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Poésie contemporaine
BernardG : Andalousie
 Publié le 22/11/19  -  9 commentaires  -  1586 caractères  -  140 lectures    Autres textes du même auteur

Quelques vers sur une Andalousie qui n'existe plus, bétonnée à souhait...
Cante jondo : Chant guttural andalou prenant ses sources dans la tradition arabe.
Zapateado : Danse traditionnelle espagnole avec claquement de talons.


Andalousie



Andalousie évanouie

Terre d'Espagne baignée de lumières,
Tu transmets une douce flamboyance
Dans les iris de tes señoras si fières,
Leurs frais patios expriment fragrance
De roses, jasmins, cornes d'abondance ;
De l'arceau de leurs bras, beaux sémaphores,
Elles s'éventent, troublantes amphores,
Suscitent émois puis balbutiements
Ces noirs yeux maures noyant les aurores,
Andalousie aux cent envoûtements.

Cordoue, Malaga, sont des joaillières
Quand arrive le temps de la brillance,
Car des statues aux allures princières
Quittent leurs lieux saints portant espérance
Et subjuguent par grandeur et prestance,
Sur des trônes que la foule honore
Des Vierges parées de soie et fil d'or
Génèrent des pénitents les tourments,
Qui prient implorant quelque réconfort,
Andalousie aux cent envoûtements.

Infidèles à Grenade l'altière,
Pareilles au paquebot en partance
Les âmes se veulent aventurières,
Elles connaissent les lieux de puissance
Promettant de folles réjouissances,
« Le cante jondo » devient météore,
Éclair argenté, fer de picador,
Zapateados et vibratos déments
Déchirent la nuit en ondes sonores,
Andalousie aux cent envoûtements.

Que lui veulent ces colorés saigneurs ?
En sa prairie il était grand seigneur,
Pourquoi ces puissants et longs hurlements ?
Robe sanglante, clameur et fureur...
Andalousie aux cent envoûtements.


 
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   Anje   
7/11/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Néo-classique.

Andalousie aux cent envoûtements car je ne mettrais pas de "s" à cent. Comme disait mon vieil instituteur "n'y en a-t-il pas assez avec cent ?".

Leurs frais patios... La tournure me semble à revoir. Ce ne peut être les patios des séñoras mais plutôt de leurs maisons, non ? L'auteur prend le risque de traiter d'amphore une fière andalouse. Pas sûr qu'elle le laisse en paix avec cette rime. Vers 9 : outre l'inversion "noirs yeux", l'assonance interne maure/aurore est un peu gênante.
Le troisième vers compte 11 syllabes, le suivant 9.

Bien que tourments rime mieux avec envoûtements, l'inversion du dix-huitième vers ne se justifie pas. "Génèrent les tourments des pénitents" est plus agréable à l'oreille.
Le seizième vers ne mesure que 9 syllabes.

Il me semble que le troisième dizain parle plus de lieux de plaisance que de puissance (juste une petite suggestion).
Les vers 25 mesure 9 syllabes sauf si l'on dit réjouissance en diérèse, ce qui n'est pas le cas sur le reste du poème. Par contre, si je dis bien za-pa-te-a-dos et non za-pa-tia-dos, le vers 28 est trop long d'une syllabe.

J'ai bien aimé cette fausse grande ballade et ma notation va dans le sens du travail accompli. Il n'est pas simple de trouver, et de placer, autant de rimes similaires aux bouts de tant de vers. D'ailleurs, l'auteur y a réussi pour les trente vers composant les trois strophes sur quatre rimes mais a dû se résigner à adopter une cinquième pour l'envoi, modifiant donc la structure de la ballade.

L'Andoulousie et les andalouses vous applaudissent.
Anje en EL

   Corto   
22/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
L'Andalousie fantasmée, qui a baigné l'imaginaire des rêveurs de 'pays lointain' et de 'culture étrange' est ici bien rendue.
C'était au temps d'avant le tout béton, d'avant le tourisme de masse, ainsi le "Andalousie évanouie" d'introduction est bien choisi.

C'était au temps où l'on rêvait "d'Espagne baignée de lumières" sans doute en ignorant les ombres terribles qui l'avaient envahie, pauvreté, guerre, malgré un passé au grand rayonnement.

