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Poésie classique
Beaufond : Les volcans éteints
 Publié le 16/05/13  -  22 commentaires  -  731 caractères  -  1924 lectures    Autres textes du même auteur

Sonnet du recueil de poésie en cours d'écriture, "Les danses noires".


Les volcans éteints



Trônant sur le côté des collines de pierre,
Par les tristes climats rallongeant les matins,
Dans les vents refroidis des funestes destins,
Les monts couverts de cendre occupent la matière.

Des rochers défraîchis, puants, pleins de poussière,
S'écrasent au travers de nuages lointains
En redressant la peau de ces volcans éteints
Dont le cadavre gît sous la sombre lumière.

J'ai gravi le flanc dur de ces sols désolés,
Gris, sinistres et longs, et de tout isolés
Pour un peu de repos vers un ciel haut de gamme ;

Là, j'ai vu des vapeurs dans l'azur insoumis
Et des soleils géants mêlés d'or et de flamme
S'élever des volcans qu'on croyait endormis !


 
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   socque   
29/4/2013
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime beaucoup cette image des rochers qui "redressent la peau" des volcans éteints, morts peut-être. Toutefois, le qualificatif de "puants" me paraît excessif : si les volcans sont éteints présumés morts, la lave ne sent plus grand-chose, si ? J'avoue que le terme m'a gênée parce qu'il me paraît incongru dans le paysage encore inerte à ce stade.
De beaux tercets à mon avis, expressifs, au mouvement net... mais pourquoi l'azur serait-il insoumis ? Et qui a essayé de le soumettre, les vapeurs ? Ici, je trouve que le propos s'embrouille.

Dans l'ensemble, le sonnet me plaît, le sujet en est original ; les rimes soignées mais pas très inventives selon moi ("pierre"/"matière"/"poussière"/"lumière" notamment). Peut-être trop d'adjectifs pour mon goût, je trouve qu'ils affaiblissent l'impact de l'ensemble.

   troupi   
29/4/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai un peu fréquenté les déserts; pas encore les volcans. Mais quand on lit un tel sonnet on ne peut qu'avoir envie d'aller le vérifier ce "ciel haut de gamme" et ces "soleils géants mêlés d'or et de flamme". de plus même si je ne suis pas un spécialiste du sonnet celui-ci me semble absolument bien écrit.
Juste une question : Les volcans seraient-ils des blessures d'où s'écoulerait le sang de la terre ?

   Anonyme   
16/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir ! Superbe sonnet tant par l'écriture que par le thème et un dernier tercet composé de trois vers de toute beauté. Seul bémol, la répétition de "volcans" mais je comprends qu'il était difficile de l'éviter... Merci et un Grand Bravo !

Edit. Puisque ce sonnet est à l'affiche je reviens à la répétition de volcans...
On pouvait peut-être employer "dômes" dans le second quatrain;
Un autre détail, pourquoi pas "de" au lieu de "des" volcans dans le tercet final d'autant qu'il y a déjà un "des" au vers précédent...

   brabant   
16/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Beaufond,


C'est très beau, une grande force de visualisation se dégage de ces vers, sonnet en impact d'images.

Bon, ''ciel haut de gamme" a dressé mon oreille conditionnée à l'appel d'offres, mais c'est d'offrande qu'il s'agit ici et j'ai communié avec la dernière strophe.

Allumé !

Ce volcan a des fumées d'encens.

:)

   TheDreamer   
16/5/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Intéressant sonnet sur une jolie musicalité.

Une seule interrogation : je ne saisis pas le sens de "ciel haut de gamme" !

   Anonyme   
16/5/2013
Commentaire modéré

   Anonyme   
16/5/2013
Commentaire modéré

   Beaufond   
10/2/2014
 

   Marite   
16/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Néophyte pour l'écriture de ce genre poétique classique, j'en apprécie cependant régulièrement la lecture.
Dans ce sonnet, que l'auteur veuille bien m'excuser il y a dans chacune des trois premières strophes un mot, une expression, qui
me gênent :
1er quatrain : "...matière."
2nd quatrain : " ... puants ..."
1er tercet : " ... haut de gamme; "
Le dernier tercet, quant à lui, offre un réel plaisir à la lecture.

