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Poésie libre
Cat : Poids plume
 Publié le 14/09/17  -  15 commentaires  -  912 caractères  -  649 lectures    Autres textes du même auteur

The blues under my skin
my soul in open sky


Poids plume



Épanoui d’encre bleue et d’envie
devant la page vierge d’un désir pur
englouti sous mes doigts enfiévrés
prêts à peaufiner la vertu des anges
égoïste griffant ma langue de nuit
paupière cernée bouche décousue
le verbe dressé s’impatiente

Exacerbée à peine effleurée
prête à mourir sous ses caresses
ma plume au bois vert volée
sur les murs briqués d’aveu
livre au papier imparfait
la mémoire imprononçable
de mes mots bâtis doux

Pour empourprer mon sang de miel
folie piquée au cœur bête à pleurer
elle pille et efface les pensées
qui fleurissent mes fossés

Mes rêves à mains nues dans les ronces
halos bleuis d’une étoile chavirée
portent la candeur lourde et fatale
le baume des secrètes blessures
qui s’écrivent sans le droit d’éclore
dans la maison de mes ombres dardées


 
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   myndie   
14/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Cat,

que j’aime cette poésie à fleur de peau, à fleur de pleurs !
Comme toujours avec toi, c’est limpide, léger et élégant.
Comme toujours, pour qui te connaît un peu, la douceur de ce moment de vie brossé avec délicatesse est riche de sous-entendus, de questionnements sur toi-même, de méditations aux croisées de tes angoisses, de tes envies, de tes rêves et de toutes tes « secrètes blessures ».
J’aime beaucoup ton univers imagé, si finement poétique.
Je pourrais citer tellement de belles choses, il y en a partout :
« peaufiner le vertu des anges »
« les pensées qui fleurissent mes fossés ».
La dernière strophe, je ne la recopie pas, elle est une merveille à elle seule.
Ah, on est là très loin du maniérisme de certaine écriture poétique !:-D)
Cat, tu as tout bon : la nostalgie ne prendra jamais jamais le pas sur tout le reste, ne deviendra jamais amertume pour celui ou celle qui prend la plume et fait en sorte que les choses qui le(la) lient au passé et à lui (elle) même ne se perdent jamais.
Le blues, c’est tellement plus joli que la nostalgie !
Merci pour cette jolie lecture

   Marite   
14/9/2017
Il m'a été difficile d'être sensible à la réalité de l'émotion décrite par l'auteur. L'abondance des mots a submergé et neutralisé ma perception en faisant naître une sorte de suffocation, un besoin immédiat de faire une pause pour respirer. Plus de simplicité dans l'expression aurait sans doute été plus efficace pour me permettre d'apprécier le contenu de " The blues under your skin" and "your soul in open sky"".

   papipoete   
14/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Cat,
L'auteure aime sa plume au point de lui confier ses doux aveux, comme ses pensées qui " fleurissent ses fossés " ;
NB comme j'aimerais écrire ainsi, pouvoir dire à mon crayon de se laisser enivrer de poésie, plutôt que narrer simplement mes historiettes !
Que la dernière strophe me laisse rêveur, mon stylo en rougit ! Ne pourriez-vous me prêter votre plume pour écrire un mot ? ( qui m'aime bien m'appelle Pierrot )

   FABIO   
14/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour

Alors déjà l'anglais, pour l'intro pour moi ca passe pas,sérieusement la langue française est trop belle.
Votre texte a une superbe mélodie mais par endroit il y a de violent couac.Surement par envie de vouloir enchanter le lecteur, mais trop de mots tu le mot....
De mes mots bâtis doux(pas joli)
empourprer(trop long )
Beaucoup de participe passé pour saisir la rime.
Bon cela n'est que mon ressenti et il y'a aussi de joli vers.
Merci pour votre texte
Fabio

   Anonyme   
14/9/2017
Bonjour,

Il m'a fallu résumer pour essayer de tirer quelque sens perceptible de ce texte.

Epanoui d'encre bleue et d'envie le verbe dressé s'impatiente.

Exacerbée, ma plume livre au papier mes mots doux.

Pour empourprer mon sang elle pille les pensées...

Mes rêves portent la candeur, le baume des secrètes blessures...


Tout ceci me parle et me semble être un chemin possible pour bâtir un joli poème. Malheureusement...

Je dois bien dire que mon penchant pour la simplicité ne trouve pas son compte dans cet amoncellement de vocables dans lequel je me noie.
il m'a fallu d'abord élaguer le tout et revenu au texte, une fois le sens établi, ma seconde lecture ne se satisfait pas mieux de ce "too much" si j'ose !

Merci de ce partage.

   Brume   
14/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Cat

J'aime bien ce vers "bâtis doux" la sonorité est chou.
Ton écriture est toujours aussi belle, et d'une grande sensibilité.