Mais l'Andalousie continue à fasciner, car elle vibre toujours d' "une douce flamboyance Dans les iris de tes señoras si fières".
On voyage ici de ville en ville "Cordoue, Malaga, sont des joaillières" et l'on sent une vraie complicité avec cette région qui vibre à sa manière "Des Vierges parées de soie et fil d'or Génèrent des pénitents les tourments Qui prient".

Andalousie point de départ des grandes expéditions avec "Infidèles à Grenade l'altière, Pareilles au paquebot en partance Les âmes se veulent aventurières".

Puis viennent les rythmes endiablés "« Le cante jondo » devient météore, Éclair argenté, fer de picador, Zapateados et vibratos déments" qui éclatent dans la nuit chaude.

Car ici rien n'est tiède, surtout pas les sentiments et les expressions publiques, ni dans la vie ni dans l'arène: "En sa prairie il était grand seigneur, Pourquoi ces puissants et longs hurlements ? Robe sanglante, clameur et fureur..."

L'auteur le rappelle à la fin de chaque strophe: l'"Andalousie aux cent envoûtements" est un monde particulier, aux franges de l'Europe et si près de l'Afrique, aujourd'hui comme tout au long de son histoire.

Bravo à l'auteur pour ce tableau riche, précis et exigeant.

   papipoete   
22/11/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour BernardG
L'Espagne dans toute sa splendeur nous apparait, sous les traits des fières gitanes, dansant jusqu'à l'envoutement.
L'Espagne dont on adore les statues de Madone, portées en procession par des pénitents masqués...
L'Espagne et ses arènes dont montent les olé, pour ce " saigneur " en habit de lumière, face à la bête sacrifiée...
NB une carte postale qui nous fait voyager dans le temps, dans les villes, dans le sillage des senoritas, et sur le sable entaché des arènes...
De fort beaux vers tel " de l'arceau de leurs bras, beaux sémaphores/elles s'éventent , troublantes amphores " et la dernière strophe rappelant " les fers des picadors " met en valeur les hurlements de ce seigneur des prairies... qui ne la rejoindra pas ce soir !
Bémol infime au 3e vers où j'aurais mis un point après " fières ", on pourrait croire les " patios...des iris ? "
la métrique irrégulière justifie la " forme contemporaine "

   Davide   
22/11/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour BernardG,

Une grande ballade pour une belle balade au sud de l'Espagne. L'invitation me plaît, aussi, quitté-je la grisaille du nord de la France pour venir danser l'amour et le soleil avec le narrateur... ;p

Sur la forme, le contemporain autorise la non alternance des rimes masculines et féminines, voire des rimes "hétéros" ("honore"/"or"). Dommage alors que le renvoi de cinq vers se soit entiché d'une autre rime ([eur]) ! Enfin, pour plus de lisibilité et de musicalité, si l'auteur s'intéresse au classique, il est préférable de décomposer le décasyllabes en "4 syllabes // 6 syllabes".

J'ai trouvé le poème un peu trop descriptif, même si de jolies images incrustées d'or 18 carats et de rubis, entre soleil de plomb, couleurs chaudes et passion, adornent certaines vers :

"Ces noirs yeux maures noyant les aurores" (très beau !)

"Sur des trônes que la foule honore
Des Vierges parées de soie et fil d'or
Génèrent des pénitents les tourments"

"Éclair argenté, fer de picador,
Zapateados et vibratos déments
Déchirent la nuit en ondes sonores"

La passion - qui se livre aussi dans le flamenco - est perceptible tout au long du poème, les hyperboles ne manquent pas pour dresser le portrait dithyrambique de cette Andalousie "passéiste". Et le vers-refrain, simple, en est un beau condensé : "Andalousie aux cent envoûtements." (j'aurais peut-être préféré "mille" à "cent"...)

J'ai moins aimé le vers 2, dont le verbe "transmets" me semble manquer de puissance pour porter le bel oxymore "douce flamboyance". Puis, l'usage des mots "sémaphores" et "amphores" me paraît maladroit dans le contexte.