   Anonyme   
16/5/2013
Commentaire modéré

   Anonyme   
16/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une puissance tellurique encombrée encore de ses vieux fantômes.
Le thème est très bon, et le ressenti est très fort.
Une écriture ciselée entre vieilles roches froides, où l'on croit apercevoir des fumeroles acides, et azur impérieux prompt à recouvrir cette fin de monde.
Une guerre de Titans se joue là, et les mots forts de ce poème nous invitent à un arbitrage improbable.

   Anonyme   
17/5/2013
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,
Je lis les poésies de ce forum depuis un moment et m'y suis inscrit aujourd'hui par devoir, parce que je me devais de commenter ce magnifique sonnet, cet infini sonnet, digne de tout, en relevant sa note des mérites trop petits, parce que je devais souligner cette élévation de l'âme proposée sur internet, noyée dans un désert d'idées confuses et mélangée à des joliesses inférieures. C'est une éruption de beauté, une explosion symbolique des latences éternelles. Cela tient dans un sonnet : peut-on vraiment mieux faire ?
L'on me demande de commenter ce poème de façon technique, mais que dire ? La forme est impeccable d'un sonnet classique, allant crescendo vers ces "soleils géants mêlés d'or et de flamme" en partant de "rochers défraîchis, puants", "par les tristes climats". Je verrais bien un tel poème dans une section qui s'appellerait "Spleen et Idéal" à tout hasard. Les quatrains me font penser au vers de Baudelaire "Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent" et je crois qu'après cette lecture, je comprends mieux le poème de Baudelaire.
"l'azur insoumis" forme une hypallage tout à fait délicieuse, et inviterait bien en son sein quelques "ailes de géant". Ce n'est pas l'instant saisis, mais le sens de ce poème s'échappe largement des mots qu'il contient. Je n'avais jamais lu "haut de gamme" dans un poème, c'est chose faite. Les champs lexicaux se tiennent, et à "un peu de repos" on trouve "endormis" qui nous vient avec exclamation et superbe. La "sombre lumière" fait oxymore rappelant le "Soleil noir de la Mélancolie" de Nerval et rend une couleur particulièrement forte sur tout le poème. Plus qu'un réveil, ce poème décrit une résurrection : les volcans sont certes "endormis", mais il sont "éteints", leur "cadavre gît", les "destins" sont "funestes", l'on comprend bien que quelque chose de mystique se produit à l'intérieur de ce poème.
La beauté est bizarre, voilà que je veux gravir des "rochers défraîchis, puants" et "pleins de poussière"...
Je n'ai plus qu'une question : quand paraîtra ce recueil en cours d'écriture, "Les danses noires" ?

   KIE   
17/5/2013
"de ces sols désolés" : intéressant, ce jeux des sonorités avec le sens. Mais est-ce un plus ? S'il ne s'agit que de chercher un effet, pourquoi pas "de ces os désolés" pour continuer sur l'idée de la "peau" (deux vers plus haut) ?
Nonobstant ce "ciel haut de gamme" qui nous fait un peu descendre de nos nuages, nous avons là un sonnet de très belle facture.

   Renaud   
17/5/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
La description contre-esthétique (?), un brin hugolienne, de ce paysage, ni trop courte, ni trop longue, se glisse avec naturel dans la forme reine. J'aime beaucoup le titre, le vers 2, hivernal, le 9 avec ses mots monosyllabiques qui semblent alléger la texture ; l'introduction tardive de la première personne du singulier. Le dernier tercet est remarquable, beau, photogénique, graphogénique. Vous rattrapez l'assez banale lumière sombre avec les très démonstratifs soleils géants mêlés d'or et de flamme.