Mais je dois te dire que la forme dessert l'émotion qui perd en intensité selon moi. J'aurai préféré des découpages qui accentuent l'expressivité de tes émotions muettes. Juste un ressenti.
Sur un sujet mainte fois lu tu as su trouver les plus belles images pour sortir du lot.

   Alexan   
15/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Merci Cat,
encore un poème enchanteur, planant et envoûtant .
Je l'ai ressenti plus que je ne l'ai lu.
C'est impressionnant de voir comment tu arrives à créer une telle harmonie.
Trop de poèmes, à mon goût (dont les miens d'ailleurs), perdent du sens et de la clarté quand ils gagnent en beauté.
Dans ton cas, il semble au contraire que les mots affinent leurs significations plus ils sonnent comme des notes de musique.
Je trouve que tu as cette aptitude à monter à un très haut niveau de subtilité.
J'adore.
Et l'on sent si bien que tout cela vient du plus profond de toi, dans ces zones mystérieuses où la poésie sait se frayer un chemin.
Un magnifique moment d'émotion que ce texte.
Je l'ai déjà lu trois fois.
Allez ! une petite quatrième !

   Robot   
15/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je suis séduit par la force de ce texte.
Je lui trouve presque de la violence dans l'expression même si celle-ci est feutrée au travers de mots qui servent d'adoucissant comme au lavage.
Pour moi je lis un texte sur la frénésie que suscite les mots avant de jaillir sur la page.
On ressent l'effort du poète (de la poétesse) pour les maîtriser et les soumettre à son rêve d'écrire ses sensations "en bâtis doux".

   Marie-Ange   
15/9/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Je vais commercer par le petit bémol, l'anglais dans l'incipit, je vous le dis carrément, je n'aime pas du tout.

Au-delà de ça, votre texte m'a happé, les mots ont une présence
"insupportables" (dans le bon sens du terme).
Il n'y a pas de doute, la franchise de ce texte est dérangeante
à souhait, elle apporte une émotion troublant à fleur de peau.

Vous m'avez embarqué, j'en ai presque du mal à pouvoir
m'exprimer parce que vos mots sont bien plus explicites, que n'importe lequel de mes commentaires que je pourrais placer ici.

Vraiment un superbe écrit, que j'ai lu et relu, et que je reviendrai
relire.

Le fond comme la forme sont à l'unisson d'une émotion qui se partage par la liberté éloquente de ce phrasé.

Le titre est fort bien trouvé.

   wancyrs   
15/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut Cat,

magnifique façon de transcrire le processus d'écriture ; il n'y a pas façon plus juste ! Et je me dis qu'un texte pareil ne se commente pas, il se déguste. Je suis rassasié, Merci !

Wan

   Cat   
16/9/2017

   Louis   
18/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un poème sur la généalogie de l’écriture.

Cette généalogie remonte dans un premier temps à une urgence.
La première strophe se termine, en effet, par ce vers significatif : « le verbe dressé s’impatiente ». Il y a une impatience, une urgence à écrire. Ce n’est pas l’auteur qui s’impatiente, c’est le verbe. L’écriture s’avère un appel, c’est elle qui invite l’auteur à la coucher sur le papier, alors que le verbe s’est « dressé ».
« dressé », non pas tant au sens de « maîtrisé », mais dans le sens où il est debout, prêt à partir, en mesure de courir sur le papier, sur les lignes qu’il aura tracées, sur ces pages où il aura accouché.
Mais cette urgence a été permise par un épanouissement, une maturation d’un langage en gestation.

Cette impatience de l’écriture s’exprime dans une « envie » qui met en vie, dans un épanouissement en bleu qui libère du « blues ».
L’appel se fait objet de désir, mais « désir pur » face à « la page vierge ». Désir d’écrire : pur désir. En effet, l’urgence n’est pas dans un « dire », dans un contenu qui voudrait se dire sans plus attendre, mais dans l’acte pur d’écrire, avant même de savoir quels mots seront écrits. Ainsi, si le « verbe » est « dressé », c’est un verbe dans sa pure fonction de verbe, un signe linguistique dans sa pure fonction de signe, dans sa pure fonction de « dire »

L’urgence se manifeste encore dans une fièvre : « mes doigts enfiévrés ». L’écriture ne se fait pas à froid, elle ne vient pas au monde du papier ou de l’écran sous les auspices de la froide raison. Elle prend naissance dans une effervescence, un bouillonnement qui s’enracine dans l’affectivité.

