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Poésie libre
BlaseSaintLuc : Ce sont des mots…
 Publié le 09/08/22  -  6 commentaires  -  1626 caractères  -  101 lectures    Autres textes du même auteur

Un peu comme une chanson de Lavilliers…


Ce sont des mots…



À la fin, l'on se souvient des moments, des chansons, il y a comme ça des refrains, qui s'accrochent à nos porte-manteaux.

Ce sont des mots, sans freins, écrits trop vite, trop tôt.
Comme la buée sur cette vitre, qui s'efface dès qu'il fait plus chaud.

Le cœur fondu au soleil, on n'écrit pas sous la mitraille, on est là sous la palme de cet arbre qui nous émerveille.

Ce sont des mots, qui s'accrochent à nos Basques.
Barques transitoires, pour pêcheurs de baleines.

Ils se glissent sur la peau, puis sous le pli, ils se démasquent.
Futiles ou pleins de trémolos, leurs encres, c'est le sang de nos veines dénudées.
Gravés, rebelles, un appel au secours.

Ce sont des mots, comme des gouttes de pluie.
La couleur des voyelles, qui font sur le papier l'arc-en-ciel bohémien, d'un prince va-nu-pieds.

Ce sont des mots qui pèsent sur nous, comme un lourd manteau, à l'approche de l'hiver.

Une sorte de piranhas carnassiers, qui ne laissent que des os blanchis par le sel, sur des sables d'outre-mort.

Des phrases trop longues, pour des sentiments de pacotille, glanées dans le bazar immense des décombres de nos vies.

Ce sont des mots qu'on ne dit plus à nos ombres disparues, des suppliques, des manifestes, dazibaos sur des murailles de Chine.

Ce sont des mots que je laisse, à l'inconnue du Nord-Express, à la fille sur le quai, aux foules anonymes.

J'irai dormir chez vous, un soir d'ivresse littéraire, pour voir si dans le nid on ne retrouve pas quelques épiques caractères.


 
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   Cyrill   
2/8/2022
 a aimé ce texte 
Bien
En lisant l’exergue, je me suis mis au garde-à-vous et prenant la voix de Lavilliers ( si si je sais faire ) j’ai parlé ce poème un peu sur le ton des aventures extraordinaires d’un billet de banque, un morceau vraiment préhistorique du monsieur. Pour les paroles, ici, ça manque un peu de ses mots fétiches : folie, mort et jeunesse, mais ça peut le faire, je dirais.
« Cause toujours, tu m’intéresses », semble me dire ce texte où j’ai trouvé quelques jolies formules pour parler d’un peu tout ce que les mots nous font, nous inspirent, et le narrateur n’est pas en reste de cette inspiration qui part dans l’imaginaire un peu désordonné en restant toutefois attaché à un fin fil du réel.
Du mot superflu au mot qui tue en passant par la poésie, vous avez ratissé large et ce n’est pas désagréable, je me suis laissé embarqué dans vos considérations.
La ponctuation m’a paru un peu fantaisiste, rapport aux virgules particulièrement, que je trouve à bien des endroits superflues.

   AnnaPanizzi   
9/8/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Blase

Plutôt (pas le chien de Mickey) qu’une poésie libre, j’y vois davantage une série de réflexions et de constats personnels assez intéressants sur le pouvoir et la permanence des mots, émaillée de jolies formules (où là on parlera de tentatives poétiques). Je ne peux m’empêcher de penser à Victor Hugo “Les mots sont les passants mystérieux de l'âme.” Pour le détail, les piranhas sont toujours carnassiers et tu as quelques virgules incongrues.

Bon travail de réflexion de ta part

Anna

   Corto   
9/8/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Blase,
Elle est bien plaisante cette balade au pays des mots.
Des expressions accrochent le lecteur et restent longtemps comme un écho:
"c'est le sang de nos veines dénudées".
"dazibaos sur des murailles de Chine."
"Ce sont des mots que je laisse, à l'inconnue du Nord-Express" etc.

Quel poète n'aimerait pas se couler ainsi dans un immense bain de mots ?

On pourrait même y voir une sorte d'infini rebondissant sans cesse, de mot à mots, ceux qu'on a dit trop vite, ceux qu'on n'aurait pas dû dire, ceux qui dépassent notre pensée, des mots de rodomontade (allez Cyrano une autre tirade !), des mots d'amour qu'on n'arrive pas à dire...
Notre réserve de mots est inépuisable comme une pensée qui ne s'arrête pas. "on est là sous la palme de cet arbre qui nous émerveille."

Bravo pour cette épopée.

   papipoete   
9/8/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour BlaseSaintLuc
Des mots, toujours des mots, encore des mots... disait la chanson
Les vôtres ne sont " pas en l'air ", ne cherchent pas à se dérober, bien au contraire, se dévoilent et pèsent lourd quand le coeur les entend. Il y a pourtant ceux qu'on écrit trop vite, que l'on voudrait rattraper avec un filet à papillons... trop tard, ils entrent déjà dans l'oreille de l'autre !
NB " les mots pour le dire " de Marie Cardinal, marqua toute une génération, et vous lui empruntez son encre pour colorer, une vitre embuée, une billet-doux, ou un réquisitoire contre le mal !
Je ne puis choisir l'un plus que l'autre, tant ils ont l'importance de leur ligne.
Mais cependant, la strophe " ils se glissent sur la peau... " me plaît particulièrement.
Une petite remarque : à la 4e strophe, pourquoi une majuscule à " Basques ? "

   Miguel   
11/8/2022
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Quelques éléments me touchent, les refrains accrochés à nos porte-manteaux, le soir d'ivresse littéraire, la discrète allusion à Rimbaud. D'autres me sont plus obscurs, mais l'ensemble a "de la gueule", comme on dit.

   Bodelere   
13/8/2022
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour BlaiseSaintLuc,
“Pour écrire en prose, il faut absolument avoir quelque chose à dire ; pour écrire en vers, ce n'est pas indispensable.”
Louise Ackermann
Vers libres ou prose, vous aviez des choses à dire...
Bien à vous


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