Mais surtout, je trouve dommage que le renvoi, qui a valeur de conclusion et qui s'entend comme un résumé, une synthèse, traite d'un autre sujet (la corrida), ou plutôt, d'un sujet à peine ébauché dans les strophes précédentes. J'aurais par exemple trouvé astucieux de reprendre le premier vers du poème ("Terre d'Espagne baignée de lumières") pour amener la conclusion.

   grandin   
22/11/2019
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai cherché l'implication de sentiments. Le lecteur que je suis a besoin que se mêlent les images et les sensations éprouvées par l'auteur. On devine l'émotion pendant la narration, mais l'écrire aurait permis des envolées. Le lyrisme apporte l'âme au texte (lorsqu'il est bien dosé).
Bien écrit, certes, mais la place à vos impressions personnelles n'est que sommairement laissée. Un peu dommage.

   Donaldo75   
23/11/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour BernardG,

Je suis un fan de l’Andalousie dont j’ai à plusieurs reprises gouté les joyaux. De ce fait, je ne pouvais pas faire l’impasse sur ton poème. Et je ne suis pas déçu. A cette lecture, je me remémore des souvenirs anciens scandés dans des décasyllabes contemporains aux riches images de cette fleur de l’Espagne. Le lecteur sent l’amour du poète pour cette région tant chantée, si pittoresque, patrie du flamenco si bien dansé par les troupes d’Antonio Gades le magnifique.

Andale !

Donaldo

   Lebarde   
23/11/2019
 a aimé ce texte 
Bien
J’avais vu passer en EL votre poème, présenté je crois en classique ou néo-classique, sans m’y arrêter, un peu rebuté par sa longueur comme souvent les lecteurs le sont.

Après un survol rapide, j’y avais par ailleurs relevé des erreurs de prosodie que le classique n’accepte pas:
- Métrique irrégulière autour du décasyllabe ( vers de 9, 10 et 11 syllabes),
- Rimes ne respectant pas l’alternance F/M, ou la règle singulier /pluriel,
- Des E non élidés en nombre,
- Quelques hiatus notables,
- Césures aléatoires cassant le rythme.

De tout cela rien a changé, mais le poème a été replacé par le CE en catégorie contemporaine, ce qui en minimise les effets et justifie que je le commente maintenant.

Sur le fond je trouve que votre poème met bien en valeur les aspects les plus typiques de l’Andalousie en décrivant avec beaucoup de réalisme, l’atmosphère envoûtante et colorée qui séduit tant les touristes.

On peut regretter la longueur des phrases (une par strophe de dix vers), ce qui alourdit le propos et oblige parfois le lecteur à chercher le sujet des verbes ou vice et versa.
Mais ce n’est qu’une remarque sans importance de ma part.

On pourrait aussi s’étonner de la bonne utilisation de certains mots ou du bien fondé de telle ou telle description ou image, mais ceci relève de la sensibilité, de la perception et du choix réfléchi et assumé de l’auteur que moi lecteur je ne me donne pas le droit de contester.

En conclusion, on est en présence d’un texte intéressant et respectable en dépit des quelques réserves énoncées qui rappellent aux auteurs qu’en poésie ( comme ailleurs) l’humilité est de mise et la mesure dans les commentaires toujours souhaitable.

Lebarde

   Robot   
24/11/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
L'Espagne n'est pas si loin mais j'ai apprécié l'exotisme de ce poème par lequel le narrateur nous donne sa vision de l'Andalousie. Même si certaines images peuvent s'apparenter à des clichés, la façon d'exprimer les paysages et les personnes est agréable.

Je ferai cependant une petite remarque sur les césures mal placées sur certains alexandrins qui ont gêné le rythme de ma lecture.

   virgo34   
27/11/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Petite-fille d'un Andalou né à Séville, j'ai été attirée par le titre du poème et je n'ai pas été déçue.
J'ai surtout retenu les allusions aux patios fleuris, à la religion bien ancrée dans la population, la musique et les danses "flamencas" mais je regrette un peu que le poème se termine sur le thème de la corrida.
J'ai un peu "tiqué" sur la rime saigneur/seigneur, un peu trop galvaudée et peu élégante. Et surtout (mais c'est un avis personnel), j'ai regretté l'absence de Séville, le cœur de l'Andalousie que je vais retrouver bientôt pour deux mois et où règne une ambiance à nulle autre pareille. Pas le Séville des touristes mais celui d'un peuple de traditions très particulières et authentiques.
Je pense que c'est ce que le poème a voulu évoquer par cette "anaphore" en fin de strophe.


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