Après l’appel, l’urgence, vient le moment de l’effectuation de l’écriture sous « la plume », son actualisation alors qu’elle n’était qu’une virtualité.
Le style d’écriture est déterminé par le type de plume qui fait naître les mots. Ainsi le deuxième paragraphe décrit ce type de « plume ». Celle-ci est caractérisée par un détournement de l’expression « volée de bois vert ». Dans le second paragraphe, on peut lire : « ma plume au bois vert volée ». Le mot « volée » est équivoque : il peut signifier un vol ( au sens de "dérobée") et peut prendre le sens de mouvements rapides et violents, de coups infligés à l’aide d’un morceau de bois souple, « de bois vert ». On sait que ces coups ont pris, au cours du temps, le sens de violentes critiques, de sévères reproches.
Ainsi, la plume n’est pas « trempée » dans une encre, mais trempée au sens de subir une « trempe », une volée de coups, mais une volée qui l’a raffermi, qui l’a endurci ; « trempé » signifie aussi de caractère fort, énergique, comme dans l’expression « de nature bien trempée ».
On comprend alors que la plume s’est affermie, endurcie par les critiques et les reproches qu’elle a pu subir, que la plume aussi est volée, au sens de « dérobée », sur « les murs briqués d’aveu », murs où s’affichent les révélations, les dévoilements, les épanchements, et non le mur qui clôt et ferme sur soi. On saisit encore que la plume s’est « envolée », comme une plume d’oiseau, légère, délestée du poids des critiques et des douleurs.
La plume, plutôt baguette magique, n’est pas vengeresse, ni acerbe, ni mordante, ni piquante, elle métamorphose critiques et secrètes souffrances en « mots bâtis doux ».
Non seulement les critiques, en effet, mais aussi les « blessures secrètes » et intimes.
« elle pille et efface les pensées
Qui fleurissent mes fossés »
Cette écriture s’enracine dans l’être profond de l’auteur, dans les fossés, les failles, les déchirures, toutes les fêlures, toutes les blessures.
Tout à la fois, cette écriture dévoile des blessures et les referme, elle les cicatrise.
Elle exerce cette fonction de « baume » cicatrisant en prenant en charge les secrètes douleurs, qui, en leur permettant de se manifester dans les mots, sont détournées, de telle sorte qu’elles ne peuvent « éclore » dans « la maison », c’est-à-dire dans la vie du Moi protégé.

La plume alors profère des « caresses », et se trouve en contraste saisissant avec tout ce qui blesse, tout à l’opposé de ce qui est acéré, souvent présent dans le texte, comme les griffes, les épines : « griffant ma langue de nuit » ; « à mains nues dans les ronces », mais aussi ce qui pique comme une flèche « folie piquée », ou encore « ombres dardées », tout instrument qui frappe, pique, transperce.
Mais les « griffes », éraflures et déchirures, dont l’image revient à deux reprises, sont aussi des marques, des signes. L’écriture est ainsi signature, « griffe » laissée par de secrètes déchirures, et dans le même temps, elle est un « baume ».

Cette plume donc livre des mots de douceur, mais associés à un indicible : « mémoire imprononçable / de mes mots bâtis doux ». Il y a ici une équivoque, mais le sens que l’on pourrait privilégier semble celui-ci, le plus profond : les mots écrits pourraient ne pas être d’une génération spontanée, mais le souvenir, la réminiscence, la mémoire d’autres mots qui ne peuvent se dire, surtout pas oralement.
En ce sens, l’écriture cherche bien à dire un indicible. Un texte renvoie à un autre texte sous-jacent, au langage indicible, inconscient « imprononçable ».

Une intéressante généalogie donc de l’écriture, pour une part de la vôtre, Cat, particulière ; et pour une autre, celle qui touche avec pertinence à l’universel.
Un texte aussi d’une grande sensibilité, qui ne peut laisser le lecteur indifférent.
Merci cat.

   Lylah   
26/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très original et ... très érotique !
J'avoue qu'il m'a fallu deux lectures attentives pour apprécier réellement ce qui se joue dans ce poème, mais je ne regrette rien.

J'aime particulièrement, dans la deuxième strophe :

ma plume au bois vert volée
sur les murs briqués d’aveu
livre au papier imparfait
la mémoire imprononçable
de mes mots bâtis doux

Des sonorités nouvelles, un sens à s'approprier, pour moi, de la poésie pure.

J'ai également beaucoup apprécié :

elle pille et efface les pensées
qui fleurissent mes fossés

et la dernière strophe, que je trouve somptueuse !

Bravo et merci !

   Goelette   
27/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Le parallèle entre écriture et désir s'impose dès la première strophe où "le verbe dressé s’impatiente"
Le champ lexical "désir" "doigts enfiévrés" "langue" " paupière cernée" " bouche"... est empreint d'une sensualité qui se poursuit tout au long du texte pour "éclore" dans un final en "ombres dardées"

Un bémol : les allitérations en p et en qu de la strophe trois alourdissent les images et la strophe quatre pèche par un excès d'adjectifs ou participes passés

   margueritec   
8/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Cat.

Une poésie comme je l'aime où les mots se marient avec impudeur sans se soucier du qu'en dira-ton. Des mots aux alliances improbables et qui donennt de la puissance à votre poème. Merci pour ce beau partage.


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