En revanche je trouve incongrus les monts qui occupent la matière (l'espace ?) et l'impardonnable ciel haut de gamme (un peu de marketing ne fait pas de mal ?) ; enfin, pourquoi l'azur est-il insoumis ?

Un bel ouvrage, mieux qu'une vue prise d'un hélicoptère, mais je n'y vois pas le trait de génie, certes subjectif, que je cherche dans un poème. Sans doute y manque-t-il une transformation de ces volcans en phénomène humain. Le poète ici se réduit à un randonneur téméraire : je gravis, je vis. Entre vos soleils et votre côte à gravir, vous auriez pu trouver quelque chose de fort en humanité.

En espérant que ce commentaire vous soit utile ou agréable.

   sqark   
17/5/2013
Les volcans éteints qu'on croyait endormis ont été empoisonnés par l'air nouveau mais pourtant antique.

A Lundi !

   David   
18/5/2013
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour Beaufond,

Je trouve que les tercets pâtissent musicalement par rapport aux quatrains : il y a une assonance géants/volcans à la fin qui vient comme rajouter une rime, mais c'est surtout dans le premier tercet que j'ai réagis :

"J'ai gravi le flanc dur de ces sols désolés,
Gris, sinistres et longs, et de tout isolés"

C'est la même racine pour les trois mots sols/désolés/isolés, même si ça n'assone pas pour tous, la rime riche par contre perd une grande partie de son intérêt.

Avec une formule comme "ciel haut de gamme" le registre de langue change aussi, il me semble. Sans que ce soit pompeux, le ton était assez "hugolien" jusque là, et par la suite.

J'hésitais aussi pour parler du dernier quatrain avec :

"Des rochers (... )
S'écrasent (... )
En redressant la peau de ces volcans éteints"

Ce n'est pas moche, mais je n'ai pas saisi rapidement, je crois que c'est un tremblement de terre qui fait tomber les rochers, avec des nuages en contrebas du sommet du volcan (pour qu'ils puissent "s'écrasaient au travers"). En première lecture, je pensais que l'éruption était déjà active, mais il me semble que non, qu'elle a lieu à la toute fin, autre chose aurait donc fait bougé les rochers.

J'aime bien sinon le début sur "Trônant" et la fin sur "s'élever", comme si c'était deux mouvements, ça mène assez bien le poème dans l'ensemble, mais bon, il me semble que la terre tremble et que ce n'est dit nulle part.

   Folibri   
21/6/2013
 a aimé ce texte 
Passionnément
Je mettrais bien la note d'Exceptionnel à ce poème, mais je n'ai pas le cœur à expliquer pourquoi et ne veux pas voir mon commentaire modéré comme je vois qu'il y en a déjà eu !

Edit : Allez, je m'y essaie, je viens de m'y essayer ailleurs. Je ne sais pourtant pas quoi dire, j'ai l'impression que ces mots auraient pu être les miens si je savais écrire. Le début me paraît flou et sombre, visuel sans être pénétrant, et c'est ce qui fait toute la force de ce sonnet. Si l'on s'arrête aux deux premiers quatrains, l'on ne peut pas se dire "Ah, qu'il est beau ce poème !" et pourtant, les deux tercets qui suivent prennent une grandeur impérieuse.
Il ne me semble pas que "désolés" (desolare : « laisser seul ») et "isolés" (insula : « île ») soient de la même origine, pour répondre à David, mais ma connaissance latine est assez faible pour que je sois allé chercher cela sur internet.
Je relis ce sonnet, et l'exclamation unique en fin de poème me paraît toujours aussi vaste. Vraiment, je sens ces vers comme les miens, comme la description de l'éruption intérieure à mon cœur qui ne s'est jamais produite !

   Buldo   
19/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonsoir,

J'aime bien les images des paysages décrits, dans leur statique stature, puis dans leurs descriptions destituées d'esprit vivant, et enfin, dans les foisonnantes et fulgurantes figures fortes de ces feux.

