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Poésie classique
Bellini : Sortilèges d’ailleurs
 Publié le 10/07/20  -  15 commentaires  -  1241 caractères  -  521 lectures    Autres textes du même auteur


Sortilèges d’ailleurs



Ce matin-là j’ai vu, blotti dans mon peignoir,
Les bruyères en feu des landes dévastées,
Un cortège tout blanc promener un chat noir,
Et l’écume du port engloutir les jetées.

J’ai vu le diable et Dieu transmuter l’or en fer,
Brader en souriant des beignets sur la plage,
Des pinceaux colorés d’oiseaux bleus de l’enfer,
Et des yeux d’ange blond dans un beau coquillage.

J’ai même vu Jésus, celui de Mazameth,
Exalter son rosé de quelques picholines,
Tourner le cul au ciel en fumant de l’aneth,
Et tendre son hamac au milieu des collines.

J’ai vu Faust en goguette effeuiller Méphisto,
Marguerite aux cent coups comme une âme damnée,
Dégrafer lestement son corset d’aristo,
Et revendre en bouquets ses rêves d’hyménée.

Puis ce fou qui pansait les bras d’un vieux moulin,
Frappait aux lupanars pour fuir sa destinée,
Portant haut sa vertu sous sa culotte en lin ;
Aurait-il vu Sancho bécoter Dulcinée ?

Soudain le sortilège a sonné le réveil,
Les charmes de la sorgue avaient perdu l’envie,
Le lit semblait bordé, j’ai quitté mon sommeil,
Et le cœur tout défait j’ai rencontré ma vie.


 
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   Eclaircie   
20/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Un poème présenté en classique qui à mes yeux (mais je ne connais pas toute la finesse des règles) me semble répondre à cette catégorie.

J'ai aimé le titre, le mot "ailleurs" pouvant être lu de différentes manières.
Ensuite le style de ce poème est vraiment délicieux. Irrévérence, fantaisie, références littéraires plus ou moins détournées, vocabulaire canaille par moments.
Je ne connaissais pas le mot "sorgue" merci pour la découverte.
J'ai adoré le dernier vers.
Le réveil n'en est que plus savoureux.

Merci du partage,
Éclaircie

   myndie   
24/6/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Décidément, elle est à la mode cette année la Marguerite de Faust !
Cette histoire qui de prime abord, même pour un rêve, peut sembler hermétique, m'évoque certains passages d'un ouvrage qui s'appelle « Faust ou l'histoire du docteur Jehan Faust, magicien et nécromancien » de Robert Nye.
Peut-être mon imagination m'entraîne t-elle bien loin de ce que vous avez voulu y mettre. Ou pas...
D'ailleurs dans ce roman, il est question de deux Marguerite effeuillées : Marguerite et Gretchen, d'amours saphiques et de moeurs débridées mais joyeuses. D'où l'image de Dieu et du diable en goguette sur la plage...
Voilà pour le fond.
Le style en vérité n'a absolument rien à voir avec l'écriture quasi rabelaisienne du M. Nye. Rien d'obscène ici et même si vous ne faites pas dans la suggestion, c'est finement amené. Même les « lupanars » ne déparent pas le texte de son élégance et de son raffinement.
Je me suis posé la question : à quoi est-ce dû ? A la forme classique, aux alexandrins parfaits ? Peut-être, mais pas que ; il m'en faut plus pour me séduire vraiment : une atmosphère indéfinissable, voire évanescente, des images à pleurer, de l'émotion. Or ici, les belles images sont condensées aux deux premiers quatrains ; quand à l'atmosphère et l'émotion, elles donnent plus dans l'égrillard que dans le flou...
Ce qui me plaît tant dans votre poème, c'est la rouerie et l'intelligence de votre style, de vos choix et associations de termes. J'en veux pour exemple ce vers :
« Puis ce fou qui pansait les bras d'un vieux moulin »
Fût-il isolé du reste, qu'il ferait immédiatement penser à qui vous savez (encore plus avec l'emploi du verbe « pansait » dont les phonème sont voisins de Pança »). Mais je ne voudrais pas m'égarer dans la linguistique...

Enfin bref, tout ceci pour vous dire que je vous trouve plein de talent et bien habile car vous vous y entendez comme personne pour nous vendre votre poésie !
Au fond, ne seriez-vous pas le bonimenteur d'Oniris ? ^^

En tout cas, je vous remercie pour cette lecture qui m'a enchantée.

