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Chansons et Slams
bipol : La clé
 Publié le 23/03/14  -  8 commentaires  -  891 caractères  -  352 lectures    Autres textes du même auteur

J'ai attendu la vie.

Musique et voix Alain Lacuire

http://www.aht.li/2307180/02_-_La_cle.mp3


La clé



sur mon lit étendu
j'ai attendu la vie
un rendez-vous manqué
une sorte d'utopie
dans cette salle visitée
par des images de feu
dans des sièges déchirés
qui parlent au bon Dieu

l'infirmière déchaînée
me tend d'autres cachets
pourquoi être normal
mon monde est de beauté
j'ai des attroupements
qui s'accrochent à mes mots
avec des hors sujet
à travers leurs barreaux

sur mon lit étendu
j'ai attendu la vie
une compréhensible
mais elle n'est pas venue
je vois un hangar vide
avec de la 3 D
aux décors de ciné
et la mer pour de vrai

des histoires impossibles
qui ne me quittent pas
avec des infinis
de pauvres âmes en bois
des oiseaux enchanteurs
dans ma cage de papier
enfermé dans mes mots
et personne n'a la clé


 
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   Aveta   
23/3/2014
Voilà un poème qui me parle… Ne comptez pas sur moi pour décortiquer le pourquoi du comment, j'en suis bien incapable. Selon moi, une poésie doit avant tout provoquer une émotion, dont on ne comprend pas toujours ni d'où elle vient, ni pourquoi elle apparaît à un moment donné. Une bonne poésie provoque si ce n'est une remise en question, du moins un début de questionnement, et c'est le cas ici : donc merci !
Pour moi, les questions qui se posent sont "qu'est ce que la normalité ?" "Qui peut prétendre détenir la vérité à ce sujet ?" Réponses qui bien entendu varient d'une époque à l'autre, d'une culture à l'autre, et finalement, d'un individu à l'autre.
La solitude du personnage me touche, m'interpelle et j'ai envie de lui dire que non, "sa vie n'était pas un rendez-vous manqué". Je ne sais pas si " dans cette salle visitée par des images de feu dans des sièges déchirés qui parlent au bon Dieu", il est évoqué un asile, une église ou une salle de cinéma mais peu importe, chacun y trouvera ses repères et c'est ce qui fait la force du poème à mon avis.
Seul bémol qui me turlupine un peu : "j'ai attendu la vie, une compréhensible" ? une compréhensible quoi ? une vie compréhensible ? Si c'est le cas, on en est tous là à mon avis : parfois le sens des évènements nous échappe totalement, mais au fond, si tout était trop clair, on s'ennuierait "grave" !! J
J'aime beaucoup les derniers vers " dans ma cage de papier, enfermé dans mes mots, et personne n'a la clé" par l'antagonisme qu'ils engendrent. Une cage de papier dont il n'est finalement pas si difficile de s'extraire : un peu de larmes et le papier s'effrite et libère l'âme, ici faite de bois (est-elle aux abois ?). Le bois est un matériau noble et vivant qui a besoin d'eau pour survivre, tout comme l'Humain a besoin de laisser s'exprimer ses émotions pour Etre. (Hêtre hihi !!).
Effectivement, personne d'autre que lui n'a la clé, puisque la clé sont les mots eux même. A chacun donc de s'enfermer ou de s'ouvrir selon ses mots, ou ses maux..

   RB   
23/3/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Bip, je te retrouve ici, plus rare mais en musique et cela me convient davantage pour apprécier ton travail. Tes exutoires, cette dimension musicale en plus, acquièrent une toute envergure. En toute simplicité, avec la musique et le ton du chanteur, ton texte devient d'une profondeur d'expression que je ne lui soupçonnais pas à la lecture seule.

   leni   
23/3/2014
 a aimé ce texte 
Passionnément
salut Bipol
Ce texte m'impose le respect C'est un cri une déchirure C'est le cri(selon moi) d'un bipolaire d'un maniaco-dépressif en pleine déprime qui est descendu dans les abysses de la souffrance morale
L'expression est directe et difficile à soutenir

j'ai des attroupements
qui s'accrochent à mes mots
avec des hors sujet
à travers leurs barreaux


Voila décrite la situation personnelle






des histoires impossibles
qui ne me quittent pas
avec des infinis
de pauvres âmes en bois
des oiseaux enchanteurs
dans ma cage de papier
enfermé dans mes mots
et personne n'a la clé


Et on finit enfermé dans des mots

Quelle lucidité quelle souffrance!

