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Poésie libre
BlaseSaintLuc : Fait d'hiver
 Publié le 15/04/24  -  3 commentaires  -  715 caractères  -  128 lectures    Autres textes du même auteur

Briseur de glace, ça se règle un climat ?


Fait d'hiver



Carreaux de pierre sur un pic de brumes,
monts envoûtants attirés par le ciel.
Je traverse la frontière des rêves enneigés,
mes chemins lancinants sont à peine visibles.
Aux incrédules je reste inaccessible,
je suis la montagne des crevasses d'avril.
Je suis le monstre de cristal,
la cicatrice d'un monde abandonné.
L'esprit du Grand Nord
caresse mes dorsales,
mes lacs turquoises reflètent sur mon manteau d'hermine des étincelles d'étoiles.
Je suis le roi de l'hiver,
l'or blanc qui se fond au soleil,
le glacier qui n'est plus,
un songe de banquise,
dérèglement climatique,
je règle mon ardoise en quota de carbone.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   papipoete   
15/4/2024
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
bonjour BlaseSaintLuc
" il était une fois "
je règne sur ce qui n'est plus que peau de chagrin ; moi, dont le Blanc était éternel, au-delà du permafrost archives de " avant ", que seule une météorite put anéantir.
- enfants qui ne me connûtes pas
- bêtes qui venez de naître, imaginez ce royaume qui bientôt ne sera plus que cailloux, lande précaire, oued à jamais tari...
ce fut pourtant une belle aventure... avant !
" garçon ? je vous dois combien ? "
NB une énième écriture sur la décrépitude terrestre, avant d'aller anéantir Lune ou autre planète hospitalière...
la dernière partie ( je suis le roi... ) a ma préférence.
Cher poète, depuis Octobre 2023, Vous espériez une publication ; la voici, sous laquelle je vous prie de trouver mon sentiment.
Peut-être que je tenterai à nouveau l'envoi d'un texte ? il en passa tant depuis Novembre 2023, qui échouèrent à la corbeille...
J'ai de la réserve, mais chut !

   Polza   
18/4/2024
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour BlaseSaintLuc,

À la fin de ma lecture, j’ai pensé à la mer de Glace et à son fameux petit train rouge qui va de Chamonix à la gare de Montenvers.
À l’époque (il y a plusieurs dizaines d’années), le Mal n’était pas encore aussi visible que de nos jours !

Je ne sais pas si cela est fait exprès (je pense que oui), mais j’ai trouvé judicieuse la mise en page qui me rappelle les reliefs d’une montagne avec des pics plus ou moins élevés.

J’ai apprécié le ton solennel de ce poème.
Je ne saurais dire quel passage j’ai préféré, l’ensemble forme un tout cohérent et poétique (malheureusement par rapport au sujet traité), mais si je devais absolument choisir, j’ai grandement aimé « Je traverse la frontière de rêves enneigés, »

« mes lacs turquoises » à vérifier avec des experts de la langue française, mais je pense que dans ce cas, « turquoise » utilisé en tant qu’adjectif reste invariable…

Un bien beau et triste poème, je trouve !

   Ornicar   
19/4/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour BlaseSaintLuc,

Dans ce poème qui avait retenu mon attention, trois choses accrochent séchement le lecteur par les crampons : le titre, le dernier vers, le point de vue adopté.

Le titre d'abord,"Fait d'hiver" en forme de jeux de mots d'une tristesse infinie quand la fonte des glaces, à force d'alertes répétées, n'est plus qu'un "fait divers" relégué à la fin d'un banal bulletin météo. L'homme est ainsi fait qu'entre cynisme ou inconscience et sentiment d'impuissance ou découragement, il s'habitue à tout, même à l'impensable, tant qu'il n'est pas directement touché dans son petit confort matériel.

Le point de vue, ensuite. Il est original puisque c'est celui du glacier qui parle à la première personne ("je"). La poésie qui en émane prend sa source pour une part dans cette personnification réussie de la montagne,("prosopopée", dirait même Eskisse) pour l'autre part, dans le choix des images retenues : "montagne des crevasses d'avril", "monstre de cristal", "cicatrice d'un monde abandonné", "l'or blanc qui se fond au soleil", "songe de banquise" sont des formules pertinentes, éloquentes, qui donnent de l'impact à ce texte.

Le dernier vers, enfin. "Je règle mon ardoise en quota de carbonne". Il tape fort, celui-là. Et on s'en souvient encore quand la lecture est finie. Glaçant ! Dans cette formule, se condense tout le cynisme et la fuite en avant du "solutionnisme technologique". Comme si la question climatique pouvait se régler à coups (coûts ?) de transferts, de compensations.
J'émets juste une toute petite réserve concernant l'avant dernier vers, "dérèglement climatique". Je le trouve un peu trop "prévenant". En allumant la petite lumière rouge dans l'esprit du lecteur, il annonce la chute et en amoindrit quelque peu la puissance d'impact. Dès l'exergue et le titre, on entrevoit la tonalité écologique du propos. Il n'était pas nécessaire à mon sens d'en rajouter une couche pour ce glacier qui se "meurt-fond".


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