PS : Marguerite « dégrafer lestement son corset d'aristo »
ça me rappelle quelque chose mais je peux me tromper...

   socque   
27/6/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
La pendule aux accents funèbres
Sonnait brutalement midi,
Et le ciel versait des ténèbres
Sur le triste monde engourdi.

C'est ainsi que Baudelaire clôt un poème décrivant un songe sur lequel plane "Un silence d'éternité". Le vôtre suit donc ce schéma, et ses quatrains, jusqu'à l'avant-dernier, ont su m'emporter, je les ai trouvés fluides et évocateurs, seulement pour moi la ficelle "tout cela n'était qu'un rêve", au bout de bientôt deux siècles d'existence, commence sérieusement à fatiguer ! Je la trouve rédhibitoire dans une nouvelle, en poésie elle est à peine mieux admissible...

   Donaldo75   
29/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J’ai beaucoup aimé ce poème. Il est composé avec application – ce n’est pas un reproche mais une qualité – et inspiration. Mon impression de lecture lui est favorable car il est incarné par l’usage de la première personne du singulier qui force mon empathie. Il faut dire que les vers recèlent une jolie tonalité et que les images véhiculées, référentielles en diable – je me permets ce jeu de mots d’un autre âge – ajoutent du piment à l’ensemble. Il se lit d’une traite, se relit encore et encore sans lasser mes neurones de lecteur matinal.

Bravo !
Merci pour le partage.

   papipoete   
10/7/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Bellini
J'en ai vu de toutes les couleurs ; des teintes noires et celles roses d'un vin du Midi ; j'ai vu que l'on pansait les ailes déchirées d'un vieux moulin ; Marguerite dégrafer son corset d'aristo... ; je n'en pouvais plus ! et... un tintement de cloche m'a réveillé ! je rêvais !
NB j'aime bien ce texte, car il tient la route du burlesque au fantastique, et... j'écrivis le même genre où l'on s'apprêtait à me pendre ( voyage onirique ).
la seconde strophe est celle que je préfère, mais la troisième n'est pas mal non plus !
J'étais voilà 10 jours, à contempler la Sorgue à Fontaine de Vaucluse ; je ne connaissais pas la vôtre !
Encore une fois, je vois que le " classique c'est fastoche... " et il n'y a que moi pour ne pas le servir comme il sied !
Alexandrins, diérèses, césures, rimes, tout est juste ! J'suis dégoûté !

   placebo   
10/7/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai bien aimé la langue du texte.

Sur le fond, j'ai trouvé le début un peu gentille avent que le texte nedécolle, au sixième vers et surtout au 3ème quatrain avec son ton plus irrévérencieux. Comme Socque, je pense qu'il pourrait y avoir une autre fin.

Bonne continuation,
placebo

   LenineBosquet   
10/7/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Miam, il est bon ce poème, j'en reprendrai bien un peu !
Mention spéciale pour le 3ème quatrain, quel hippie ce Jésus comme disait l'autre...
Tout est bon sauf la chute, c'est dommage, on dirait du NTM ("mais tout ceci n'était qu'un rêve" in "Le rêve").
Je connaissais la brune mais pas la sorgue, alors merci.

   Hananke   
10/7/2020
Bonjour

Beau texte classique même si je pense que l'expression : cul au ciel
fait ce qu'on appelle un hiatus de transition, interdit dans la catégorie.
Le "l" de cul ne se liant pas au au suivant.

Autrement, c'est bien écrit et même si je n'ai pas tout compris
j'ai suivi avec un certain plaisir le cheminement des alexandrins.

   Melorane   
10/7/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
Ce texte est très fluide à la lecture, l'ensemble s'enchaine parfaitement bien.
Chaque quatrain amène son décor et sa petite histoire. J'ai une préférence pour le deuxième, mais les autres ne sont pas en reste. Bravo.

Melorane

   Angieblue   
10/7/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup aimé ce mélange de fantastique et de burlesque.
C'est diaboliquement exquis.

Mes vers préférés sont les suivants:

"Un cortège tout blanc promener un chat noir,
Et l’écume du port engloutir les jetées."

"Tourner le cul au ciel en fumant de l’aneth,"
J'aime bien la provocation et le côté un peu blasphématoire. Par contre, dommage que la rime ait mené à ce que ce soit de l'aneth et non de hachisch ou de l'opium. Mais bon, au moins c'est original et inattendu.

Le classique coule de source avec vous, c'est très fluide.

La chute ne me déçoit pas, et elle est tournée de manière originale.
"J'ai rencontré ma vie". Il y a un mystère car on a l'impression que c'est la première fois.