Au premier abord j'ai toujours trouvé le "puants" ni à sa place, ni à mon goût. Mais, après quelques relectures, et quelques jours passés, je lui trouve sa place dans ce quatrain, qui doit choquer par une certaine laideur. (Le rapprochement "peau" - "cadavre" provoque chez moi une image assez laide, mais c'est voulu, et le rendu est richement inclus dans l'ensemble !)

Pour autant, il y a quelques questions qui me restent encore sans réponse pour l'instant : "la matière" et "ciel haut de gamme".

La reprise des forces du dernier tercet donne un ton très puissant (accentué par le "!"), qui nous réveille de ce décor, auparavant si apaisé (en apparence).

En bref, j'irais presque voir de près ces volcans. Presque !

Merci du partage !

   Miguel   
20/5/2013
 a aimé ce texte 
Un peu
J'ai longtemps hésité face à ce poème, mais auprès de l'enthousiasme qu'il a suscité les réserves que j'émettrai ne sauraient lui faire grand tort. Il y a des choses étranges (pourquoi "sur le côté des collines" ?), des pléonasmes ("collines de pierre"), des vers obscurs (celui sur les matins par exemple) et l'ensemble ne m'inspire guère d'émotion. L'ai-je mal lu ? En ai-je ignoré les finesses ? Mais enfin ma subjectivité n'ôte rien aux mérites que des lecteurs plus attentifs ou plus avisés que moi ont su lui trouver.

   Ioledane   
23/5/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↓
La pointe de ce sonnet me fait inévitablement penser à Brel :
« On a vu souvent
Rejaillir le feu
De l'ancien volcan
Qu'on croyait trop vieux ».

Certaines images me paraissent curieuses, j’ai du mal à les rattacher à une quelconque réalité :
« occupent la matière »
« rochers défraîchis, puants » qui « s’écrasent au travers de nuages lointains »
« redressant la peau de ces volcans »
« ciel haut de gamme »
« azur insoumis »

D’autres sont assez convenues :
« funestes destins »
« dont le cadavre gît »
« sombre lumière »

Les rimes enfin, ne sont guère originales.

Néanmoins malgré ces remarques, cela n’en reste pas moins un sonnet d’honnête facture, sans réelle surprise mais plutôt bien réalisé et maîtrisé.

   Anonyme   
20/6/2013
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Mon Dieu, mais que viens-je de lire ? J'étais vierge, je suis désormais la plus impure des catins. Et devant vous belle âme, devant vous je le dis, jamais je ne connaitrai encore le frisson qui m'a parcouru l'échine lorsque j'ai lu cette deuxième strophe. À la troisième lecture, je crois bien que j'ai éructé, mais je ne vous dirai quoi.
Quand je vous parle de frisson, ce n'est ni le froid, ni la peur, ni même une certaine forme d'admiration qui provoqua celui-ci. C'est en vérité la description que mon corps fit face à l'apparition si soudaine, si saugrenue devrais-je dire mais à la fois si époustoufflante de la vérité devant mes yeux clos depuis ma naissance. Depuis mes autres morts et depuis celles des plus saints hommes.

Pour en revenir à votre poème, qui comme vous pouvez le voir a soulevé en moi un grand nombre d'émotions intenses, je dirai que, outre la perfection de chaque strophe, ciselée avec la finesse d'un ébéniste, vous avez su mettre en balance le charme et l'évidence terrible du monde. À travers ces volcans, c'est le fin-fond de votre âme que vous nous livrez. Il me semble qu'on pourrait y voir surgir des univers sans fin:

Je vais me taire maintenant. retourner à ma triste vie. Je vous dis merci pour cet orgasme si particulier.

   Nox   
3/9/2013
Le passage entre les deux premières strophes n'est-il pas trop brusque ? D'une part, un tableau serein, limpide, bien parnassien, et ensuite, une scène exaltée, que même des cailloux morts vont déchaîner.