Et devant le respect que j'éprouve à la lecture de ce texte je me dois de noter C'est un témoignage EXCEPTIONNEL

Merci BIPOL Leni

   Bidis   
23/3/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Texte inégal pour moi.
Un passage me semble supérieur :
"j'ai des attroupements
qui s'accrochent à mes mots
avec des hors sujet
à travers leurs barreaux"
même si je me demande qui ou quoi désigne ce "leurs".
Par contre, les infirmières dans les hôpitaux sont agitées, pressées surtout, mais déchaînées... ? Cela me semble excessif.
Enfin, je trouve les quatre derniers vers très beaux. Ils m'ont laissé une impression de grande tristesse.

   myndie   
24/3/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le texte, déjà fort à lui seul, se nourrit de sa musique. [comme le souligne Aveta, il manque effectivement le mot « vie » au 3ème vers de la 3ème strophe, ce que la chanson restitue].

Je suis très impressionnée par la puissance suggestive de votre poème qui évoque une sorte de parano étouffante, un désarroi, une perte de repères et en même temps, tout un univers intérieur avec ses propres codes et ses propres décors.
Ainsi balance t-on entre l'angoisse inhérente à tout enfermement, fût-ce en soi-même, et le sentiment peut-être exaltant de toucher du doigt un monde « hors sujet », auquel personne n'a accès...
J'ai essayé d'imaginer corporellement ce personnage en décalage avec la « normalité » - mais au fond qu'est-ce qu'être normal ? - et c'est l'image de Matthiew Modine sur son lit de fer dans « Birdy » qui s'est imposée à moi. (ou celle de Bob Geldorf dans "The wall"; tiens c'est curieux, le même réalisateur!)
Votre texte, dans sa forme et dans son fond, témoigne d'un vrai style ; il nous touche et nous emmène là où nous ne serions peut-être pas allés de nous-mêmes, à mi-chemin entre la souffrance et ce « monde de beauté »...

Merci pour ce beau moment de lecture et d'écoute

   Purana   
23/3/2014
 a aimé ce texte 
Passionnément
Une description parfaite de l'anxiété sans chercher à être mélodramatique.
Juste le récit d'un monde terrifiant qui permet heureusement, la coexistence avec une sorte de jardin secret plein de verdure :

pourquoi être normal
mon monde est de beauté
j'ai des attroupements
qui s'accrochent à mes mots

La prison dont vous parlez est si palpable dans votre très beau texte qu'elle fait peur :

dans ma cage de papier
enfermé dans mes mots
et personne n'a la clé

Acceptons aussi que ce poème soit le reflet de la vie, et qu'il fasse partie de la vie quotidienne de bon nombre de gens.

La forme est très esthétique. J'admire votre capacité à mettre par écrit ce qui est ressenti par tant de gens, sans pouvoir ni vouloir dévoiler leur âme. Bravo !

À mon avis, c'est l'un de vos meilleurs poèmes.
Il n'est pas sur-imagé, ni sur-intellectualisé ; chaque strophe suit la précédente d'une façon naturelle.
C'est écrit tranquillement tout en acceptant les choses telles qu'elles sont, dans la soumission et l'acceptation. Merci Bipol, je suis très impressionnée.

J'ai lu plusieurs fois votre poème. J'entends le cri mélodieux et je m'inquiète pour le narrateur, mais je ne sais pas que dire ni comment le dire.
Vous faites partie de ces gens que j'apprécie beaucoup parce que vous exprimez ce que vous ressentez, ce qui émane de votre propre âme, de votre propre cœur.

Amitié,
Purana

   Anonyme   
24/3/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour.
J'ai beaucoup aimé ce texte, sa pudeur notamment. On y lit une tristesse cachée.
Comme un cri silencieux.
Je n'ai pas écouté la version musicale car parfois je suis déçue.Je ne m'attache qu'aux mots et la musicalité des phrases.

   Anonyme   
20/1/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Votre texte m'a touché de plein fouet, cette chanson m'a plus que parlé, elle me rappelle une situation vécue, comme vous parlez avec une immense justesse, de cet enfermement intérieur, en effet personne n'a "La Clé", hélas, cela ne pouvait pas être mieux dit, tout votre texte est d'une très grande force "lorsque vous dites "enfermé dans mes mots", tout la réalité de ce mal, comme cette strophe aussi :

"J'ai des attroupements
qui s'accrochent à mes mots
avec des hors sujet
à travers leurs barreaux"

Vous m'avez complètement bouleversée, et retournée,

"sur mon lit étendu
j'ai attendu la vie
une compréhensible
mais elle n'est pas venue"

J'ai aimé ce texte pour tout ce qu'il exprime ...


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