercher, car il nous habite plus au moins, il fait parti de notre vie et sans lui, nous serions bien différents, je pense.


Tout au long de cet écrit vous en décrivez toute la complexité. Mais je trouve un peu dommage d'avoir utilisé cette grandiloquence, pour l'exprimer, car elle ne permet pas tout à fait de bien apprécier ce poème, rendant les mots distants et froids.

Cependant je retiendrai cette deuxième strophe, qui m'est un peu plus parlant :

" Si le chemin céleste était déjà tracé
Et que jusqu'à présent je faisais fausse route ?
La raison ne ment pas, et cependant je doute
Lorsque je vois le pli des grandeurs du passé… "

En conclusion je vous adresse cette citation :

" Ces interrogations ne sont pas faites pour me réconforter tant il est vrai qu’avec des si, on mettrait Paris en bouteille. — (Jean-François Alata, Un mot de l’autre rive, 2005)

   Anonyme   
16/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Changez le titre par : REGRETS

Vous venez exprimer le regret d'avoir négligé la rime d'Alexandre pour son ennemie : la prose, et vous le faites sublimement.

Certes ces vers doivent être peaufinés : EX
----Si mes vers ne s'ouvraient qu'au rebours de la rose
----Et fanaient sans parfum avant que de fleurir ?
----Si je les condamnais, sans regret, à surir
----Afin de pratiquer une hérétique prose

----Que le regard palpite au sein même des rimes
---- Que chaque vers écrit vaille bien le détour
----Pour pouvoir m'en aller placide sous le jour
----Et pouvoir m'écrier dans les instants ultimes :

Hormis ces détails qui altèrent un peu la beauté de votre œuvre, je l'ai trouvée magnifique.

   jfmoods   
30/6/2017
Ce poème est composé de six quatrains à rimes embrassées, suffisantes et riches, féminines et masculines alternant d'une strophe à l'autre.

Les 12 premiers vers posent le questionnement alarmé du poète ("Et si", "Si" x 5) face à l'hypothèse d'une écriture dépourvue d'inspiration (locutions restrictives : "n'était qu'un rêve impur", "ne s'ouvraient qu'au rebours de la rose", gradation : "Sans beauté, sans magie et sans danses mystiques", paradoxe : "fanait avant que de fleurir", complément de manière : "sans parfum", hyperbole : "seule quelque épine", comparaison : "comme une horrible prose"), incapable de relever une haute exigence de qualité (hyperbole : "le seul cap", adverbe : "déjà tracé", complément de but : "pour transpercer l'azur", groupe nominal à visée laudative : "le pli des grandeurs du passé").

Dans la quatrième strophe, en un style particulièrement exalté, le poète prend alors le lecteur à témoin de la vigueur de son investissement personnel (hypothèse admise : "Si vous voyez le laid", impératif : "Déchirez mon coeur", "brûlez-moi les yeux"), avant d'admettre l'hypothèse de l'échec à transmettre (modalisation : "Je voulais découvrir", jeu antithétique : "nuits éternelles / "lumières nouvelles", adverbe : "le soleil suffit peut-être").

Au fil des deux derniers quatrains, anticipant l'heure lointaine de sa disparition (verbes à l'infinitif : "savoir mourir", complément de temps : "dans les instants ultimes", euphémismes : "il est temps de partir, je rends mon âme"), le poète rappelle à lui son orgueil (subjonctif portant l'injonction lyrique : "Que le regard palpite", "Qu'embrasse chaque mot") pour exhumer du naufrage, d'une postérité introuvable de l'oeuvre (hypothèse avalisant l'échec : "si j'ai cru trouver l'immensité future"), quelques passages éblouissants (complément de manière soulignant l'intensité de la prospection : "En plongeant au profond de ma sombre nature", adverbe de temps relativisant une assertion pour le moins péremptoire : "J'ai quelquefois écrit à la place de Dieu").

Merci pour ce partage !

   Myo   
20/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Beaufond,

Je ne vais pas décortiquer la forme, d'autres bien plus à même de le faire s'en sont chargés et je vous fais confiance sur ce point.

Quant au fond ( beau de surcroît ;-) ), je n'entrerai pas dans le débat de la route à suivre car, tout comme l'auteur, je doute.
Si la poésie classique est régie par ce cadre réglementaire qui en pose les jalons, le choix de son expression est de nature intime.

La richesse de l'écriture dépendra de la richesse de cette intimité, de la profondeur du regard posé sur ce qui nous entoure, sur ce que nous vivons. Faut-il pour cela viser Dieu ? Vaste question...
Mon avis sera bien plus modeste ... mais vous le savez déjà.

J'aime beaucoup le 3e quatrain.

Une seule chose me semble évidente, ne doutez plus monsieur, et laissez vous guider par ce qui vous touche. Le soleil suffit...

Un grand merci

   CLouise   
21/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
La grandiloquence sied parfaitement à votre poème.
Après tout, exposer son doute, s'enorgueillir de sa présence, c'est se jouer de lui, et de vos lecteurs.
Je vous imagine vous taper les cuisses à chaque belle tournure.
Particulièrement aimé le dernier vers, qui fait écho pour moi à " et j'ai vu quelque fois ce que l'homme a cru voir"


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