Ah, mais des notes me semblent intempestives :
« trônant sur le côté » ; il y a trop de grâce dans « trôner » pour qu'il soit suivi d'un « sur le côté », c'est triste !
Après la moitié du premier tercet, l'absence d'une virgule me fait hésiter pour « Pour un peu de repos » ; je ne sais trop avec quoi l'unir.
Et puis ce « Là » qui commence le deuxième tercet ; on dirait mes maladresses ! C'est que, cet écrit est si élégamment bâti qu'il n'est nul besoin de repréciser au lecteur où il se trouve....comprenez...tout coule de source.

Et, et cet « haut de gamme » : quoique à l'apparence importune, il a charmé mon oreille ; accordé à « ciel », il est si pimpant ! Pimpant.

Mais, une poésie ne pourrait vivre que par une seule expression ! Voyez : « Et des soleils géants mêlés d'or et de flamme », qui pourrait être béni à lui seul. Et cet « azur insoumis », qui se sentait planer tout le long de l'écrit, et qui s'étale enfin, vif !

   Anonyme   
31/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour
J'aime beaucoup , texte bien construit et bien imagé .

   Anonyme   
16/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Me voilà arrivé au bout de mes lectures, ce poème-ci est sur un thème qui me ramène à des souvenirs, ayant visité Pompéi, à cette époque il était possible de se promener au travers de cet endroit de part en part, j'en garde une émotion sans pareille. C'est indescriptible.

Pour en revenir à votre poème, je reconnais que vous savez poser vos mots, vous leurs donnez beaucoup "de volume", ils envahissent tout l'espace.
Cependant, après chaque lecture, il y a un moment d'hésitation, il y a de très très bonnes choses, mais qui gagneraient à être exprimées avec un peu de nuances, un peu de simplicité.

J'aimerai "vibrer", sous l'éloquence de cette plume qui fait preuve de talent, je suis freiné dans mon émotion par un instant manque de sensibilité.

La fragilité de l'auteur m'émeut, j'ai l'impression d'être dans le partage, pas toujours perceptible dans vos écrits.

   jfmoods   
17/4/2017
Ce sonnet en alexandrins est composé de rimes embrassées, suivies et croisées, suffisantes et riches, majoritairement masculines.

Construits au présent de narration, les deux premiers quatrains présentent un décor peu accueillant (groupes nominaux dépréciatifs : "tristes climats", "vents refroidis", "nuages lointains", oxymore : "sombre lumière"), marqué par la pesanteur (groupe nominal : "collines de pierre", verbe : "S'écrasent", gérondif : "En redressant") et la mort (groupe nominal : "monts couverts de cendre"). Un jeu de personnifications ("Des rochers défraîchis, puants, pleins de poussière", "la peau de ces volcans éteints", "le cadavre gît") permet au lecteur de comprendre qu'il s'agit d'un paysage intime et que le titre du poème fait métaphoriquement référence à une inspiration devenue moribonde. La "matière" du vers 4 pourrait bien être une matière grise encalminée. On comprend mieux, dès lors, le poids des participes présents ("Trônant", "rallongeant les matins") et la tonalité tragique véhiculée par le groupe nominal ("des funestes destins").

Les deux tercets vont alors faire passer le poète de la passivité désespérante de l'homme arrimé à la terre (vers 10, à rythme ternaire et à cadence ascendante : "Gris, sinistres et longs, et de tout isolés") à l'action salutaire du grimpeur quittant un sol oppressant (complément circonstanciel de but : "Pour un peu de repos") pour renouer avec les hauteurs et, par conséquent, avec l'éveil de l'inspiration poétique (passés composés : "J'ai gravi", "j'ai vu", groupe nominal laudatif : "un ciel haut de gamme", complément de lieu fixant un territoire à conquérir : "des vapeurs dans l'azur insoumis", déictique : "là", périphrase désignant la lave, bouillonnement fertile du langage : "des soleils géants mêlés d'or et de flammes", verbe à l'infinitif accréditant la charge volubile des mots : "S'élever").

Merci pour ce partage !


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