Bravo! belle maîtrise avec un imaginaire mi-sombre, mi-farfelu.

   Miguel   
10/7/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce texte aux aspects un peu hermétiques parfois, d'autres fois un peu oniriques, plein de références littéraires, d'intertextualité comme on dit, où chacun peut trouver des éléments qui lui parlent, est en outre riche d'un grand nombre de vers magnifiques, balancés et mélodieux à souhait ; une vraie musique. Bravo.

   Stephane   
10/7/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je retiendrai ceci : "Et le cœur tout défait j’ai rencontré ma vie". Cela tombe bien car c'est le vers final d'un poème qui ne m'a certes pas tout à fait convaincu, à part ce fameux "... j'ai rencontré ma vie" ! Il y a beaucoup de choses dans ces quatre mots ; il y a tout en fait, tout ce qui résume un être, et il n'est pas nécessaire d'en rajouter.

   Cristale   
10/7/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Bellini,

Un bel ensemble polyptyque composé de tableautins oniriques représentant chacun une scène différente dont la charnière qui les relie semble faite d'éther. La palette joue des images surréalistes sur un fondu de couleurs toutes plus étonnantes les unes que les autres, j'ai l'impression de m'engouffrer dans le tourbillon d'un kaléidoscope polychrome où apparaissent et disparaissent une multitude de personnages et d'animaux et situations "frappadingues" : chat noir promené par un cortège, diable et dieu qui bradent des beignets, Jésus en fumeur d'aneth, Faust effeuillant Méphisto...Marguerite...
Qui, quoi, peut inventer pareilles situations à part un cerveau plongé dans le sommeil paradoxal ? À raison de 4 ou 5 cycles par nuit pour un individu lambda, je ne peux qu'admirer l'activité cérébrale de l'auteur(e) !
D'ailleurs, chaque strophe semble raconter un rêve où se côtoient le plus fou et le plus merveilleux.
... Ce vers que j'adore : "Et des yeux d’ange blond dans un beau coquillage."

Les alexandrins, les rimes, en visuel harmonieux, portent la musique qu'entend peut-être le/la rêveur(se). L'écriture soignée vibre d'autant plus sur ma corde sensible qu'assonances et allitérations, délicatement parsemées, rehaussent l'ensemble des sons et des images. Ce "cul au ciel" ne saurait ternir une telle composition, juste un indice pour les novices : les liaisons dangereuses sont à éviter :) d'où l'absence d'un plussoiement de ma part. Sinon tout est parfait
Le dernier quatrain est bien mené, laissant l'impression de sortir des rêves avec regret pour affronter la réalité du jour présent.

D'impressionnants sortilèges venus du fond du noyau cérébral (cet ailleurs) dont il me plairait de découvrir quelques suites, les miens, de rêves, s'évaporent trop vite.

Bravo pour ce nouvel opus, un très bon cru été 2020.
Cristale

   Yannblev   
12/7/2020
Bonjour Bellini,

Voilà bien un rêve qu’on aimerait faire. Il est pourtant assez raisonnable sans mettre le rêveur en péril. Il y fait des rencontres choisies qu’il observe et qui, si elles sortent de leur personnalité et de l’image que l’on en a lorsqu’on est éveillé, ne sont pas cauchemardesques pour autant. Au contraire. C’est une bonne idée d’avoir sorti les personnages de leur destinée romanesque.

C’est écrit rigoureusement et bellement. Le parti-pris d’images « choc » (par exemple : Jésus fumaillant dans un hamac) avec des mots de poids raviront les amateurs de ces formules destinées à surprendre et déranger, voire simplement à dissoner avec le style par ailleurs léché et travaillé.

Comme dit plus haut le thème du « rêve » est assez récurrent. Il le mérite, à mon sens, et reste une source d’inspiration qui ne se tarit pas. Ici il est abordé avec classe et d’une manière originale.

J’aime plus particulièrement le dernier quatrain et la chute du dernier vers.

Merci du moment

   Beaufond   
17/7/2020
Est-ce un jeu. Il y a du travail là-dessous, une certaine précision, une culture classique exposée — d'accord, d'accord, c'est sans doute bien, mais à part l'idée "ceci n'était qu'un rêve", peu novatrice mais souvent efficace, je ne vois pas bien ce que l'auteur exprime. Il ne m'étonne pas que ce poème plaise à des poètes qui n'ont rien à dire, mais tout de même, l'absence de sensibilité sentimentale ou sensuelle, dans ce poème, a des airs de Parnasse mal digéré.


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